SOLSTICE PATRIMOINE
Patrimoine

Le coût de ne rien faire : chiffrer l'inaction patrimoniale

Emeline Siron·

Laisser 30 000 euros sur un compte courant coûte 617 euros de pouvoir d'achat la première année et 5 630 euros sur dix ans, avec l'inflation de 2,1 % mesurée par l'INSEE en juillet 2026. Un contrat chargé à 2,48 % de frais annuels contre 0,70 % coûte 42 792 euros sur quinze ans. Voici les cinq postes du coût de l'inaction, chiffrés un par un.

Le coût de l'inaction épargne, chiffré en euros

Le coût de l'inaction épargne se mesure, et il est presque toujours supérieur au coût des erreurs qu'on redoute en agissant. Avec une hausse des prix à la consommation de 2,1 % sur un an mesurée par l'INSEE en juillet 2026, 30 000 euros laissés sur un compte courant perdent 617 euros de pouvoir d'achat la première année, 2 961 euros sur cinq ans et 5 630 euros sur dix ans. Sur la même période, un contrat d'assurance-vie facturant le coût total moyen du marché, soit 2,48 % par an d'après l'étude France Assureurs publiée le 6 mai 2026 sur les données 2025, laisse 42 792 euros de moins qu'un contrat total à 0,70 % sur 100 000 euros et quinze ans de détention. Et une succession préparée quinze ans trop tard sur un patrimoine de 600 000 euros transmis à deux enfants coûte 40 000 euros de droits supplémentaires, par le simple non-renouvellement d'un abattement.

Ces trois montants ont un point commun : personne ne les a décidés. Ils sont le résultat mécanique d'une absence de décision. C'est ce qui les rend à la fois invisibles et considérables. Un placement qui recule de 10 % apparaît en rouge sur un relevé et provoque une réaction immédiate. Une épargne qui perd 2 % de pouvoir d'achat par an n'apparaît nulle part : le solde du compte n'a pas bougé, il a même augmenté si des versements ont été faits. La perte existe pourtant, elle est simplement enregistrée dans une unité de compte que personne ne regarde, le pouvoir d'achat.

Cet article chiffre cinq postes distincts du coût de l'inaction : l'épargne dormante sur un compte courant, l'épargne bloquée sur des livrets plafonnés, le contrat ancien jamais arbitré, les enveloppes fiscales dont le plafond annuel se périme, et la transmission reportée. Chacun est calculé avec les paramètres 2026 en vigueur, sources et dates dans le texte. L'objectif n'est pas de culpabiliser : l'inaction s'explique par de très bonnes raisons, et la dernière partie de cet article indique précisément les cas où ne rien faire est la meilleure décision possible.

Poste d'inactionSituation typeCoût sur un anCoût cumuléSource du paramètre
Épargne dormante sur compte courant30 000 euros non rémunérés617 euros de pouvoir d'achat5 630 euros sur 10 ansInflation 2,1 %, INSEE, juillet 2026
Épargne dormante contre Livret A30 000 euros non rémunérés510 euros d'intérêts non perçus5 508 euros sur 10 ansLivret A 1,70 %, arrêté du 28 juillet 2026
Livret plafonné, rendement réel négatifLivret A au plafond de 22 950 euros90 euros de pouvoir d'achat870 euros sur 10 ans1,70 % contre 2,1 % d'inflation
Contrat chargé jamais arbitré100 000 euros, 2,48 % contre 0,70 % de fraisEnviron 1 780 euros la première année42 792 euros sur 15 ansFrance Assureurs, étude du 6 mai 2026
Plafond PER non consomméPlancher de 4 710 euros, tranche à 30 %1 413 euros d'impôt non économisé4 239 euros sur 3 ans périmésPlancher PER 2026, article 163 quatervicies du CGI
Transmission reportée de 15 ans600 000 euros, deux enfantsSans objet, effet à la sortie40 000 euros de droits en plusAbattement de 100 000 euros, article 779 du CGI

Une précision de méthode avant d'entrer dans le détail. Tous les montants qui suivent reposent sur des hypothèses constantes : une inflation fixe à 2,1 % par an, un rendement fixe chaque année, une fiscalité inchangée. Aucune de ces trois conditions ne sera vérifiée dans la réalité. Les chiffres servent à comparer des ordres de grandeur entre eux, pas à prédire un résultat. Aucun placement ne garantit un rendement, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Pourquoi on ne fait rien, et pourquoi ce n'est pas de la négligence

Avant de chiffrer, il faut comprendre le mécanisme, parce qu'un article qui se contente d'aligner des pertes produit exactement l'effet inverse de celui recherché : il augmente l'angoisse, et l'angoisse paralyse davantage. L'inaction patrimoniale a des causes identifiables, et aucune d'entre elles ne relève de la paresse ou de l'incompétence.

L'asymétrie entre l'erreur commise et l'erreur omise

Une erreur de commission se voit. Vous placez 50 000 euros sur un support qui recule de 12 %, vous recevez un relevé qui affiche 44 000 euros, et vous savez précisément ce que la décision vous a coûté. Une erreur d'omission ne se voit pas. Vous laissez 50 000 euros sur un compte courant, le relevé affiche toujours 50 000 euros, et rien ne signale que ces 50 000 euros achètent désormais ce que 48 970 euros achetaient un an plus tôt. Les deux situations ont un coût, mais une seule des deux produit un signal.

Cette asymétrie a une conséquence directe sur le comportement : le regret anticipé d'une décision active est beaucoup plus intense que le regret anticipé d'une absence de décision. Il est psychologiquement plus coûteux de perdre 3 000 euros parce qu'on a agi que d'en perdre 6 000 parce qu'on n'a rien fait. Cette préférence n'est pas irrationnelle, elle est simplement mal calibrée sur les montants réels.

La peur de se tromper de produit, alimentée par la complexité réelle

La seconde cause est plus légitime encore : le marché est objectivement difficile à lire. Entre un contrat d'assurance-vie à 0 % de frais de versement et un autre à 5 %, entre un fonds affichant 1,60 % de frais courants et un support indiciel à 0,20 %, entre un régime fiscal au barème et un prélèvement forfaitaire, les écarts sont massifs et ne figurent jamais sur la première page d'une documentation commerciale. Face à une matière opaque, attendre d'avoir compris est une stratégie raisonnable. Le problème est que l'attente a elle-même un prix, et que ce prix court pendant qu'on s'informe. Les erreurs les plus fréquentes en gestion de patrimoine sont d'ailleurs presque toutes des erreurs de report, pas des erreurs de choix.

L'illusion que ne rien faire équivaut à ne rien décider

Le troisième mécanisme est le plus coûteux. Laisser une somme sur un compte courant n'est pas une absence de décision, c'est une décision d'allocation à 0 % de rendement nominal. Conserver un contrat souscrit en 2009 n'est pas une absence de choix, c'est le choix de reconduire chaque année une grille tarifaire négociée à une époque où l'offre était différente. Ne pas rédiger de clause bénéficiaire n'est pas neutre : c'est accepter la clause type du contrat, qui a été écrite par l'assureur et non par vous.

Reformuler l'inaction comme une décision par défaut change la nature de la question. Il ne s'agit plus de savoir s'il faut agir, mais de savoir si la décision par défaut est celle qu'on aurait prise en connaissance de cause. Souvent la réponse est non, et parfois elle est oui : il existe des situations où le statu quo est objectivement le meilleur choix, elles sont détaillées plus bas.

Coût numéro 1 : l'épargne qui dort sur un compte courant

C'est le poste le plus simple à chiffrer et le plus répandu. Un compte courant ne verse aucun intérêt. Sa rémunération nominale est de 0 %, et son rendement réel est donc exactement l'opposé de l'inflation. À 2,1 % de hausse des prix sur un an mesurée par l'INSEE en juillet 2026, le rendement réel d'un compte courant s'établit à moins 2,06 % par an.

Ce que perd concrètement une somme laissée sur un compte courant

Le calcul se fait en divisant la somme par l'indice des prix cumulé. Sur 30 000 euros, la perte de pouvoir d'achat atteint 617 euros au bout d'un an, 1 813 euros au bout de trois ans, 2 961 euros au bout de cinq ans et 5 630 euros au bout de dix ans. Après dix ans, les 30 000 euros affichés au relevé n'achètent plus que l'équivalent de 24 370 euros d'aujourd'hui.

À cette perte s'ajoute un coût d'opportunité, c'est-à-dire ce que la somme aurait produit ailleurs. Le Livret A verse 1,70 % depuis le 1er août 2026, taux fixé par l'arrêté du 28 juillet 2026 : sur 30 000 euros, cela représente 510 euros la première année et 5 508 euros d'intérêts cumulés sur dix ans. Le fonds en euros, dont le rendement moyen des contrats individuels s'est établi à 2,63 % en 2025 d'après l'ACPR dans son étude Analyses et Synthèses numéro 180 du 30 juin 2026, produit après prélèvements sociaux de 17,2 % un rendement net de 2,18 % par an, soit 7 210 euros sur dix ans.

Destination de 30 000 eurosRendement net retenuCapital nominal à 10 ansPouvoir d'achat à 10 ansÉcart de pouvoir d'achat avec le compte courant
Compte courant0,00 %30 000 euros24 370 eurosRéférence
Livret A ou LDDS1,70 % net d'impôt35 508 euros28 845 euros4 475 euros
LEP, sous condition de revenu fiscal de référence2,50 % net d'impôt38 402 euros31 196 euros6 826 euros
Fonds en euros, net de prélèvements sociaux2,18 %37 210 euros30 228 euros5 858 euros

Les taux du Livret A, du LDDS et du LEP sont ceux en vigueur depuis le 1er août 2026, fixés par l'arrêté du 28 juillet 2026. Le rendement du fonds en euros est une moyenne 2025 publiée par l'ACPR, il n'est pas garanti pour les années suivantes, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Le capital d'un fonds en euros est garanti par l'assureur, celui d'une unité de compte ne l'est pas.

Le seuil au-delà duquel garder du cash coûte cher

Tout n'a pas vocation à être placé. Une trésorerie de précaution est indispensable, et son coût de détention est le prix de la disponibilité immédiate. La question utile n'est donc pas de savoir s'il faut garder du cash, mais combien. Les repères usuels situent l'épargne de précaution entre trois et six mois de dépenses courantes, davantage pour une activité indépendante aux revenus irréguliers, davantage encore si un projet à moins de deux ans est identifié.

Ce qui se chiffre facilement, c'est l'excédent. Un foyer dont les dépenses mensuelles s'élèvent à 2 500 euros a besoin de 7 500 à 15 000 euros de matelas. S'il en détient 45 000 sur son compte courant, l'excédent de 30 000 euros coûte 617 euros de pouvoir d'achat par an, sans contrepartie puisque la disponibilité était déjà assurée par les 15 000 premiers euros. Pour poser ce calcul sur vos propres montants, vous pouvez faire le point sur votre situation.

Le cas particulier du compte courant qui n'a pas d'excédent apparent

Une nuance importante : chez beaucoup de foyers, le solde du compte courant n'est pas un stock mais un flux. Le salaire arrive, les prélèvements partent, et le solde moyen sur le mois est bien inférieur au solde du 5 du mois. Chiffrer la perte sur le solde du jour où l'on regarde surestime donc le coût. La bonne mesure est le solde plancher, c'est-à-dire le point bas atteint chaque mois sur les douze derniers mois : c'est le montant qui n'a jamais servi, et c'est celui qui dort réellement.

Coût numéro 2 : le livret plafonné et l'épargne qui s'arrête là

Le second poste concerne les foyers qui ont fait le premier pas, celui de sortir du compte courant, mais pas le second. L'épargne réglementée est un excellent premier étage : elle est liquide, totalement exonérée d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, et son capital est garanti. Elle a deux limites, un plafond et un taux.

Ce que les plafonds autorisent réellement

Enveloppe réglementéePlafond de versementTaux au 1er août 2026Intérêts annuels au plafondRendement réel à 2,1 % d'inflation
Livret A22 950 euros1,70 %390 eurosMoins 0,39 %, soit moins 90 euros
LDDS12 000 euros1,70 %204 eurosMoins 0,39 %, soit moins 47 euros
LEP, sous condition de revenu fiscal de référence10 000 euros2,50 %250 eurosPlus 0,39 %, soit plus 39 euros
Total épargne réglementée d'une personne seule éligible au LEP44 950 eurosMixte844 eurosNégatif au-delà du LEP

Les plafonds s'entendent hors intérêts capitalisés : un Livret A peut donc dépasser 22 950 euros par le seul jeu des intérêts, mais aucun versement nouveau n'est possible au-delà. Le LEP est soumis à une condition de revenu fiscal de référence vérifiée chaque année par l'administration.

Le rendement réel d'un livret est négatif en 2026

C'est le point que la communication grand public passe sous silence. À 1,70 % de rémunération et 2,1 % de hausse des prix, le rendement réel du Livret A ressort à moins 0,39 % par an. Sur un livret au plafond, cela représente 90 euros de pouvoir d'achat perdus chaque année, malgré 390 euros d'intérêts crédités. Les deux chiffres sont exacts en même temps : le capital nominal progresse, le capital réel recule.

Ce constat ne condamne pas le Livret A, il en précise la fonction. Un livret n'est pas un placement de rendement, c'est une réserve de liquidité dont le prix de détention est faible. Comparé au moins 2,06 % réel d'un compte courant, le moins 0,39 % d'un Livret A représente déjà une amélioration de 1,67 point par an. Le coût de l'inaction se joue ailleurs : dans le fait de laisser 80 000 euros répartis sur des livrets quand 20 000 auraient suffi à couvrir le besoin de disponibilité.

Le seuil où la question change de nature

Une fois les 44 950 euros d'épargne réglementée atteints, poursuivre l'épargne suppose de choisir une autre enveloppe, et c'est précisément là que l'inaction reprend ses droits. Le sujet devient technique : assurance-vie, plan d'épargne en actions, plan d'épargne retraite, compte-titres, chacun avec sa fiscalité, son horizon et son niveau de risque. Notre article sur ce que rapportent 100 000 euros placésdétaille les ordres de grandeur support par support, et celui sur le montant à épargner chaque mois traite l'étage précédent, celui du flux.

Coût numéro 3 : le vieux contrat chargé en frais qu'on n'a jamais arbitré

Troisième poste, et le plus élevé en montant absolu sur la durée. Un contrat d'assurance-vie ou un plan d'épargne retraite souscrit il y a dix ou quinze ans dans un réseau bancaire porte souvent une grille tarifaire qui n'a plus d'équivalent dans l'offre actuelle. La différence ne se voit pas sur un relevé annuel, parce que les frais sont prélevés à l'intérieur de la performance, mais elle se compose exactement comme les intérêts, et dans le sens inverse.

Anatomie des frais d'une enveloppe, poste par poste

Poste de fraisAssiette et moment du prélèvementOrdre de grandeur constatéVisible sur le relevé annuel
Frais sur versementChaque somme versée, au moment du versement0 % en ligne, jusqu'à 5 % en réseau bancaireOui, une fois
Frais de gestion du contrat, fonds en eurosEncours, chaque année0,66 % en moyenneNon, déjà déduits du taux annoncé
Frais de gestion du contrat, unités de compteEncours, chaque année0,88 % en moyenne en gestion libre, 1,17 % en gestion sous mandatPartiellement
Frais courants des fonds sous-jacentsActif du fonds, en continu1,60 % en moyenne, de 0,20 % à plus de 2 % selon le supportNon, intégrés à la valeur liquidative
Frais d'arbitrageChaque mouvement entre supports0 % à 1 % du montant arbitréOui, ponctuellement
Coût total moyen constaté en unités de compteEncours, chaque année2,48 % par anNon

Les moyennes de frais de gestion du contrat, de frais courants et de coût total sont issues de l'étude France Assureurs publiée le 6 mai 2026 sur les données 2025. Le coût total moyen de 2,48 % par an se décompose en 0,88 % de frais de gestion prélevés par l'assureur et 1,60 % de frais courants prélevés à l'intérieur des fonds. C'est ce cumul, et non le seul taux affiché par l'assureur, qui détermine ce qui reste réellement. Notre analyse desfrais cachés des contrats d'assurance-vie bancaires détaille poste par poste ce que recouvre chacune de ces lignes.

Le calcul du coût de l'inaction sur un contrat non arbitré

Prenons 100 000 euros investis en unités de compte, avec une performance brute hypothétique de 5 % par an avant frais. Deux contrats, l'un au coût total moyen du marché de 2,48 %, l'autre à 0,70 %, niveau atteignable en combinant un contrat à faibles frais de gestion et des supports indiciels peu chargés. Le premier progresse à 2,52 % net par an, le second à 4,30 %.

Durée de détentionContrat à 2,48 % de frais totauxContrat à 0,70 % de frais totauxÉcart en eurosÉcart en part du capital final
10 ans128 258 euros152 350 euros24 092 euros15,8 %
15 ans145 254 euros188 046 euros42 792 euros22,8 %
20 ans164 502 euros232 106 euros67 604 euros29,1 %
25 ans186 301 euros286 489 euros100 188 euros35,0 %

Le résultat le plus frappant n'est pas le montant, c'est sa progression. L'écart passe de 24 092 euros à dix ans à 100 188 euros à vingt-cinq ans, alors que le différentiel de frais est resté le même. C'est le mécanisme des intérêts composés appliqué à un prélèvement récurrent : chaque euro de frais prélevé cette année est aussi un euro qui ne produira jamais de gain les années suivantes. Le même raisonnement, appliqué dans le bon sens, est développé dans notre article sur le calcul des intérêts composés.

Ce qu'on croit perdre en changeant, et ce qu'on perd vraiment

Trois objections reviennent systématiquement lorsqu'il est question d'arbitrer un ancien contrat, et elles méritent une réponse chiffrée plutôt qu'un encouragement.

La première est l'antériorité fiscale. Sur une assurance-vie, le compteur de huit ans qui ouvre l'abattement annuel de 4 600 euros pour une personne seule et 9 200 euros pour un couple soumis à imposition commune est attaché au contrat, pas au souscripteur. Fermer un contrat de douze ans pour en ouvrir un neuf remet effectivement le compteur à zéro. Cette objection est réelle, et c'est justement pourquoi la bonne question n'est presque jamais de fermer, mais de réorienter les versements futurs vers un contrat mieux tarifé tout en conservant l'ancien ouvert avec un solde symbolique, ce qui préserve son antériorité.

La deuxième est le coût de sortie. Sur une assurance-vie française, il n'existe pas de pénalité de rachat, mais le rachat déclenche l'imposition des gains latents. Sur un contrat de plus de huit ans, les produits supportent 7,5 % d'impôt sur le revenu après abattement pour la fraction correspondant à des primes totales inférieures à 150 000 euros, plus 17,2 % de prélèvements sociaux. L'assurance-vie et le contrat de capitalisation ont été expressément exclus de la hausse des prélèvements sociaux portée par l'article 12 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, la loi numéro 2025-1403, et restent donc à 17,2 % quand le capital mobilier est passé à 18,6 %.

La troisième est la crainte de mal choisir le nouveau contrat, et c'est la plus coûteuse parce qu'elle bloque durablement. Elle a une réponse simple : le critère décisif tient en une ligne, le coût total annuel réellement supporté, frais de gestion du contrat plus frais courants des supports détenus. Les grilles de frais d'un conseil en gestion de patrimoine obéissent à la même logique de transparence.

Coût numéro 4 : les plafonds fiscaux annuels qu'on laisse se périmer

Quatrième poste, moins connu que les précédents : certaines enveloppes fiscales fonctionnent avec un droit annuel qui se périme s'il n'est pas consommé. Ne pas l'utiliser n'est pas neutre, c'est abandonner un droit qui ne reviendra pas.

Le plafond de déduction du plan d'épargne retraite

Le plan d'épargne retraite permet de déduire les versements du revenu imposable, dans la limite d'un plafond annuel. Pour 2026, le plafond d'une salariée s'établit à 37 680 euros avec un plancher de 4 710 euros, calculé sur le plafond annuel de la sécurité sociale de 2025 fixé à 47 100 euros. Pour une indépendante, le plafond atteint 88 911 euros avec un plancher de 4 806 euros. Ces deux planchers coexistent légitimement et ne doivent pas être confondus.

L'économie d'impôt est égale au versement multiplié par la tranche marginale d'imposition, et non par le taux moyen. La distinction est décisive : un foyer dont le taux moyen est de 12 % peut très bien avoir une tranche marginale d'imposition à 30 %, auquel cas c'est bien 30 % qui s'applique au versement déductible.

Versement sur un PERTranche marginale à 11 %Tranche marginale à 30 %Tranche marginale à 41 %Effort net à 41 %
4 710 euros, plancher salariée518 euros1 413 euros1 931 euros2 779 euros
10 000 euros1 100 euros3 000 euros4 100 euros5 900 euros
37 680 euros, plafond salariée4 145 euros11 304 euros15 449 euros22 231 euros

Le barème de l'impôt sur le revenu 2026 portant sur les revenus 2025 fixe les seuils de tranche à 11 600, 29 579, 84 577 et 181 917 euros, après une indexation de 0,9 % par la loi de finances 2026. L'économie affichée dans ce tableau suppose que le versement reste intégralement dans la tranche indiquée, ce qui n'est pas toujours le cas pour les montants les plus élevés.

Le report du plafond, et la date à laquelle il se périme

Un plafond non consommé n'est pas perdu immédiatement : il se reporte. L'article 9 de la loi de finances 2026 a porté ce report de 3 à 5 ans pour les droits générés à compter de 2026, ce qui allonge sensiblement la fenêtre de rattrapage. Le même article met fin à la déductibilité des versements à partir de 70 ans, ce qui crée une échéance ferme là où il n'y en avait pas.

Le coût de l'inaction se calcule donc sur les plafonds réellement périmés. Trois années de plancher à 4 710 euros laissées passer représentent 14 130 euros de versements déductibles définitivement perdus, soit 4 239 euros d'économie d'impôt jamais réalisée pour un foyer à 30 %, et 5 793 euros pour un foyer à 41 %. Le simulateur de PER permet de poser le calcul sur votre propre plafond, et notre guide complet du PER détaille les contreparties, à commencer par le blocage des sommes jusqu'à la retraite hors cas de déblocage anticipé.

Une précision de conformité s'impose ici. Un versement PER n'est pas un gain, c'est un report d'imposition assorti d'un blocage. La somme déduite à l'entrée sera imposée à la sortie selon des modalités qui dépendent du mode de liquidation choisi. Le calcul d'opportunité dépend donc de l'écart anticipé entre la tranche marginale d'aujourd'hui et celle de la retraite, ce qui suppose une analyse individuelle. Notre comparatif PER ou assurance-viepose les termes de l'arbitrage, et nous discutons des contreparties de cette enveloppe dans l'épisode du podcast Out of the Box consacré au PER.

Les autres compteurs qui tournent en silence

Deux autres mécanismes fonctionnent sur le même principe du droit annuel non reportable. L'abattement annuel sur les rachats d'assurance-vie après huit ans, de 4 600 euros pour une personne seule et 9 200 euros pour un couple soumis à imposition commune, ne se cumule pas d'une année sur l'autre : une année sans rachat est une année d'abattement perdue. Au taux de 7,5 % applicable aux contrats de plus de huit ans pour des primes totales inférieures à 150 000 euros, cela représente 345 euros d'impôt évité pour une personne seule et 690 euros pour un couple, chaque année où l'abattement est utilisé.

Le second est l'antériorité fiscale elle-même. Un plan d'épargne en actions ouvert avec 100 euros démarre un compteur de cinq ans au terme duquel les gains sortent exonérés d'impôt sur le revenu, les prélèvements sociaux de 18,6 % restant dus. Une assurance-vie ouverte avec un versement minimal démarre un compteur de huit ans. Dans les deux cas, ne pas ouvrir aujourd'hui coûte exactement une année d'antériorité, pour un effort financier quasi nul.

Coût numéro 5 : la transmission reportée

Cinquième et dernier poste, celui dont le coût est le plus lourd et le plus purement mécanique. En matière de transmission, la variable déterminante n'est pas le montant, c'est le temps disponible avant l'échéance.

L'abattement qui se reconstitue tous les quinze ans

L'article 779 du Code général des impôts prévoit un abattement de 100 000 euros par enfant et par parent, applicable aux donations comme aux successions, et reconstitué tous les quinze ans. Ce montant est inchangé par la loi de finances 2026. Un couple avec deux enfants peut donc transmettre 400 000 euros en franchise de droits, puis à nouveau 400 000 euros quinze ans plus tard.

À cet abattement s'ajoute le don familial de sommes d'argent de l'article 790 G du Code général des impôts, plafonné à 31 865 euros, également renouvelable tous les quinze ans et cumulable avec le précédent, sous conditions d'âge du donateur et du donataire. Il existe par ailleurs une exonération exceptionnelle prévue à l'article 790 A bis, pouvant atteindre 100 000 euros, mais elle est réservée à l'acquisition d'un logement neuf ou en état futur d'achèvement, avec emploi des fonds sous six mois et conservation pendant cinq ans : elle n'ouvre aucun droit pour un logement ancien.

Le barème, et pourquoi le taux marginal induit en erreur

Part nette taxable par enfantTaux applicable dans la trancheDroits dus sur la partTaux effectif réellement payé
Jusqu'à 8 072 euros5 %404 euros au sommet de tranche5,0 %
De 8 072 à 12 109 euros10 %807 euros au sommet de tranche6,7 %
De 12 109 à 15 932 euros15 %1 381 euros au sommet de tranche8,7 %
De 15 932 à 552 324 euros20 %18 194 euros sur une part de 100 000 euros18,2 % sur 100 000 euros
De 552 324 à 902 838 euros30 %Sans objet dans nos exemplesSans objet
De 902 838 à 1 805 677 euros40 %Sans objet dans nos exemplesSans objet

Le barème figure à l'article 777 du Code général des impôts pour les transmissions en ligne directe. La colonne de droite montre pourquoi il ne faut jamais confondre le taux de la tranche et le taux réellement payé : sur une part taxable de 100 000 euros, le taux marginal est de 20 % mais le taux effectif est de 18,2 %. Sur 200 000 euros, le taux effectif atteint 19,1 %. C'est le second chiffre qui compte pour évaluer un coût.

Le chiffrage complet sur un patrimoine de 600 000 euros

Prenons un couple, deux enfants, 600 000 euros de patrimoine transmissible, et comparons trois trajectoires. Pour isoler l'effet du calendrier, la valeur du patrimoine est supposée constante, ce qui est une simplification volontaire.

Trajectoire retenuePart taxable par enfantDroits totaux pour les deux enfantsÉcart avec l'inaction
Aucune donation, tout passe par la succession200 000 euros76 389 eurosRéférence
Une donation de 100 000 euros par enfant quinze ans avant100 000 euros36 389 euros40 000 euros économisés
Deux passages d'abattement à trente ans d'intervalle0 euro0 euro76 389 euros économisés

Une lecture s'impose : chaque fenêtre de quinze ans non utilisée vaut, dans ce cas précis, 40 000 euros. Ce n'est pas un montant qu'on récupère en agissant plus tard, c'est un droit qui expire. Notre article sur la donation et la transmission de son vivant détaille les modalités pratiques, et la page consacrée à la transmission de patrimoine présente la manière dont le cabinet aborde ce travail.

Le seuil des 70 ans sur l'assurance-vie

L'assurance-vie ajoute une seconde échéance datée. Les capitaux issus de primes versées avant le soixante-dixième anniversaire de l'assurée relèvent de l'article 990 I du Code général des impôts : chaque bénéficiaire désigné profite d'un abattement de 152 500 euros, puis un prélèvement de 20 % s'applique jusqu'à 700 000 euros et 31,25 % au-delà. Les primes versées après 70 ans relèvent de l'article 757 B, avec un abattement global de 30 500 euros tous bénéficiaires confondus, les intérêts restant exonérés.

L'écart est considérable et la bascule se fait à une date connue à l'avance. Sur 300 000 euros versés à un bénéficiaire unique avant 70 ans, la taxation ressort à 29 500 euros après abattement de 152 500 euros. Les mêmes 300 000 euros versés après 70 ans laisseraient une assiette taxable bien supérieure, puisque seul l'abattement global de 30 500 euros s'appliquerait aux primes. Reporter un versement de deux ans peut donc, pour une personne de 69 ans, changer complètement le régime applicable.

Une précision de conformité s'impose. Le conjoint survivant et le partenaire de PACS sont totalement exonérés de droits de succession depuis la loi du 21 août 2007, sans plafond ni condition de montant. L'abattement de 152 500 euros de l'article 990 I ne le concerne donc pas : il vise les autres bénéficiaires désignés au contrat.

Le coût de l'inaction cumulé sur un patrimoine réel

Les cinq postes précédents sont rarement isolés. Ils se cumulent sur le même patrimoine, et c'est leur addition qui donne l'ordre de grandeur réel. Prenons un cas composite, volontairement banal : un couple de 52 ans, deux enfants, tranche marginale à 30 %, et le patrimoine suivant.

Poste du patrimoineMontantSituation actuelleCoût annuel de l'inactionCoût sur 10 ans
Compte courant45 000 euros dont 30 000 en excédentNon rémunéré617 euros de pouvoir d'achat5 630 euros
Livrets réglementés34 950 euros au plafond1,70 % net137 euros de pouvoir d'achat1 345 euros
Assurance-vie bancaire de 2011100 000 euros en unités de compteCoût total 2,48 % par anEnviron 1 780 euros de performance abandonnée24 092 euros
Plafond PER du foyer2 planchers de 4 710 euros non consommésAucun versement2 826 euros d'impôt non économiséPlafonné par le report de 5 ans
Transmission600 000 euros à deux enfantsAucune donation réaliséeEffet différé40 000 euros de droits en jeu par fenêtre

Le total des seuls postes annuels dépasse 5 300 euros par an pour ce foyer, sans qu'aucune décision malheureuse n'ait jamais été prise. C'est très exactement le montant que produirait une erreur de placement sévère, mais réparti sur des lignes que personne ne regarde. C'est la raison pour laquelle un bilan patrimonial commence toujours par un inventaire, avant même de parler de solution.

Le coût de l'attente pure, indépendamment du support

Un dernier chiffrage mérite d'être posé, celui du simple report. Sur 100 000 euros et un rendement net hypothétique de 5 % par an, un horizon de vingt ans donne 265 330 euros, un horizon de quinze ans donne 207 893 euros. Cinq années d'attente coûtent donc 57 437 euros. À 3 % par an, l'écart tombe à 24 814 euros, ce qui montre au passage que le coût du report dépend directement du rendement retenu et n'a rien d'universel.

Sur un flux plutôt qu'un stock, le calcul est du même ordre. Un versement de 500 euros par mois capitalisé à 5 % net produit 202 902 euros en vingt ans et 132 412 euros en quinze ans : les cinq premières années d'un plan de versements, celles qui semblent les moins importantes parce que les montants accumulés sont faibles, valent 70 490 euros au terme. Ces montants sont des hypothèses de calcul, pas des prévisions, et le capital investi sur des unités de compte peut être perdu en tout ou partie.

Quand ne rien faire est la bonne décision

Un article sur le coût de l'inaction serait malhonnête s'il ne nommait pas les situations où le statu quo est objectivement supérieur à l'action. Elles existent, elles sont fréquentes, et les identifier évite de transformer une prise de conscience en agitation coûteuse.

Les cas où l'immobilisme coûte moins cher que le mouvement

Premier cas, l'épargne de précaution correctement dimensionnée. Trois à six mois de dépenses sur des livrets liquides ont un rendement réel légèrement négatif, et c'est le prix normal de la disponibilité immédiate. Optimiser cette poche est une fausse bonne idée : elle a une fonction d'assurance, pas de rendement.

Deuxième cas, un projet identifié à moins de deux ans. Une somme destinée à un apport immobilier dans dix-huit mois n'a rien à faire sur un support dont le capital n'est pas garanti. Le risque de devoir vendre au mauvais moment dépasse largement le gain espéré sur une durée aussi courte. Ici, le compte courant reste discutable mais le livret est parfaitement adapté.

Troisième cas, un arbitrage dont le coût de sortie dépasse le gain attendu. Sortir d'un contrat pour en rejoindre un autre a un coût fiscal immédiat et fait perdre une antériorité. Sur un horizon résiduel court, ce coût peut ne jamais être amorti. Le calcul est simple à poser : le gain annuel de frais multiplié par le nombre d'années restantes doit dépasser le coût fiscal immédiat, faute de quoi l'arbitrage détruit de la valeur.

Quatrième cas, la panique. Réagir à un recul de marché en vendant est une action, et c'est statistiquement l'une des plus coûteuses. Dans cette configuration, ne rien faire n'est pas de l'inaction, c'est de la discipline, et les deux ne se confondent pas.

La différence entre inaction et patience

La distinction utile tient en une question : l'absence de mouvement résulte-t-elle d'un choix documenté ou d'un report indéfini ? Une allocation laissée intacte pendant cinq ans parce qu'elle correspond toujours à l'horizon et au niveau de risque acceptés est un choix. La même allocation laissée intacte parce qu'on n'a pas ouvert le courrier de l'assureur depuis cinq ans est un report. Le résultat comptable peut être identique, la démarche ne l'est pas, et c'est la démarche qui détermine ce qui se passera lors du prochain événement de vie.

Par où commencer quand on n'a rien fait depuis dix ans

La conclusion pratique d'un article sur le coût de l'inaction ne peut pas être une liste de produits. Elle est nécessairement une méthode, et une méthode qui commence par l'inventaire plutôt que par la décision.

Étape 1 : mesurer avant de bouger

Réunir les relevés annuels de chaque contrat, relever le solde plancher du compte courant sur douze mois, noter le taux de frais de gestion de chaque enveloppe et le total des frais courants des supports détenus. Cette étape ne coûte rien et supprime déjà la moitié de l'angoisse : dans la plupart des cas, la situation est moins grave que redoutée sur certains postes et plus coûteuse que prévu sur un ou deux autres. Notre article sur lepatrimoine moyen des Français par âge donne des repères de comparaison, avec la prudence qui s'impose sur les moyennes.

Étape 2 : hiérarchiser par le coût annuel, pas par la difficulté

Classer les postes par coût annuel décroissant, et non par ordre de facilité. Dans l'exemple composite plus haut, le contrat chargé coûte trois fois plus cher que le compte courant, alors qu'il est plus intimidant à traiter. Traiter d'abord ce qui est facile donne une impression de progression sans effet mesurable.

Étape 3 : agir par décisions réversibles

C'est le point qui débloque le plus de situations. La plupart des décisions patrimoniales sont réversibles à faible coût : un versement sur une assurance-vie peut être racheté, une allocation peut être arbitrée, un contrat peut rester ouvert avec un solde symbolique. Les décisions vraiment irréversibles sont rares et identifiables : une donation, un rachat total qui casse une antériorité, un versement sur un PER hors cas de déblocage anticipé. Distinguer les deux catégories permet d'avancer sur la première sans attendre d'être certaine sur la seconde.

Étape 4 : traiter les échéances datées en priorité

Certaines fenêtres se ferment à date fixe et ne se rouvrent pas : le plafond PER qui se périme au terme du report, l'abattement de rachat d'assurance-vie qui ne se cumule pas d'une année sur l'autre, l'abattement de transmission dont la fenêtre de quinze ans court à partir de la date d'acte, le seuil des 70 ans sur l'assurance-vie. Ces éléments ont une priorité mécanique sur tout le reste, parce qu'ils sont les seuls dont le coût de report est certain.

Ce que cet article ne peut pas faire, et pourquoi c'est important

Tous les chiffrages présentés ici sont des ordres de grandeur calculés sur des hypothèses explicites. Ils permettent de comparer des situations entre elles, ils ne constituent pas une recommandation personnalisée d'investissement. La raison est simple et tient à la nature même du sujet : la hiérarchie des cinq postes change complètement selon l'âge, la tranche marginale d'imposition, le régime matrimonial, la présence d'enfants d'une première union, l'horizon de retraite et le niveau de risque réellement supportable. Un même patrimoine de 600 000 euros appelle des priorités opposées chez une personne de 38 ans et chez une personne de 68 ans.

C'est précisément ce travail d'arbitrage qui relève de l'entretien et non de l'article. Unbilan patrimonial consiste à poser l'inventaire, à mesurer le coût annuel de chaque poste dans votre configuration précise, puis à hiérarchiser. Le diagnostic patrimonial permet de poser les premiers éléments en quelques minutes.

Trois rappels de risque pour terminer. Aucun placement ne garantit un rendement, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Le capital investi sur des unités de compte, des parts de SCPI ou des fonds de private equity n'est pas garanti et peut être perdu en tout ou partie, la liquidité de ces deux dernières catégories étant par ailleurs limitée. Enfin, les paramètres fiscaux cités dans cet article sont ceux en vigueur en 2026 et peuvent évoluer : notre suivi de laloi de finances 2027 recense les mesures susceptibles de modifier ces calculs.

Un dernier mot sur le ton. Chiffrer l'inaction n'a pas vocation à produire de la culpabilité, qui est un très mauvais moteur de décision patrimoniale. L'objectif est inverse : remplacer une inquiétude diffuse, qui paralyse, par un montant précis, qui se traite. Un coût de 5 300 euros par an est un problème identifié, donc réductible. Une vague impression de mal faire ne l'est pas.

Questions fréquentes

Combien coûte de laisser son épargne sur un compte courant ?
Un compte courant ne rémunère rien. Avec une hausse des prix à la consommation de 2,1 % sur un an mesurée par l'INSEE en juillet 2026, 30 000 euros laissés sur un compte courant perdent 617 euros de pouvoir d'achat la première année, 2 961 euros sur cinq ans et 5 630 euros sur dix ans. Placés sur un Livret A à 1,70 %, les mêmes 30 000 euros auraient produit 5 508 euros d'intérêts sur dix ans.
Quel est le coût de l'inaction sur un vieux contrat d'assurance-vie ?
Le coût total moyen d'une assurance-vie investie en unités de compte est de 2,48 % par an, soit 0,88 % de frais de gestion du contrat et 1,60 % de frais courants des fonds, selon l'étude France Assureurs publiée le 6 mai 2026 sur les données 2025. Face à un contrat total à 0,70 %, l'écart sur 100 000 euros et une performance brute de 5 % atteint 42 792 euros au bout de quinze ans.
Un plafond de PER non utilisé est-il perdu ?
Pas immédiatement. Le plafond de déduction non consommé se reporte sur les années suivantes, et l'article 9 de la loi de finances 2026 a porté ce report de 3 à 5 ans pour les droits générés à compter de 2026. Au-delà, le plafond est définitivement perdu. Sur le plancher de 4 710 euros pour une salariée, trois années perdues à une tranche marginale de 30 % représentent 4 239 euros d'économie d'impôt jamais réalisée.
Combien coûte de reporter une transmission ?
L'abattement de 100 000 euros par enfant et par parent se reconstitue tous les quinze ans, en application de l'article 779 du Code général des impôts. Sur un patrimoine de 600 000 euros transmis à deux enfants, une succession sans donation antérieure génère 76 389 euros de droits. Une seule donation de 100 000 euros par enfant réalisée quinze ans plus tôt ramène la facture à 36 389 euros, soit 40 000 euros d'écart.
Le Livret A protège-t-il de l'inflation ?
Pas en 2026. Le Livret A verse 1,70 % depuis le 1er août 2026, taux fixé par l'arrêté du 28 juillet 2026, quand l'INSEE mesurait une hausse des prix de 2,1 % sur un an en juillet 2026. Le rendement réel ressort donc à moins 0,39 % par an. Le Livret A protège mieux qu'un compte courant, qui perd 2,06 % par an en termes réels, mais il ne préserve pas le pouvoir d'achat.
Pourquoi ne fait-on rien de son épargne alors qu'on sait que c'est coûteux ?
Parce que l'erreur de commission est visible et l'erreur d'omission ne l'est pas. Un placement qui perd 10 % se voit sur un relevé, une épargne qui perd 2 % de pouvoir d'achat par an ne se voit nulle part : le solde du compte n'a pas bougé. L'inaction n'est donc pas de la paresse, c'est une réaction rationnelle à une asymétrie de visibilité entre les deux types d'erreur.
Combien coûte le fait d'attendre cinq ans avant d'investir ?
Sur 100 000 euros et un rendement net hypothétique de 5 % par an, un horizon de vingt ans donne 265 330 euros et un horizon de quinze ans donne 207 893 euros. Les cinq années perdues représentent donc 57 437 euros. À 3 % par an, l'écart tombe à 24 814 euros. Ce sont des hypothèses de calcul et non des prévisions : aucun placement ne garantit un rendement.

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