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Les 10 villes les plus rentables pour l'immobilier locatif en 2026

Emeline Siron··Mis à jour le

Rendement brut, tension locative, prix au m² : classement des villes françaises offrant le meilleur rapport rendement/risque.

Villes rentables pour l'immobilier locatif en 2026 : la méthode avant le classement

Les villes rentables pour l'immobilier locatif en 2026 sont, en France, celles où le prix au mètre carré reste inférieur à 2 500 € pendant que le loyer dépasse 11 €/m² par mois. Sur les relevés de marché d'août 2026, cela place Saint-Étienne à 1 222 €/m² pour 12,1 €/m² de loyer selon MeilleursAgents, soit un rendement brut implicite de 11,9 %, contre 5,3 % à Angers et environ 2,7 % à Paris. Ces écarts de un à quatre expliquent pourquoi le rendement locatif se joue d'abord sur la géographie. Attention toutefois : ces pourcentages sont des ordres de grandeur de marché constatés à une date donnée, pas des engagements, et un rendement brut n'est jamais ce qu'une investisseuse encaisse réellement.

Avant de dresser un classement, il faut s'entendre sur la méthode. La rentabilité brute d'un investissement locatif dépend de trois paramètres fondamentaux : le prix d'achat au mètre carré, le niveau des loyers pratiqués, et la tension locative, c'est-à-dire le rapport entre l'offre de logements disponibles et la demande des locataires. Ces trois paramètres ne se compensent pas librement. Une ville peut afficher le meilleur ratio prix sur loyer de France et rester un mauvais marché parce que le troisième terme, la tension, y est défaillant.

Les trois paramètres, et ce que chacun mesure vraiment

Le prix au mètre carréest la donnée la plus facile à obtenir et la plus trompeuse. Un prix moyen de ville agrège des studios de centre-ville rénovés et des grands logements en périphérie dégradée. Il faut donc toujours le lire par segment : appartement ou maison, quartier par quartier, et si possible en distinguant l'ancien à rafraîchir de l'ancien déjà rénové. L'écart entre les deux dépasse couramment 40 % à l'intérieur d'une même commune.

Le loyer au mètre carrésouffre d'un biais mécanique inverse : il est tiré vers le haut par les petites surfaces. Un studio de 20 m² se loue 15 à 18 €/m² là où un T4 de 85 m² se loue 8 à 10 €/m² dans la même ville. Quand un observatoire publie un loyer moyen de 13 €/m², il faut savoir quelle part de studios et de T1 meublés entre dans la moyenne. C'est la première source de déception entre le rendement calculé sur un tableau et le rendement obtenu sur un bien réel.

La tension locativeest le rapport entre le nombre de candidats et le nombre de logements offerts sur un segment donné. Elle ne se mesure pas directement mais s'approche par trois indicateurs : le taux de logements vacants publié par l'INSEE, le délai moyen de relocation constaté par les agences, et le solde démographique de la commune. Une ville dont la population recule depuis vingt ans finit toujours par transmettre ce recul au marché locatif, avec dix à quinze ans de décalage.

Comment se calcule un rendement brut, et ce que ce calcul cache

Le rendement locatif brut est le rapport entre le loyer annuel hors charges et le prix d'acquisition, exprimé en pourcentage. Sur un T2 acheté 62 000 € et loué 600 € par mois, il vaut 7 200 divisé par 62 000, soit 11,6 %. Ce chiffre a un mérite, il permet de comparer deux villes en trois secondes. Il a un défaut majeur : il ignore les frais d'acquisition, les travaux, les charges, la vacance et l'impôt.

Première correction, souvent oubliée. Le dénominateur du calcul ne doit pas être le prix affiché mais le coût de revient complet: prix, frais d'acquisition, travaux, mobilier, frais de dossier bancaire. Depuis la revalorisation des droits de mutation à titre onéreux autorisée par la loi de finances 2025, le taux global des DMTO atteint 6,32 % dans 88 départements au 1er février 2026 et 5,81 % dans 11 autres, ce qui porte les frais d'acquisition dans l'ancien à environ 8 à 8,5 % du prix, contre 7 à 8 % auparavant. Le détail du calcul figure dans notre article sur les frais de notaire en 2026.

Deuxième correction : le loyer retenu doit être un loyer encaissé, pas un loyer facial. Nous détaillons la chaîne complète du brut au net dans notre article calculer son rendement locatif net, et notre simulateur de rendement locatif permet de dérouler le calcul sur vos propres hypothèses.

Pourquoi les sources divergent, et comment nous les avons traitées

Il n'existe pas de source unique et officielle du prix au mètre carré commune par commune en temps réel. Les notaires publient les prix de transaction réellement enregistrés, avec plusieurs mois de décalage. Les plateformes d'annonces publient des prix demandés, plus élevés et plus réactifs. Les baromètres d'estimation comme celui de MeilleursAgents modélisent une valeur de marché à partir des deux. Sur une même ville, l'écart entre ces trois familles de sources atteint couramment 10 à 15 %.

Notre parti pris est simple : pour chaque ville, nous retenons un couple prix et loyer issu du même observatoire et de la même période, afin que le rendement implicite ait un sens. Chaque chiffre du classement ci-dessous porte donc sa source et sa date. Quand deux sources divergent fortement, nous le disons. Pour une vision d'ensemble de l'investissement immobilier, consultez notre page immobilier.

Le tableau de synthèse des 10 villes les plus rentables en 2026

Voici les dix villes du classement, avec pour chacune le couple prix et loyer retenu, le rendement brut qui en découle mécaniquement, le moteur de demande locative et le risque principal. Ce tableau se lit horizontalement : un rendement élevé associé à un risque structurel n'est pas un meilleur rendement, c'est une prime de risque.

VillePrix m² appartementLoyer m² par moisRendement brut impliciteMoteur de demandeRisque principal
Saint-Étienne1 222 € (MeilleursAgents, 1er août 2026)12,1 € (MeilleursAgents, août 2026)11,9 %Près de 25 000 étudiants, prix d'entrée le plus bas des grandes villesVacance de 12,3 % relevée en février 2026, parc ancien très dégradé
Mulhouse1 185 € (relevé de marché, avril 2026)13,5 € (relevé de marché, avril 2026)13,7 %Emploi transfrontalier suisse et allemand, bassin industrielTaux de pauvreté de 31 % selon l'INSEE, démographie atone
Limoges1 588 € (SeLoger, août 2026)11,0 € (SeLoger, août 2026)8,3 %Environ 18 000 étudiants, CHU et formations de santéVacance élevée, plus de 15 % relevés sur la commune
Le Mans2 055 € (relevé de marché, mars 2026)10,0 € (2026)5,8 %55 minutes de Paris-Montparnasse en TGV, report des actifs franciliensRendement déjà comprimé, dépendance au différentiel de prix avec l'Île-de-France
Perpignan1 794 € (MeilleursAgents, juillet 2026)11,0 € (relevé de janvier 2026)7,4 %Étudiants, saisonnalité touristique, chef-lieu départementalTaux de pauvreté de 33 % selon l'INSEE, risque d'impayé élevé
Brest2 488 € (SeLoger, août 2026)12,0 € (relevé de janvier 2026)5,8 %Environ 24 000 étudiants, Marine nationale, pôle santéPrix ayant déjà fortement progressé, rendement au niveau des métropoles
Poitiers2 285 € (relevé de juillet 2026)12,9 € (2026)6,8 %Plus de 30 000 étudiants inscrits à l'université de PoitiersMarché mono-cible, vacance estivale et rotation forte
Angers3 199 € (SeLoger, août 2026)14,0 € (MeilleursAgents, 1er août 2026)5,3 %Ville universitaire attractive, tension locative fortePrix les plus élevés du classement, rendement brut proche de Nantes
Clermont-Ferrand2 152 € (SeLoger, août 2026)11,5 € (relevé de juillet 2026)6,4 %Michelin et son écosystème, université, CHUDépendance à un employeur unique en réduction d'effectifs
Metz2 359 € (SeLoger, juillet 2026)13,0 € (SeLoger, août 2026)6,6 %Report du marché frontalier luxembourgeois, université, administrationsConcurrence directe de Thionville, mieux placée sur le flux frontalier

Une remarque d'honnêteté sur ce tableau. Si l'on classait uniquement sur le rendement brut implicite, Mulhouse passerait devant Saint-Étienne et Limoges devant Perpignan. L'ordre que nous conservons pondère le rendement par la profondeur du marché, la taille du parc étudiant et la liquidité à la revente. Un rendement de 13,7 % sur un marché de 100 000 habitants en stagnation démographique ne vaut pas mécaniquement mieux qu'un rendement de 6,8 % sur un marché où le bien se reloue en quinze jours.

Pourquoi éviter Paris quand on cherche du rendement

Soyons directs : Paris est une très mauvaise ville pour l'investissement locatif de rendement. Le prix médian d'un appartement parisien s'établit à 9 808 €/m² sur les ventes enregistrées en 2025 par la Chambre des notaires de Paris, sur un échantillon d'environ 30 600 transactions, avec une dispersion allant de 7 800 €/m² dans le 19e arrondissement à 14 500 €/m² dans le 7e. La fourchette de 9 000 à 14 000 €/m² parfois citée décrit donc le haut du marché, pas le marché.

Le numérateur est plafonné par la loi

Le loyer parisien n'est pas libre. L'encadrement des loyers, en vigueur à Paris depuis le 1er juillet 2019, impose un loyer de référence majoré égal à la médiane observée majorée de 20 %, décliné selon 80 quartiers, le nombre de pièces, l'époque de construction et le régime, meublé ou nu. L'arrêté préfectoral du 12 juin 2026, applicable au 1er juillet 2026, fixe des loyers de référence médians allant d'environ 22 €/m² dans les quartiers périphériques des 13e, 19e et 20e arrondissements à environ 38 €/m² dans le centre historique.

Autrement dit, le niveau de 30 à 35 €/m² souvent avancé comme un plafond général est en réalité une valeur de milieu de gamme. Il correspond aux loyers de référence majorés d'un deux-pièces récent en périphérie, ou aux médianes de la rive gauche avant majoration. Sur un studio ancien du centre, le loyer de référence majoré dépasse 40 €/m². Sur un quatre-pièces du 19e, il tombe sous 25 €/m². Un chiffre unique ne décrit pas ce marché.

Le rendement brut parisien, chiffré

Prenons un studio de 25 m² acheté au prix médian, soit 245 200 €, loué au loyer de référence majoré d'un petit logement en zone intermédiaire, disons 32 €/m², soit 800 € par mois. Le rendement brut ressort à 9 600 divisé par 245 200, soit 3,9 %. Sur un deux-pièces de 45 m² à 441 360 € loué 27 €/m², soit 1 215 € par mois, il tombe à 3,3 %. Sur un trois-pièces familial, on descend sous 2,7 %. Ces niveaux ne couvrent ni les charges de copropriété parisiennes, ni la taxe foncière, ni le coût du crédit.

Avec un taux moyen toutes durées de 3,30 % en juillet 2026 selon l'Observatoire Crédit Logement/CSA, un investissement parisien financé à crédit produit mécaniquement un effort d'épargne mensuel. Ce n'est pas disqualifiant en soi, c'est simplement une autre stratégie : on achète une réserve de valeur, pas un revenu. Les conditions de financement sont détaillées dans notre article sur le crédit immobilier et les meilleurs taux en 2026.

Ce que Paris reste, malgré tout

Paris conserve trois qualités qu'aucune ville du classement n'offre : une liquidité de revente quasi immédiate, une vacance locative structurellement nulle, et une résistance historique aux corrections. Le marché parisien a reculé d'environ 7 % entre 2023 et 2024 puis s'est stabilisé, avec une médiane 2025 en hausse de 1,2 % sur un an selon la Chambre des notaires de Paris. Pour une investisseuse qui cherche à sécuriser un capital plutôt qu'à générer un flux, l'arbitrage n'est pas absurde. Pour celle qui cherche un revenu locatif, il l'est.

Le classement des 10 villes rentables pour l'immobilier locatif en 2026, ville par ville

Chaque fiche donne le prix, le loyer, le rendement brut implicite, la tension locative, le moteur de demande et, surtout, le risque propre à la ville. Ce dernier point est celui que les classements omettent presque toujours.

1. Saint-Étienne, le prix d'entrée le plus bas de France

Saint-Étienne affiche le prix au mètre carré le plus bas des grandes villes françaises. Les relevés convergent : 1 222 €/m² pour les appartements selon MeilleursAgents au 1er août 2026, 1 210 €/m² selon efficity en juillet 2026, 1 244 €/m² selon SeLoger en août 2026. Avec un loyer moyen d'appartement de 12,1 €/m² par mois relevé par MeilleursAgents en août 2026, le rendement brut implicite atteint 11,9 %. C'est le plus élevé des grandes villes françaises, et de loin.

Le moteur de demande est double : un parc étudiant d'environ 25 000 inscrits selon le classement des villes étudiantes, et une population active modeste qui ne peut pas accéder à la propriété. Les quartiers Crêt-de-Roc, Jacquard et Saint-Roch concentrent la demande de petites surfaces. Le centre-ville a bénéficié d'un programme de requalification urbaine de grande ampleur qui a modifié le visage de certains îlots.

Le risque stéphanois est la vacance.Le taux de logements vacants sur la commune atteint 12,3 % selon les données publiées en février 2026, contre environ 8,6 % en moyenne nationale sur les 3,2 millions de logements vacants recensés par l'INSEE en 2023. Certains relevés locaux dépassent 15 %. Autrement dit, un logement sur huit ne trouve pas preneur. Un rendement brut de 11,9 % calculé sur douze mois de loyer devient 9,9 % à dix mois de loyer, et 8,9 % à neuf mois. La sélection de l'immeuble et de l'étage n'est pas un détail à Saint-Étienne, c'est le sujet principal.

2. Mulhouse, le rendement le plus élevé du classement

Mulhouse est la seule ville du classement dont le rendement brut implicite dépasse celui de Saint-Étienne. Les appartements s'échangent à 1 185 €/m² en moyenne selon les relevés de marché d'avril 2026, en progression de 2,0 % sur le mois, après 1 162 €/m² en mars 2026. Les loyers d'appartements ressortent à 13,5 €/m² par mois sur la même période, dans une fourchette de 9,7 à 21,1 €/m² selon le quartier et la taille. Le rendement brut implicite atteint donc 13,7 %.

Ce niveau doit être lu avec prudence. Un loyer moyen de 13,5 €/m² sur un marché à 1 185 €/m² traduit une forte proportion de petites surfaces meublées dans l'échantillon. Sur un T3 familial mulhousien, le loyer descend vers 9 à 10 €/m² et le rendement brut vers 9 à 10 %. C'est déjà remarquable, mais ce n'est pas 13,7 %.

Le moteur de demande est réel et documenté : l'emploi transfrontalier vers Bâle et l'Allemagne, un bassin industriel encore actif, et un statut de deuxième ville d'Alsace. La proximité de la Suisse crée une population de travailleurs à revenus élevés qui se loge côté français.

Le risque mulhousien est social et démographique.Le taux de pauvreté communal atteint 31 % selon les données INSEE Filosofi rectifiées et publiées le 6 août 2026, pour un revenu médian d'environ 16 000 € par an. Mulhouse figure parmi les villes de plus de 50 000 habitants les plus pauvres de France. Concrètement, cela signifie une base de locataires solvables plus étroite qu'ailleurs, un taux d'impayé structurellement supérieur à la moyenne, et une difficulté à obtenir une garantie loyers impayés sur certains dossiers. Nous traitons les recours dans notre article sur que faire en cas de loyer impayé.

3. Limoges, le marché sous-estimé et sur-vacant

Limoges reste peu regardée par les investisseuses, ce qui limite la concurrence à l'achat. Le prix moyen d'un appartement s'établit à 1 588 €/m² selon SeLoger en août 2026, quand MeilleursAgents relève 1 682 €/m² tous types de biens confondus au 1er août 2026, avec une fourchette de 987 à 2 270 €/m² selon les adresses. Le loyer moyen d'appartement ressort à 11,0 €/m² par mois selon SeLoger en août 2026, et à 10,50 €/m² en médiane selon d'autres relevés. Le rendement brut implicite s'établit donc à 8,3 %.

La demande locative est soutenue par environ 18 000 étudiants, par le CHU et par les formations de santé qui alimentent une rotation régulière de petites surfaces. La faculté de médecine et les instituts de formation en soins infirmiers créent une demande de studios et de T1 qui ne connaît pas la saisonnalité complète des filières classiques, les stages hospitaliers s'étalant sur l'année.

Le risque limougeaud est la vacance, plus encore qu'à Saint-Étienne.Les relevés locaux situent le taux de logements vacants au-delà de 15 % sur la commune. Une partie de ce stock est structurellement invendable et illouable : immeubles anciens sans ascenseur, logements traversants mal isolés, copropriétés sans travaux depuis trente ans. Le prix bas n'est pas une aubaine, c'est le reflet exact de cette réalité. La sélection doit se faire sur des immeubles avec un syndic actif et un fonds travaux alimenté.

4. Le Mans, la ville dortoir haut de gamme de Paris

Le Mans tire profit d'un positionnement ferroviaire réellement exceptionnel : le TGV le plus rapide relie Le Mans à Paris-Montparnasse en 55 minutes, avec 20 à 24 liaisons directes par jour. Ce chiffre de 55 minutes est bien celui du train le plus rapide, la durée moyenne dépassant légèrement l'heure. C'est ce différentiel qui alimente le report d'actifs franciliens vers la Sarthe depuis la généralisation du travail hybride.

Le prix moyen d'un appartement atteint 2 055 €/m² selon les relevés de mars 2026, contre environ 2 100 €/m² pour les maisons et 2 050 €/m² tous biens confondus. Le loyer moyen d'appartement se situe autour de 10 €/m² par mois en 2026, soit environ 450 € hors charges pour un T2 de 45 m². Le rendement brut implicite ressort donc à 5,8 %, sensiblement en dessous de la fourchette de 6,5 à 8 % souvent avancée.

Le risque manceau est celui de la compression.Le report francilien qui fait la force du marché a déjà fait progresser les prix. Le rendement brut est maintenant au niveau de celui de Brest ou d'Angers, sans la profondeur du parc étudiant de Poitiers ni la tension d'Angers. Le Mans reste un bon marché pour une stratégie patrimoniale à horizon long, avec un loyer stable et une revente facile. Ce n'est plus un marché de rendement pur.

5. Perpignan, le meilleur ratio du Sud et le plus fort risque locataire

Perpignan présente l'un des meilleurs ratios prix sur loyer du sud de la France. Le prix moyen d'un appartement s'établit à 1 794 €/m² selon MeilleursAgents en juillet 2026, certains relevés retenant 1 700 €/m². Le loyer moyen ressort à 11 €/m² par mois selon les estimations de janvier 2026, soit environ 529 € pour un appartement nu et 558 € pour un meublé. Le rendement brut implicite atteint 7,4 %. Une étude de rendement locatif publiée en 2026 par RentaImmo retient 6,7 % brut, soit environ 4,7 % net de charges, ce qui donne une idée utile de l'écart entre les deux étages.

Le marché est alimenté par une population étudiante, par une saisonnalité touristique qui ouvre la porte à la location de courte durée, et par le statut de préfecture des Pyrénées-Orientales. Attention toutefois : la location de meublé de tourisme non classé relève depuis la loi du 19 novembre 2024 d'un micro-BIC plafonné à 15 000 € de recettes avec un abattement de 30 % seulement, ce qui change radicalement l'équation fiscale de la courte durée.

Le risque perpignanais est le risque d'impayé.Le taux de pauvreté communal atteint 33 % selon les données INSEE, pour un revenu médian d'environ 15 600 € par an, et le taux de logements vacants s'établit à 11,1 % soit 7 340 logements selon le fichier LOVAC 2025. Un quart de la population réside en quartier prioritaire. Sur ce marché, la garantie loyers impayés n'est pas une option de confort : elle est la condition de faisabilité du dossier, et son coût de 2 à 4 % du loyer annuel doit être intégré au calcul dès le départ.

6. Brest, la stabilité plutôt que le rendement

Brest est une ville en transformation, portée par des investissements publics importants dans l'urbanisme et les transports. La demande locative est stable, alimentée par environ 24 000 étudiants, par la Marine nationale et par un pôle santé conséquent. Cette combinaison produit une vacance faible et une rotation prévisible.

Le prix moyen d'un appartement s'établit à 2 488 €/m² selon SeLoger en août 2026, quand MeilleursAgents relève 2 542 €/m² tous types de biens au 1er août 2026 et efficity 2 250 €/m² sur les biens actuellement en vente. Le loyer moyen ressort à 12 €/m² par mois selon les relevés de janvier 2026, dans une fourchette de 8 à 20 €/m², soit 528 € pour un appartement nu et 584 € pour un meublé. Le rendement brut implicite ressort à 5,8 %.

Le risque brestois est celui du prix déjà payé.Les prix ont progressé nettement depuis 2020 et le rendement brut a rejoint celui des métropoles de l'Ouest. La fourchette de 6 à 8 % parfois annoncée ne se retrouve plus dans les relevés de 2026, sauf sur des petites surfaces bien placées ou en colocation. Brest reste un marché sain, avec un risque locatif faible, mais il faut aller y chercher le rendement, il ne s'y trouve plus par défaut.

7. Poitiers, le marché étudiant le plus dense de France

Poitiers est probablement la ville française où le poids étudiant est le plus élevé rapporté à la population. L'université de Poitiers revendique plus de 30 000 étudiants inscrits, dont 4 000 internationaux de 136 nationalités, pour une commune de 89 212 habitants selon les données INSEE. Le ratio est donc effectivement parmi les plus élevés de France, ce qui valide l'affirmation traditionnelle sur cette ville. À l'échelle de l'unité urbaine, on compte environ 30 000 étudiants pour 138 000 habitants.

Le prix moyen d'un appartement s'établit à 2 285 €/m² selon les relevés de juillet 2026, contre 2 044 €/m² pour les maisons et 2 215 €/m² tous biens confondus au 1er juillet 2026. Les appartements se louent en moyenne 12,9 €/m² par mois, ce qui donne un rendement brut implicite de 6,8 %. Les studios et T1 meublés y trouvent preneur rapidement, ce qui en fait un terrain classique de la location meublée. Le cadre fiscal correspondant est détaillé sur notre page LMNP et dans notre article sur le régime réel LMNP.

Le risque poitevin est celui de la mono-culture.Un marché porté à ce point par une seule population est exposé à ses cycles : vacance de juillet et août, rotation annuelle systématique donc frais de remise en état récurrents, et sensibilité directe aux effectifs universitaires. Une baisse de 10 % des inscriptions se traduit mécaniquement par plusieurs centaines de logements sans preneur. Il faut y intégrer au budget une vacance de deux mois par an sur un bien loué au bail étudiant classique, ou basculer sur un bail mobilité ou une colocation à l'année.

8. Angers, la tension contre le rendement

Angers est la ville la plus chère du classement. Le prix moyen d'un appartement atteint 3 199 €/m² selon SeLoger en août 2026, contre 3 485 €/m² pour les maisons, après 3 227 €/m² relevés en avril 2026. Les loyers d'appartements ressortent à 14,0 €/m² par mois selon MeilleursAgents au 1er août 2026, dans une fourchette de 8,8 à 25,1 €/m², soit 562 € en moyenne pour une location nue et 602 € en meublé. Le rendement brut implicite s'établit donc à 5,3 %, le plus faible du classement.

Ce qu'Angers offre en échange est la tension. La ville figure régulièrement en tête des palmarès de qualité de vie, attire des actifs et des étudiants, et le délai de relocation y est court. Le risque de vacance est faible, ce qui rapproche le rendement effectif du rendement affiché, contrairement à Saint-Étienne ou Limoges où l'écart est massif.

Le risque angevin est celui du point d'entrée.À 3 199 €/m², la marge de sécurité en cas de correction du marché est mince, et le rendement ne laisse pas de place à une erreur de travaux ou à une régularisation de charges défavorable. Angers appartient à la catégorie des marchés où l'investissement se justifie par la sécurité locative et la valorisation, pas par le flux.

9. Clermont-Ferrand, l'équilibre et sa dépendance

Clermont-Ferrand offre un équilibre entre emploi industriel, université et CHU. Michelin y a bien son siège social, ce qui est souvent rappelé, mais l'ordre de grandeur des effectifs mérite d'être précisé : l'établissement clermontois de la Manufacture française des pneumatiques Michelin compte environ 10 400 salariés, contre près de 30 000 au début des années 1980. Le groupe reste le premier employeur privé de la région et travaille avec environ 800 sous-traitants dans le seul Puy-de-Dôme.

Le prix moyen d'un appartement s'établit à 2 152 €/m² selon SeLoger en août 2026, avec des relevés de marché allant de 2 077 €/m² sur les données de transaction à 2 403 €/m² selon les estimateurs. Le loyer moyen se situe entre 11 et 12 €/m² par mois selon les relevés de juillet 2026. En retenant 11,5 €/m², le rendement brut implicite ressort à 6,4 %, ce qui est cohérent avec la fourchette de 6 à 7,5 % traditionnellement annoncée.

Le risque clermontois est la dépendance à un employeur unique.Michelin a annoncé en 2026 un plan de départs volontaires portant sur jusqu'à 1 500 postes en France sur trois ans, tout en recrutant près de 300 personnes à Clermont-Ferrand sur de nouvelles compétences. Un marché locatif adossé à un employeur dominant en réduction d'effectifs n'est pas un marché à écarter, mais c'est un marché où il faut privilégier les segments décorrélés : logements étudiants, petites surfaces proches du CHU, secteurs bien desservis par le tramway.

10. Metz, le report du marché luxembourgeois, avec une nuance de taille

Il faut corriger une approximation fréquente. Metz n'est pas une ville frontalière.Elle se situe à environ 63 km de Luxembourg-Ville par la route, dont 57 km d'autoroute, et à une quarantaine de kilomètres de la frontière elle-même. La ville réellement frontalière du secteur est Thionville, à 37 km au nord de Metz, qui capte en premier le flux des travailleurs vers le Grand-Duché.

L'argument frontalier reste néanmoins valable pour Metz, mais par ricochet. Plus de 126 000 résidents en France travaillaient au Luxembourg selon les données STATEC portant sur le quatrième trimestre 2024, sur environ 230 000 frontaliers au total. Le flux continue de progresser : en janvier 2026, le nombre de travailleurs venant de France a augmenté de 3,5 % sur un an, soit 4 270 personnes de plus. Cette pression a fait monter les prix à Thionville et dans la vallée de la Fensch, et une partie de la demande se reporte vers Metz, mieux dotée en services et en transports.

Le prix moyen d'un appartement s'établit à 2 359 €/m² selon SeLoger en juillet 2026, après 2 394 €/m² relevés en avril 2026, contre 2 455 €/m² pour les maisons. Le loyer moyen d'appartement atteint 13 €/m² par mois selon SeLoger en août 2026, après 14,00 €/m² en avril 2026. Le rendement brut implicite ressort à 6,6 %.

Le risque messin est concurrentiel.Metz est en deuxième rideau sur le flux frontalier. Si les prix de Thionville se stabilisent ou si les liaisons ferroviaires vers le Luxembourg s'améliorent, une partie du report vers Metz s'éteint. Le marché messin garde ses propres moteurs, université, administrations et hôpital, mais l'argument frontalier doit être pondéré, pas pris pour acquis.

Rendement brut, net de charges, net de fiscalité : les trois étages qu'il faut distinguer

C'est le point aveugle de tous les classements de villes, y compris celui-ci si on s'arrête au tableau. Un rendement brut de 11,9 % ne veut pas dire que 11,9 % du capital investi arrive sur le compte bancaire chaque année. Entre le brut affiché et le net réellement encaissé, il y a trois soustractions successives, et elles sont lourdes.

Les définitions, dans l'ordre

Le rendement brut est le loyer annuel hors charges divisé par le prix d'acquisition. Le rendement brut sur coût de revient reprend le même numérateur mais divise par le coût complet : prix, frais d'acquisition, travaux, mobilier. Le rendement net de charges, parfois appelé rendement net-net avant impôt, retranche du loyer toutes les charges annuelles supportées par la propriétaire. Le rendement net de fiscalitéretranche en plus l'impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux dus sur le résultat locatif.

Le même bien déroulé du brut au net

Prenons un cas concret et cohérent avec le classement : un T2 de 50 m² à Saint-Étienne, acheté 62 000 € soit 1 240 €/m², loué meublé 600 € par mois hors charges soit 12 €/m². Frais d'acquisition à 8,3 % du prix, travaux de remise en état 12 000 €, mobilier 4 000 €. Le coût de revient complet ressort à 83 150 €.

PosteMontant annuelCommentaire
Loyer encaissé, hors charges7 200 €600 € sur 12 mois, avant provision de vacance
Taxe foncière900 €Ordre de grandeur pour un T2 stéphanois, en hausse tendancielle
Charges de copropriété non récupérables480 €Environ un tiers des charges totales dans une copropriété sans ascenseur
Assurance propriétaire non occupant150 €Fourchette de marché 2026 : 100 à 200 € par an
Garantie loyers impayés216 €3 % du loyer annuel, fourchette de marché 2026 : 2 à 4 %
Gestion locative déléguée504 €7 % TTC, fourchette 2026 : 4 à 6 % en ligne, 7 à 10 % en agence
Provision entretien et renouvellement360 €5 % du loyer, pour le mobilier, l'électroménager et les petites reprises
Provision vacance et impayés288 €4 %, soit un mois de vacance tous les deux ans, prudent à Saint-Étienne
Total des charges2 898 €40 % du loyer, ce qui est un ordre de grandeur courant
Étage de calculBase retenueRevenu annuelRendement
Rendement brut sur le prix affiché62 000 €7 200 €11,6 %
Rendement brut sur coût de revient complet83 150 €7 200 €8,7 %
Rendement net de charges83 150 €4 302 €5,2 %
Rendement net de fiscalité, micro-BIC, TMI 30 %83 150 €2 603 €3,1 %
Rendement net de fiscalité, régime réel avec amortissement83 150 €3 802 €4,6 %

Le détail du calcul fiscal, ligne par ligne

Au micro-BIC, les recettes de 7 200 € subissent l'abattement forfaitaire de 50 % applicable à la location meublée de longue durée, dont le plafond est de 83 600 € de recettes selon service-public.gouv.fr au 15 avril 2026. La base imposable est donc de 3 600 €. Avec une tranche marginale d'imposition à 30 % au barème 2026 sur les revenus 2025, et des prélèvements sociaux à 17,2 % sur les bénéfices industriels et commerciaux de location meublée, l'impôt total ressort à 1 699 €. Le revenu réellement disponible tombe à 2 603 €, soit 3,1 % du capital engagé.

Au régime réel, la charge de comptabilité de 500 € par an s'ajoute, mais l'amortissement du bâti, du mobilier et des travaux absorbe le résultat imposable. Sur un coût de revient de 83 150 €, avec une quote-part de terrain de 15 % et une durée moyenne pondérée de 30 ans sur le bâti, l'amortissement annuel dépasse 2 000 € pour le seul bâti, auquel s'ajoutent le mobilier sur 7 ans et les travaux sur 10 à 15 ans. Le résultat fiscal tombe à zéro et l'impôt avec lui, ce qui laisse 3 802 € disponibles, soit 4,6 %.

L'écart entre 11,6 % et 4,6 % n'est pas une anomalie de notre exemple, c'est la règle. Un rendement brut annoncé se divise typiquement par deux ou par deux et demi une fois arrivé au net encaissé. Ce résultat n'est ni automatique ni garanti : il dépend du niveau réel des charges, de la vacance constatée, du montant emprunté et de votre situation fiscale personnelle.

Et si le bien est financé à crédit

Beaucoup d'investisseuses raisonnent en cash-flow plutôt qu'en rendement. Reprenons le même T2. Un emprunt de 83 150 € sur 20 ans au taux moyen de 3,30 % constaté en juillet 2026 par l'Observatoire Crédit Logement/CSA génère une mensualité d'environ 474 € hors assurance, à laquelle s'ajoutent une vingtaine d'euros d'assurance emprunteur. Le loyer net de charges mensuel est de 359 €. Le cash-flow avant impôt ressort donc à environ moins 135 € par mois.

Sur 25 ans, la mensualité tombe à environ 407 € hors assurance et le cash-flow à environ moins 70 € par mois. Autrement dit, même sur la ville la plus rentable de France, un financement intégral sans apport ne produit pas mécaniquement un cash-flow positif une fois les charges honnêtement provisionnées. C'est exactement pour cette raison que la colocation et la division sont utilisées : elles augmentent le loyer par mètre carré sans changer le prix d'achat. La règle du taux d'effort maximal de 35 % assurance comprise, fixée par la décision D-HCSF-2021-7 juridiquement contraignante depuis le 1er janvier 2022 et reconduite en 2026, encadre par ailleurs le montant que la banque acceptera de prêter.

Le calendrier DPE, la contrainte qui pèse le plus lourd sur les villes bon marché

C'est le point qui change le plus l'analyse depuis trois ans, et c'est précisément dans les villes du haut de ce classement que la contrainte mord le plus fort. Le stock de passoires thermiques est concentré dans le parc ancien, mal isolé, chauffé au gaz ou à l'électricité directe, c'est-à-dire exactement le parc qui explique les prix bas de Saint-Étienne, de Limoges ou de Mulhouse.

Ce que dit le calendrier légal

La loi n° 2021-1104 du 22 août 2021, dite loi Climat et résilience, fixe un calendrier unique. Les logements classés G sont interdits à la mise en location depuis le 1er janvier 2025. Les logements classés F le seront au 1er janvier 2028. Les logements classés E le seront au 1er janvier 2034. En outre-mer, le calendrier est décalé, avec les G au 1er janvier 2028 et les F au 1er janvier 2031.

Classe DPEInterdiction de mise en location, métropoleInterdiction outre-merCe qui reste possible
G1er janvier 20251er janvier 2028Les baux signés avant l'échéance se poursuivent jusqu'à leur terme
F1er janvier 20281er janvier 2031Vente libre, occupation par le propriétaire, résidence secondaire
E1er janvier 20341er janvier 2034Idem, avec un horizon de travaux plus long pour anticiper

Point souvent mal compris : l'interdiction vise la nouvelle mise en location, ce qui inclut les nouveaux baux, les renouvellements et les reconductions tacites. Un bail en cours signé avant l'échéance se poursuit jusqu'à son terme contractuel. Le sujet est traité en détail dans notre article sur le DPE et les passoires thermiques en location.

Pourquoi le parc bon marché concentre les passoires

Les chiffres nationaux donnent la mesure du problème. Selon l'Observatoire national de la rénovation énergétique, au 1er janvier 2025, la France comptait 3,9 millions de passoires parmi les 30,9 millions de résidences principales, soit 12,7 % du parc. Dans le seul parc locatif privé, le service des données et études statistiques recensait à la même date 1,1 million de logements classés F ou G, soit 13,8 % de ce segment, dont environ 453 000 en classe G et 693 000 en classe F.

Ces moyennes nationales masquent une concentration géographique très forte. Un immeuble stéphanois de 1900 sans isolation, chauffé au gaz individuel, avec des menuiseries simple vitrage, sort presque systématiquement en F ou en G. C'est précisément ce logement que l'on achète 900 €/m² et qui fait briller les tableaux de rendement. Le prix bas n'est pas une inefficience de marché à exploiter, c'est le prix de la facture de travaux à venir.

Le coût de sortie, chiffré

Une rénovation globale permettant un saut de deux classes coûte en moyenne 40 000 €, dans une fourchette courante de 20 000 à 60 000 € selon la surface et l'état initial. Sur un appartement en copropriété, la part individuelle est plus faible mais dépend des travaux votés en assemblée générale, sur lesquels une propriétaire isolée n'a pas la main.

Le soutien public existe mais s'est resserré. À compter de janvier 2026, MaPrimeRénov' est recentrée sur les passoires thermiques : les plafonds de dépenses éligibles pour la rénovation d'ampleur sont abaissés à 30 000 € hors taxes pour un gain de deux classes et 40 000 € hors taxes pour un gain de trois classes ou plus, et le bonus de 10 % pour sortie de passoire est supprimé. Le recours à un accompagnateur Rénov' est obligatoire pour les rénovations globales financées par le dispositif.

Sur notre T2 stéphanois à 62 000 €, un besoin de travaux de 25 000 € pour passer de F à D fait passer le coût de revient de 83 150 € à environ 108 000 €, et le rendement net de charges de 5,2 % à environ 4,0 %. La ville la plus rentable de France devient alors comparable à une ville de rendement moyen. C'est l'arbitrage central de 2026 sur ces marchés.

La réforme du coefficient électricité au 1er janvier 2026

Un élément nouveau doit être intégré. La révision du coefficient de conversion en énergie primaire de l'électricité, applicable au 1er janvier 2026, fait sortir environ 850 000 logements du statut de passoire thermique sans aucun travaux, essentiellement des logements chauffés à l'électricité. Concrètement, un même logement peut être classé G en décembre 2025 et F en janvier 2026, ou F puis E. Cela ne change ni le calendrier de la loi Climat et résilience ni la réalité de la consommation, mais cela déplace des dizaines de milliers de biens de part et d'autre de la ligne d'interdiction. Avant d'acheter, vérifiez la date d'établissement du DPE fourni : un DPE antérieur à 2026 sur un logement chauffé à l'électricité peut être plus sévère que la réalité réglementaire actuelle.

L'encadrement des loyers et les villes concernées en 2026

Une bonne nouvelle pour les dix villes du classement : aucune d'entre elles n'est soumise à l'encadrement du niveau des loyers. C'est un facteur qui contribue directement à leur rendement, et qui doit être surveillé.

Les territoires concernés et leurs dates d'entrée en vigueur

L'encadrement du niveau des loyers, à ne pas confondre avec l'encadrement de l'évolution des loyers en zone tendue qui concerne bien plus de communes, s'applique dans les territoires suivants pour les logements vides et meublés du parc privé.

TerritoireEntrée en vigueurPérimètre
Paris1er juillet 2019Les 20 arrondissements, 80 quartiers de référence
Lille, Hellemmes et Lomme1er mars 20203 communes
EPT Plaine Commune1er juin 20219 communes de Seine-Saint-Denis
Lyon et Villeurbanne1er novembre 20212 communes
EPT Est Ensemble1er décembre 20219 communes de Seine-Saint-Denis
Montpellier1er juillet 2022Commune
Bordeaux15 juillet 2022Commune
Communauté d'agglomération Pays Basque25 novembre 202424 communes réparties en 3 zones
Grenoble-Alpes Métropole20 janvier 2025Métropole

D'autres territoires ont engagé la démarche pour une application courant 2026, notamment Marseille et l'agglomération d'Annemasse. Aucune de nos dix villes ne figure ni dans la liste en vigueur ni dans les candidatures connues.

L'échéance de novembre 2026, à surveiller

L'encadrement du niveau des loyers dans sa forme actuelle est une expérimentation de huit ans, ouverte par la loi ELAN de novembre 2018 et arrivant à échéance en novembre 2026. Le Gouvernement devait remettre son rapport d'évaluation au Parlement avant le 25 juin 2026. Trois scénarios sont sur la table : pérennisation, extinction, ou nouvelle extension à d'autres agglomérations. Une investisseuse qui construit aujourd'hui une thèse sur l'absence d'encadrement dans une ville moyenne doit intégrer que ce paramètre peut changer, dans un sens comme dans l'autre.

Ce que l'encadrement change concrètement au rendement

L'effet n'est pas symétrique. Sur un studio meublé rénové, le loyer de marché dépasse souvent le loyer de référence majoré, et l'encadrement ampute directement le rendement de 10 à 25 %. Sur un T3 non rénové, le loyer de marché est souvent inférieur au plafond et l'encadrement n'a aucun effet. C'est donc le segment des petites surfaces meublées, celui qui porte le rendement, qui est le plus pénalisé. Le complément de loyer pour caractéristiques exceptionnelles existe mais son usage est strictement encadré et régulièrement contesté devant la commission départementale de conciliation.

Ce qui disqualifie une ville malgré un rendement affiché élevé

Un rendement brut élevé n'est pas un signal d'opportunité, c'est un signal de risque. Le marché n'offre pas 12 % là où il offre 3 % ailleurs par distraction. Voici les cinq motifs qui doivent conduire à écarter une ville, ou au minimum à exiger une décote supplémentaire.

Une vacance structurelle supérieure à 10 %

C'est le premier critère éliminatoire. Au-delà de 10 % de logements vacants, une part significative du parc est durablement hors marché, et l'offre excédentaire empêche toute progression des loyers. Le rendement affiché suppose douze mois de loyer par an, hypothèse que ces marchés ne tiennent pas. Sur les dix villes du classement, Saint-Étienne à 12,3 %, Limoges au-delà de 15 % et Perpignan à 11,1 % relèvent de cette catégorie. Cela ne les disqualifie pas, mais impose de raisonner sur dix mois de loyer, pas douze.

Une population qui recule sur longue période

Une commune qui perd des habitants depuis deux recensements consécutifs perd aussi des locataires, avec un décalage. Le signal à surveiller n'est pas la population totale mais le nombre de ménages, qui peut continuer à progresser sous l'effet de la décohabitation alors même que la population baisse. Quand les deux reculent ensemble, il n'y a plus d'argument de rareté.

Un taux de pauvreté qui rend la garantie loyers impayés difficile à obtenir

Les assureurs GLI exigent en général un taux d'effort inférieur à 33 ou 35 %, une ancienneté professionnelle de trois à six mois en CDI, et deux ans d'activité pour un indépendant. Sur un marché où le revenu médian est de 15 600 € par an, comme à Perpignan, un loyer de 550 € charges comprises représente déjà un taux d'effort proche de la limite pour une part importante des candidats. Le vivier de dossiers assurables se réduit, la sélection s'allonge, la vacance augmente. Le choix de déléguer ou non est traité dans notre article sur la gestion locative déléguée.

Un marché de revente étroit

Un investissement locatif se juge aussi à sa sortie. Sur les marchés très bon marché, l'acheteur potentiel est presque exclusivement un autre investisseur, puisque les primo-accédants locaux sont peu solvables. Or un investisseur achète sur le rendement, donc il achètera votre bien sur la base du loyer que vous en tirez, pas sur un prix au mètre carré de référence. Si vos loyers ont baissé, votre prix de revente baisse dans les mêmes proportions. Cette corrélation n'existe pas dans les villes tendues, où la demande d'habitation soutient le prix indépendamment du rendement.

Une copropriété dégradée ou sous procédure

C'est le piège le plus coûteux, et il se concentre dans les mêmes villes. Une copropriété sans fonds travaux, avec des impayés de charges importants, ou placée sous administration provisoire, transforme n'importe quel rendement en gouffre. Les documents à exiger avant toute offre sont les procès-verbaux des trois dernières assemblées générales, l'état daté, le montant du fonds de travaux et le taux d'impayés de charges. Un immeuble à 800 €/m² dans une copropriété en difficulté n'est pas une affaire, c'est un engagement financier ouvert.

Villes rentables pour l'immobilier locatif en 2026 : comment affiner votre choix

Ce classement donne une vision macro. L'immobilier reste un investissement micro-local : la rue, l'immeuble, l'étage et l'exposition comptent autant que la ville. Un T2 bien placé à Brest à 5,8 % de rendement brut affiché peut rapporter davantage, net et sur dix ans, qu'un T2 mal placé à Saint-Étienne à 11,9 %.

Descendre du niveau ville au niveau immeuble

La méthode tient en quatre étapes. Premièrement, délimitez deux ou trois quartiers dans la ville retenue, sur la base du délai de relocation et non du prix. Deuxièmement, relevez sur trois mois toutes les annonces de location de votre segment dans ces quartiers, et notez celles qui disparaissent vite et celles qui restent. Troisièmement, comparez les prix de vente des biens équivalents pour établir votre propre référence, en ignorant la moyenne de ville. Quatrièmement, ne visitez que ce qui entre dans cette grille.

Les questions à poser à un professionnel local

Trois questions font le tri rapidement. Quel est le délai moyen de relocation sur ce segment dans ce quartier, en jours. Combien de candidatures recevez-vous en moyenne pour un bien de ce type. Quel est le taux d'impayé constaté sur votre portefeuille de gestion locale. Un professionnel qui répond avec des chiffres connaît son marché. Un professionnel qui répond par des adjectifs ne le connaît pas, ou ne veut pas vous le dire.

Colocation et petites surfaces, le levier qui change l'équation

Sur ces marchés, le levier le plus efficace n'est pas le choix de la ville mais le choix du mode d'exploitation. Un T4 de 85 m² loué 750 € en location classique rapporte 8,8 €/m². Le même T4 découpé en quatre chambres louées 330 € charges comprises rapporte 1 320 €, soit 15,5 €/m². Le rendement brut est presque doublé, au prix d'une charge de gestion nettement supérieure, d'un turnover plus rapide et d'un budget travaux d'aménagement. Nous détaillons ce mécanisme dans notre article sur la colocation pour booster le rendement locatif, et le sujet du choix de la ville pour ce type de montage est traité en détail dans l'épisode consacré aux 8 villes où investir en colocation en 2026 du podcast Out of the Box.

Vérifier que l'immobilier locatif direct est le bon véhicule

Une question mérite d'être posée avant de choisir une ville : faut-il détenir l'immobilier en direct. Une SCPI, société civile de placement immobilier, mutualise le risque locatif sur des centaines d'immeubles et supprime la gestion, au prix d'un rendement encadré, de frais d'entrée élevés et d'une liquidité limitée puisque le capital n'est pas garanti. Le taux de distribution moyen des SCPI s'est établi à 4,91 % en 2025 selon le bilan annuel de l'ASPIM publié le 9 février 2026, avec une dispersion de 4,2 % pour les SCPI résidentielles à 6 % pour les diversifiées. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. La comparaison complète figure dans notre guide SCPI ou immobilier locatif et sur notre page SCPI.

Pour un premier investissement

Si c'est votre premier achat locatif, la ville n'est pas la première décision à prendre. La capacité d'emprunt, le régime fiscal et le mode d'exploitation le sont. Notre guide de l'investissement immobilier pour débuter en 2026reprend ces étapes dans l'ordre, et notre article sur où investir dans l'immobilier en 2027 prolonge la réflexion géographique sur l'horizon suivant.

Les paramètres personnels qui déplacent la réponse

Un classement de villes ne remplace pas une analyse de situation. Le bon marché pour une investisseuse dépend de sa tranche marginale d'imposition, de son taux d'endettement actuel, de son horizon de détention, de sa tolérance à la gestion et de la place que l'immobilier occupe déjà dans son patrimoine. Une investisseuse à 41 % de tranche marginale et une investisseuse à 11 % ne classeront pas ces dix villes dans le même ordre, parce que l'écart entre le micro-BIC et le régime réel ne pèse pas le même poids chez l'une et chez l'autre. Ces éléments se regardent ensemble, pas séparément.

Chez Solstice Patrimoine, ce travail commence par une cartographie de la situation avant toute discussion de ville ou de bien. Vous pouvez engager la démarche avec notre diagnostic patrimonial en ligne ou demander un bilan patrimonial. Dernier rappel, il vaut pour tout ce qui précède : les rendements présentés dans cet article sont des ordres de grandeur de marché constatés aux dates indiquées, ils ne constituent ni une garantie de performance, ni une prévision, ni une recommandation d'investissement dans une ville en particulier.

Questions fréquentes

Quelle est la ville la plus rentable pour l'immobilier locatif en 2026 ?
Sur les relevés de marché de 2026, Mulhouse et Saint-Étienne affichent les rendements bruts implicites les plus élevés de France. Saint-Étienne se situe à 1 222 €/m² pour un loyer de 12,1 €/m² selon MeilleursAgents en août 2026, soit 11,9 % brut. Mulhouse ressort à 13,7 % sur les relevés d'avril 2026. Ces niveaux s'accompagnent d'une vacance et d'un risque locataire supérieurs à la moyenne nationale.
Pourquoi le rendement locatif est-il si faible à Paris ?
Parce que le prix est très élevé et le loyer plafonné. Le prix médian d'un appartement parisien atteint 9 808 €/m² sur les ventes 2025 enregistrées par la Chambre des notaires de Paris. L'encadrement des loyers, en vigueur depuis le 1er juillet 2019, limite le loyer au niveau de référence majoré de 20 %. Le rendement brut ressort généralement entre 2,7 % et 3,9 % selon la taille du logement.
Quelle est la différence entre rendement brut et rendement net ?
Le rendement brut divise le loyer annuel par le prix d'achat. Le rendement net de charges retranche taxe foncière, charges de copropriété non récupérables, assurance, gestion, vacance et entretien, soit environ 40 % du loyer. Le rendement net de fiscalité retranche en plus l'impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux de 17,2 %. Sur un même bien, un brut de 11,6 % peut tomber à 4,6 % net.
Le DPE change-t-il l'intérêt des villes bon marché ?
Oui, fortement. La loi Climat et résilience du 22 août 2021 interdit la mise en location des logements classés G depuis le 1er janvier 2025, des F au 1er janvier 2028 et des E au 1er janvier 2034. Or les villes à bas prix concentrent le parc ancien mal isolé. Une rénovation globale coûte en moyenne 40 000 €, ce qui peut ramener un rendement de 5,2 % à environ 4,0 %.
L'encadrement des loyers s'applique-t-il dans les villes moyennes rentables ?
Non. L'encadrement du niveau des loyers s'applique à Paris, Lille, Lyon, Villeurbanne, Montpellier, Bordeaux, Grenoble-Alpes Métropole, la communauté d'agglomération Pays Basque et deux établissements publics territoriaux de Seine-Saint-Denis. Aucune des dix villes du classement n'est concernée. L'expérimentation ouverte par la loi ELAN de novembre 2018 arrive toutefois à échéance en novembre 2026.
Metz est-elle une ville frontalière du Luxembourg ?
Non. Metz se situe à environ 63 km de Luxembourg-Ville par la route et à une quarantaine de kilomètres de la frontière. La ville frontalière du secteur est Thionville, à 37 km au nord de Metz. L'argument frontalier reste valable pour Metz par report, plus de 126 000 résidents en France travaillant au Luxembourg selon le STATEC au quatrième trimestre 2024.
Quels critères disqualifient une ville malgré un rendement élevé ?
Cinq motifs principaux : un taux de logements vacants supérieur à 10 %, une population et un nombre de ménages qui reculent sur deux recensements, un taux de pauvreté qui rend la garantie loyers impayés difficile à obtenir, un marché de revente composé uniquement d'investisseurs, et une copropriété dégradée ou placée sous administration provisoire. Chacun peut annuler l'avantage de rendement affiché.

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