SOLSTICE PATRIMOINE
Immobilier

Frais de notaire 2026 : le calcul réel

Emeline Siron·

Dans l'ancien, les frais de notaire représentent 8 à 8,5 % du prix sur les transactions courantes, et non plus 7 à 8 % : depuis le 1er avril 2025, le taux global des droits de mutation atteint 6,32 % dans 88 départements et 5,81 % dans 11 départements au 1er février 2026. Sur une acquisition de 300 000 euros, le calcul poste par poste donne 23 813 euros, dont 79,6 % de droits reversés aux collectivités et à l'État. Dans le neuf, le même bien supporte 6 348 euros, soit 2,12 %.

Le calcul des frais de notaire en 2026, la réponse directe

Le calcul des frais de notaire additionne cinq postes, dont un seul revient réellement au notaire. Dans l'ancien, le total représente 8 à 8,5 % du prix pour les transactions les plus courantes, entre 150 000 et 250 000 euros. Cette fourchette a monté d'environ un demi-point depuis le 1er avril 2025 : l'article 116 de la loi n° 2025-127 du 14 février 2025 de finances pour 2025 a autorisé les départements à porter leur droit de mutation de 4,50 % à 5,00 %, et plus de huit sur dix l'ont fait. Le taux global des droits de mutation atteint ainsi 6,32 % dans 88 départements et 5,81 % dans 11 départements au 1er février 2026.

Sur une acquisition de 300 000 euros dans l'ancien, le calcul donne 18 960 euros de droits de mutation, 3 353 euros d'émoluments de notaire toutes taxes comprises, 300 euros de contribution de sécurité immobilière et environ 1 200 euros de débours et d'émoluments de formalités, soit 23 813 euros au total, ou 7,94 % du prix. Dans le neuf, les mêmes 300 000 euros supportent 6 348 euros de frais, soit 2,12 %, parce que la vente est soumise à la taxe sur la valeur ajoutée et non aux droits d'enregistrement de droit commun.

Trois leviers existent, et deux seulement sont réels : l'exonération de la majoration pour les primo-accédants de leur résidence principale, la remise que le notaire peut consentir sur la part d'émoluments au-delà de 100 000 euros, et la déduction du mobilier de l'assiette. Cet article détaille chaque poste, donne le barème exact et chiffre les trois leviers. Pour un achat dans le neuf, notre page consacrée aux frais de notaire dans le neuf détaille le calcul.

Ce que recouvrent réellement les frais de notaire

Un mot impropre, puisque l'essentiel est de l'impôt

L'expression « frais de notaire » désigne l'ensemble des sommes versées à l'office notarial le jour de la signature. Le notaire n'en conserve qu'une fraction. Sur les 23 813 euros de notre exemple à 300 000 euros, 18 960 euros sont des droits reversés au département, à la commune et à l'État, soit 79,6 % du total. En ajoutant la contribution de sécurité immobilière, la part fiscale atteint 80,9 %. La rémunération réglementée du notaire, elle, représente 2 794 euros hors taxes, soit 11,7 % du total, la taxe sur la valeur ajoutée sur ces émoluments allant elle aussi à l'État.

Le terme exact est « frais d'acquisition ». Il compte, parce qu'il rappelle que l'essentiel de ce coût n'est pas négociable et ne dépend ni de l'office choisi ni de la qualité du dossier. C'est aussi un montant définitivement perdu à la revente, ce qui en fait un paramètre central du point mort d'une opération.

Les cinq postes du calcul

Le tableau ci-dessous décompose les frais d'acquisition d'un bien ancien à 300 000 euros dans un département ayant voté la majoration. Les montants sont recalculés poste par poste à partir des taux en vigueur, ils ne sont pas arrondis à partir d'un pourcentage global.

PosteBénéficiaireBase et tauxMontantPart du total
Droits de mutation à titre onéreuxDépartement, commune et État6,32 % de 300 000 euros18 960 euros79,6 %
Émoluments d'acte du notaire, hors taxesNotaireBarème dégressif par tranches2 794 euros11,7 %
Taxe sur la valeur ajoutée sur les émolumentsÉtat20 % de 2 794 euros559 euros2,3 %
Contribution de sécurité immobilièreÉtat0,10 % de 300 000 euros300 euros1,3 %
Débours et émoluments de formalitésTiers et notaireFrais réels avancés par l'officeEnviron 1 200 euros5,0 %
Total des frais d'acquisition7,94 % du prix23 813 euros100 %

Une précision de vocabulaire, utile pour lire un projet d'acte. Les émoluments sont la rémunération tarifée du notaire, fixée par un texte et identique dans toute la France. Les honoraires sont la rémunération libre de prestations qui ne relèvent pas du tarif, comme un conseil patrimonial ou la rédaction d'un acte non tarifé, et ils doivent faire l'objet d'une convention écrite préalable. Les débours sont des sommes avancées pour le compte du client et reversées à des tiers. Les trois ne se confondent pas.

Les droits de mutation, le poste qui a changé en 2025

La hausse et son calendrier

L'article 116 de la loi n° 2025-127 du 14 février 2025 de finances pour 2025 a autorisé les conseils départementaux à porter leur taux de droit de mutation de 4,50 % à 5,00 % au maximum, pour les actes signés entre le 1er avril 2025 et le 31 mars 2028. Il s'agit d'une faculté, pas d'une obligation, et chaque département a délibéré séparément. Au 1er février 2026, 88 départements appliquent le taux majoré et 11 sont restés au taux antérieur.

Deux échéances méritent d'être notées. La majoration est en principe temporaire : les taux doivent revenir à leur niveau du 31 janvier 2025 pour les actes postérieurs au 1er avril 2028. Et le fait générateur est la date de signature de l'acte authentique, pas celle du compromis. Un compromis signé en mars et un acte signé en mai relèvent du taux applicable en mai.

La décomposition du taux de 6,32 %

Le taux global n'est pas un chiffre unique décidé quelque part, c'est la somme de trois prélèvements distincts. Le tableau ci-dessous la reconstitue dans les deux configurations existantes en 2026.

ComposanteBénéficiaireDépartement ayant voté la majorationDépartement resté au taux antérieur
Taxe de publicité foncière départementaleDépartement5,00 %4,50 %
Taxe additionnelle communaleCommune1,20 %1,20 %
Prélèvement pour frais d'assiette, 2,37 % de la part départementaleÉtat0,1185 %0,1067 %
Taux global arrondi6,32 %5,81 %
Montant sur une acquisition de 300 000 euros18 960 euros17 430 euros

L'écart entre les deux colonnes est de 0,51 point, soit 1 530 euros sur une acquisition de 300 000 euros. C'est exactement le montant de la majoration votée en 2025, et c'est aussi le montant dont sont dispensés les acquéreurs qui en sont exonérés.

L'exonération de la majoration pour les primo-accédants

La majoration ne s'applique pas à l'acquisition d'une résidence principale par un primo-accédant, au sens de l'article L. 31-10-3 du code de la construction et de l'habitation. La condition tient à ne pas avoir été propriétaire de sa résidence principale au cours des deux années précédant l'acte, ce qui n'interdit pas d'avoir été propriétaire d'un bien locatif.

Pour un primo-accédant achetant 300 000 euros dans un département majoré, les droits retombent donc à 17 430 euros et le total des frais d'acquisition à 22 283 euros, soit 7,43 % du prix au lieu de 7,94 %. L'économie est de 1 530 euros. Ce statut ouvre par ailleurs l'accès au prêt à taux zéro, dont les conditions sont détaillées sur notre page dédiée au prêt à taux zéro.

Les cas où le droit de mutation n'est pas celui de droit commun

Trois situations sortent du régime général. La vente d'un logement neuf ou en état futur d'achèvement relève de la taxe de publicité foncière au taux réduit de 0,715 %, développée plus bas. L'acquisition par un professionnel qui prend l'engagement de revendre dans le délai prévu à l'article 1115 du code général des impôts bénéficie également d'un taux réduit, mécanisme central du métier de marchand de biens. Enfin, certaines acquisitions de terrains à bâtir suivent un régime propre selon la qualité du vendeur au regard de la taxe sur la valeur ajoutée.

Ces régimes ne se choisissent pas librement : ils découlent de la nature du bien et de la qualité des parties. Un particulier qui achète à un particulier un logement achevé depuis plus de cinq ans est toujours dans le régime de droit commun, quel que soit l'état du bien.

Les émoluments du notaire et leur barème dégressif

Un tarif réglementé, identique partout en France

Les émoluments d'acte du notaire sont fixés par un barème réglementé, figurant au tableau 5 de l'article A. 444-53 du code de commerce. Ce barème est proportionnel et dégressif : il s'applique par tranches d'assiette, chaque tranche étant taxée à son propre taux, exactement comme un barème d'impôt sur le revenu. Il en résulte que le taux effectif diminue à mesure que le prix augmente, sans qu'aucune tranche ne soit jamais imposée à un autre taux que le sien.

Tranche d'assietteTaux hors taxesÉmolument maximal de la trancheCumul en bas de tranche suivante
De 0 à 6 500 euros3,870 %251,55 euros251,55 euros
De 6 500 à 17 000 euros1,596 %167,58 euros419,13 euros
De 17 000 à 60 000 euros1,064 %457,52 euros876,65 euros
Au-delà de 60 000 euros0,799 %Sans limite876,65 euros plus 0,799 % de la fraction excédentaire

Le calcul détaillé sur un exemple

Reprenons l'acquisition à 300 000 euros. La première tranche donne 6 500 fois 3,870 %, soit 251,55 euros. La deuxième donne 10 500 fois 1,596 %, soit 167,58 euros. La troisième donne 43 000 fois 1,064 %, soit 457,52 euros. La quatrième donne 240 000 fois 0,799 %, soit 1 917,60 euros. Le total hors taxes s'établit à 2 794,25 euros, auxquels s'ajoute la taxe sur la valeur ajoutée à 20 %, soit 558,85 euros, pour un émolument d'acte de 3 353,10 euros toutes taxes comprises.

Ce montant représente 1,12 % du prix. Sur une acquisition à 150 000 euros, le même calcul donne 1 914,90 euros toutes taxes comprises, soit 1,28 % du prix. Sur 800 000 euros, il donne 8 147,10 euros, soit 1,02 %. La dégressivité est réelle mais modérée, parce que la dernière tranche est proportionnelle et qu'elle représente très vite l'essentiel de l'assiette.

Les émoluments de formalités et les débours

À côté de l'émolument d'acte, l'office facture des émoluments de formalités, tarifés à l'unité, qui rémunèrent les démarches accomplies : demande d'état civil, interrogation du cadastre, purge du droit de préemption urbain, publication au service de la publicité foncière, demandes de renseignements d'urbanisme. Ils s'ajoutent aux débours proprement dits, qui sont des sommes avancées à des tiers, notamment le syndic, le géomètre ou l'administration.

L'ensemble représente couramment 800 à 1 400 euros dans l'ancien, avec un montant plus élevé en copropriété, où l'état daté du syndic est un poste à lui seul. Nous retenons 1 200 euros dans les exemples de cet article. Ce poste est le seul dont le montant dépend réellement de la complexité du dossier, et il est justifiable pièce par pièce sur demande.

La remise possible sur les émoluments, et ses conditions

Le notaire peut consentir une remise, mais seulement dans un cadre strict. L'article L. 444-2 du code de commerce et ses textes d'application limitent cette remise à la part d'émoluments correspondant aux tranches d'assiette supérieures à 100 000 euros, dans la limite de 20 %. Elle ne porte donc ni sur les droits de mutation, ni sur la contribution de sécurité immobilière, ni sur les débours, ni sur la part d'émoluments assise sur les 100 000 premiers euros.

Deux contraintes en limitent l'usage. La remise doit être appliquée à tous les clients pour des prestations de même nature, ce qui interdit une négociation individuelle au cas par cas, et son taux doit être affiché à l'office. Il ne s'agit donc pas d'un pouvoir de marchandage mais d'une politique tarifaire d'étude, à vérifier avant de choisir l'office.

Prix d'acquisitionAssiette au-delà de 100 000 eurosÉmoluments correspondants, hors taxesRemise maximale de 20 %, hors taxesÉconomie toutes taxes comprises
150 000 euros50 000 euros399,50 euros79,90 euros95,88 euros
300 000 euros200 000 euros1 598,00 euros319,60 euros383,52 euros
500 000 euros400 000 euros3 196,00 euros639,20 euros767,04 euros
1 000 000 euros900 000 euros7 191,00 euros1 438,20 euros1 725,84 euros

L'ordre de grandeur est ainsi posé : sur une acquisition à 300 000 euros, la remise maximale représente 384 euros, soit 1,6 % du total des frais d'acquisition. C'est réel, ce n'est pas ce qui change un plan de financement. Les deux autres leviers, l'exonération de la majoration et la déduction du mobilier, pèsent nettement plus lourd.

La contribution de sécurité immobilière et les débours

La contribution de sécurité immobilière à 0,10 %

La contribution de sécurité immobilière est perçue au profit de l'État en contrepartie de l'accomplissement des formalités de publicité foncière et de la garantie attachée au fichier immobilier. Elle est prévue à l'article 879 du code général des impôts et son taux est de 0,10 % du prix pour une vente, avec un minimum de perception. Sur 300 000 euros, elle représente 300 euros.

Ce poste est souvent oublié des estimations rapides, et il est parfois confondu avec les débours. Il n'a pourtant rien à voir : c'est une imposition, elle ne se négocie pas et elle n'est pas justifiable pièce par pièce.

Les débours, seule ligne réellement variable

Les débours varient selon la nature du bien. Une maison individuelle en zone rurale mobilise un document d'arpentage et parfois un bornage. Un appartement en copropriété mobilise un état daté, dont le coût est plafonné réglementairement, et les diagnostics de parties communes. Un bien grevé d'une servitude, d'une hypothèque à purger ou d'un droit de préemption d'une collectivité génère des démarches supplémentaires.

C'est la seule ligne sur laquelle une explication détaillée a du sens, et un office sérieux fournit spontanément le décompte définitif après l'acte, avec restitution du trop-perçu. Le provisionnement initial est en effet une estimation haute, et un remboursement de 100 à 400 euros quelques semaines après la signature est une situation normale, non un geste commercial.

Le calcul des frais de notaire selon le prix et le type de bien

Le tableau complet

Le tableau ci-dessous applique la méthode à huit niveaux de prix, dans un département ayant voté la majoration, avec 1 200 euros de débours et d'émoluments de formalités. Chaque ligne est recalculée, les pourcentages ne sont pas interpolés.

PrixDroits à 6,32 %Émoluments toutes taxes comprisesContribution de sécurité immobilièreDéboursTotalTaux effectif
100 000 euros6 320 euros1 435 euros100 euros1 200 euros9 055 euros9,06 %
150 000 euros9 480 euros1 915 euros150 euros1 200 euros12 745 euros8,50 %
200 000 euros12 640 euros2 394 euros200 euros1 200 euros16 434 euros8,22 %
250 000 euros15 800 euros2 874 euros250 euros1 200 euros20 124 euros8,05 %
300 000 euros18 960 euros3 353 euros300 euros1 200 euros23 813 euros7,94 %
400 000 euros25 280 euros4 312 euros400 euros1 200 euros31 192 euros7,80 %
500 000 euros31 600 euros5 271 euros500 euros1 200 euros38 571 euros7,71 %
800 000 euros50 560 euros8 147 euros800 euros1 200 euros60 707 euros7,59 %

La lecture appelle une précision que beaucoup d'articles escamotent. La fourchette usuelle de 8 à 8,5 % correspond aux prix compris entre 150 000 et 250 000 euros, c'est-à-dire à la très grande majorité des transactions françaises. En dessous de 100 000 euros, le poids fixe des débours fait passer le taux effectif au-dessus de 9 %. Au-delà de 300 000 euros, la dégressivité des émoluments et l'écrasement des débours le ramènent vers 7,6 à 7,9 %. Citer un taux unique sans dire à quel prix il correspond n'a donc pas de sens.

Ancien contre neuf, l'écart réel

Dans le neuf, la vente est soumise à la taxe sur la valeur ajoutée à 20 %, incluse dans le prix affiché, et les droits d'enregistrement sont remplacés par la taxe de publicité foncière au taux réduit de 0,715 %. Les émoluments et la contribution de sécurité immobilière restent identiques, les débours sont généralement plus faibles parce que le bien est neuf et que l'historique de propriété est court.

PosteAncien, département majoréAncien, primo-accédantNeuf ou état futur d'achèvement
Droits ou taxe de publicité foncière18 960 euros à 6,32 %17 430 euros à 5,81 %2 145 euros à 0,715 %
Émoluments toutes taxes comprises3 353 euros3 353 euros3 353 euros
Contribution de sécurité immobilière300 euros300 euros300 euros
Débours et formalités1 200 euros1 200 euros550 euros
Total sur 300 000 euros23 813 euros22 283 euros6 348 euros
Taux effectif7,94 %7,43 %2,12 %

L'écart entre l'ancien et le neuf atteint 17 465 euros sur une opération de 300 000 euros. Il est réel, et il est le premier argument commercial des promoteurs. Il ne suffit pourtant pas à trancher, parce qu'il est le plus souvent compensé, et au-delà, par la prime de prix au mètre carré du neuf par rapport à l'ancien du même quartier. Cet arbitrage est développé dans notre article sur l'achat d'un logement neuf en 2026, et le détail du régime applicable figure sur notre page consacrée aux frais de notaire dans le neuf. Les particularités du contrat de vente en l'état futur d'achèvement sont traitées sur notre page vente en l'état futur d'achèvement.

Le mobilier déduit de l'assiette, le levier le plus mal utilisé

Le principe

Les droits de mutation, les émoluments et la contribution de sécurité immobilière sont assis sur le prix des biens immobiliers. Les meubles vendus avec le logement ne sont pas des biens immobiliers : leur valeur peut donc être isolée dans l'acte et retirée de l'assiette. L'opération est licite, courante, et elle suppose une double condition, l'existence réelle des meubles et une évaluation défendable.

Le mécanisme est parfois présenté comme une astuce. Ce n'en est pas une : c'est l'application normale de la règle d'assiette. Ce qui relève de l'astuce, et du risque, c'est de gonfler la valeur du mobilier pour réduire les droits.

Combien la déduction fait réellement gagner

Reprenons l'acquisition à 300 000 euros, avec 8 000 euros de mobilier justifié. L'assiette passe à 292 000 euros. Les droits de mutation tombent à 18 454,40 euros, soit 505,60 euros de moins. Les émoluments hors taxes tombent à 2 730,33 euros, soit 76,70 euros de moins toutes taxes comprises. La contribution de sécurité immobilière tombe à 292 euros, soit 8 euros de moins. L'économie totale s'élève à 590,30 euros.

Rapportée à la valeur du mobilier déduit, l'économie représente 7,4 %. C'est le bon ordre de grandeur à retenir : chaque tranche de 1 000 euros de mobilier correctement justifiée fait économiser environ 74 euros de frais d'acquisition. Sur un bien vendu meublé, avec 20 000 euros de mobilier réel, l'économie ressort à 1 476 euros, soit près de quatre fois la remise maximale sur les émoluments.

Ce qui peut être déduit et ce qui ne le peut pas

Peuvent être déduits les meubles meublants au sens courant : lits, canapés, tables, armoires non fixées, électroménager non encastré, téléviseur, luminaires amovibles. Ne peuvent pas l'être les éléments incorporés au bâti, qui sont juridiquement des immeubles : cuisine scellée et intégrée, sanitaires, chaudière, radiateurs, volets, placards maçonnés, parquet et carrelage. La ligne de partage tient à la possibilité de retirer l'élément sans le détériorer ni détériorer le bâti.

La valeur retenue est la valeur vénale d'occasion à la date de la vente, pas le prix d'achat neuf. Un canapé payé 2 000 euros il y a six ans ne vaut pas 2 000 euros. C'est le point sur lequel les évaluations sont le plus souvent contestables, et c'est aussi celui qui se documente le plus facilement, par un inventaire détaillé article par article, appuyé sur des factures quand elles existent.

Le risque de redressement, et les deux effets collatéraux

Aucun texte ne fixe de plafond en pourcentage du prix. L'administration fiscale apprécie la réalité et la valeur du mobilier, et peut remettre en cause une évaluation manifestement excessive, avec rappel de droits et intérêts de retard. Un inventaire absent ou une valeur ronde sans justificatif sont les deux signaux les plus courants.

Deux effets collatéraux sont à connaître avant de recourir à ce levier. D'une part, les banques financent l'immobilier et pas toujours le mobilier : isoler 20 000 euros de meubles peut réduire d'autant le montant du prêt accordé, ce qui déplace le problème vers l'apport. D'autre part, pour le vendeur, le prix des meubles est exclu du calcul de la plus-value immobilière : l'opération n'est donc pas neutre pour lui, et elle se discute au moment de la négociation, pas la veille de la signature.

Ce que le calcul des frais de notaire change dans le plan de financement

Ce sont les premiers euros à sortir de la poche

Les frais d'acquisition ne se revendent pas. Une banque finance en priorité la valeur du bien, et attend le plus souvent de l'emprunteur qu'il couvre au minimum ces frais par son apport. Sur une acquisition à 300 000 euros dans l'ancien, cela représente environ 23 800 euros à mobiliser en plus du prix, auxquels s'ajoutent les frais de garantie et les frais de dossier bancaire. C'est la première raison pour laquelle un budget d'achat n'est jamais égal à la capacité d'emprunt, point développé dans notre article sur le calcul de la capacité d'emprunt.

Le financement de ces frais par le crédit n'est pas impossible, il est simplement plus rare et il augmente le montant emprunté donc la mensualité, donc le taux d'effort, dont le plafond réglementaire est traité dans notre article sur la règle du taux d'endettement de 35 %. Les conditions réelles d'un dossier peu apporté sont discutées dans l'épisode investir sans apport en 2026 du podcast Out of the Box.

L'effet sur le rendement d'une opération locative

Le rendement se calcule sur le coût de revient complet, pas sur le prix affiché. Omettre 23 813 euros de frais sur une opération à 300 000 euros surestime le rendement brut de manière mécanique. Un bien loué 1 100 euros par mois affiche 4,40 % de rendement brut rapporté au prix, et 4,08 % rapporté au coût de revient de 323 813 euros. L'écart de 0,32 point n'est pas anecdotique sur un actif détenu quinze ans. La méthode complète figure dans notre article sur le calcul du rendement locatif net.

L'effet sur le point mort à la revente

Les frais d'acquisition sont perdus le jour même de la signature. Pour qu'une revente soit neutre, le prix doit avoir progressé d'au moins le montant de ces frais, augmenté des frais de vente éventuels. Sur une acquisition à 300 000 euros avec 23 813 euros de frais, il faut revendre au moins 323 813 euros pour rentrer dans ses frais avant fiscalité, soit une progression de 7,94 %. À raison d'une progression de 1,5 % par an, cela demande un peu plus de cinq ans, sans compter les frais d'agence à la revente ni la fiscalité de la plus-value.

C'est le calcul qui devrait précéder toute décision d'achat sur un horizon court, et c'est aussi ce qui rend l'arbitrage entre acheter et louer beaucoup moins évident qu'il n'y paraît sur une durée de détention de trois à cinq ans. Le choix de la localisation pèse également sur cette équation, sujet traité dans notre article sur les villes rentables pour l'immobilier locatif en 2026.

Les erreurs les plus fréquentes dans le calcul des frais de notaire

Appliquer un pourcentage forfaitaire

Multiplier le prix par 8 % donne un ordre de grandeur, pas un montant. L'erreur atteint 1 055 euros à 100 000 euros, où le taux réel est de 9,06 %, et 3 293 euros à 800 000 euros, où il tombe à 7,59 %. La décomposition poste par poste demande deux minutes et supprime cette incertitude.

Oublier de vérifier le taux du département

Onze départements ne sont pas au taux majoré au 1er février 2026. L'écart de 0,51 point représente 1 530 euros sur 300 000 euros. Un acquéreur qui compare deux biens situés de part et d'autre d'une limite départementale doit intégrer cet écart dans sa comparaison, au même titre que la taxe foncière.

Confondre émoluments et honoraires

Les émoluments d'acte sont tarifés et identiques dans tous les offices. Les honoraires rémunèrent des prestations non tarifées et supposent une convention écrite préalable. Un devis qui mélange les deux sans les distinguer doit être repris avant signature, et non après.

Croire que les frais se négocient

Plus de 80 % du montant est de l'impôt et ne se discute pas. La seule marge tient à la remise sur la part d'émoluments au-delà de 100 000 euros, plafonnée à 20 %, soit 384 euros sur une acquisition de 300 000 euros. Chercher à négocier le reste est une perte de temps ; vérifier son éligibilité à l'exonération de la majoration en fait gagner quatre fois plus.

Compter le mobilier sans inventaire

Une ligne « mobilier : 15 000 euros » sans inventaire ni justificatif est le cas type du redressement. La valeur retenue doit être la valeur d'occasion, détaillée article par article. Un mobilier réel et bien documenté est un levier solide ; un mobilier théorique est un risque fiscal pour un gain de quelques centaines d'euros.

Ignorer les frais de garantie et de dossier

Les frais d'acquisition ne sont pas les seuls frais annexes. La garantie du prêt, hypothèque ou caution mutuelle, et les frais de dossier bancaire viennent s'y ajouter et représentent couramment 1 à 2 % du montant emprunté. Un plan de financement qui s'arrête aux frais de notaire est incomplet, sujet abordé dans notre article sur l'investissement immobilier quand on débute.

Ce que le calcul des frais de notaire ne dit pas de votre projet

Le calcul des frais de notaire donne un montant, à l'euro près, et c'est déjà utile pour construire un plan de financement crédible. Il ne dit rien de la question qui décide de la réussite d'une acquisition : celle de savoir si l'opération a un sens dans l'ensemble de la situation patrimoniale, et à quel horizon.

Cinq paramètres échappent complètement à ce calcul : la durée de détention envisagée et le point mort qui en découle, l'articulation entre cette acquisition et les autres actifs déjà détenus, le régime fiscal sous lequel le bien sera exploité, le régime matrimonial et ses conséquences sur la propriété du bien, et le niveau d'épargne de précaution à conserver après avoir décaissé les frais. Ces paramètres ne se lisent que dossier par dossier, à partir d'un état complet de la situation. C'est précisément la raison de prendre rendez-vous avec Solstice Patrimoine plutôt que de s'arrêter à un montant de frais : un article expose une méthode de calcul, il ne peut pas arbitrer une situation particulière.

Un bilan patrimonial consiste à poser ces éléments avant de signer un compromis, et notre diagnostic en ligne en constitue un premier point d'entrée. La vue d'ensemble du sujet figure sur notre page immobilier, l'arbitrage entre le neuf et l'ancien pour une opération locative dans notre article investir dans le neuf en location meublée, et la définition juridique du contrat de vente sur plan dans notre fiche de glossaire vente en l'état futur d'achèvement.

Deux réserves pour finir. Le présent article ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation, ni une consultation juridique ou fiscale : les taux et barèmes cités sont ceux en vigueur aux dates indiquées et ils évoluent, notamment la majoration départementale dont le terme est fixé au 31 mars 2028. Et un investissement immobilier comporte des risques réels, notamment la vacance locative, l'impayé et la baisse des prix à la revente : aucun placement ne garantit un rendement, et les frais d'acquisition sont définitivement perdus quel que soit le sort de l'opération.

Questions fréquentes

Comment calculer les frais de notaire en 2026 ?
En additionnant cinq postes : les droits de mutation à titre onéreux, au taux global de 6,32 % dans 88 départements et 5,81 % dans 11 départements au 1er février 2026, les émoluments d'acte du notaire selon un barème dégressif par tranches, la taxe sur la valeur ajoutée de 20 % sur ces émoluments, la contribution de sécurité immobilière de 0,10 % du prix, et les débours. Sur 300 000 euros dans l'ancien, le total ressort à 23 813 euros, soit 7,94 % du prix.
Pourquoi les frais de notaire ne sont-ils plus de 7 à 8 % dans l'ancien ?
Parce que l'article 116 de la loi n° 2025-127 du 14 février 2025 de finances pour 2025 a autorisé les départements à porter leur droit de mutation de 4,50 % à 5,00 % pour les actes signés entre le 1er avril 2025 et le 31 mars 2028. Plus de huit départements sur dix ont voté cette majoration, ce qui porte le taux global des droits de 5,81 % à 6,32 %, soit 1 530 euros de plus sur une acquisition de 300 000 euros. La fourchette usuelle est désormais de 8 à 8,5 % sur les transactions courantes.
Combien le notaire perçoit-il réellement sur les frais d'acquisition ?
Une fraction minoritaire. Sur 23 813 euros de frais pour une acquisition de 300 000 euros dans l'ancien, les droits reversés aux collectivités et à l'État représentent 18 960 euros, soit 79,6 % du total, et la contribution de sécurité immobilière 300 euros. L'émolument d'acte du notaire s'élève à 2 794 euros hors taxes, soit 11,7 % du total, la taxe sur la valeur ajoutée de 559 euros revenant elle aussi à l'État.
Les frais de notaire peuvent-ils être négociés ?
Très marginalement. L'article L. 444-2 du code de commerce autorise une remise plafonnée à 20 % sur la seule part d'émoluments correspondant aux tranches d'assiette supérieures à 100 000 euros. Sur une acquisition de 300 000 euros, cette remise représente au maximum 383,52 euros toutes taxes comprises, soit 1,6 % du total des frais. Elle doit en outre être appliquée à tous les clients pour des prestations de même nature et son taux affiché à l'office.
Quelle exonération existe pour les primo-accédants ?
La majoration départementale votée en 2025 ne s'applique pas à l'acquisition d'une résidence principale par un primo-accédant au sens de l'article L. 31-10-3 du code de la construction et de l'habitation, c'est-à-dire une personne qui n'a pas été propriétaire de sa résidence principale au cours des deux années précédant l'acte. Les droits retombent alors à 5,81 % et le total des frais à 22 283 euros sur 300 000 euros, soit 7,43 % au lieu de 7,94 %.
Combien la déduction du mobilier fait-elle économiser ?
Environ 7,4 % de la valeur du mobilier isolé dans l'acte, puisque cette valeur échappe aux droits de mutation, aux émoluments et à la contribution de sécurité immobilière. Sur une acquisition de 300 000 euros avec 8 000 euros de mobilier justifié, l'économie s'élève à 590,30 euros. La déduction suppose un inventaire détaillé article par article, à la valeur vénale d'occasion, et elle ne peut porter ni sur une cuisine scellée ni sur aucun élément incorporé au bâti.
Pourquoi les frais sont-ils bien plus faibles dans le neuf ?
Parce que la vente d'un logement neuf ou en état futur d'achèvement est soumise à la taxe sur la valeur ajoutée de 20 %, incluse dans le prix affiché, et relève de la taxe de publicité foncière au taux réduit de 0,715 % au lieu des droits de mutation de droit commun. Sur 300 000 euros, les frais tombent à 6 348 euros, soit 2,12 % contre 7,94 % dans l'ancien, une différence de 17 465 euros généralement compensée par la prime de prix au mètre carré du neuf.

Gratuit · sans engagement

Et si on faisait le point sur votre patrimoine ?

Quelques questions, puis une première analyse de votre situation par un conseiller Solstice.

Faire le point sur mon patrimoine