SOLSTICE PATRIMOINE
Assurance-vie

ETF ou fonds actifs : ce que disent vraiment les chiffres

Emeline Siron·

Les frais courants des unités de compte vont de 0,33 % pour un fonds indiciel à 2,01 % pour du private equity, avec une moyenne pondérée de 1,60 % en 2025 selon France Assureurs. Sur 100 000 euros et vingt ans, cet écart de 1,27 point représente 56 185 euros de capital final. Voici ce que les études de comparaison de gestion établissent réellement, et les limites de l'indiciel que personne ne rappelle.

ETF ou fonds actifs : la réponse chiffrée avant le détail

Le choix entre ETF ou fonds actifs se joue d'abord sur un écart de frais qui, lui, est mesuré et publié. Les frais courants des unités de compte s'établissent à 1,60 % en moyenne pondérée en 2025 selon l'étude France Assureurs du 6 mai 2026, avec une dispersion allant de 0,33 % pour un fonds indiciel à 2,01 % pour du private equity. L'écart entre les deux extrémités de cette fourchette atteint donc 1,27 point par an, et c'est le seul élément de la comparaison qui soit connu à l'avance avec certitude.

Traduit en euros, ce qui est la seule traduction utile. Sur 100 000 euros placés vingt ans, avec une hypothèse de performance brute de 5 % par an identique dans les deux cas, un support indiciel facturé 0,33 % laisse 248 356 euros et un support facturé 1,60 % laisse 192 171 euros. L'écart ressort à 56 185 euros, soit 34 % du gain brut de la période. Sur ce total, 35 594 euros correspondent aux frais réellement facturés en plus et 20 591 euros au rendement que ces frais n'ont pas produit, faute d'avoir été investis.

Le second élément de la comparaison est de nature différente et il faut le poser avec prudence. Les études de comparaison de gestion, dont la plus connue est la série SPIVA publiée par S&P Dow Jones Indices, mesurent depuis le début des années 2000 la proportion de fonds gérés activement qui restent en deçà de leur indice de référence. Sur les horizons de dix ans, cette proportion dépasse largement la moitié des fonds dans les grandes zones actions, et elle croît avec la durée d'observation. Nous exposons plus bas pourquoi nous ne figeons pas ici un pourcentage à la décimale.

Ces deux constats ne concluent rien à eux seuls. Un fonds indiciel achète une exposition au marché, rien de plus : il ne protège pas de la baisse, il concentre le portefeuille là où l'indice est concentré, et il n'existe pas partout avec la même qualité. Aucun placement ne garantit un rendement, les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et le capital investi en unités de compte peut être perdu en tout ou partie.

Ce que recouvrent exactement un ETF et un fonds actif

Le fonds indiciel coté, ou ETF

Un ETF, pour exchange traded fund, est un fonds dont la gestion consiste à répliquer un indice de référence et dont les parts se négocient en Bourse comme une action. En France, la plupart de ceux qui sont accessibles aux particulières sont des OPCVM conformes à la directive européenne 2009/65/CE, ce qui leur impose des règles de diversification et de liquidité. Le gérant ne cherche pas à sélectionner les meilleures lignes : il cherche à reproduire la composition de l'indice au plus près, et sa performance se juge à l'écart avec celui-ci, pas à sa position dans un classement.

Deux conséquences en découlent, et elles sont symétriques. La première est que le coût de cette gestion est faible, puisqu'aucune équipe d'analystes n'a besoin d'arbitrer en permanence. La seconde est qu'un ETF ne peut, par construction, jamais faire mieux que son indice : il en reproduit la performance diminuée de ses propres frais et de son écart de suivi. Un ETF bien construit perd peu par rapport à son indice. Il ne gagne rien de plus.

Le fonds géré activement

Un fonds actif confie à une équipe de gestion le soin de choisir les titres, leur pondération et parfois le niveau d'exposition au marché. L'objectif affiché est de faire mieux que l'indice de référence indiqué dans la documentation réglementaire du fonds, ou d'atteindre un objectif de performance absolue. Ce travail a un coût, qui explique l'essentiel de l'écart de frais courants avec un fonds indiciel comparable.

La promesse d'un fonds actif est une obligation de moyens, jamais de résultat. La société de gestion s'engage à gérer conformément à sa politique d'investissement, pas à battre son indice. Cette distinction, qui figure noir sur blanc dans les documents réglementaires, disparaît systématiquement des présentations commerciales, et c'est la première chose à rétablir avant de comparer quoi que ce soit.

L'indice de référence, notion à définir avant tout le reste

L'indice de référence, ou benchmark, est le panier de titres auquel un fonds se compare. Il est précisé dans le document d'informations clés remis avant toute souscription, standardisé au niveau européen par le règlement UE n° 1286/2014 dit PRIIPS. C'est ce document qui porte également l'indicateur synthétique de risque, gradué de 1 à 7, et les frais courants exprimés en pourcentage annuel de l'encours.

Le choix de l'indice n'est pas neutre. Un fonds actions européennes comparé à un indice hors dividendes plutôt qu'à un indice dividendes réinvestis se compare à une référence mécaniquement plus basse. Vérifier la mention nette de dividendes réinvestis, ou total return, est le premier réflexe à avoir devant un graphique de surperformance. Notre article sur les frais cachés des contrats bancaires détaille les postes de coût qui se superposent à ces frais courants.

Ce qui ne change pas d'un support à l'autre

Trois éléments sont identiques et il faut les écarter du raisonnement pour ne pas brouiller la comparaison. La fiscalité de l'enveloppe est la même : à l'intérieur d'un contrat d'assurance-vie, un ETF et un fonds actif subissent exactement le même traitement. Le régime successoral du contrat est le même. Et le risque de perte en capital existe dans les deux cas : ni l'un ni l'autre ne comporte de garantie.

L'écart de frais entre ETF ou fonds actifs, poste par poste

Les frais courants, le poste principal et le seul publié

Les frais courants sont prélevés chaque année sur l'actif du fonds, avant calcul de la valeur liquidative. Ils ne figurent sur aucun relevé et ne font l'objet d'aucune ligne de facturation : ils sont déjà déduits de la performance affichée. C'est ce qui les rend invisibles et c'est pourquoi ils sont le poste le plus sous-estimé de toute la chaîne de coûts.

L'étude France Assureurs du 6 mai 2026, portant sur l'exercice 2025, chiffre cette moyenne pondérée à 1,60 % sur l'ensemble des unités de compte du marché français, avec un plancher observé à 0,33 % pour un fonds indiciel et un plafond à 2,01 % pour du private equity. Cette dispersion de 1,68 point à l'intérieur d'une même catégorie de supports est la donnée la plus importante de tout cet article.

Les frais de l'enveloppe, qui se superposent

En assurance-vie, les frais de gestion du contrat s'ajoutent aux frais courants du support. La même étude France Assureurs les établit à 0,82 % en moyenne en gestion libre sur unités de compte et à 1,17 % en gestion sous mandat. Ces frais s'appliquent à l'encours quel que soit le support choisi : ils ne créent donc pas d'écart entre ETF ou fonds actifs, mais ils élèvent le niveau absolu du coût total et rendent l'écart de support plus lourd à porter.

La question du mode de gestion est traitée séparément dans notre articlegestion pilotée ou gestion libre, qui chiffre l'écart de frais entre les deux formules et ce qu'il coûte sur vingt ans. Un point mérite d'être retenu ici : un mandat construit sur des supports indiciels et un mandat construit sur des fonds actifs ne coûtent pas le même prix, à barème de mandat rigoureusement identique.

Les frais de transaction et l'écart entre deux prix

Un ETF se négocie en Bourse, ce qui introduit deux coûts absents d'un fonds classique acheté à sa valeur liquidative. Les frais de courtage d'abord, forfaitaires ou proportionnels selon les intermédiaires, qui pénalisent les petits ordres répétés. L'écart entre le prix d'achat et le prix de vente ensuite, plus large sur les ETF peu traités et pendant les phases de tension de marché. Ces deux coûts sont marginaux sur un achat unique conservé quinze ans, et significatifs sur une gestion faite d'allers-retours.

À l'intérieur d'un contrat d'assurance-vie, ces frais de transaction ne s'appliquent pas de la même façon puisque l'assureur achète pour son compte, mais des frais d'arbitrage peuvent exister. La règle de vérification est simple : le tableau standardisé de frais, obligatoire depuis l'arrêté du 24 février 2022, présente ligne par ligne les frais de versement, de gestion et d'arbitrage du contrat.

L'écart de suivi, le coût invisible de la réplication

Un ETF ne réplique jamais son indice parfaitement. La différence de performance sur une année donnée s'appelle l'écart de suivi, ou tracking difference. Elle est le plus souvent négative et proche du niveau des frais courants, mais elle peut s'en écarter selon la méthode de réplication, la fiscalité des dividendes perçus par le fonds et les revenus tirés du prêt de titres. Deux ETF sur le même indice, affichant les mêmes frais courants, peuvent afficher des écarts de suivi différents.

Poste de coût annuelSupport indiciel, hypothèse retenueFonds actif, hypothèse retenueRéférence et précision
Frais courants du support0,33 %1,60 %Plancher et moyenne pondérée 2025, France Assureurs, 6 mai 2026
Frais de gestion du contrat0,60 %0,60 %Identiques, moyenne de marché 0,82 % en gestion libre sur unités de compte
Frais sur versement0 %0 %Écartés du calcul, sans effet sur l'écart entre supports
Frais d'arbitrage0 %0 %À vérifier au tableau standardisé, arrêté du 24 février 2022
Coût total annuel retenu0,93 %2,20 %Écart de 1,27 point, hypothèse de travail de cet article

Ce tableau n'est pas une moyenne de marché, c'est une hypothèse de travail explicitée. Un écart réel de 0,60 point comme un écart de 1,70 point se rencontrent couramment selon les supports comparés. La lectrice qui refera ces calculs avec son propre écart obtiendra un résultat proportionnel, et le tableau de sensibilité plus bas donne directement les montants pour cinq niveaux de frais différents.

Ce que 1,27 point de frais coûte sur vingt ans, en euros

Le tableau central, de cinq à trente ans

Hypothèses posées et strictement identiques dans les deux colonnes : 100 000 euros versés une seule fois, aucun versement complémentaire, aucun rachat, performance brute des supports de 5 % par an, frais prélevés en fin d'année sur l'encours revalorisé. La performance brute de 5 % est une convention de calcul destinée à isoler l'effet des frais, en aucun cas une prévision. Les frais retenus sont ceux des seuls supports, 0,33 % contre 1,60 %, afin d'isoler l'effet du choix ETF ou fonds actifs de celui de l'enveloppe.

DuréeSupport indiciel à 0,33 %Fonds actif à 1,60 %Écart de capital finalDont frais facturés en plusDont manque à gagner
5 ans125 536 euros117 739 euros7 797 euros7 075 euros722 euros
10 ans157 593 euros138 626 euros18 967 euros15 257 euros3 710 euros
15 ans197 836 euros163 217 euros34 619 euros24 705 euros9 915 euros
20 ans248 356 euros192 171 euros56 185 euros35 594 euros20 591 euros
25 ans311 777 euros226 261 euros85 516 euros48 122 euros37 394 euros
30 ans391 393 euros266 399 euros124 994 euros62 505 euros62 490 euros

Facturé contre coûté, la distinction qui change la lecture

Les deux dernières colonnes portent l'essentiel. Sur vingt ans, le fonds actif facture 35 594 euros de plus que le support indiciel. Mais l'écart de capital final atteint 56 185 euros. La différence, 20 591 euros, correspond à ce que les frais prélevés auraient produit s'ils étaient restés investis. Un euro de frais n'est jamais un euro de coût : c'est un euro de coût plus tout ce que cet euro aurait généré ensuite. Notre article sur lecalcul des intérêts composés détaille ce mécanisme.

Le rapport entre les deux colonnes se dégrade avec le temps, et c'est le point le plus contre-intuitif du tableau. À cinq ans, le manque à gagner représente 9 % de l'écart total. À trente ans, il en représente 50 % : la moitié du coût n'a jamais été facturée à personne, elle a simplement cessé d'exister. C'est la raison pour laquelle un écart de frais qui semble anodin sur une plaquette devient dimensionnant sur un horizon de retraite.

Le même calcul sur des versements programmés

Le raisonnement vaut aussi pour une épargne constituée progressivement, avec un effet moins violent puisque les sommes récentes ont moins de temps pour subir l'écart. Sur 300 euros versés chaque mois pendant vingt ans, soit 72 000 euros versés, le support indiciel à 0,33 % produit 116 990 euros et le fonds actif à 1,60 % produit 100 579 euros, dans les mêmes hypothèses de performance brute. L'écart ressort à 16 411 euros, soit plus de quatre années et demie de versements.

Le surcoût annuel exprimé à l'encours

Encours investiSurcoût annuel à 1,27 pointSur dix ans, hors effet de capitalisationCe que cela représente
20 000 euros254 euros2 540 eurosLe montant reste inférieur à un arbitrage mal calibré
50 000 euros635 euros6 350 eurosLe seuil où la question mérite d'être posée
100 000 euros1 270 euros12 700 eurosLe coût d'un examen complet de la situation, chaque année
250 000 euros3 175 euros31 750 eurosLe poste de coût devient le premier du contrat
500 000 euros6 350 euros63 500 eurosL'écart dépasse la plupart des économies fiscales recherchées

La sensibilité à l'écart retenu

Puisque l'écart de 1,27 point est une hypothèse et non une donnée universelle, voici le même calcul sur vingt ans et 100 000 euros pour cinq niveaux de frais de fonds actif, le support indiciel restant à 0,33 %. La lecture est immédiate : même un fonds actif peu cher, à 0,60 %, coûte 13 115 euros de plus sur vingt ans dans ces hypothèses.

Frais courants du fonds actifÉcart avec 0,33 %Écart de capital à 20 ans sur 100 000 eurosPerformance brute annuelle à retrouver pour compenser
0,60 %0,27 point13 115 euros0,27 point, soit 5,4 % de mieux qu'une performance brute de 5 %
0,90 %0,57 point26 915 euros0,57 point, soit 11,4 % de mieux
1,20 %0,87 point39 943 euros0,87 point, soit 17,4 % de mieux
1,60 %1,27 point56 185 euros1,27 point, soit 25,4 % de mieux
2,01 %1,68 point71 581 euros1,68 point, soit 33,6 % de mieux

La dernière colonne est la formulation la plus honnête de la question. Pour qu'un fonds actif facturé 1,60 % aboutisse au même capital qu'un support indiciel facturé 0,33 %, il doit produire 1,27 point de performance brute supplémentaire chaque année, tous les ans, sans exception. Rapporté à une performance brute de 5 %, cela représente 25,4 % de mieux. Ce seuil ne dit pas qu'aucun fonds ne l'atteint. Il dit l'ampleur de ce qu'il faut atteindre, et qu'aucune société de gestion ne s'y engage contractuellement.

La proportion de fonds actifs battus par leur indice

Ce que mesurent les études de comparaison de gestion

La série la plus citée est le SPIVA Scorecard, publié parS&P Dow Jones Indices depuis 2002 pour les États-Unis et étendu ensuite à l'Europe. Sa méthode consiste à comparer chaque fonds à l'indice qui correspond réellement à son univers d'investissement, sur des périodes glissantes de un, trois, cinq, dix et quinze ans, et à recenser la part de ceux qui restent en deçà. Cette méthode corrige deux défauts majeurs des classements commerciaux, que nous détaillons plus bas.

Le résultat structurel, répété d'une édition à l'autre depuis plus de vingt ans et sur plusieurs zones géographiques, est que la proportion de fonds actifs battus par leur indice de référence dépasse largement la moitié dès l'horizon de cinq ans, et qu'elle continue de croître à dix et quinze ans pour la plupart des catégories actions les plus suivies.

Ce que nous ne certifions pas ici

Il faut être précis sur ce que cet article affirme et sur ce qu'il n'affirme pas. Les pourcentages exacts changent à chaque édition, varient fortement d'une catégorie à l'autre et dépendent de la devise de calcul. Nous ne reprenons donc pas ici un chiffre à la décimale du type « x pour cent des fonds actifs ont été battus sur dix ans », parce que nous ne pouvons pas en certifier la valeur exacte pour l'édition en vigueur à la date de lecture de cet article. Le rapport est public et gratuit : la valeur à jour se lit directement à sa source.

Ce que nous affirmons est plus solide et suffit à la décision. D'abord, que le sens du résultat est constant depuis l'origine de la série et qu'aucune édition n'a jamais montré une majorité de fonds actifs battant durablement leur indice sur dix ans dans les grandes catégories actions. Ensuite, que la part des fonds battus augmente avec l'horizon, ce qui est l'exact inverse de ce que suggère l'argument commercial de la gestion de long terme. Cette règle de prudence est la même que celle appliquée dans notre article sur lerendement réel net d'inflation : un chiffre sans source vérifiable ne vaut pas mieux que pas de chiffre du tout.

Pourquoi l'arithmétique va dans ce sens

Ce résultat n'a rien de mystérieux et se déduit d'un raisonnement simple. Les détenteurs d'un marché, pris ensemble, détiennent le marché : leur performance moyenne avant frais est celle du marché, par construction. Après frais, la moyenne des gérés activement est donc inférieure à celle du marché de l'écart moyen de frais. Un support indiciel facturé 0,33 % contre 1,60 % en moyenne pondérée capte cet écart tous les ans, sans avoir à faire le moindre pari.

Horizon d'observationCe que montrent les études de comparaison de gestionCe que cet article en retient
1 anRésultat très variable d'une année et d'une catégorie à l'autreAucune conclusion exploitable, la dispersion domine
3 ansLa majorité des fonds est déjà en deçà dans la plupart des catégories actionsLe signal apparaît mais reste sensible à la période retenue
5 ansProportion nettement majoritaire, stable d'une édition à l'autreHorizon minimal pour une lecture sérieuse
10 ansProportion très élevée, croissante avec la duréeHorizon de référence pour une décision patrimoniale
15 ans et plusProportion encore supérieure, sur un échantillon réduit par les fermeturesLe biais du survivant devient le sujet principal

Le biais du survivant, pourquoi les palmarès flattent

La mécanique, en une phrase

Un classement établi aujourd'hui sur les fonds existant aujourd'hui ne contient, par définition, que des fonds qui ont survécu. Les fonds fermés, absorbés par un autre fonds de la même société ou liquidés au cours de la période ont disparu de l'échantillon, et ce ne sont pas les meilleurs qui disparaissent. La moyenne des survivants est donc mécaniquement supérieure à la moyenne réelle de ce qui était proposé à la souscription dix ans plus tôt.

Un exemple chiffré du décalage

Prenons cent fonds proposés il y a dix ans dans une même catégorie. Supposons que trente-cinq d'entre eux aient été fermés ou fusionnés au cours de la période, et que ces trente-cinq soient très majoritairement ceux dont les résultats étaient les plus faibles, ce qui est l'hypothèse la plus réaliste : on ne ferme pas un fonds qui collecte. Le classement porte donc sur soixante-cinq fonds, et l'épargnante qui lit ce classement croit lire le résultat d'une catégorie alors qu'elle lit le résultat de sa moitié supérieure.

La conséquence pratique est immédiate. Un palmarès annonçant qu'un fonds figure dans le premier quart de sa catégorie décrit une position dans un échantillon déjà nettoyé de ses échecs. Les études de comparaison de gestion sérieuses corrigent ce défaut en partant de l'univers des fonds existant au début de la période et en publiant, à côté du résultat, le taux de survie de l'échantillon. C'est précisément ce qui explique l'écart entre leurs conclusions et celles des classements commerciaux.

Le rattrapage d'historique, second biais du même ordre

Un fonds lancé en interne, non commercialisé, puis ouvert au public seulement après deux ou trois bonnes années arrive sur le marché avec un historique flatteur qu'aucune souscriptrice n'a pu capter. Les mauvais essais, eux, ne sont jamais ouverts et n'apparaissent nulle part. Le résultat est le même que pour le biais du survivant : l'historique moyen visible est supérieur à l'expérience moyenne réellement vécue par les investisseuses.

Ces deux mécanismes se cumulent avec un troisième, plus discret : la période affichée. Une performance calculée à partir d'un point bas de marché n'a pas la même allure qu'une performance calculée à partir d'un point haut. C'est pourquoi les glissantes sur plusieurs dates de départ sont la seule présentation honnête, et c'est aussi pourquoi elles sont rarement celle qu'on vous montre. Nos observations sur leserreurs fréquentes de gestion de patrimoinereviennent sur ce point.

La persistance de la surperformance, le test qui fait mal

La question posée

Admettons qu'un fonds ait battu son indice sur cinq ans. La question qui intéresse une épargnante n'est pas celle-là, puisque cette performance est passée et qu'elle ne se souscrit pas rétroactivement. La seule question utile est de savoir si ce résultat annonce quelque chose pour les cinq années suivantes. C'est exactement ce que mesurent les études de persistance, publiées annuellement par le même producteur que les comparaisons de gestion.

Ce que produirait le hasard seul

Posons le repère arithmétique avant de regarder les résultats, il rend la lecture beaucoup plus claire. Si les classements étaient purement aléatoires, un fonds du premier quart aurait 25 % de chances d'y rester l'année suivante, 6,25 % d'y rester deux années consécutives et 1,56 % d'y rester trois années consécutives. Ce sont les chiffres auxquels comparer les taux de persistance observés, et non zéro.

Le constat répété par ces études, édition après édition, est que la part des fonds du premier quart qui s'y maintiennent plusieurs années d'affilée est très faible, souvent du même ordre que ce que le hasard produirait, parfois en dessous. Là encore, nous ne figeons pas un pourcentage précis, pour la raison déjà exposée. Le sens du résultat, lui, est stable et c'est lui qui compte pour la décision.

La conséquence pratique, qui est contre-intuitive

Si la persistance est faible, alors sélectionner un fonds sur son classement passé apporte peu d'information sur son résultat futur, et coûte les frais de la gestion active de façon certaine. C'est cette asymétrie qui structure tout le débat : le surcoût est certain et immédiat, le bénéfice est incertain et non contractuel. Aucune société de gestion ne le formule ainsi, mais aucune ne le conteste dans sa documentation réglementaire.

Une conséquence secondaire mérite d'être posée : changer de fonds actif tous les trois ans en suivant les palmarès revient à acheter systématiquement après la hausse et à vendre après la baisse, en ajoutant des frais de mouvement au passage. C'est probablement le comportement le plus coûteux de tous ceux décrits dans cet article, et il naît directement d'une lecture naïve des classements.

Les limites honnêtes de la gestion indicielle

La concentration des indices, le vrai sujet du moment

Un indice pondéré par les capitalisations donne mécaniquement plus de poids aux sociétés dont le cours a le plus monté. Acheter cet indice, c'est donc accepter une concentration croissante sur les plus grosses lignes, décidée par personne et jamais arbitrée. Le poids des dix premières valeurs d'un grand indice actions américain a fortement progressé au cours des dernières années, et la part des États-Unis dans un indice actions mondial dépasse 60 %.

Nous ne figeons pas ici ces pourcentages, parce qu'ils changent chaque mois. Ils se lisent directement dans la fiche mensuelle publiée par le fournisseur de l'indice, et c'est là qu'il faut les vérifier à la date où l'on investit. Le point à retenir est structurel : croire qu'un indice large est diversifié par nature revient à confondre le nombre de lignes et la répartition du risque. La question de la répartition d'ensemble se traite au niveau du patrimoine, pas au niveau d'un support, et c'est l'objet dubilan patrimonial.

Aucune protection à la baisse

Un fonds indiciel réplique son indice à la hausse comme à la baisse, intégralement. Il n'a aucune poche de liquidités, aucune faculté de réduire son exposition, aucun mandat de protection. Quand l'indice perd 35 %, le fonds perd 35 % diminués de rien du tout. Un gérant actif dispose au moins de la possibilité théorique de réduire son exposition, ce qui ne veut pas dire qu'il le fera au bon moment, ni que les études montrent qu'il y parvient en moyenne.

Cette absence de protection est le point le plus important à intégrer avant d'investir, parce qu'elle interagit avec le comportement. La seule poche à capital garanti d'un contrat d'assurance-vie reste le fonds en euros, dont le rendement moyen 2025 s'est établi à 2,63 % pour les contrats individuels selon l'ACPR, Analyses et Synthèses n° 180 du 30 juin 2026, soit 2,18 % nets des prélèvements sociaux de 17,2 %. La comparaison avec les livrets est traitée dans notre articlefonds euros ou Livret A.

La méthode de réplication et le risque de contrepartie

Tous les ETF ne détiennent pas les titres de leur indice. La réplication physique achète les titres, en totalité ou par échantillonnage. La réplication synthétique passe par un contrat d'échange conclu avec une banque, qui s'engage à verser la performance de l'indice contre celle d'un panier de titres détenu par le fonds. Cette seconde méthode introduit un risque de contrepartie, encadré et collatéralisé par la réglementation européenne, mais réel.

Elle a aussi des usages précis, notamment l'accès à des indices internationaux depuis un plan d'épargne en actions. Ce point est développé dans notre comparatifPEA ou compte-titres. Le prêt de titres pratiqué par certains fonds améliore l'écart de suivi et ajoute un risque du même ordre. Ces éléments figurent dans le prospectus, pas dans la plaquette.

Le nom ne dit pas ce qu'il y a dedans

Un nombre croissant de fonds indiciels répliquent des indices construits sur mesure, filtrés sur des critères sectoriels, thématiques ou extra-financiers. Deux fonds portant un intitulé proche peuvent alors détenir des portefeuilles très différents, avec des frais courants qui n'ont plus rien de plancher. L'étiquette indicielle ne garantit ni la largeur de l'exposition ni le niveau de frais : les deux se vérifient au document d'informations clés.

Les classes d'actifs où la gestion active garde un sens

Là où l'offre indicielle est mince ou inexistante

Le raisonnement de cet article vaut pour les grandes classes actions cotées, largement couvertes par des indices liquides et par des fonds indiciels bon marché. Il ne se transpose pas partout. Sur les petites capitalisations de certaines zones, sur les marchés émergents de second rang, sur le crédit à haut rendement ou sur les actifs non cotés, l'offre indiciel est étroite, chère ou techniquement difficile à répliquer.

Là où l'indice lui-même est mal construit

Le cas obligataire mérite une mention particulière. Un indice obligataire pondéré par l'encours de dette donne le plus de poids aux émetteurs les plus endettés, ce qui est une propriété discutable pour un investisseur. Cette critique est ancienne, documentée, et elle constitue l'argument le plus sérieux en faveur d'une gestion active sur cette classe d'actifs. Elle ne dit rien du niveau de frais qu'il est raisonnable de payer pour cela.

Là où il n'existe pas d'indice du tout

Certaines classes d'actifs n'ont pas d'équivalent indiciel accessible : l'immobilier non coté, le capital-investissement, la dette privée, les produits structurés. Lessociétés civiles de placement immobilier en sont un bon exemple, avec un taux de distribution moyen de 4,91 % en 2025 selon l'ASPIM dans son bilan annuel du 9 février 2026, et une dispersion de 4,2 % à 6 % selon les catégories. La question du choix du gérant y est entière, et la liquidité y est limitée. Notre comparatifassurance-vie ou compte-titres replace ces supports dans leur enveloppe.

Classe d'actifsOffre indicielleArgument en faveur d'une gestion activeCe qu'il faut vérifier
Grandes capitalisations, zones développéesLarge, liquide, peu chèreFaible, l'écart de frais domineFrais courants et écart de suivi
Petites capitalisationsExistante mais plus chèreCouverture d'analyse plus faible, écarts de valorisation plus largesQue les frais restent en rapport avec l'écart attendu
Obligations d'entreprisesExistanteIndices pondérés par la dette émise, propriété discutableLe niveau de frais rapporté au rendement actuariel du portefeuille
Marchés émergents de second rangÉtroiteAccès, contraintes locales, qualité de l'informationLa réalité de l'exposition annoncée
Immobilier non coté et capital-investissementInexistanteAucun indice réplicable, la sélection est le seul levierLiquidité limitée, frais élevés, horizon de blocage

ETF ou fonds actifs selon l'enveloppe qui les porte

En assurance-vie, une disponibilité inégale

Tous les contrats ne référencent pas de fonds indiciels, et ceux qui en référencent n'en proposent pas le même nombre. C'est un critère de sélection du contrat à part entière, au même titre que les frais de gestion. Un contrat sans support indiciel impose de fait la gestion active, quelle que soit la conviction de la souscriptrice. Notre article sur lechoix d'une assurance-vie en 2026 développe les critères de référencement.

La fiscalité de l'enveloppe reste par ailleurs identique quel que soit le support choisi. Après huit ans, l'abattement annuel est de 4 600 euros pour une personne seule et de 9 200 euros pour un couple, puis le taux d'imposition sur les produits est de 7,5 % jusqu'à 150 000 euros de versements, les prélèvements sociaux de 17,2 % restant dus. Le prélèvement forfaitaire unique applicable à l'assurance-vie reste de 30 %, l'enveloppe ayant été expressément exclue de la hausse des prélèvements sociaux portée par l'article 12 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026.

En compte-titres, un accès complet et une fiscalité différente

Le compte-titres ordinaire donne accès à l'ensemble des ETF cotés, sans filtre de référencement. En contrepartie, la fiscalité s'applique au fil de l'eau sur les dividendes et à chaque cession sur les plus-values, au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % depuis la hausse des prélèvements sociaux à 18,6 % prévue par l'article 12 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, loi n° 2025-1403. L'écart de 1,4 point avec l'assurance-vie n'est pas anodin sur un capital significatif.

En plan d'épargne en actions, un univers contraint mais efficace

Le plan d'épargne en actions n'accepte que des titres et fonds éligibles, principalement européens, ce qui explique le recours à la réplication synthétique pour accéder à des indices internationaux. Après cinq ans, les gains sont exonérés d'impôt sur le revenu, seuls les prélèvements sociaux restant dus, portés à 18,6 % par l'article 12 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, le plan n'ayant pas été exclu de la hausse. Le comparatif détaillé figure dans notre articleassurance-vie ou PEA.

EnveloppeAccès aux fonds indicielsFrais propres à l'enveloppeFiscalité des gains
Assurance-vieLimité au référencement du contrat0,82 % en moyenne en gestion libre sur unités de comptePrélèvement forfaitaire unique à 30 %, abattement après huit ans
Plan d'épargne en actionsUnivers éligible restreint, réplication synthétique fréquenteFrais de tenue de compte plafonnés par la réglementationPrélèvements sociaux de 17,2 % seuls après cinq ans
Compte-titres ordinaireComplet, tous ETF cotésCourtage et droits de garde selon l'intermédiairePrélèvement forfaitaire unique à 31,4 % depuis 2026
Plan d'épargne retraiteLimité au référencement, pilotage à horizon par défautFrais de gestion du plan et du mandatImposition à la sortie selon le mode de sortie retenu

Six erreurs fréquentes dans cet arbitrage

Comparer un fonds actif à un indice hors dividendes

C'est l'erreur de lecture la plus répandue et la plus efficace commercialement. Sur un indice actions, les dividendes représentent une part significative de la performance de long terme. Comparer un fonds qui les encaisse à un indice qui ne les compte pas revient à construire une surperformance de toutes pièces. La mention à chercher est nette de dividendes réinvestis, ou total return.

Raisonner en pourcentage plutôt qu'en euros

Un virgule vingt-sept pour cent semble négligeable. Cinquante-six mille cent quatre-vingt-cinq euros ne le semble pas, et c'est le même chiffre sur vingt ans à 100 000 euros. La conversion en montant est la seule opération qui rende la décision réelle, et vous pouvez la faire en venant faire le point sur votre situation.

Choisir un fonds sur son classement des trois dernières années

C'est le comportement que la faible persistance de la surperformance rend le plus fragile, et il est amplifié par le biais du survivant décrit plus haut. Le classement décrit le passé d'un échantillon déjà nettoyé de ses échecs. Il ne dit rien du résultat des trois années suivantes.

Croire qu'un indice large protège du risque

La diversification d'un indice se juge à la répartition des poids, pas au nombre de lignes. Un indice de mille cinq cents valeurs dont les dix premières pèsent le tiers de la capitalisation n'est pas un portefeuille équipondéré. Cette vérification prend une minute sur la fiche mensuelle de l'indice.

Confondre le choix du support et le choix de l'enveloppe

Ce sont deux décisions distinctes, avec des effets qui ne se compensent pas. Un excellent support dans une enveloppe chère peut coûter plus cher qu'un support médiocre dans une enveloppe bon marché. Les deux étages se cumulent et se vérifient séparément, ce qui est l'objet du tableau de coûts placé en tête de cet article.

Négliger le comportement, qui décide davantage que le support

Une allocation indicielle vendue au plus bas d'une correction produit un résultat très inférieur à une allocation en fonds actifs conservée. Le choix du support est un paramètre de la décision, il n'en est pas le principal. Notre article sur lecoût de l'inaction patrimoniale traite l'autre versant de ce même sujet.

Ce qu'un article ne peut pas trancher à votre place

Les chiffres de cet article se vérifient et se refont : l'écart de frais est publié par France Assureurs, la mécanique de capitalisation est arithmétique, et chaque ligne des tableaux peut être recalculée avec vos propres barèmes. Ce qu'aucun tableau ne dit, c'est quelle part de votre allocation supporte une exposition actions, quel est votre horizon réel par différence avec l'horizon déclaré, et comment se comporte l'ensemble de votre patrimoine lorsque la poche cotée perd 30 % pendant dix-huit mois.

Cette réponse ne se lit pas dans un comparatif, parce qu'elle dépend de l'âge, du régime matrimonial, des revenus, des autres actifs détenus et de la date à laquelle l'argent sera utilisé. Un article expose un mécanisme et des ordres de grandeur, il ne délivre aucune recommandation personnalisée, et c'est précisément la limite qui justifie un examen de situation. Solstice Patrimoine n'est lié ni à un groupe bancaire ni à un assureur, ce qui permet de lire les grilles de frais réelles et les compositions de portefeuilles sans avoir de gamme à défendre : c'est le sens de l'architecture ouverte.

Le diagnostic patrimonial permet de cadrer la question en quelques minutes, et le bilan patrimonialreplace le choix des supports dans l'allocation d'ensemble, ce qu'aucun comparatif de fonds ne fait. Le débat entre gestion indicielle et gestion active est également abordé dans l'épisode consacré auxETF et à la stratégie boursière du podcast Out of the Box.

Rappels de méthode et de risque, valables pour tous les chiffres de cet article. La performance brute de 5 % par an est une convention de calcul destinée à isoler l'effet des frais, en aucun cas une prévision. Aucun placement ne garantit un rendement, les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et le capital investi en unités de compte peut être perdu en tout ou partie. Cet article a une vocation strictement informative et ne constitue pas une recommandation personnalisée d'investissement.

Questions fréquentes

Quel est l'écart de frais réel entre un ETF et un fonds actif ?
Les frais courants des unités de compte s'établissent à 1,60 % en moyenne pondérée en 2025 selon l'étude France Assureurs du 6 mai 2026, avec une dispersion de 0,33 % pour un fonds indiciel à 2,01 % pour du private equity. L'écart entre ces deux extrémités atteint 1,27 point par an. Il s'ajoute aux frais de gestion du contrat, identiques quel que soit le support retenu.
Combien coûte 1,27 point de frais sur vingt ans ?
Sur 100 000 euros placés vingt ans, avec une hypothèse de performance brute de 5 % par an identique dans les deux cas, un support à 0,33 % laisse 248 356 euros et un support à 1,60 % laisse 192 171 euros, soit 56 185 euros d'écart. Sur ce total, 35 594 euros sont des frais facturés et 20 591 euros le rendement que ces frais n'ont pas produit. Cette hypothèse de performance est une convention de calcul, pas une prévision.
Quelle proportion de fonds actifs est battue par son indice ?
Les études de comparaison de gestion, dont la série SPIVA publiée par S&P Dow Jones Indices depuis 2002, montrent que cette proportion dépasse largement la moitié dès cinq ans dans les grandes catégories actions, et qu'elle croît avec l'horizon. Les pourcentages exacts changent à chaque édition et selon la catégorie : ils se vérifient à la source, qui est publique et gratuite.
Qu'est-ce que le biais du survivant dans un classement de fonds ?
Un classement établi aujourd'hui ne contient que les fonds encore ouverts aujourd'hui. Ceux qui ont été fermés, fusionnés ou liquidés ont disparu de l'échantillon, et ce ne sont pas les meilleurs qui disparaissent. La moyenne des survivants est donc supérieure à celle de l'offre réellement disponible dix ans plus tôt. Les études sérieuses corrigent ce défaut en publiant le taux de survie de l'échantillon.
Un ETF protège-t-il en cas de baisse des marchés ?
Non. Un fonds indiciel réplique son indice à la hausse comme à la baisse, sans poche de liquidités ni faculté de réduire l'exposition. Quand l'indice perd 35 %, le fonds perd 35 %. La seule poche à capital garanti d'un contrat d'assurance-vie reste le fonds en euros, dont le rendement moyen 2025 s'établit à 2,63 % selon l'ACPR, soit 2,18 % nets de prélèvements sociaux.
Dans quels cas la gestion active garde-t-elle un intérêt ?
Principalement là où l'offre indicielle est étroite, chère ou inexistante : petites capitalisations, marchés émergents de second rang, crédit, et surtout actifs non cotés comme l'immobilier ou le capital-investissement. Le cas obligataire est particulier, car un indice pondéré par l'encours de dette donne le plus de poids aux émetteurs les plus endettés, propriété discutable pour un investisseur.
La fiscalité diffère-t-elle entre un ETF et un fonds actif ?
Non, la fiscalité dépend de l'enveloppe et non du support. En assurance-vie, le prélèvement forfaitaire unique reste de 30 %, l'enveloppe ayant été exclue de la hausse des prélèvements sociaux de 2026, avec un abattement de 4 600 ou 9 200 euros après huit ans. En compte-titres, ce prélèvement est de 31,4 % depuis le passage des prélèvements sociaux à 18,6 %.

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