SLSTICE
Patrimoine

Combien faut-il pour vivre de ses rentes

Emeline Siron·

Pour 3 000 € nets par mois, il faut entre 1 050 000 € et 1 749 000 € de capital selon le taux de retrait retenu, soit environ 1 312 000 € au taux de 4 %. Ce guide déroule le calcul complet, la fiscalité française du capital, l'inflation, la séquence des rendements et l'écart entre consommer son capital et le préserver.

Vivre de ses rentes, combien faut-il exactement : la réponse chiffrée

Pour vivre de ses rentes, comptez entre 700 000 € et 1 166 000 € de capital pour dégager 2 000 € nets par mois, entre 1 050 000 € et 1 749 000 € pour 3 000 € nets par mois, et entre 1 749 000 € et 2 915 000 € pour 5 000 € nets par mois. La fourchette dépend du taux de retrait retenu, de 3 % pour une hypothèse prudente à 5 % pour une hypothèse offensive. Au taux de référence de 4 %, il faut environ 1 312 000 € pour 3 000 € nets par mois. Ces montants intègrent une fiscalité de 31,4 %, qui correspond au prélèvement forfaitaire unique applicable aux revenus financiers en France depuis le 1er janvier 2026.

Le raisonnement tient en trois lignes. Un revenu net visé se convertit d'abord en revenu brut, puisque l'État prélève avant vous. 3 000 € nets par mois font 36 000 € nets par an, donc 52 478 € bruts par an à 31,4 % de fiscalité. Ce revenu brut se divise ensuite par le taux de retrait annuel que vous vous autorisez sur votre capital. Le résultat est le capital nécessaire.

Le tableau ci-dessous donne les montants pour les trois niveaux de revenu les plus souvent visés, sous quatre hypothèses de taux de retrait.

Revenu net viséRevenu brut annuel nécessaireCapital à 3 %Capital à 3,5 %Capital à 4 %Capital à 5 %
1 500 € / mois26 239 €875 000 €750 000 €656 000 €525 000 €
2 000 € / mois34 985 €1 166 000 €1 000 000 €875 000 €700 000 €
3 000 € / mois52 478 €1 749 000 €1 499 000 €1 312 000 €1 050 000 €
4 000 € / mois69 971 €2 332 000 €1 999 000 €1 749 000 €1 399 000 €
5 000 € / mois87 464 €2 915 000 €2 499 000 €2 187 000 €1 749 000 €

Retenez l'ordre de grandeur avant de retenir le chiffre exact : pour un revenu de remplacement confortable en France, on parle d'un capital à sept chiffres. Le patrimoine brut médian des ménages français s'élevait à 205 100 € début 2024 selon l'INSEE, et 10 % des ménages dépassaient 857 700 €. Autrement dit, le capital nécessaire pour 3 000 € nets par mois place déjà une lectrice dans le dernier décile du patrimoine français. Ce n'est pas une raison de renoncer, c'est une raison de calibrer le projet honnêtement.

La suite de cet article explique d'où vient le taux de retrait, pourquoi il fait débat, et surtout tout ce que ce calcul en apparence simple laisse de côté : la fiscalité réelle selon l'enveloppe, l'inflation, l'ordre dans lequel arrivent les performances, les frais, la longévité. Ces cinq éléments font varier le capital nécessaire du simple au double. Beaucoup d'articles sur ce sujet s'arrêtent à la division. C'est précisément là que le lecteur se trompe.

Ce que « vivre de ses rentes » veut dire, et pourquoi le montant varie autant

Une rente, au sens patrimonial, est un revenu régulier produit par un capital sans contrepartie de travail. Elle peut prendre la forme d'intérêts, de dividendes, de loyers, de distributions de parts de SCPI, de rachats programmés sur un contrat d'assurance-vie ou d'une rente viagère au sens strict, c'est-à-dire versée jusqu'au décès par un assureur. Ces formes n'ont ni la même fiscalité, ni le même risque, ni la même réversibilité.

Trois définitions qui donnent trois montants très différents

La première définition consiste à ne consommer que les revenus produits, en laissant le capital intact en euros. C'est la vision classique du rentier. Elle est la plus exigeante en capital, et elle ignore que le capital intact en euros perd de la valeur chaque année sous l'effet de l'inflation.

La deuxième consiste à préserver le capital en pouvoir d'achat, donc à ne prélever que le rendement réel, net d'inflation. C'est la définition la plus rigoureuse. Elle est aussi la plus coûteuse, parce que le rendement réel est très inférieur au rendement affiché.

La troisième consiste à consommer progressivement le capital sur un horizon défini. C'est ce que fait la majorité des retraités sans le formuler ainsi. Le capital nécessaire chute alors fortement, mais le plan devient sensible à une seule variable que personne ne maîtrise : la durée de vie.

Nous détaillons plus bas l'écart chiffré entre ces trois logiques. Il est considérable : pour 3 000 € nets par mois, on passe d'environ 1 152 000 € à plus de 2 571 000 € selon la définition retenue, à rendement réel identique.

Rente ne veut pas dire salaire

Un salaire est contractuel, mensuel, et son montant ne dépend pas des marchés. Une rente issue d'un portefeuille dépend de la valeur de ce portefeuille au moment où vous retirez. C'est une différence de nature, pas de degré. Une année où votre portefeuille perd 20 %, retirer le même montant en euros revient à vendre une part plus grande de votre capital. C'est le mécanisme central de tous les échecs de plans de rentes, et nous y consacrons une section entière.

Une conséquence pratique : un plan de rentes sérieux prévoit une poche de liquidités permettant de couvrir deux à trois années de dépenses sans toucher aux actifs volatils. Cette poche n'a pas vocation à rapporter, elle a vocation à éviter de vendre au pire moment. Elle coûte du rendement, et c'est le prix de la tranquillité.

Le montant de départ : vos dépenses, pas votre revenu actuel

L'erreur de cadrage la plus fréquente consiste à viser le remplacement de son salaire net. Ce n'est presque jamais la bonne cible. Un salarié qui devient rentier cesse de payer des cotisations retraite, souvent de rembourser un crédit immobilier, et parfois de financer des frais liés à l'activité professionnelle. À l'inverse, il peut voir grimper son budget santé, ses loisirs et sa mutuelle.

Le bon point de départ est le relevé de vos dépenses réelles sur douze mois, poste par poste, augmenté d'une marge pour l'imprévu. Un budget établi sur trois mois de relevés bancaires sous-estime presque toujours les dépenses annuelles, parce qu'il rate les assurances, les impôts locaux, les vacances et les remplacements d'équipement. Notre bilan patrimonial commence systématiquement par cette étape, avant toute discussion sur les placements.

La règle des 4 % : d'où elle vient et ce qu'elle dit réellement

Le taux de 4 % n'est pas une convention arbitraire. C'est le résultat d'un travail statistique précis, dont il faut connaître le périmètre pour savoir jusqu'où on peut le transposer en France en 2026.

Bengen, 1994 : le taux de retrait maximal historiquement sûr

L'ingénieur devenu conseiller financier William Bengen publie en 1994 dans le Journal of Financial Planning une étude qui cherche le taux de retrait le plus élevé n'ayant jamais épuisé un portefeuille sur trente ans, quelle que soit l'année de départ depuis 1926. Sa réponse est de l'ordre de 4 %, montant indexé chaque année sur l'inflation, sur un portefeuille composé d'actions américaines et d'obligations d'État. Le chiffre porte donc sur le pire scénario historique, pas sur le scénario moyen.

L'étude Trinity, 1998 : la probabilité de survie du portefeuille

Quatre ans plus tard, trois professeurs de finance de Trinity University au Texas, Philip Cooley, Carl Hubbard et Daniel Walz, publient l'étude qui portera le nom de leur université. Ils ne cherchent plus un taux unique : ils calculent, pour chaque combinaison de taux de retrait, d'allocation et de durée, le pourcentage de périodes historiques où le portefeuille a tenu. Sur trente ans, avec un portefeuille équilibré entre actions et obligations, un retrait de 4 % affiche un taux de succès de l'ordre de 95 % à 96 % selon les versions de l'étude et les périodes couvertes.

Ce chiffre est souvent mal lu. « 95 % de succès » ne signifie pas « 95 % de chances de garder son capital ». Cela signifie qu'il restait au moins un euro au bout de trente ans dans 95 % des scénarios historiques testés. Un portefeuille qui termine à 3 % de sa valeur initiale compte comme un succès. C'est une nuance qui change tout quand on prévoit de transmettre.

Les cinq reproches sérieux faits à la règle des 4 %

Le premier reproche porte sur la durée. L'étude vise trente ans, soit un départ à la retraite vers 62 ans. Une personne qui vise un revenu de remplacement dès 45 ans doit couvrir quarante-cinq à cinquante-cinq ans. Les simulations sur ces horizons ramènent généralement le taux prudent entre 3 % et 3,5 %.

Le deuxième porte sur la géographie. Les données sont américaines, sur un marché qui a connu le siècle le plus favorable de l'histoire boursière mondiale. Transposer ce résultat à un portefeuille européen ou français revient à supposer que la France offrira les mêmes conditions que les États-Unis du vingtième siècle. Ce n'est pas une hypothèse neutre.

Le troisième porte sur la fiscalité. Les études d'origine raisonnent sur des comptes fiscalement neutres. En France, un retrait de 40 000 € sur un compte-titres ne laisse pas 40 000 € dans votre poche. C'est l'objet d'une section entière plus bas.

Le quatrième porte sur les frais. Bengen et Trinity ne déduisent ni frais de gestion, ni frais d'enveloppe, ni frais de fonds. Un point de frais annuel ampute mécaniquement le taux de retrait soutenable d'environ un point.

Le cinquième, le plus important, porte sur la séquence des rendements. Un krach dans les cinq premières années détruit un plan que la même performance moyenne aurait sauvé si le krach était arrivé vingt ans plus tard. Nous le chiffrons plus loin.

Vivre de ses rentes, combien retenir comme taux de retrait en 2026

Deux références sérieuses coexistent aujourd'hui, et elles ne disent pas la même chose. Cette divergence est instructive : elle montre qu'aucun taux ne fait autorité de façon absolue.

Morningstar : 3,9 % pour un départ en 2026

Dans sa recherche publiée en décembre 2025, Morningstar retient un taux de retrait initial sûr de 3,9 % pour une personne partant en 2026, contre 3,7 % l'année précédente. L'hypothèse est explicite : trente ans d'horizon, retrait indexé sur l'inflation, et une probabilité de 90 % qu'il reste du capital à l'arrivée. La méthode est prospective : elle part des valorisations et des rendements obligataires actuels pour projeter des performances futures, plutôt que de rejouer l'histoire.

Bengen : 4,7 %, voire davantage avec de la flexibilité

Dans son ouvrage publié en août 2025, William Bengen révise sa propre conclusion à la hausse et défend un taux de départ de 4,7 %, en élargissant le portefeuille de référence aux petites capitalisations et aux actions internationales. Il ajoute qu'une retraitée acceptant d'ajuster ses retraits à la baisse les mauvaises années peut viser 5,25 % à 5,5 %. Cette flexibilité n'est pas un détail théorique : c'est le levier le plus puissant de tout le sujet.

Comment trancher entre 3,9 % et 4,7 %

L'écart entre 3,9 % et 4,7 % ne se tranche pas dans l'absolu, il se tranche selon votre situation. Trois questions font pencher la balance. Quel est votre horizon réel, en années ? Disposez-vous d'un revenu plancher indépendant des marchés, comme une pension de retraite ou un loyer sécurisé ? Pouvez-vous réduire vos dépenses de 15 % à 20 % pendant deux ans sans que votre vie change fondamentalement ?

Si les trois réponses sont favorables, un taux proche de 4,5 % se défend. Si l'horizon dépasse quarante ans et que la totalité des revenus dépend des marchés, un taux de 3 % à 3,5 % est le seul honnête. Entre ces deux extrêmes, 4 % reste un point d'ancrage raisonnable pour un premier cadrage, à condition de le traiter comme un point de départ de discussion et non comme une réponse.

Aucune de ces hypothèses ne garantit un résultat. Une projection est un outil de cadrage, pas un engagement. C'est aussi pour cette raison qu'un plan de rentes se révise, en général tous les ans, et se corrige quand la réalité s'écarte du scénario.

Ce que rapporte réellement chaque classe d'actifs, chiffres 2025

Le taux de retrait suppose un portefeuille qui produit. Voici ce que les grandes classes d'actifs accessibles à une épargnante française ont produit récemment, avec la source et l'année de chaque chiffre.

SupportPerformance de référenceSource et dateCe que le chiffre ne dit pas
Livret A1,7 % net d'impôt depuis le 1er août 2026Ministère de l'Économie, communiqué du 1er août 2026Plafonné à 22 950 €, révisé tous les six mois
Fonds en euros2,6 % en moyenne en 2025 (2,63 % selon l'ACPR)France Assureurs et ACPR, 2025Rendement brut de frais de gestion, soutenu par les réserves des assureurs
Unités de compte en assurance-vie4,7 % nets en 2025France Assureurs, 2025Capital non garanti, performance très dispersée selon les supports
SCPI, taux de distribution4,91 % en 2025, après 4,72 % en 2024ASPIM et IEIF, communiqué du 10 février 2026La performance globale annuelle n'atteint que 1,46 %, prix de parts en baisse de 3,45 %
Immobilier locatif directRendement brut de l'ordre de 5,5 % en moyenne nationale en 2026Études de marché 2026, moyenne nationaleBrut avant charges, vacance, travaux, gestion et fiscalité
Actions monde8,1 % par an de 1990 à 2025, en euros dividendes réinvestisIndice MSCI World, période 1990-2025Volatilité élevée, reculs supérieurs à 40 % observés
Actions, très long terme11,8 % par an sur 1984-2024IEIF, étude 40 ans de performances comparées, avril 2025Période exceptionnellement favorable, non reproductible par construction
Logement à ParisEnviron 9 % par an sur 40 ansIEIF, étude 40 ans de performances comparées, avril 2025Effet de levier du crédit inclus, marché non liquide

Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Aucun des supports du tableau ci-dessus, à l'exception du Livret A, ne comporte de garantie en capital, et la liquidité des SCPI comme de l'immobilier direct peut se tendre en période de tension de marché.

Le piège du rendement facial des SCPI

Le cas des SCPI illustre parfaitement pourquoi un taux de distribution ne suffit pas à bâtir un plan de rentes. En 2025, l'ASPIM et l'IEIF relèvent un taux de distribution moyen de 4,91 %, en progression. Mais la performance globale annuelle, qui additionne la distribution et la variation du prix de part, ressort à 1,46 % seulement, le prix de part moyen ayant reculé de 3,45 % sur l'année. Une rentière qui n'a regardé que la distribution a bien touché ses revenus, et elle s'est appauvrie.

C'est exactement la différence entre un revenu et un rendement. Vous pouvez tester l'effet sur votre situation avec notre simulateur SCPI, et lire le détail de la mécanique de distribution sur notre page dédiée au rendement des SCPI. Nous en parlons aussi en détail dans l'épisode consacré au rendement, aux risques et à la fiscalité des SCPI du podcast Out of the Box.

Le rendement affiché de l'immobilier locatif n'est pas le rendement encaissé

Un bien annoncé à 6 % brut ne verse presque jamais 6 % net. Il faut déduire la taxe foncière, les charges non récupérables, l'assurance propriétaire non occupant, la vacance locative, les frais de gestion si vous déléguez, la provision pour travaux et le renouvellement des équipements. Un rendement net de charges avant impôt situé entre 55 % et 70 % du rendement brut est un ordre de grandeur réaliste sur un bien correctement calibré.

Notre simulateur de rendement locatif permet de dérouler ce calcul poste par poste. Pour un cadrage opérationnel côté terrain, le simulateur de rentabilité locative d'emeline-siron.fr détaille aussi l'impact du financement.

Du brut au net : la fiscalité française des revenus du capital

C'est la ligne que la règle des 4 % ignore complètement, et c'est celle qui déplace le plus le capital nécessaire. Le prélèvement forfaitaire unique, souvent appelé flat tax, s'élève à 31,4 % depuis le 1er janvier 2026 : 12,8 % au titre de l'impôt sur le revenu et 18,6 % au titre des prélèvements sociaux, après la hausse de CSG votée en loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. Attention, cette hausse ne vise que les revenus financiers : l'immobilier et l'assurance-vie conservent des prélèvements sociaux à 17,2 %. Il s'applique par défaut aux intérêts, aux dividendes et aux plus-values de cession de valeurs mobilières. L'option pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu reste ouverte, mais elle est globale : elle vaut pour l'ensemble des revenus de capitaux mobiliers du foyer sur l'année.

Le détail du mécanisme et le cas où l'option pour le barème devient intéressante sont traités dans notre fiche de glossaire sur la flat tax, et l'arbitrage complet dans notre article sur le choix entre flat tax et barème progressif.

Le tableau qui compte : ce qui reste de 1 000 € de gain retiré

Le taux d'imposition ne s'applique pas au retrait, il s'applique à la part de gain contenue dans ce retrait. C'est une distinction décisive, et elle explique pourquoi l'assurance-vie et le PEA écrasent le compte-titres sur la phase de consommation.

Enveloppe et situationTaux appliqué à la part de gainNet pour 1 000 € de gainCapital nécessaire pour 3 000 € nets par mois, retrait à 4 %
Assurance-vie de plus de 8 ans, gains sous l'abattement annuel17,2 % de prélèvements sociaux seuls828 €1 087 000 €
PEA de plus de 5 ans18,6 % de prélèvements sociaux seuls814 €1 106 000 €
LMNP au micro-BIC, abattement de 50 %, tranche marginale à 30 %23,6 %764 €1 178 000 €
Assurance-vie de plus de 8 ans, au-delà de l'abattement, versements inférieurs à 150 000 €24,7 %, soit 7,5 % plus 17,2 %753 €1 195 000 €
Compte-titres ordinaire, prélèvement forfaitaire unique31,4 %, soit 12,8 % plus 18,6 %686 €1 312 000 €
Revenus fonciers nus ou SCPI françaises, tranche marginale à 30 %47,2 %, soit 30 % plus 17,2 %528 €1 705 000 €
Revenus fonciers nus ou SCPI françaises, tranche marginale à 41 %58,2 %, soit 41 % plus 17,2 %418 €2 153 000 €

L'écart est spectaculaire. Pour le même revenu net de 3 000 € par mois, le capital nécessaire passe de 1 087 000 € via une assurance-vie mature à 2 153 000 € via des revenus fonciers dans la tranche à 41 %. C'est un facteur deux, obtenu sans changer un seul paramètre de marché. La structure fiscale du portefeuille pèse aussi lourd que sa performance.

L'assurance-vie après huit ans, l'enveloppe de la phase de consommation

Après huit ans de détention, les gains contenus dans un rachat bénéficient d'un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule et de 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune. Sous cet abattement, seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus. Au-delà, le taux d'impôt sur le revenu tombe à 7,5 % tant que les versements cumulés sur l'ensemble des contrats du foyer restent inférieurs à 150 000 €, soit 24,7 % au total. Au-delà de ce seuil de versements, la fraction correspondante repasse à 12,8 %, soit 30 % au total.

Deux conséquences pratiques. D'abord, l'antériorité fiscale du contrat est un actif en soi : ouvrir un contrat tôt, même avec 500 €, fait courir l'horloge des huit ans. Ensuite, un couple qui pilote ses rachats peut sortir chaque année une part significative de gains en ne payant que les prélèvements sociaux. Vous pouvez projeter cet effet dans notre simulateur d'assurance-vie, et le détail des retraits optimisés est traité dans notre article sur l'assurance-vie après 8 ans.

Le PEA, l'angle mort des plans de rentes

Après cinq ans, les gains retirés d'un plan d'épargne en actions ne supportent que les prélèvements sociaux, portés à 18,6 % par l'article 12 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, le plan n'ayant pas été exclu de la hausse. C'est le taux le plus bas accessible sur des revenus issus d'actions européennes en France. Le plafond de versement de 150 000 € limite sa portée dans un plan de rentes ambitieux, mais il en fait un premier étage efficace. Notre page sur le compte-titres et le PEA détaille les différences de traitement.

Le cas particulier des revenus fonciers

Les loyers de location nue ne bénéficient d'aucun forfait : ils s'ajoutent à vos autres revenus et supportent votre tranche marginale d'imposition, augmentée de 17,2 % de prélèvements sociaux. Pour une rentière déjà dans la tranche à 30 %, chaque euro de loyer net de charges laisse 52,8 centimes. C'est la principale raison pour laquelle un plan de rentes reposant uniquement sur de la location nue exige un capital beaucoup plus élevé qu'un plan équivalent en enveloppes financières.

Le statut de loueur en meublé non professionnel change nettement l'équation. Le régime LMNP au réel permet d'amortir le bien et de neutraliser une large part du revenu imposable pendant plusieurs années. Le micro-BIC applique un abattement forfaitaire de 50 %. Le comparatif complet est déroulé dans notre guide SCPI ou immobilier locatif.

L'inflation, la ligne que presque personne ne modélise

Une rente fixe est une rente qui rétrécit. Sur les cinq dernières années, l'INSEE a relevé une inflation moyenne annuelle de 1,6 % en 2021, 5,2 % en 2022, 4,9 % en 2023, 2,0 % en 2024 et 0,9 % en 2025. Cumulée, cette séquence représente une hausse des prix de 15,4 % en cinq ans. Une rente fixe de 3 000 € par mois établie en 2020 ne pesait plus que 2 600 € de pouvoir d'achat fin 2025.

Projeté sur la durée d'une retraite, l'effet devient dominant.

Hypothèse d'inflationPouvoir d'achat de 3 000 € dans 10 ansDans 20 ansDans 30 ans
2 % par an, cible de la Banque centrale européenne2 461 €2 019 €1 656 €
3 % par an2 232 €1 661 €1 236 €

À 3 % d'inflation, une rente non indexée perd 59 % de son pouvoir d'achat en trente ans. Une rentière de 60 ans qui vit correctement avec 3 000 € par mois vivrait avec l'équivalent de 1 236 € à 90 ans. Ce n'est pas un scénario extrême, c'est le scénario par défaut si l'indexation n'est pas prévue.

Ce que l'indexation coûte en capital

C'est ici que la règle des 4 % se révèle plus subtile qu'il n'y paraît. Le taux de 4 % de Bengen porte sur un retrait indexé chaque année sur l'inflation. Le capital nécessaire calculé dans notre premier tableau intègre donc déjà l'indexation, à condition d'utiliser le taux au sens de Bengen. Un calcul qui appliquerait 4 % à un retrait fixe en euros serait beaucoup plus sûr, mais il condamnerait la rentière à s'appauvrir.

Concrètement, cela veut dire que le taux de retrait affiché est un taux réel et non nominal. Pour tenir un retrait indexé de 4 %, le portefeuille doit produire environ 4 % au-dessus de l'inflation en moyenne longue, soit de l'ordre de 6 % à 7 % nominaux avec une inflation de 2 % à 3 %. Rapporté aux rendements observés en 2025, ce niveau n'est atteignable qu'avec une part significative d'actifs risqués. Un portefeuille entièrement en fonds en euros à 2,6 % ne peut pas soutenir un retrait indexé de 4 %.

C'est un point de vérité désagréable et il vaut la peine de l'écrire clairement : la sécurité totale du capital et un revenu de 4 % indexé sont incompatibles dans les conditions de marché actuelles. Il faut choisir lequel des deux vous acceptez de relâcher.

La séquence des rendements : le risque que personne ne calcule

Voici le mécanisme le plus contre-intuitif du sujet. Deux portefeuilles peuvent afficher exactement la même performance moyenne sur dix ans, subir exactement les mêmes retraits, et finir avec des centaines de milliers d'euros d'écart. La seule variable qui change est l'ordre dans lequel les performances arrivent.

Prenons un capital de 1 000 000 €, un retrait fixe de 40 000 € en début de chaque année, et une série de dix performances annuelles : trois années négatives à moins 20 %, moins 15 % et moins 10 %, puis sept années à plus 9 %. Le portefeuille A subit les trois mauvaises années en premier. Le portefeuille B les subit en dernier.

ÉlémentPortefeuille A, mauvaises années au débutPortefeuille B, mauvaises années à la fin
Capital de départ1 000 000 €1 000 000 €
Retrait annuel40 000 €40 000 €
Performances annuellesIdentiques, ordre inverséIdentiques, ordre inversé
Total retiré sur 10 ans400 000 €400 000 €
Capital restant après 10 ans551 000 €790 000 €
Écart238 000 €, soit 43 % du capital final du portefeuille A

La raison est arithmétique. Quand vous retirez 40 000 € d'un portefeuille tombé à 600 000 €, vous vendez 6,7 % de vos actifs. Quand vous retirez les mêmes 40 000 € d'un portefeuille monté à 1 300 000 €, vous en vendez 3,1 %. Les parts vendues au plus bas ne participent jamais au rebond. La perte devient définitive au moment du retrait, pas au moment de la baisse.

Les trois parades qui fonctionnent

La première est la poche de liquidités déjà évoquée : deux à trois ans de dépenses placées en supports garantis ou très peu volatils, dans lesquels vous puisez les années de marché baissier, ce qui vous dispense de vendre vos actifs risqués au mauvais moment.

La deuxième est la flexibilité du retrait. Réduire le prélèvement de 10 % à 15 % pendant les deux années suivant une chute de marché change radicalement les probabilités de survie du portefeuille. C'est ce que Bengen appelle la flexibilité, et c'est ce qui lui permet d'envisager des taux de 5,25 % à 5,5 %.

La troisième est la présence d'un revenu plancher indépendant des marchés : pension de retraite, rente viagère, loyers d'un bien détenu sans crédit. Ce socle absorbe les dépenses incompressibles et laisse le portefeuille financer uniquement la part variable du budget. Notre guide pour préparer sa retraite détaille comment articuler pension, capital et revenus complémentaires.

Consommer le capital ou le préserver : deux calculs, deux montants

Voici l'arbitrage structurant de tout projet de rentes, et celui qui fait le plus varier le capital nécessaire. Les deux logiques n'ont ni la même exigence en capital, ni les mêmes conséquences pour vos héritiers.

Préserver le capital : ne prélever que le rendement réel

Si vous voulez que votre capital conserve son pouvoir d'achat à l'infini, vous ne pouvez prélever que sa performance nette d'inflation, nette de frais et nette d'impôt. Le calcul est immédiat : capital nécessaire égale revenu brut annuel divisé par le rendement réel. Pour 3 000 € nets par mois, soit 52 478 € bruts par an, cela donne 2 624 000 € avec 2 % de rendement réel et 1 749 000 € avec 3 %.

Consommer le capital : le programmer pour qu'il s'épuise

Si vous acceptez que le capital soit consommé sur un horizon défini, le montant nécessaire chute fortement. Le calcul est celui d'une annuité : on cherche le capital dont les retraits successifs, augmentés du rendement, tombent à zéro à la date choisie.

Rendement réel netSur 20 ansSur 25 ansSur 30 ansSur 40 ansCapital préservé à l'infini
1 % par an947 000 €1 156 000 €1 354 000 €1 723 000 €5 248 000 €
2 % par an858 000 €1 024 000 €1 176 000 €1 436 000 €2 623 000 €
3 % par an781 000 €914 000 €1 029 000 €1 213 000 €1 749 000 €

Tous ces montants visent le même objectif : 3 000 € nets par mois, soit 52 478 € bruts annuels après une fiscalité de 31,4 %. Lisez la dernière colonne en regard des autres. À 2 % de rendement réel, préserver intégralement le capital coûte 2 624 000 €, contre 1 175 000 € si vous acceptez qu'il s'épuise en trente ans. La différence, 1 449 000 €, est le prix de la transmission.

Le compromis que retiennent la plupart des familles

En pratique, peu de patrimoines relèvent entièrement de l'une ou l'autre logique. La structure la plus fréquente consiste à séparer le patrimoine en deux blocs. Un bloc dédié à la consommation, généralement en enveloppes financières liquides et fiscalement optimisées, programmé pour s'épuiser sur l'espérance de vie majorée de dix ans. Un bloc dédié à la transmission, souvent immobilier ou logé en assurance-vie pour le régime successoral, auquel on ne touche pas.

Cette séparation a un avantage psychologique décisif : elle rend acceptable de consommer le premier bloc, parce que le second est protégé. Nos guides investir 500 000 euros et investir 1 million d'euros déroulent des architectures de portefeuille correspondant précisément à ces ordres de grandeur.

Les frais, la longévité et les autres fuites du calcul

Les frais : un point de frais égale environ un point de taux de retrait

Les frais s'appliquent à la totalité du capital chaque année, alors que le retrait ne porte que sur 4 %. Un point de frais annuel sur un capital d'un million d'euros représente 10 000 €, soit un quart de votre retrait annuel de 40 000 €. C'est la fuite la plus discrète et la plus continue.

Selon les données publiées par France Assureurs en mai 2026, les frais de gestion sur les unités de compte en assurance-vie se sont établis à 0,88 % en moyenne en 2025, dont 0,82 % en gestion libre et 1,17 % en gestion sous mandat ou pilotée. À cela s'ajoutent les coûts récurrents des fonds sous-jacents, en moyenne 1,60 % en 2025. Un contrat en gestion pilotée investi en fonds actifs peut donc supporter près de 2,8 % de frais annuels cumulés, avant même de parler de performance.

Sur un capital d'un million d'euros, l'écart entre un contrat à 0,5 % de frais tous compris et un contrat à 2,5 % représente 20 000 € par an, soit la moitié d'un retrait de 4 %. C'est la première chose à auditer dans un patrimoine existant, avant même de discuter d'allocation. Notre page sur l'architecture ouverte explique pourquoi la structure de distribution détermine largement le niveau de frais supporté.

La longévité : votre horizon est plus long que vous ne le pensez

Selon l'INSEE, une femme de 65 ans en 2025 dispose d'une espérance de vie résiduelle de 23,6 ans, un homme de 20,0 ans. À 60 ans, ces valeurs montent à 27,9 ans pour les femmes et 23,9 ans pour les hommes. Ces chiffres sont des moyennes : par construction, la moitié de la population les dépasse.

Bâtir un plan sur l'espérance de vie moyenne revient donc à accepter une chance sur deux d'épuiser son capital de son vivant. La pratique prudente consiste à ajouter dix ans à l'espérance de vie, et davantage encore pour un couple, puisque ce qui compte est la durée de survie du dernier vivant. Pour un couple de 60 ans, un horizon de trente-cinq ans est un point de départ raisonnable.

Les dépenses qui ne se lissent pas

Un budget de rentière n'est pas plat. Trois postes cassent les projections. Le premier est la dépendance : un hébergement en établissement spécialisé représente en France plusieurs milliers d'euros par mois, rarement couverts intégralement par les aides. Le deuxième est le renouvellement de l'immobilier occupé : toiture, chauffage, mise aux normes, adaptation du logement au vieillissement. Le troisième est l'aide aux enfants et petits-enfants, rarement budgétée à l'avance et rarement refusée.

Un plan qui n'inclut aucune provision pour ces postes est un plan optimiste. Prévoir une réserve dédiée, représentant deux à trois années de dépenses courantes en plus de la poche de liquidités, relève de l'hygiène de base.

Construire un revenu de remplacement par étages

Une fois le capital cible établi, reste à savoir comment le faire produire. La logique qui tient le mieux dans la durée consiste à empiler trois étages ayant chacun une fonction distincte, plutôt qu'à chercher un placement miracle qui ferait tout.

Premier étage : le socle sécurisé, deux à trois ans de dépenses

Livret A à 1,7 % depuis le 1er août 2026, fonds en euros à 2,6 % en moyenne en 2025 selon France Assureurs, comptes à terme. Cet étage ne rapporte presque rien après inflation, et ce n'est pas sa fonction. Sa fonction est de vous permettre de ne jamais vendre un actif risqué dans un marché baissier. Pour un budget de 3 000 € par mois, il représente 72 000 € à 108 000 €.

Deuxième étage : les actifs distributeurs, la part visible de la rente

SCPI, immobilier locatif, fonds obligataires, actions à dividendes. Cet étage produit un flux régulier et lisible, ce qui compte psychologiquement autant que financièrement. Il porte l'essentiel du risque de crédit et du risque immobilier. Le capital n'y est pas garanti et la liquidité peut se tendre, particulièrement sur les SCPI et l'immobilier direct. C'est aussi l'étage le plus lourdement fiscalisé si les actifs sont détenus en direct plutôt qu'en enveloppe.

Troisième étage : les actifs de croissance, la protection contre l'inflation

Actions internationales, unités de compte diversifiées, private equity pour les patrimoines qui peuvent immobiliser des capitaux plusieurs années. Cet étage ne distribue pas ou peu, il capitalise. Sa fonction est de faire croître le capital plus vite que les prix, pour que le retrait indexé reste soutenable sur trente ans. C'est aussi l'étage le plus volatil, et celui dont il ne faut jamais vendre de parts en urgence. Le sujet de la construction d'un portefeuille actions est développé dans l'épisode du podcast Out of the Box consacré aux ETF et à la stratégie boursière.

Comment répartir entre les trois étages

Il n'existe pas de répartition universelle, parce qu'elle dépend de votre horizon, de l'existence d'un revenu plancher, de votre tolérance réelle à voir votre capital baisser, et de votre fiscalité personnelle. Une répartition qui convient à une rentière de 45 ans sans pension est inadaptée à un couple de 68 ans percevant deux retraites complètes. C'est exactement le type d'arbitrage qui se travaille sur une situation précise et non dans un article. Notre diagnostic patrimonial en ligne permet de poser les premiers éléments de cadrage, et notre guide des meilleurs placements en 2026 présente les caractéristiques de chaque support.

Les erreurs les plus fréquentes dans les plans de rentes

Confondre rendement affiché et revenu disponible

Un taux de distribution de 4,91 % sur des SCPI en 2025 ne veut pas dire 4,91 % dans votre poche. Il faut retrancher la fiscalité, qui peut atteindre 47,2 % pour une contribuable dans la tranche à 30 %, et tenir compte de la variation du prix de part, qui a reculé de 3,45 % en moyenne en 2025 selon l'ASPIM et l'IEIF. Le chiffre à suivre est le revenu net après impôt, pas le taux affiché en couverture des plaquettes.

Bâtir le plan sur une moyenne au lieu d'une distribution

« Les actions rapportent 8 % par an » est une phrase vraie en moyenne et fausse chaque année. Aucune année ne fait 8 %. Un plan de rentes se teste sur le pire scénario historique, pas sur la moyenne. C'est toute la valeur de la démarche de Bengen : il n'a pas cherché le taux moyen, il a cherché le taux qui aurait survécu à la pire année de départ.

Négliger l'antériorité fiscale

Les huit ans de l'assurance-vie et les cinq ans du PEA se comptent à partir de l'ouverture, pas à partir du versement. Une personne qui décide de préparer ses rentes à 55 ans et n'a aucun contrat ouvert se prive d'un régime fiscal favorable au moment précis où elle en aura besoin. Ouvrir les enveloppes tôt, même symboliquement, est l'un des rares gestes patrimoniaux dont le coût est nul et le bénéfice mécanique.

Oublier que la fiscalité change

Le prélèvement forfaitaire unique existe depuis 2018. L'abattement de 4 600 € en assurance-vie et le taux de 7,5 % après huit ans sont plus anciens, mais ils ont déjà été modifiés. Le taux des prélèvements sociaux est passé de 15,5 % à 17,2 % en 2018. Un plan bâti sur trente ans traversera plusieurs réformes. La parade n'est pas de deviner, elle est de diversifier les enveloppes pour ne pas dépendre d'un seul régime fiscal.

Sous-estimer le coût de ne rien décider

Un capital laissé sur un livret rémunéré 1,7 % pendant que les prix montent de 2 % perd du pouvoir d'achat chaque année, silencieusement. Notre simulateur du coût de l'inaction chiffre cet écart sur la durée. Le résultat surprend souvent davantage que les projections de rendement.

Vivre de ses rentes, combien de temps faut-il pour y arriver

La question du délai revient systématiquement après celle du montant, et elle appelle la même honnêteté. Le temps nécessaire dépend de trois variables : votre capital de départ, votre capacité d'épargne annuelle et le rendement réel obtenu. Aucune de ces trois variables n'est garantie, et la troisième échappe complètement à votre contrôle.

Un ordre de grandeur utile, en visant les 1 312 000 € correspondant à 3 000 € nets par mois au taux de 4 %. Avec un rendement réel de 4 % par an et une épargne de 20 000 € par an, y arriver en partant de zéro demande environ trente-trois ans. En partant d'un capital de 300 000 € déjà constitué, la même épargne annuelle réduit la durée à environ vingt et un ans. En portant l'épargne à 40 000 € par an depuis zéro, il faut également environ vingt et un ans. Ces durées se calculent, elles ne se promettent pas : un rendement réel de 4 % sur vingt ans est une hypothèse de travail, pas un acquis.

Ce qui ressort de ces trois scénarios est que le taux d'épargne pèse davantage que le rendement dans les dix premières années, et que le rendement reprend la main ensuite. C'est une raison de commencer tôt et une raison de ne pas surpayer les frais, plutôt qu'une raison de chercher le placement le plus performant. Le guide investir 100 000 euros traite du passage de la phase d'accumulation à la phase de structuration.

Ce que cet article permet, et ce qu'il ne permet pas

Aucun contenu publié ici ne constitue une recommandation personnalisée d'investissement.

Ce que cet article permet de faire dès maintenant : poser le bon calcul, avec les bons ordres de grandeur, et surtout identifier les cinq facteurs qui font varier le résultat du simple au double. La fiscalité de votre enveloppe, l'inflation retenue, l'ordre des rendements, les frais réellement supportés et la durée de votre horizon comptent chacun autant que le taux de retrait affiché.

Si vous voulez situer votre propre situation, notre diagnostic patrimonial pose les questions de cadrage en quelques minutes, et notre guide comment choisir un conseiller en gestion de patrimoine détaille les critères à vérifier avant de confier son patrimoine à quiconque, y compris à nous. Les performances passées citées dans cet article ne préjugent pas des performances futures, et aucun des supports évoqués, hors épargne réglementée, ne comporte de garantie en capital.

Questions fréquentes

Combien faut-il de capital pour vivre de ses rentes avec 2 000 € nets par mois ?
Il faut environ 857 000 € au taux de retrait de 4 %, 980 000 € au taux de 3,5 % et 1 143 000 € au taux de 3 %. Ce calcul part de 24 000 € nets par an, soit 34 286 € bruts après une fiscalité de 30 % correspondant au prélèvement forfaitaire unique français. Le montant réel dépend de l'enveloppe fiscale utilisée et du niveau de risque accepté.
La règle des 4 % est-elle fiable en 2026 ?
Elle reste un point de repère, pas une garantie. Elle vient des travaux de William Bengen en 1994 et de l'étude Trinity de 1998, calibrés sur trente ans de retraite et sur des données de marché américaines. Morningstar retient 3,9 % pour un départ en 2026 dans sa recherche de décembre 2025. Bengen défend 4,7 % depuis 2025. L'écart montre qu'il n'existe pas de taux universel.
Quelle fiscalité s'applique aux revenus du capital en France ?
Le prélèvement forfaitaire unique s'élève à 31,4 % depuis le 1er janvier 2026, décomposé en 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Il s'applique aux intérêts, dividendes et plus-values mobilières. L'immobilier et l'assurance-vie, eux, conservent des prélèvements sociaux à 17,2 %. L'option pour le barème progressif reste possible et globale. Les revenus fonciers échappent au forfait : ils sont imposés à votre tranche marginale, augmentée des 17,2 % de prélèvements sociaux.
Quelle différence entre consommer son capital et vivre de ses rentes ?
Consommer le capital revient à le programmer pour qu'il s'épuise à une date choisie. Avec 2 % de rendement réel sur 30 ans, 1 152 000 € suffisent pour dégager 3 000 € nets par mois. Préserver le capital intact impose de ne prélever que le rendement réel : au même taux, il faut alors 2 571 000 €, soit plus du double. Les deux stratégies répondent à des objectifs différents.
Qu'est-ce que le risque de séquence des rendements ?
C'est le risque que l'ordre des performances annuelles, et non leur moyenne, détruise le plan. Sur un capital d'un million d'euros ponctionné de 40 000 € par an, les mêmes dix performances annuelles laissent 551 000 € si les mauvaises années arrivent en premier, contre 790 000 € si elles arrivent en dernier. L'écart atteint 238 000 € sans qu'aucun paramètre moyen n'ait changé.
L'inflation change-t-elle beaucoup le calcul des rentes ?
Elle le change massivement. Entre 2021 et 2025, l'inflation cumulée en France atteint 15,4 % selon l'INSEE, avec des pics à 5,2 % en 2022 et 4,9 % en 2023. Une rente fixe de 3 000 € par mois en 2020 ne pesait plus que 2 600 € de pouvoir d'achat fin 2025. Un plan de rentes doit prévoir l'indexation du retrait, pas seulement son montant de départ.
Peut-on vivre de ses rentes uniquement avec des SCPI ?
C'est possible mais concentré sur une seule classe d'actifs. Le taux de distribution moyen des SCPI s'est établi à 4,91 % en 2025 selon l'ASPIM et l'IEIF, mais la performance globale annuelle n'a atteint que 1,46 %, les prix de parts ayant reculé de 3,45 % en moyenne. Le capital n'est pas garanti et la liquidité peut se tendre. La diversification reste le réflexe de base.

Prêt à construire votre patrimoine ?

Commencez par un diagnostic gratuit ou laissez-nous vos coordonnées.

Bilan patrimonial gratuitM'inscrire