SOLSTICE PATRIMOINE
Patrimoine

Combien rapporte 1 million d'euros placé

Emeline Siron·

Entre 17 000 et 49 100 euros bruts par an selon le support, avec le Livret A à 1,70 % et les SCPI à 4,91 % en 2025 selon l'ASPIM. Mais à ce montant, trois choses décident du résultat : l'IFI devient quasi certain dès qu'une part du capital est immobilière, les droits de succession atteignent 112 777 à 156 388 euros pour deux enfants, et 1,90 point de frais coûte 713 796 euros sur vingt ans.

Combien rapporte 1 million d'euros placé en 2026 : la réponse chiffrée

En 2026, 1 million d'euros placé rapporte entre 17 000 et 49 100 euros bruts par an selon la classe d'actifs retenue. Le Livret A verse 1,70 % depuis le 1er août 2026, taux fixé par l'arrêté du 28 juillet 2026, soit 17 000 euros en théorie mais 390 euros seulement une fois son plafond de 22 950 euros pris en compte. Les fonds en euros de l'assurance vie ont servi 2,63 % en moyenne en 2025 selon l'ACPR, dans son étude Analyses et Synthèses n° 180 du 30 juin 2026, soit 26 300 euros. Les SCPI ont distribué 4,91 % en moyenne en 2025 selon le bilan annuel de l'ASPIM publié le 9 février 2026, soit 49 100 euros, sans garantie du capital. Les actions affichent un taux de rendement interne de 11,8 % par an de 1984 à 2024 selon l'étude « 40 ans de performances comparées » de l'IEIF, soit 118 000 euros sur une année moyenne, avec une volatilité sans commune mesure. Mais la question « combien rapporte 1 million d'euros » ne se règle plus par un taux à ce niveau de capital : l'impôt sur la fortune immobilière devient quasi certain dès qu'une part du million est immobilière, les droits de succession deviennent le premier poste de prélèvement de toute la vie du capital, et un écart de frais banal se chiffre en centaines de milliers d'euros sur vingt ans.

Voici le tableau de référence. Il donne, pour chaque grande famille de placements, le rendement annuel constaté ou de référence, la source, l'année de la mesure, la traduction en euros sur une mise de 1 000 000 d'euros, et la colonne qui décide de tout à ce montant : l'entrée ou non dans l'assiette de l'impôt sur la fortune immobilière.

SupportRendement annuel de référenceSource et annéeSur 1 000 000 d'euros, par anEntre-t-il dans l'assiette de l'IFI ?
Livret A, LDDS et LEP aux plafonds1,88 % en moyenne pondérée, net d'impôtArrêté du 28 juillet 2026844 euros sur 44 950 euros logeablesNon
Compte à terme de plus de 2 ans2,67 % brutRelevés de marché, mars 202626 700 eurosNon
Fonds en euros d'assurance vie2,63 % net de frais de gestionACPR, Analyses et Synthèses n° 180, exercice 202526 300 eurosNon
Unités de compte d'assurance vie4,70 % netFrance Assureurs, exercice 202547 000 eurosSeulement pour la fraction immobilière
SCPI en direct4,91 % de taux de distributionASPIM, bilan annuel publié le 9 février 202649 100 eurosOui, en totalité
Actions, longue période11,8 % de TRI annualiséIEIF, « 40 ans de performances comparées », 1984 à 2024118 000 euros sur une année moyenneNon, hors foncières cotées
Private equity, fonds grand publicObjectif de 8 à 12 %, non garantiDocumentation des sociétés de gestion, 202680 000 à 120 000 euros si l'objectif est atteintNon, hors fonds à prépondérance immobilière
Private equity, FPCIObjectif de 8 à 12 %, non garantiDocumentation des sociétés de gestion, 2026Ticket de 100 000 euros, soit 10 % du capitalNon, selon la composition du fonds
Crowdfunding immobilier11,0 % de rendement brut moyenBaromètre Forvis Mazars et France FinTech, millésime 2025110 000 euros si aucun défautSelon la nature du support, obligataire le plus souvent non
Immobilier locatif en direct3 à 7 % brut selon la villeOrdre de grandeur de marché, 202630 000 à 70 000 eurosOui, en totalité

Un million d'euros est le montant où la dernière colonne cesse d'être une hypothèse d'école. Dans l'article consacré aux 500 000 euros placés, elle ne se déclenchait que si la lectrice détenait déjà un patrimoine immobilier important par ailleurs. Ici, elle se déclenche presque mécaniquement, et nous chiffrons plus bas à partir de quelle valeur de résidence principale exactement.

Ce que « rendement » veut dire, et les deux couches qui s'y ajoutent à ce montant

Le rendement est le rapport entre ce que rapporte un placement sur une période et le capital engagé. Lerendement brut est celui de la plaquette. Le rendement net de fraisretranche les frais d'entrée et les frais annuels. Le rendement net d'impôt retranche l'impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux. Le rendement réel retranche enfin l'inflation.

À 1 million d'euros, deux couches supplémentaires apparaissent, et elles ne figurent dans aucun comparatif de placements. La première est l'impôt sur la détention : l'impôt sur la fortune immobilière ne frappe pas le revenu du placement, il frappe sa valeur, chaque année, qu'il ait rapporté ou non. La seconde est l'impôt sur la transmission : à ce niveau, les droits de succession représentent presque toujours le prélèvement le plus lourd que le capital subira, et il se prépare quinze à vingt ans à l'avance ou pas du tout. Un placement se juge donc sur trois impôts, pas un.

Rappelons également le taux de distribution, systématiquement confondu avec le rendement. C'est le revenu versé rapporté au prix de la part, pour une SCPI. Il ne dit rien de l'évolution du prix de la part. En 2025, les SCPI ont distribué 4,91 % pendant que le prix moyen des parts reculait de 3,45 % selon l'ASPIM, ramenant la performance globale du marché à 1,46 %. Sur 1 million d'euros, cela fait 49 100 euros encaissés et 14 600 euros d'enrichissement réel.

Le rappel de risque, avant d'aller plus loin

Tout ce qui suit repose sur des rendements constatés dans le passé ou sur des hypothèses de travail explicitement posées. Aucun de ces chiffres n'est un engagement, et aucun placement ne garantit un rendement. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Sur les SCPI, les unités de compte, les actions, le private equity et le crowdfunding, le capital n'est pas garanti et une perte est possible, y compris une perte totale sur un ticket de financement participatif ou sur une participation non cotée. La liquidité est limitée sur les SCPI et très limitée sur le private equity, où les sommes sont immobilisées huit à dix ans sans faculté de sortie anticipée dans la plupart des cas.

Cet article explique des mécanismes et donne des ordres de grandeur. Il ne délivre aucune recommandation personnalisée, et c'est précisément ce qui justifie un rendez-vous. À 1 million d'euros, les arbitrages qui comptent dépendent tous de données que cet article ne connaît pas : votre assiette immobilière existante, votre âge, votre régime matrimonial, le nombre de vos enfants, l'origine des fonds et votre horizon réel. Le diagnostic patrimonial en ligne pose ces questions dans le bon ordre, et le bilan patrimonial décrit la méthode par laquelle Solstice Patrimoine les met à plat avant toute décision.

Ce que 1 million d'euros change : les enveloppes fiscales ne couvrent plus qu'un cinquième du capital

Le premier constat est arithmétique. Les enveloppes qui offrent un avantage fiscal ont toutes un plafond, et aucun de ces plafonds n'a bougé depuis des années. Plus le capital grandit, plus la part qui doit vivre au régime fiscal de droit commun augmente. À 1 million d'euros, cette part devient majoritaire au point de commander l'ensemble du raisonnement.

EnveloppePlafond 2026Part de 200 000 eurosPart de 500 000 eurosPart de 1 000 000 d'euros
Épargne réglementée exonérée, Livret A, LDDS et LEP44 950 euros22,5 %9,0 %4,5 %
PEA, versements150 000 euros75,0 %30,0 %15,0 %
PEA-PME, dans la limite du cumul75 000 euros au-delà d'un PEA pleinSans objet15,0 %7,5 %
Assurance vie, primes au taux réduit de 7,5 % après 8 ans150 000 euros d'encours de primes75,0 %30,0 %15,0 %
Total logeable dans une enveloppe à fiscalité réduiteCumul non additif, voir ci-dessous100 %Environ 39 %Environ 27 %
Capital nécessairement au régime de droit communLe solde0 euroEnviron 305 000 eurosEnviron 730 000 euros

Les plafonds ne s'additionnent pas naïvement, et deux précisions s'imposent. Le PEA et le PEA-PME partagent une limite globale de versements de 225 000 euros par titulaire, posée à l'article L. 221-32-1 du code monétaire et financier : un PEA rempli à 150 000 euros ne laisse donc que 75 000 euros de capacité sur le PEA-PME, et non 225 000. En cumulant les 44 950 euros d'épargne réglementée et les 225 000 euros de plans d'épargne en actions, on obtient 269 950 euros, soit 27 % du million. Le seuil de 150 000 euros de primes d'assurance vie, lui, n'est pas un plafond de versement : vous pouvez verser davantage, seule la fiscalité de sortie devient moins favorable au-delà. Il reste donc, au mieux, environ 730 000 euros qui produiront des revenus au régime de droit commun ou à la fiscalité pleine de l'assurance vie. Le comparatif du PEA et du compte-titres détaille ce qui se passe quand le plafond est atteint.

La garantie de 70 000 euros par assureur, et l'impasse du multi-contrats

Le Fonds de garantie des assurances de personnes indemnise à hauteur de 70 000 euros par assuré et par entreprise d'assurance, en application de l'article L. 423-7 du code des assurances, ce plafond étant porté à 90 000 euros pour les rentes d'incapacité, d'invalidité et de décès. Il couvre la défaillance de l'assureur, pas la baisse des unités de compte, qui reste à la charge de la souscriptrice en toute hypothèse.

Sur 500 000 euros, rester intégralement couvert supposait huit contrats chez huit compagnies. Sur 1 million d'euros, il en faudrait quinze. Cela signifie quinze grilles de frais à comparer, quinze antériorités fiscales à faire courir séparément, quinze clauses bénéficiaires à tenir à jour, et un abattement de 4 600 euros après huit ans qui reste unique puisqu'il s'apprécie au niveau de l'assurée et non du contrat. La solution n'est plus contraignante, elle est impraticable. C'est le premier argument technique sérieux en faveur du cadre luxembourgeois, développé plus bas.

Le même raisonnement vaut côté bancaire. Le Fonds de garantie des dépôts et de résolution couvre 100 000 euros par déposant et par établissement, tous dépôts confondus. Une poche de trésorerie de 400 000 euros en comptes à terme suppose donc quatre banques. Ces plafonds décrivent un scénario de défaillance d'établissement, pas le scénario courant, et personne ne devrait construire une allocation entière autour de cette hypothèse. Mais à ce niveau de capital, les ignorer revient à écarter une information gratuite qui oriente la répartition sans rien coûter en rendement.

Ce que le million ouvre : le fonds interne dédié devient accessible

Le ticket d'entrée constaté sur le marché en 2026 pour un contrat d'assurance vie luxembourgeois classique tourne autour de 125 000 euros, et autour de 250 000 euros investis pour un fonds interne dédié, la version dans laquelle un gérant pilote un portefeuille sur mesure pour un seul souscripteur. À 500 000 euros, un fonds dédié représentait la moitié du capital, ce qui le rendait théoriquement accessible et pratiquement absurde. À 1 million d'euros, il pèse 25 %, ce qui en fait pour la première fois une option discutable sans concentration déraisonnable.

L'intérêt du cadre luxembourgeois ne tient pas à un rendement supérieur, les supports sous-jacents étant largement les mêmes. Il tient à deux mécanismes. Le triangle de sécurité isole les actifs du souscripteur auprès d'une banque dépositaire agréée, sous le contrôle du Commissariat aux Assurances, en dehors du bilan de l'assureur. Le super-privilège fait du souscripteur un créancier de premier rang sur ces actifs cantonnés en cas de défaillance de l'assureur, sans plafond d'indemnisation. C'est exactement la limite de 70 000 euros du fonds de garantie français qui disparaît, et c'est ce qui rend la répartition sur quinze contrats inutile. Leguide de l'assurance vie luxembourgeoisedétaille ces mécanismes, et la pageassurance vie luxembourgeoiseprésente les catégories de souscripteurs et les classes d'actifs accessibles à chacune.

Deux précisions qui évitent des malentendus coûteux. Pour une résidente fiscale française, la fiscalité du contrat luxembourgeois est celle d'un contrat français : mêmes abattements après huit ans, même seuil de 150 000 euros de primes, même régime successoral au titre de l'article 990 I du code général des impôts. Ce n'est pas un outil d'optimisation fiscale, c'est un outil de protection des avoirs et d'élargissement de l'univers d'investissement. Et la souscription doit être déclarée à l'administration fiscale française au titre des contrats souscrits auprès d'organismes établis hors de France. Les frais d'un contrat luxembourgeois sont par ailleurs généralement supérieurs à ceux d'un bon contrat français en ligne, ce qui doit entrer dans le calcul au vu de ce que la section sur les frais démontre.

L'IFI, quasi certain dès qu'une part du million est immobilière

C'est le sujet le plus spécifique à ce montant. L'impôt sur la fortune immobilière frappe les foyers fiscaux dont le patrimoine immobilier net taxable dépasse 1 300 000 euros au 1er janvier de l'année d'imposition. Le barème de l'article 977 du code général des impôts démarre lui à 800 000 euros : le seuil d'assujettissement et le point de départ de la taxation ne sont pas le même chiffre, et une fois le seuil franchi, la taxation reprend à 800 000 euros.

Point à clarifier tout de suite, parce qu'il circule beaucoup : l'IFI n'a pas été remplacé par un impôt sur la fortune improductive. Ce remplacement a été discuté au cours des débats parlementaires, il n'a pas été retenu dans le texte définitif. L'IFI reste en vigueur en 2026 avec son seuil, son barème et ses règles d'assiette propres.

À partir de quelle résidence principale le million déclenche-t-il l'impôt

Voici le calcul que personne ne pose et qui répond à la question. Si vous placez 1 million d'euros dans des actifs entrant intégralement dans l'assiette, SCPI en direct ou immobilier locatif, il suffit que le reste de votre patrimoine immobilier net taxable dépasse 300 000 euros pour franchir le seuil de 1 300 000 euros. La résidence principale bénéficiant d'un abattement de 30 % de sa valeur vénale prévu à l'article 973 du code général des impôts, cela correspond à une résidence principale valant plus de 428 600 euros, détenue sans dette résiduelle. Autrement dit, une lectrice propriétaire d'un logement de valeur moyenne dans une grande métropole est assujettie du seul fait de son placement.

C'est la différence de nature avec les montants inférieurs. À 500 000 euros, l'IFI relevait d'une configuration patrimoniale particulière. À 1 million d'euros orienté vers l'immobilier, il devient le cas général, et ne pas le chiffrer avant de choisir revient à comparer deux placements dont l'un porte un impôt annuel que l'autre ne porte pas.

Le barème de l'article 977, et ce qu'il coûte réellement

Fraction du patrimoine immobilier net taxableTaux applicableImpôt de la trancheImpôt cumulé en haut de tranche
Jusqu'à 800 000 euros0 %0 euro0 euro
De 800 000 à 1 300 000 euros0,50 %2 500 euros2 500 euros
De 1 300 000 à 2 570 000 euros0,70 %8 890 euros11 390 euros
De 2 570 000 à 5 000 000 d'euros1,00 %24 300 euros35 690 euros
De 5 000 000 à 10 000 000 d'euros1,25 %62 500 euros98 190 euros
Au-delà de 10 000 000 d'euros1,50 %Selon le dépassement98 190 euros plus 1,50 % du dépassement

La décote prévue au II de l'article 977 amortit l'entrée dans l'impôt pour les patrimoines compris entre 1 300 000 et 1 400 000 euros. Elle est égale à 17 500 euros diminués de 1,25 % du patrimoine net taxable. Elle produit un effet de seuil marqué : dans cette bande de 100 000 euros, chaque euro supplémentaire de patrimoine immobilier est taxé bien au-delà de 0,70 %. Le calcul détaillé du barème de l'IFI reprend le mécanisme pas à pas.

Ce qui entre dans l'assiette, et ce qui n'y entre pas

Entrent dans l'assiette l'ensemble des biens et droits immobiliers détenus directement, ainsi que la fraction de la valeur des parts ou actions de sociétés représentative de biens immobiliers imposables, quel que soit le nombre de sociétés interposées. Une SCPI y est donc intégralement soumise, et unesociété civile immobilière ne fait pas écran. Attention à un détail qui coûte cher : l'abattement de 30 % sur la résidence principale disparaît si le logement est détenu par une SCI.

Sont en revanche hors assiette les liquidités, les comptes titres, les actions cotées non immobilières, les obligations, les fonds en euros, l'or et les objets d'art. C'est ce qui rend la structure du patrimoine, et pas seulement son montant, déterminante à 1 million d'euros. Le même capital, placé différemment, déclenche ou ne déclenche pas un impôt annuel qui se répète chaque année jusqu'à la cession ou au décès.

Cinq configurations chiffrées

Voici ce que 1 million d'euros produit comme IFI selon ce que la lectrice détient par ailleurs. Le barème retenu est celui de l'article 977, avec la décote de son II.

ConfigurationPatrimoine immobilier net taxable au 1er janvierIFI dûIFI imputable au million placé
1 000 000 d'euros en fonds en euros et actions, résidence principale de 500 000 euros350 000 euros après abattement de 30 %0 euro0 euro
1 000 000 d'euros en SCPI, résidence principale de 500 000 euros1 350 000 euros2 225 euros après décote de 625 euros2 225 euros
1 000 000 d'euros en SCPI, résidence principale de 1 000 000 d'euros1 700 000 euros5 300 euros, décote nulle5 300 euros
1 000 000 d'euros en SCPI, résidence principale de 1 000 000 d'euros et un locatif de 600 000 euros2 300 000 euros9 500 euros9 500 euros
1 000 000 d'euros en nue-propriété de parts de SCPI, mêmes biens que la ligne précédente1 300 000 euros0 euro, seuil non franchi0 euro

La quatrième ligne mérite d'être lue lentement. Sans les SCPI, le patrimoine immobilier net taxable s'établirait à 1 300 000 euros, seuil non dépassé, et l'IFI serait nul. Ce sont donc les 1 000 000 d'euros de SCPI qui font franchir le seuil et créent à eux seuls 9 500 euros d'impôt annuel. La cinquième ligne dit la même chose à l'envers : le même patrimoine, avec le million logé en nue-propriété, sort intégralement de l'assiette.

Le calcul complet, sur une année

Reprenons la troisième configuration. 1 million d'euros en SCPI distribue 49 100 euros bruts. Une investisseuse imposée à une tranche marginale de 41 % supporte 20 131 euros d'impôt sur le revenu et 8 445 euros de prélèvements sociaux à 17,2 %, soit 20 524 euros nets. En retranchant les 5 300 euros d'IFI, il reste 15 224 euros, soit un rendement net de 1,52 %.

Le même capital placé en fonds en euros aurait rapporté 26 300 euros bruts, 21 776 euros après prélèvements sociaux et zéro euro d'IFI, soit 2,18 % net. Le placement à capital garanti, liquide et sans commission de souscription rapporte donc davantage que le placement immobilier à capital non garanti, avec 8 à 12 % de commission de souscription et une revente incertaine. Dans la quatrième configuration, la SCPI tombe à 11 024 euros nets, soit 1,10 %, très en dessous de l'inflation mesurée à 2,1 % par l'INSEE en juillet 2026 : le placement détruit environ 9 800 euros de pouvoir d'achat par an.

Le taux de prélèvement effectif de cette dernière configuration mérite d'être nommé, parce qu'il ne ressemble à rien de ce qu'on lit ailleurs : 20 131 euros d'impôt sur le revenu, 8 445 euros de prélèvements sociaux et 9 500 euros d'IFI sur 49 100 euros de revenu brut, soit 77,5 % du revenu distribué. Ce n'est pas un jugement sur les SCPI, qui restent un outil pertinent dans d'autres configurations. C'est la démonstration qu'à 1 million d'euros, un rendement brut ne veut plus rien dire tant qu'on ne connaît pas le reste du patrimoine. Nos articles sur lesstratégies de réduction de l'IFI et sur ledémembrement de parts de SCPI détaillent les mécanismes qui agissent sur l'assiette, et le podcast Out of the Box consacre un épisode entier au rendement, aux risques et à la fiscalité des SCPI dansSCPI : rendement, risques et fiscalité.

La nue-propriété, et pourquoi la dernière ligne du tableau est à zéro

En matière d'IFI, le nu-propriétaire n'est pas imposé : c'est l'usufruitier qui l'est, et il l'est sur la valeur de la pleine propriété, sans décote. Acquérir la nue-propriétéde parts de SCPI pour une durée déterminée, généralement cinq à dix ans, place donc ces parts hors de l'assiette pendant toute la période de démembrement. La contrepartie est entière et doit être dite : le nu-propriétaire ne perçoit aucun revenu pendant ce temps. Il achète avec une décote et récupère la pleine propriété à l'échéance. Ce n'est pas un placement de rendement, c'est un placement de capitalisation, et il n'a de sens que pour une investisseuse qui n'a pas besoin du revenu.

Le plafonnement à 75 % des revenus, dernier filet de sécurité

Le total formé par l'IFI, l'impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux ne peut excéder 75 % des revenus de l'année précédente. C'est un mécanisme utile à connaître pour une lectrice dont le patrimoine immobilier est important mais les revenus faibles, typiquement une retraitée propriétaire. Il ne constitue pas une stratégie : réduire volontairement ses revenus pour activer le plafonnement revient à perdre plus que l'impôt économisé. Il constitue en revanche une vérification à faire chaque année quand les revenus baissent brutalement.

Du brut au net : combien rapporte 1 million d'euros après frais, impôt et inflation

Le prélèvement forfaitaire unique est passé de 30 % à 31,4 %. La part impôt sur le revenu reste à 12,8 %, mais les prélèvements sociaux sur les revenus du capital mobilier sont montés de 17,2 % à 18,6 % au titre de l'article 12 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, la loi n° 2025-1403. Deux dates d'effet coexistent : dès les revenus 2025 pour les plus-values mobilières, et au 1er janvier 2026 pour les produits de placement. L'assurance vie, le contrat de capitalisation et les revenus fonciers ont été expressément exclus de cette hausse et restent à 17,2 %. Écrire que le PFU est à 31,4 % dans un raisonnement sur l'assurance vie est donc une erreur : il y reste à 30 %.

L'INSEE a mesuré une hausse des prix à la consommation de 2,1 % sur un an en juillet 2026. En moyenne annuelle, l'inflation s'était établie à 0,9 % en 2025, après 2,0 % en 2024, 4,9 % en 2023 et 5,2 % en 2022. Sur 1 million d'euros, chaque année d'inflation à 2,1 % détruit 20 568 euros de pouvoir d'achat. Aucun support garanti du marché ne compense ce montant après impôt, ce qui est le point de départ de toute réflexion à ce niveau de capital. Le rendement réel se calcule avec la formule de Fisher : on divise 1 plus le rendement net par 1 plus l'inflation, puis on retranche 1.

Le tableau du brut au net réel, sur un an

Hypothèses retenues : contrat d'assurance vie sans frais sur versement, ETF à 0,20 % de frais annuels, contrat à 0,60 % de frais de gestion sur unités de compte, rachat d'assurance vie après huit ans dans l'abattement, PEA de plus de cinq ans, inflation de 2,1 %. La ligne actions repose sur une hypothèse de travail de 7 % par an, qui n'est ni une prévision ni un engagement.

Support, sur 1 000 000 d'eurosBrutNet de fraisNet d'impôtNet d'inflation, en euros
Compte courant0 euro0 euro0 euromoins 20 568 euros
Livret A et LDDS, 1,70 % théorique17 000 euros17 000 euros17 000 eurosmoins 3 920 euros
Compte à terme, 2,67 %26 700 euros26 700 euros18 316 eurosmoins 2 628 euros
Fonds en euros, 2,63 %26 300 euros26 300 euros21 776 eurosplus 760 euros
Unités de compte diversifiées, 5,30 % brut53 000 euros47 000 euros38 916 eurosplus 17 548 euros
SCPI en direct, 4,91 %, tranche marginale de 30 %49 100 euros49 100 euros25 924 eurosplus 4 822 euros
SCPI en direct, 4,91 %, tranche marginale de 41 %49 100 euros49 100 euros20 524 eurosmoins 466 euros
SCPI en direct, tranche marginale de 41 % et 5 300 euros d'IFI49 100 euros49 100 euros15 224 eurosmoins 5 656 euros
SCPI en direct, tranche marginale de 41 % et 9 500 euros d'IFI49 100 euros49 100 euros11 024 eurosmoins 9 771 euros
SCPI en assurance vie, 90 % du taux reversé44 200 euros38 200 euros31 630 eurosplus 10 412 euros
Actions, 150 000 euros en PEA et 850 000 euros en compte-titres70 000 euros68 000 euros47 954 eurosplus 26 400 euros
Actions en compte-titres seul, hypothèse 7 %70 000 euros68 000 euros46 648 eurosplus 25 120 euros
Private equity, hypothèse basse de l'objectif à 8 %80 000 euros60 000 euros après 2 % de frais41 160 eurosplus 20 160 euros, non garanti et non liquide

La neuvième ligne est la raison d'être de cet article. Une SCPI qui distribue 4,91 %, présentée partout comme un placement de rendement, fait perdre près de 9 800 euros de pouvoir d'achat en un an à une investisseuse imposée à 41 % et assujettie à l'IFI du fait de ce placement. Le même capital en fonds en euros lui en aurait fait gagner 760. Les trois paramètres qui produisent ce renversement, la tranche marginale, l'assiette IFI et la composition du reste du patrimoine, sont tous extérieurs au placement lui-même, et aucun comparatif de rendements ne les intègre.

Le coût des frais sur vingt ans : plus de 700 000 euros d'écart

Sur 50 000 euros, les frais se discutent en centaines d'euros et la conversation n'en vaut souvent pas la peine. Sur 1 million d'euros, le même écart de pourcentage se traduit en montants qui dépassent le capital de départ. Voici le calcul, sur un rendement brut de 4,70 % par an, hypothèse de travail correspondant à la performance moyenne des unités de compte en 2025 selon France Assureurs. Elle n'est ni une prévision ni un engagement.

Niveau de frais annuels tout comprisRendement net de fraisCapital à 10 ansCapital à 20 ansÉcart avec la ligne la moins chère à 20 ans
0,40 %, ETF détenus en direct chez un courtier en ligne4,30 %1 523 400 euros2 320 750 eurosRéférence
0,70 %, ETF en assurance vie en ligne4,00 %1 480 244 euros2 191 122 eurosmoins 129 628 euros
1,50 %, contrat et fonds de gestion active3,20 %1 370 240 euros1 877 560 eurosmoins 443 190 euros
2,30 %, contrat bancaire, supports chargés et mandat2,40 %1 267 658 euros1 606 954 eurosmoins 713 796 euros

Ce que le tableau dit vraiment

Un écart de 1,90 point de frais annuels coûte 255 742 euros sur dix ans et 713 796 euros sur vingt ans, pour un portefeuille qui aurait produit exactement la même performance brute, avec exactement le même risque et exactement la même volatilité. C'est plus de sept fois le prix moyen d'un studio en province, et c'est surtout 71 % de la mise initiale, transféré du patrimoine de la lectrice vers celui de ses intermédiaires, sans contrepartie de performance.

L'écart le plus fréquent en pratique n'est pas celui-là, c'est celui entre 0,70 % et 1,50 %, soit 110 004 euros à dix ans et 313 562 euros à vingt ans. Ce sont les ordres de grandeur qui rendent la conversation sur les frais absolument rentable en temps passé, ce qu'elle n'était pas sur un capital plus modeste. La grille de frais complète d'un conseiller en gestion de patrimoine détaille chaque poste, et notre article sur lesfrais cachés des contrats bancaires montre où ils se logent.

Une nuance de méthode, pour ne pas transformer ce tableau en slogan. Le portefeuille le moins cher n'est pas automatiquement le meilleur : un mandat de gestion à 2 % qui vous fait tenir une allocation pendant un krach vaut mieux qu'un portefeuille à 0,40 % liquidé au plus bas. Le coût se compare à un service rendu, pas dans l'absolu. Ce que le tableau établit, c'est le montant de ce que ce service doit valoir pour être justifié : à 1 million d'euros, un point de frais annuel supplémentaire représente 10 000 euros par an, soit le prix d'un accompagnement patrimonial complet payé chaque année.

Ce qui se négocie réellement à 1 million d'euros

Trois postes, dans cet ordre. Les frais sur versement se négocient à zéro, sans discussion : sur un contrat bancaire à 3 %, ce sont 30 000 euros payés le premier jour, avant qu'un euro de performance n'ait été produit. Les frais de gestion du contrat se négocient de plusieurs dizaines de points de base, chaque dixième de point valant 1 000 euros par an. Les frais des supports eux-mêmes, enfin, ne se négocient pas mais se choisissent : un ETF à 0,20 % et un fonds actif à 2 % coûtent respectivement 2 000 et 20 000 euros par an sur 1 million d'euros. La différence entre les deux, sur vingt ans, dépasse la valeur d'un appartement.

Combien rapporte 1 million d'euros placé sur 10 ans et sur 20 ans

La méthode de calcul, posée noir sur blanc

Les capitaux sont capitalisés au taux net de frais, tous revenus réinvestis. La fiscalité est appliquée selon le régime propre à chaque enveloppe : annuellement pour les fonds en euros, où les prélèvements sociaux sont prélevés à la source, et pour les SCPI en direct, dont les revenus fonciers sont imposés chaque année ; à la sortie pour le PEA et le compte-titres, où seule la plus-value réalisée est taxée. Le pouvoir d'achat est obtenu en divisant le capital nominal par 1,021 puissance le nombre d'années. La ligne actions répartit 150 000 euros en PEA, plafond de versements, et 850 000 euros en compte-titres. Aucun IFI n'est intégré dans ce tableau, ce qui avantage volontairement les lignes immobilières.

SupportTaux net de frais retenuPouvoir d'achat à 10 ans, en euros 2026Gain réel à 10 ansPouvoir d'achat à 20 ans, en euros 2026Gain réel à 20 ans
Compte courant0 %812 340 eurosmoins 187 660 euros659 900 eurosmoins 340 100 euros
Livret A et LDDS, taux théorique1,70 %961 520 eurosmoins 38 480 euros924 460 eurosmoins 75 540 euros
Fonds en euros en assurance vie2,63 % brut, 2,18 % après PS1 007 660 eurosplus 7 660 euros1 015 380 eurosplus 15 380 euros
SCPI en direct, tranche marginale de 30 %2,59 % après impôt1 049 300 eurosplus 49 300 euros1 101 000 eurosplus 101 000 euros
SCPI en direct, tranche marginale de 41 %2,05 % après impôt995 112 eurosmoins 4 888 euros990 250 eurosmoins 9 750 euros
SCPI en assurance vie3,16 % après frais et PS1 109 120 eurosplus 109 120 euros1 230 120 eurosplus 230 120 euros
Actions en compte-titres seul, hypothèse 7 %6,80 %1 331 000 eurosplus 331 000 euros1 894 600 eurosplus 894 600 euros
Actions, 150 000 euros en PEA et 850 000 euros en compte-titres6,80 %1 345 530 eurosplus 345 530 euros1 939 820 eurosplus 939 820 euros
Actions en PEA sans plafond, situation théorique6,80 %1 427 760 eurosplus 427 760 euros2 125 000 eurosplus 1 125 000 euros

Le plafond du PEA coûte ici 82 230 euros de pouvoir d'achat sur dix ans et 185 180 euros sur vingt ans, soit l'écart entre les deux dernières lignes. À 500 000 euros, ce même coût s'établissait à 33 867 euros sur dix ans, et à 200 000 euros à 4 839 euros. Il augmente plus vite que le capital, puisque la fraction qui déborde vers le compte-titres grandit à la fois en montant et en proportion : le PEA couvre 75 % d'un patrimoine de 200 000 euros et seulement 15 % d'un patrimoine de 1 million d'euros.

Sur vingt ans, l'écart entre le haut et le bas du tableau atteint 1 465 100 euros de pouvoir d'achat, soit près d'une fois et demie la mise initiale. Cet écart n'est pas une promesse : il repose sur une hypothèse d'actions à 7 % par an, qui suppose de traverser sans vendre deux ou trois reculs importants de 30 à 40 %. Le capital n'est pas garanti et une performance négative sur vingt ans reste possible. L'épisode ETF ou actions en direct du podcast Out of the Box détaille les deux façons d'accéder à cette poche.

La rente : le taux de retrait soutenable devient un vrai calcul

C'est le montant où le revenu complémentaire cesse d'être un appoint et devient, pour beaucoup de lectrices, la question centrale : de quoi puis-je vivre sans que le capital s'épuise ? La réponse ne se lit pas dans un taux de distribution, elle se calcule.

SupportRevenu brut mensuelNet, tranche marginale de 30 %Net, tranche marginale de 41 %Capital entamé ?
Livret A à 1,70 %, hypothèse théorique sans plafond1 417 euros1 417 euros1 417 eurosNon
Compte à terme, 2,67 %2 225 euros1 526 euros1 526 eurosNon, mais bloqué
Fonds en euros, 2,63 %2 192 euros1 815 euros1 815 eurosNon
SCPI en direct, 4,91 %4 092 euros2 160 euros1 710 eurosNon, mais valeur de part variable
SCPI en direct, 4,91 %, assujettie à l'IFI pour 9 500 euros4 092 euros1 368 euros919 eurosNon, mais valeur de part variable
SCPI en assurance vie, 3,82 % net de frais3 183 euros2 636 euros2 636 eurosNon, mais rachats à calibrer
Immobilier locatif nu, 5 % brut et 3,5 % net de charges2 917 euros1 540 euros1 218 eurosNon, mais valeur du bien variable
Retrait programmé de 4 000 euros sur une assurance vie à 2,18 % net4 000 euros4 000 euros4 000 eurosOui, enveloppe éteinte en vingt-huit ans

Le taux de retrait soutenable, le seul chiffre qui compte

Un revenu qui n'entame pas le capital en pouvoir d'achat ne peut pas dépasser le rendement réel du portefeuille, c'est-à-dire son rendement après frais, après impôt, après IFI éventuel et après inflation. Ce chiffre est beaucoup plus bas que ce que les tableaux de revenus bruts laissent croire.

Sur les trois allocations chiffrées plus bas, le profil sécurité délivre 0,35 % de rendement réel, soit 3 500 euros par an, ou 292 euros par mois de retrait soutenable. Le profil équilibre délivre 2,27 %, soit 22 700 euros par an, ou 1 892 euros par mois. Le profil long terme délivre 3,70 % dans nos hypothèses, soit 37 000 euros par an, ou 3 083 euros par mois, mais avec une poche actions et private equity majoritaire dont la valeur peut reculer fortement pendant plusieurs années consécutives.

Vous avez sans doute croisé la règle des 4 %, issue de travaux américains des années 1990 sur les retraits de portefeuille. Elle raisonne en dollars, sur une allocation majoritairement actions, sur un horizon de trente ans, et surtout sans fiscalité récurrente comparable à la nôtre. Transposée telle quelle à un patrimoine français, elle surestime très sensiblement le retrait soutenable, parce qu'elle ignore l'IFI, les prélèvements sociaux annuels sur les fonds en euros et la fiscalité des revenus fonciers. Un million d'euros ne verse pas 40 000 euros par an sans conséquence : dans une allocation équilibrée et fiscalisée, il en verse plutôt 22 000.

Autrement dit, 1 million d'euros permet un complément de revenu réellement structurant, entre 1 900 et 3 000 euros par mois selon le risque accepté, à condition de ne pas confondre ce montant avec les 4 092 euros bruts que verse une SCPI. Notre article sur ce qu'il faut pourvivre de ses rentes chiffre le capital nécessaire selon le niveau de vie visé.

Ce que le revenu perçu ne dit pas

Un support peut verser beaucoup et rapporter peu. La SCPI de 2025 en est l'illustration : 4,91 % distribués, moins 3,45 % sur le prix de part, soit 1,46 % de performance globale selon l'ASPIM. L'épargnante a bien reçu 4 092 euros bruts par mois sur son compte. Son patrimoine, lui, a progressé beaucoup moins. L'inverse existe aussi : un ETF capitalisant ne verse rien et peut avoir la meilleure performance totale du portefeuille. Confondre les deux conduit à surpondérer les supports distributifs par confort psychologique plutôt que par pertinence, et à payer de l'impôt chaque année sur un revenu dont on n'a pas besoin.

Faut-il structurer 1 million d'euros via une société ?

La question se pose systématiquement à ce niveau de capital, et elle appelle une réponse nuancée qui commence par un constat rarement écrit : dans la majorité des cas où le capital est déjà détenu personnellement, la structuration coûte plus qu'elle ne rapporte. Ce qui change à 1 million d'euros, ce n'est pas la réponse, c'est le fait que la question mérite enfin d'être instruite sérieusement plutôt qu'écartée d'un revers de main.

Les trois montages généralement évoqués

Le premier est la holding patrimoniale, société soumise à l'impôt sur les sociétés qui détient les participations et réinvestit les produits sans passer par la fiscalité des personnes physiques. Le taux réduit d'impôt sur les sociétés à 15 % s'applique jusqu'à 42 500 euros de bénéfice au titre de l'article 219 du code général des impôts. Le relèvement de ce seuil à 100 000 euros, voté en séance, n'a pas survécu au texte promulgué : il ne faut pas le présenter comme en vigueur.

Le deuxième est le contrat de capitalisation détenu par une personne morale, qui permet de loger des supports financiers dans une société tout en étalant la charge fiscale. Le troisième est la SCI à l'impôt sur les sociétés, qui permet d'amortir un immeuble et de neutraliser le revenu foncier pendant la phase de détention, au prix d'une plus-value professionnelle bien plus lourde à la revente.

Le calcul de la double couche, posé simplement

Apporter 1 million d'euros déjà détenus à titre personnel dans une société ne crée aucun avantage fiscal en soi. L'argent a déjà été imposé. La société ajoute des coûts de constitution, une comptabilité annuelle, des obligations déclaratives, et surtout une seconde couche d'imposition au moment de sortir les fonds. Prenons 47 000 euros de produits annuels dans une holding : après 15 % d'impôt sur les sociétés jusqu'à 42 500 euros et 25 % au-delà, il reste environ 36 500 euros. Distribués en dividende, ces 36 500 euros supportent le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, soit 25 039 euros dans la poche. Les mêmes 47 000 euros perçus dans un contrat d'assurance vie personnel, rachetés après huit ans dans l'abattement, laissent nettement davantage.

Le raisonnement s'inverse dans un seul cas de figure, mais il est fréquent à ce niveau de capital : quand l'argent vient d'une société ou y retourne. Une trésorerie d'entreprise excédentaire, un produit de cession logé dans une holding sous le régime du report d'imposition de l'article 150-0 B ter, ou une dirigeante qui arbitre entre rémunération et dividende ne sont pas dans la même situation qu'une particulière qui a vendu un bien ou reçu une succession. C'est l'origine des fonds qui commande, pas leur montant. Nos pages trésorerie d'entreprise et150-0 B ter traitent ces situations, et l'article sur laholding patrimoniale pose le seuil à partir duquel elle se justifie.

Le rappel du dispositif d'apport-cession, pour ne pas s'y tromper

Si le million provient de la cession d'une société, le report d'imposition de l'article 150-0 B ter impose un réinvestissement d'au moins 70 % du prix de cession dans un délai de trois ans, avec une conservation de cinq ans, en application de la loi n° 2026-103 du 19 février 2026, en vigueur depuis le 21 février 2026. Ce même texte exclut du réinvestissement éligible la promotion immobilière, l'activité de marchand de biens et la location d'immeubles. Un point de méthode qui provoque des erreurs coûteuses : le fait générateur de l'imposition est la cession des titres reçus en échange, pas l'apport. La pageapport-cession détaille les montants et les échéances à poser.

La taxe sur les holdings patrimoniales, qui ne s'applique pas à ce montant

Un point d'actualité à écarter proprement, parce qu'il inquiète beaucoup de monde. L'article 7 de la loi de finances pour 2026 a créé un nouvel article 235 ter C du code général des impôts, instaurant une taxe de 20 % par an sur la valeur vénale brute des actifs somptuaires détenus par certaines holdings patrimoniales. Trois conditions cumulatives doivent être réunies : des actifs totaux d'au moins 5 000 000 d'euros, la détention d'au moins 50 % des droits par une personne physique, et des revenus passifs représentant plus de 50 % des produits. L'assiette vise les yachts, les aéronefs, les véhicules de tourisme, les métaux précieux et les vins de collection.

Une holding détenant 1 million d'euros de placements financiers n'atteint pas le premier seuil et n'est donc pas concernée. La première application vise par ailleurs les exercices clos à compter du 31 décembre 2026. Ce dispositif ne doit pas entrer dans un raisonnement à ce niveau de patrimoine, et le citer comme un obstacle serait inexact.

La transmission devient le premier poste de prélèvement

C'est le basculement que 1 million d'euros opère et que les articles sur les montants inférieurs n'avaient pas à traiter. En dessous, les abattements couvrent l'essentiel de la transmission et le sujet reste secondaire. Ici, il devient le prélèvement le plus lourd de toute la vie du capital, et il se chiffre en dizaines voire en centaines de milliers d'euros selon la seule variable du calendrier.

Le barème réel des droits de succession en ligne directe

Il faut corriger d'emblée une formulation qui circule beaucoup, selon laquelle les droits de succession « dépasseraient 40 % ». Les taux de 40 % et 45 % existent bien, mais ce sont des taux marginaux qui ne s'appliquent qu'aux tranches supérieures, et il ne faut jamais les confondre avec le taux réellement supporté. Le barème de l'article 777 du code général des impôts, applicable en ligne directe après l'abattement de 100 000 euros par parent et par enfant prévu à l'article 779, est le suivant.

Part taxable après abattementTaux applicable
Jusqu'à 8 072 euros5 %
De 8 072 à 12 109 euros10 %
De 12 109 à 15 932 euros15 %
De 15 932 à 552 324 euros20 %
De 552 324 à 902 838 euros30 %
De 902 838 à 1 805 677 euros40 %
Au-delà de 1 805 677 euros45 %

Deux applications chiffrées valent mieux qu'un commentaire. Pour un enfant unique recevant 1 000 000 d'euros d'un parent, l'abattement de 100 000 euros ramène la part taxable à 900 000 euros et les droits s'établissent à environ 212 960 euros, soit un taux moyen de 21,3 % sur la somme reçue. Pour deux enfants recevant chacun 500 000 euros du même parent, les droits tombent à 78 194 euros par enfant, soit 156 388 euros au total et un taux moyen de 15,6 %. Le nombre d'enfants divise mécaniquement l'assiette et fait redescendre chacun dans les tranches basses. Notre article sur le barème et le calcul des droits de succession détaille chaque lien de parenté, y compris les taux nettement plus lourds applicables entre frères et sœurs, neveux et nièces ou personnes non parentes.

Le conjoint survivant, la règle que presque tous les contenus déforment

Le conjoint survivant, marié ou lié par un PACS, est totalement exonéré de droits de succession en application de l'article 796-0 bis du code général des impôts. L'abattement de 152 500 euros de l'assurance vie ne le concerne pas non plus, puisqu'il est exonéré de droits de mutation par décès en toute hypothèse. Cette exonération ne vaut ni pour le concubin, quelle que soit la durée de la vie commune, ni pour les enfants. La conséquence pratique à 1 million d'euros est nette : une transmission au conjoint ne coûte rien mais ne règle rien, elle reporte simplement le sujet d'une génération, avec un patrimoine qui aura eu le temps de grossir. Nos articles sur la façon de protéger son conjoint survivant et sur lepatrimoine du couple selon le régime matrimonial traitent cet arbitrage.

Transmettre 1 million d'euros à deux enfants : quatre chemins chiffrés

Hypothèses explicites : deux enfants majeurs, barème 2026 en ligne directe, aucune donation antérieure, valeurs figées. Ces montants sont des simulations, pas des prévisions, et ils ignorent volontairement l'évolution de la valeur des biens entre les opérations et le décès.

Chemin de transmissionDroits ou prélèvement totalCoût rapporté au millionCondition à respecter
Succession, 1 million détenu par un seul parent156 388 euros15,6 %Aucune
Succession, 1 million réparti entre les deux parents112 777 euros11,3 %Régime matrimonial et détention effectivement partagés
Assurance vie, primes versées avant 70 ans, 1 million par un seul parent139 000 euros13,9 %Article 990 I, abattement de 152 500 euros par bénéficiaire
Assurance vie, primes versées avant 70 ans, 500 000 euros par parent78 000 euros7,8 %Abattement apprécié par bénéficiaire et par assurée
Donation en pleine propriété d'une vague de 400 000 euros à 55 ans, solde au décès32 777 euros3,3 %Décès plus de 15 ans après la donation
Donation de la nue-propriété de 666 700 euros à 65 ans, solde au décès0 euro0 %Décès plus de 15 ans après, barème de l'article 669 à 60 %

Trois enseignements se lisent directement dans ce tableau. Le premier est que l'assurance vie n'est pas systématiquement le meilleur véhicule de transmission en ligne directe : concentrée sur une seule tête, elle coûte 139 000 euros là où une succession classique répartie entre deux parents en coûte 112 777. Le deuxième est que la répartition entre les deux membres du couple, qui ne coûte rien à mettre en place, vaut mécaniquement des dizaines de milliers d'euros. Le troisième est que le calendrier écrase tout le reste : la même somme, les mêmes bénéficiaires, quinze ans d'avance, et la facture passe de 156 388 euros à zéro.

Le démembrement, ou comment transmettre 666 700 euros avec 400 000 euros d'assiette

Donner la nue-propriété d'un bien en se réservant l'usufruit permet de transmettre à un coût réduit tout en continuant de percevoir les revenus. L'assiette taxable est fixée par le barème de l'article 669 I du code général des impôts, en fonction de l'âge du donateur au jour de la donation. Au décès du donateur, l'usufruit s'éteint et rejoint la nue-propriété sans aucun droit supplémentaire, en application de l'article 1133 du même code.

Âge du donateurValeur taxable de la nue-propriétéValeur transmise pour 400 000 euros d'assietteDroits dus par un couple donnant à deux enfants
51 à 60 ans50 %800 000 euros0 euro
61 à 70 ans60 %666 700 euros0 euro
71 à 80 ans70 %571 400 euros0 euro
81 à 90 ans80 %500 000 euros0 euro
Donation en pleine propriété100 %400 000 euros0 euro

La colonne du milieu est celle qu'il faut retenir : à assiette taxable identique, donc à droits identiques, l'âge du donateur détermine le montant réellement transmis. Donner à 58 ans permet de faire passer 800 000 euros de valeur dans les quatre abattements de 100 000 euros d'un couple ayant deux enfants. Attendre 72 ans ramène ce montant à 571 400 euros. Le passage d'une tranche d'âge à l'autre se fait le jour de l'anniversaire, et il coûte dix points d'assiette. C'est l'une des rares échéances patrimoniales strictement irrattrapables, avec les 80 ans du donateur qui ferment définitivement le don familial de sommes d'argent de l'article 790 G, plafonné à 31 865 euros.

Les outils de transmission à connaître à ce montant

L'abattement de l'article 779, de 100 000 euros par enfant et par parent, se reconstitue tous les quinze ans et reste inchangé par la loi de finances pour 2026. À cela s'ajoutent le don familial de sommes d'argent de l'article 790 G, plafonné à 31 865 euros sous conditions d'âge du donateur et du donataire, et l'exonération exceptionnelle de l'article 790 A bis, pouvant atteindre 100 000 euros mais strictement réservée à l'acquisition d'un logement neuf ou en état futur d'achèvement, avec emploi des fonds sous six mois et conservation cinq ans. L'ancien n'y ouvre aucun droit, contrairement à ce que beaucoup de contenus laissent croire.

Côté assurance vie, l'article 990 I prévoit, pour les primes versées avant les 70 ans de la souscriptrice, un abattement de 152 500 euros par bénéficiaire, puis une taxation de 20 % jusqu'à 700 000 euros et de 31,25 % au-delà. Pour les primes versées après 70 ans, c'est l'article 757 B qui s'applique, avec un abattement global de 30 500 euros tous bénéficiaires confondus, les produits générés par ces primes restant pour leur part exonérés. Encore faut-il que la clause bénéficiaire désigne les bonnes personnes : une clause rédigée il y a vingt ans, mentionnant un conjoint avant un divorce ou omettant un enfant né depuis, produit un résultat que personne n'avait voulu. La relire coûte zéro euro. Voir nos articles sur la façon de rédiger une clause bénéficiaire et sur leserreurs de clause bénéficiaire, ainsi que notre guide transmettre son patrimoine à ses enfants.

Trois allocations chiffrées de 1 million d'euros

Voici trois allocations types, construites en tenant compte des plafonds réels. L'épargne réglementée est saturée dans les trois cas parce qu'elle est gratuite, garantie et exonérée. Ce sont des illustrations de mécanisme, pas des recommandations, et aucune d'elles ne garantit un rendement.

ProfilAllocation illustrative de 1 000 000 d'eurosRendement net pondéréRendement réelPouvoir d'achat à 20 ans
Sécurité44 950 euros de réglementé, 600 000 euros de fonds en euros, 355 050 euros de SCPI en assurance vie2,46 %plus 0,35 %1 072 874 euros
Équilibre44 950 euros de réglementé, 210 050 euros de fonds en euros, 300 000 euros de SCPI en assurance vie, 300 000 euros d'actions en PEA et compte-titres, 145 000 euros de private equity4,42 %plus 2,27 %1 567 222 euros
Long terme44 950 euros de réglementé, 200 000 euros de SCPI en assurance vie, 545 050 euros d'actions en PEA et compte-titres, 210 000 euros de private equity5,88 %plus 3,70 %2 069 246 euros

Le profil sécurité préserve le pouvoir d'achat et l'augmente de 7,3 % en vingt ans. C'est ce qu'il cherche, et il l'obtient. Le profil long terme immobilise 210 000 euros pendant une décennie sur duprivate equity dont le capital n'est pas garanti et dont l'objectif de 8 % retenu ici est une hypothèse basse de fourchette, non un engagement. Les trois lignes reposent sur un rendement constant chaque année, ce qu'aucun portefeuille réel ne connaît, et sur l'absence d'IFI, ce qui suppose que la poche immobilière reste logée en assurance vie plutôt qu'en direct.

Pourquoi cet article ne vous dira pas laquelle choisir

Parce que le profil pertinent dépend de votre horizon, de votre capacité réelle à supporter une baisse, de votre tranche marginale, de votre assiette immobilière au regard de l'IFI, du nombre de vos enfants, de votre régime matrimonial, de l'origine des fonds et de vos projets à trois et à dix ans. Aucune de ces informations n'est dans cet article, et aucune ne peut y être. C'est la raison même de prendre rendez-vous : un article donne les ordres de grandeur pour poser la question correctement, un entretien répond à la question. Le questionnaire de profil investisseur constitue le point de départ de cette mise à plat.

Les cinq erreurs propres à un capital de 1 million d'euros

Erreur 1 : raisonner en rendement sans regarder l'assiette IFI

C'est l'erreur signature de ce montant. Comparer une SCPI à 4,91 % et un fonds en euros à 2,63 % sans savoir si le premier fait franchir le seuil de 1 300 000 euros de patrimoine immobilier net taxable revient à comparer deux placements dont l'un porte un impôt annuel supplémentaire que l'autre ne porte pas. Dans la configuration que nous avons chiffrée, cet oubli fait passer le rendement net de 2,05 % à 1,10 % et inverse le classement.

Erreur 2 : traiter la transmission comme un sujet de retraite

À 1 million d'euros, les droits de succession représentent 112 777 à 156 388 euros pour deux enfants selon la répartition du patrimoine dans le couple. C'est davantage que la totalité des frais de gestion payés sur vingt ans dans un contrat correctement négocié. Attendre 75 ans pour s'en occuper prive des deux outils les plus puissants, le compteur de quinze ans de l'article 779 et le barème d'âge de l'article 669, qui ne fonctionnent tous les deux que par anticipation.

Erreur 3 : payer des frais sur versement

Sur un contrat bancaire à 3 % de frais sur versement, 1 million d'euros devient 970 000 euros le premier jour. À 2,18 % net par an, il faut près de quatorze mois pour revenir au point de départ. Sur un capital de cette taille, ces frais se négocient à zéro. Ne pas le demander est un choix, pas une fatalité.

Erreur 4 : ouvrir un contrat luxembourgeois pour de mauvaises raisons

Le contrat luxembourgeois n'est pas un outil d'optimisation fiscale pour une résidente française : sa fiscalité est identique à celle d'un contrat français. Il n'offre pas non plus de rendement supérieur en soi. Il offre un cadre de protection des avoirs et un univers d'investissement élargi, en contrepartie de frais généralement supérieurs à ceux d'un bon contrat français en ligne. À 1 million d'euros, l'argument de la garantie devient réel, celui du prestige ne l'est toujours pas.

Erreur 5 : traiter une performance passée comme un engagement

« Les SCPI rapportent 4,91 % » est un abus de langage. La formulation exacte est : les SCPI ont distribué 4,91 % en moyenne en 2025 selon le bilan annuel de l'ASPIM publié le 9 février 2026, tandis que le prix moyen des parts reculait de 3,45 % sur le même exercice. De la même façon, un objectif de 8 à 12 % affiché par une société de gestion de private equity est un objectif commercial, pas un engagement contractuel. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Les questions à trancher avant de placer 1 million d'euros

Que détenez-vous déjà en immobilier ?

C'est la première question à ce montant, et elle précède toute réflexion de rendement. Additionnez la valeur de votre résidence principale minorée de 30 %, celle de vos éventuels biens locatifs et celle de vos parts de sociétés à prépondérance immobilière, puis retranchez les dettes affectées. Si le total dépasse 300 000 euros, orienter le million vers l'immobilier vous rend assujettie à l'IFI. Ce seul calcul, qui prend dix minutes, change la composition du portefeuille avant même d'avoir parlé de rendement.

D'où vient l'argent ?

Une succession, une vente immobilière, une cession d'entreprise et une trésorerie d'entreprise excédentaire n'appellent pas les mêmes montages, pour des raisons qui n'ont rien à voir avec le montant. Le produit d'une cession logé dans une holding sous report d'imposition obéit à des contraintes de réinvestissement précises, quand un capital personnel n'en a aucune. Nos articles sur lacession d'entreprise et surce qu'il faut faire de l'argent après un exittraitent ces cas.

Combien d'enfants, et quel régime matrimonial ?

Ces deux données valent des dizaines de milliers d'euros à elles seules, comme le tableau de transmission le montre. Deux enfants au lieu d'un divisent l'assiette taxable par deux et font redescendre chaque part dans les tranches basses du barème. Une détention équilibrée entre les deux membres du couple, plutôt que concentrée sur une seule tête, fait passer les droits de 156 388 à 112 777 euros. Aucune de ces deux corrections ne coûte quoi que ce soit à mettre en place, à condition de s'en occuper avant.

Quelle baisse pouvez-vous absorber sans vendre ?

Il ne s'agit pas d'une préférence théorique mais d'un seuil concret. Une poche actions de 500 000 euros peut valoir 300 000 euros pendant dix-huit mois. La question n'est pas de savoir si cela vous déplairait, mais si vous tiendriez sans vendre. Une allocation abandonnée au pire moment produit un résultat très inférieur à une allocation plus prudente tenue jusqu'au bout.

Quelle fraction acceptez-vous d'immobiliser huit à dix ans ?

C'est la question propre au private equity. Un engagement de 100 000 euros représente 10 % du capital, un engagement de 200 000 euros en représente 20 %. Dans les deux cas, cet argent est indisponible quoi qu'il arrive dans votre vie pendant une décennie, et la dispersion des résultats entre fonds y est bien plus large que sur les actions cotées. Le rendement espéré ne compense pas l'indisponibilité si l'indisponibilité vous met en difficulté.

Quelle est votre tranche marginale, aujourd'hui et dans dix ans ?

Le barème 2026 applicable aux revenus 2025 place les seuils à 11 600, 29 579, 84 577 et 181 917 euros après indexation de 0,9 % par la loi de finances pour 2026. Une tranche de 41 % pendant la vie active et de 30 % à la retraite conduit à des arbitrages différents de ceux d'une tranche stable, notamment sur l'ordre dans lequel les enveloppes se remplissent et se vident. Lechoix entre la flat tax et le barème progressif se pose chaque année et ne se tranche pas une fois pour toutes.

Pour aller plus loin

Le guide consacré à l'investissement de 1 million d'eurosdétaille les allocations et les cas particuliers, et le panorama desmeilleurs placements 2026 replace ces chiffres dans le contexte de marché de l'année. Notre article sur leserreurs de gestion de patrimoine revient sur ce qui coûte le plus cher dans la durée, la page transmission de patrimoine décrit la méthode de mise à plat successorale, et lebilan patrimonial celle par laquelle Solstice Patrimoine assemble l'ensemble avant toute décision.

Une dernière remarque de méthode. Toutes les projections de cet article reposent sur des hypothèses constantes : un rendement fixe chaque année, une inflation fixe chaque année, une fiscalité inchangée sur vingt ans. Aucune de ces trois conditions ne sera vérifiée dans la réalité. Les chiffres servent à comparer des ordres de grandeur entre eux, pas à prédire un montant. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures, le capital investi sur les supports non garantis peut être perdu en tout ou partie, la liquidité est limitée sur les SCPI et très limitée sur le private equity, et aucun placement ne garantit un rendement. Cet article a une vocation strictement informative : il ne constitue pas une recommandation personnalisée d'investissement.

Questions fréquentes

Combien rapporte 1 million d'euros placé par an en 2026 ?
Entre 17 000 et 49 100 euros bruts par an selon le support. Le Livret A verse 1,70 % depuis le 1er août 2026 selon l'arrêté du 28 juillet 2026, soit 17 000 euros en théorie. Les fonds en euros ont servi 2,63 % en 2025 selon l'ACPR, soit 26 300 euros. Les SCPI ont distribué 4,91 % en 2025 selon l'ASPIM, soit 49 100 euros, sans garantie du capital. Après frais, impôt, IFI éventuel et inflation, il reste nettement moins.
Combien rapporte 1 million d'euros par mois ?
Sur la base des rendements 2026, 1 million d'euros produit environ 1 417 euros bruts par mois sur un Livret A théorique, 2 192 euros bruts sur un fonds en euros et 4 092 euros bruts en SCPI. Après prélèvements sociaux et impôt, le fonds en euros descend à environ 1 815 euros et la SCPI à environ 2 160 euros pour une tranche marginale de 30 %. L'IFI, s'il est dû, se retranche encore de ce montant.
Faut-il payer l'IFI quand on place 1 million d'euros ?
Oui dès que le patrimoine immobilier net taxable dépasse 1 300 000 euros au 1er janvier. Si le million est placé en SCPI ou en immobilier locatif, il suffit que le reste du patrimoine immobilier taxable dépasse 300 000 euros, soit une résidence principale de plus de 428 600 euros compte tenu de l'abattement de 30 % de l'article 973 du code général des impôts. Placé en fonds en euros, en actions ou en compte-titres, le même million reste hors assiette.
Quel revenu peut-on tirer d'un million d'euros sans entamer le capital ?
Le retrait soutenable ne peut pas dépasser le rendement réel du portefeuille, c'est-à-dire son rendement après frais, après impôt et après une inflation de 2,1 % mesurée par l'INSEE en juillet 2026. Sur une allocation prudente, cela représente environ 292 euros par mois. Sur une allocation équilibrée, environ 1 892 euros. Sur une allocation majoritairement actions et private equity, environ 3 083 euros, avec un capital non garanti.
Combien coûtent les droits de succession sur 1 million d'euros ?
Pour deux enfants et un million détenu par un seul parent, les droits atteignent 156 388 euros après l'abattement de 100 000 euros par enfant et par parent de l'article 779 du code général des impôts. Le même million réparti entre les deux parents ramène la facture à 112 777 euros. Une donation anticipée de plus de quinze ans peut la ramener à zéro. Le conjoint survivant, lui, est totalement exonéré.
Combien les frais coûtent-ils sur 1 million d'euros en vingt ans ?
Sur une hypothèse de rendement brut de 4,70 % par an, un portefeuille chargé à 2,30 % de frais annuels laisse 1 606 954 euros au bout de vingt ans, contre 2 320 750 euros à 0,40 % de frais. L'écart atteint 713 796 euros, soit 71 % de la mise initiale, pour une performance brute et un risque strictement identiques. Ces projections reposent sur un rendement constant et ne constituent pas un engagement.
Faut-il créer une société pour placer 1 million d'euros ?
Rarement lorsque le capital est déjà détenu personnellement. La société ajoute des coûts de fonctionnement et une seconde couche d'imposition, l'impôt sur les sociétés puis le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % sur le dividende. Le raisonnement s'inverse quand l'argent vient d'une entreprise ou y retourne, notamment sous le régime du report d'imposition de l'article 150-0 B ter. C'est l'origine des fonds qui commande, pas leur montant.

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