Combien rapportent 100 000 euros placés
Le Livret A verse 1,70 % depuis le 1er août 2026, les fonds en euros ont servi 2,60 % en 2025 selon France Assureurs, les SCPI 4,91 % selon l'ASPIM. Mais après frais, impôt et inflation à 2,1 %, un fonds en euros ne laisse plus que 52 euros de pouvoir d'achat gagné sur 100 000 euros. Voici les tableaux complets du brut au net réel, sur 1 an, 10 ans et 20 ans.
Combien rapporte 100 000 euros placés en 2026 : la réponse chiffrée
En 2026, 100 000 euros placés rapportent entre 1 700 et 4 910 euros bruts par an selon la classe d'actifs retenue. Le Livret A verse 1,70 % depuis le 1er août 2026, taux fixé le 15 juillet 2026 par le ministère de l'Économie sur proposition de la Banque de France, soit 1 700 euros. Les fonds en euros de l'assurance vie ont servi 2,60 % en moyenne en 2025 selon France Assureurs et l'ACPR, soit 2 600 euros. Les SCPI ont distribué 4,91 % en moyenne en 2025 selon l'ASPIM et l'IEIF, soit 4 910 euros, sans garantie du capital. Les actions affichent un taux de rendement interne de 11,8 % par an de 1984 à 2024 selon l'étude « 40 ans de performances comparées » de l'IEIF, soit 11 800 euros pour une année moyenne, mais avec une volatilité sans commune mesure et un risque de perte en capital bien réel. Ces chiffres sont bruts. Après frais, impôt et inflation, il en reste beaucoup moins, et c'est précisément le sujet de cet article.
Voici le tableau de référence. Il donne, pour chaque grande famille de placements, le rendement annuel constaté ou de référence, la source, l'année de la mesure, et la traduction directe en euros sur une mise de 100 000 euros.
| Support | Rendement annuel de référence | Source et année | Sur 100 000 euros, par an | Capital garanti |
|---|---|---|---|---|
| Livret A et LDDS | 1,70 % net d'impôt | Ministère de l'Économie, taux en vigueur depuis le 1er août 2026 | 1 700 euros | Oui |
| LEP, sous conditions de revenus | 2,50 % net d'impôt | Ministère de l'Économie, taux maintenu au 1er août 2026 | 2 500 euros | Oui |
| Compte à terme de plus de 2 ans | 2,67 % brut | Relevés de marché, mars 2026, Banque de France pour les encours | 2 670 euros | Oui, contractuel |
| Fonds en euros d'assurance vie | 2,60 % net de frais de gestion | France Assureurs et ACPR, exercice 2025 | 2 600 euros | Oui, hors frais sur versement |
| Unités de compte d'assurance vie | 4,70 % net | France Assureurs, exercice 2025 | 4 700 euros | Non |
| SCPI | 4,91 % de taux de distribution | ASPIM et IEIF, exercice 2025, publié en février 2026 | 4 910 euros | Non |
| Actions, longue période | 11,8 % de TRI annualisé | IEIF, « 40 ans de performances comparées », période 1984 à 2024 | 11 800 euros sur une année moyenne | Non |
| Immobilier locatif en direct | 3 à 7 % brut selon la ville | Ordre de grandeur de marché, 2026 | 3 000 à 7 000 euros | Non |
Une précision de méthode s'impose tout de suite : ces lignes ne sont pas comparables entre elles telles quelles. Un taux de Livret A est un taux net d'impôt garanti par l'État sur un capital disponible à tout moment. Un taux de distribution de SCPI est une distribution passée, brute d'impôt, sur un capital qui peut baisser. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et c'est particulièrement vrai pour les trois dernières lignes du tableau.
Ce que signifie exactement le mot « rendement »
Le rendement est le rapport entre ce que rapporte un placement sur une période et le capital engagé. Il s'exprime en pourcentage annuel. Mais le mot recouvre quatre réalités très différentes, et confondre les quatre est l'erreur la plus coûteuse de toute cette matière.
Le rendement brut est celui qui figure sur la plaquette commerciale. Le rendement net de frais retranche les frais d'entrée, les frais de gestion annuels et les frais d'arbitrage. Le rendement net d'impôt retranche en plus l'impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux. Le rendement réel, ou net d'inflation, retranche enfin la hausse des prix, c'est-à-dire la part de votre gain qui ne fait que compenser la perte de valeur de la monnaie.
Seul le dernier vous dit si vous êtes plus riche qu'avant. Les trois premiers vous disent seulement que le chiffre affiché sur votre relevé a augmenté. Ce n'est pas la même chose.
Pourquoi la fourchette est aussi large
L'écart entre 1 700 et 11 800 euros par an sur la même somme n'est pas une anomalie de marché. C'est la rémunération du risque. Le Livret A ne peut pas perdre un centime : l'État garantit le capital et le taux. Une SCPI peut voir le prix de sa part reculer, et c'est exactement ce qui s'est produit en 2025, avec une baisse moyenne de 3,45 % selon l'ASPIM, ce qui a ramené la performance globale du marché à seulement 1,46 % malgré une distribution de 4,91 %.
Autrement dit, une SCPI qui distribue 4,91 % et dont la part perd 3,45 % ne vous a pas rapporté 4,91 %. Elle vous a rapporté 1,46 %. Le taux de distribution ne raconte que la moitié de l'histoire, et c'est une notion que nous détaillons dans la fiche glossaire consacrée aux SCPI.
Le rappel de risque, avant d'aller plus loin
Tous les supports de ce dossier, à l'exception des livrets réglementés, des comptes à terme et de la poche en euros de l'assurance vie, comportent un risque de perte en capital. Les SCPI et le private equity ajoutent un risque de liquidité : vous ne récupérez pas votre argent en trois jours, et en période de retournement, la sortie peut prendre plusieurs mois, voire davantage.
Aucun rendement futur ne peut être garanti. Toutes les projections de cet article reposent sur des hypothèses explicites, indiquées à chaque fois. Elles servent à comparer des ordres de grandeur, pas à annoncer un résultat.
Le rendement de chaque support en 2026, avec la source et l'année
Support par support, voici d'où viennent les chiffres, ce qu'ils recouvrent, et ce qu'ils cachent.
Livret A et LDDS : 1,70 % depuis le 1er août 2026
Le taux du Livret A a connu deux mouvements en 2026. Il est descendu à 1,50 % le 1er février 2026, la Banque de France ayant limité la baisse par rapport aux 1,4 % qui sortaient de la formule de calcul. Il a été relevé à 1,70 % le 1er août 2026, sur décision annoncée le 15 juillet 2026. Le LDDS suit exactement le même taux.
Le point que la plupart des articles oublient : vous ne pouvez pas placer 100 000 euros sur un Livret A. Le plafond de versement est de 22 950 euros pour le Livret A et de 12 000 euros pour le LDDS, hors intérêts capitalisés. Un couple qui ouvre les quatre livrets loge au maximum 69 900 euros. Le reste doit aller ailleurs. Ce détail change complètement le calcul du rendement moyen d'un patrimoine de 100 000 euros.
LEP : 2,50 %, mais un plafond de 10 000 euros
Le Livret d'épargne populaire est resté à 2,50 % au 1er août 2026. C'est le meilleur taux sans risque du marché français, net d'impôt et de prélèvements sociaux. Il est réservé aux foyers dont le revenu fiscal de référence est inférieur à un seuil révisé chaque année, et son plafond est de 10 000 euros. Sur une enveloppe de 100 000 euros, il ne peut donc représenter qu'un dixième au mieux.
Comptes à terme : autour de 2,67 % brut en 2026
Le compte à terme est un dépôt bloqué sur une durée convenue, rémunéré à un taux fixé au départ. En mars 2026, les meilleures offres sur des durées supérieures à deux ans se situaient autour de 2,67 % brut, contre 2,62 % en janvier 2026. La remontée des taux longs, avec une OAT 10 ans passée au-dessus de 4 % en juillet 2026, a soutenu ces rémunérations.
À comparer avec la rémunération moyenne réelle des dépôts bancaires des ménages français, que la Banque de France mesurait à 1,22 % en mars 2026. L'écart entre le taux d'appel des meilleures offres et ce que touche réellement l'épargnant moyen est de plus d'un point et demi.
Le capital est garanti contractuellement, et couvert par le Fonds de garantie des dépôts à hauteur de 100 000 euros par déposant et par établissement. Le revers : les intérêts sont pleinement fiscalisés au prélèvement forfaitaire unique, passé à 31,4 % en 2026.
Fonds en euros : 2,60 % en 2025 selon France Assureurs
Le fonds en euros est la poche à capital garanti d'un contrat d'assurance vie. Le rendement moyen servi en 2025 s'est établi à 2,60 %, chiffre confirmé par France Assureurs et par l'ACPR en mars 2026. C'est la troisième année consécutive à ce niveau.
Un point technique qui a son importance pour anticiper 2026 et 2027 : pour tenir ces taux, les assureurs ont puisé dans la provision pour participation aux bénéfices, cette réserve qui lisse les rendements d'une année sur l'autre. France Assureurs l'évaluait à 3,7 % des encours fin 2025, après 4,0 % fin 2024 et 4,5 % fin 2023. La réserve se vide, lentement mais régulièrement.
Les écarts entre contrats sont considérables. Les meilleurs fonds en euros du marché ont servi bien au-dessus de la moyenne, les contrats bancaires anciens bien en dessous. Nous détaillons ce fonctionnement dans notre page dédiée aux fonds en euros de l'assurance vie, et vous pouvez tester vos propres hypothèses avec le simulateur d'assurance vie.
Unités de compte : 4,70 % net en 2025
Les unités de compte sont les supports non garantis d'un contrat d'assurance vie : fonds actions, obligataires, immobiliers, fonds structurés. France Assureurs a mesuré une performance nette moyenne de 4,70 % en 2025 sur l'ensemble des unités de compte. La collecte sur ces supports a atteint 42,5 milliards d'euros la même année, un record.
Cette moyenne recouvre tout et son contraire : un fonds actions monde et un fonds monétaire ne se comportent pas de la même façon. Le capital n'est pas garanti et la performance d'une année ne dit rien de la suivante.
SCPI : 4,91 % de taux de distribution en 2025
Le taux de distribution moyen pondéré des SCPI s'est établi à 4,91 % en 2025 selon l'ASPIM et l'IEIF, en hausse de 0,19 point sur un an. Par catégorie, l'écart va de 4,2 % pour les SCPI résidentielles à 6 % pour les SCPI diversifiées.
Les autres chiffres du même communiqué, publié en février 2026, sont indispensables pour lire ce 4,91 % correctement. Le prix moyen des parts a reculé de 3,45 % sur l'année. La performance globale immobilière du marché ressort donc à 1,46 %. La collecte nette a atteint 4,6 milliards d'euros, en hausse de 29 %, et la capitalisation du marché 89 milliards d'euros au 31 décembre 2025.
Sur le premier semestre 2026, l'ASPIM et l'IEIF relèvent une collecte brute de 2,7 milliards d'euros, en progression de 2,6 % sur un an, et un taux de distribution semestriel moyen de 2,30 %. Plus de la moitié des SCPI ont réduit leur acompte trimestriel sur la période, en particulier celles exposées aux bureaux d'Île-de-France. Le marché n'est pas homogène et il ne faut pas raisonner sur la moyenne.
Les SCPI supportent en outre une commission de souscription de 8 à 12 % selon les véhicules, qui n'est pas prélevée à l'entrée mais qui ampute la valeur de retrait dès le premier jour. Nous revenons sur ce mécanisme et sur ses effets dans notre comparaison entreSCPI et immobilier locatif en direct, et le sujet est traité au micro dans l'épisode consacré aurendement, aux risques et à la fiscalité des SCPI du podcast Out of the Box.
Actions : 11,8 % par an de 1984 à 2024 selon l'IEIF
L'étude annuelle de l'IEIF, « 40 ans de performances comparées », mesure les taux de rendement interne des grandes classes d'actifs sur quarante ans. Sur la période 1984 à 2024, les actions arrivent en tête avec 11,8 % par an, devant l'immobilier résidentiel parisien qui dépasse 10 %. L'édition suivante confirme cette hiérarchie.
Deux mises en garde s'imposent. D'abord, cette période inclut quatre décennies de baisse des taux d'intérêt, un contexte qui a mécaniquement porté la valorisation des actifs et qui ne se reproduira pas à l'identique. Ensuite, un TRI de 11,8 % annualisé sur quarante ans se paie par des années à moins 40 %. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
L'indice MSCI World, référence des ETF actions monde, affichait 12,56 % annualisés sur dix ans en euros à fin mai 2026, mais 6,60 % annualisés depuis fin décembre 2000. L'écart entre ces deux chiffres, sur le même indice, illustre à lui seul pourquoi une hypothèse de travail prudente se situe entre 6 et 8 % par an et non à 12 %. Le sujet est développé dans l'épisode du podcast Out of the Box consacré aux ETF, aux actions et à la stratégie boursière.
Les frais de gestion des ETF larges se situent aujourd'hui autour de 0,20 % par an, contre environ 2 % pour un fonds actif classique. Sur vingt ans, cet écart de 1,8 point par an change l'ordre de grandeur du résultat final. L'enveloppe compte autant que le support : voir notre page sur lecompte-titres et le PEA.
Private equity et dette privée : le rendement contre la liquidité
Le private equity et la dette privée sont devenus accessibles aux particuliers, notamment via l'assurance vie. Ils affichent des objectifs de rendement supérieurs aux marchés cotés, en contrepartie d'un blocage des sommes qui peut atteindre huit à dix ans et d'un risque de perte en capital significatif.
Sur une enveloppe de 100 000 euros, une poche de ce type se raisonne en pourcentage limité, parce que l'argent immobilisé n'est plus disponible pour un imprévu. La question n'est pas seulement « combien ça rapporte », elle est « quand est-ce que je peux ressortir ».
Immobilier locatif en direct : 3 à 7 % brut, et beaucoup de charges
Avec 100 000 euros, deux voies existent : acheter comptant un petit bien dans une ville moyenne, ou utiliser la somme comme apport sur une opération financée à crédit. Les rendements bruts observés en 2026 vont de 3 % dans les grandes métropoles à 7 % et plus dans certaines villes moyennes, avec un risque locatif proportionnel.
Le rendement brut n'a aucun sens en immobilier direct. Taxe foncière, charges de copropriété non récupérables, assurance propriétaire non occupant, gestion locative, vacance et travaux absorbent couramment 25 à 30 % des loyers. Un 5 % brut devient un 3,5 % net de charges avant impôt. Lesimulateur de rendement locatif permet de poser l'ensemble des postes.
Du brut au net : les quatre couches qui rabotent ce que rapportent 100 000 euros
Entre le taux affiché et l'euro qui arrive réellement sur votre compte, quatre couches se superposent. Prises une par une, elles paraissent supportables. Empilées, elles transforment un 4,91 % en 0,48 %.
Couche 1 : les frais d'entrée
Ce sont les frais prélevés au moment où vous versez. Sur un contrat d'assurance vie bancaire traditionnel, ils vont couramment de 2 à 5 % du versement. Sur les contrats en ligne, ils sont nuls. Sur 100 000 euros, l'écart est de 0 à 5 000 euros, payés le premier jour, avant qu'un seul euro de performance n'ait été produit.
En SCPI, la commission de souscription de 8 à 12 % fonctionne différemment : elle ne réduit pas la somme investie, mais elle fixe une valeur de retrait inférieure au prix payé. Concrètement, vous versez 100 000 euros et votre valeur de rachat immédiate est d'environ 90 000 euros. Il faut environ quatre années de distribution nette pour effacer cet écart. C'est ce qui fait de la SCPI un placement de long terme, pas par principe mais par arithmétique.
Couche 2 : les frais annuels
Les frais de gestion annuels se prélèvent sur l'encours, chaque année, que la performance soit bonne ou mauvaise. Un contrat d'assurance vie prélève entre 0,50 % et 1,00 % par an sur les unités de compte selon les acteurs. Un ETF prélève environ 0,20 %. Un fonds actif prélève autour de 2 %.
Sur les fonds en euros, une nuance : le taux de 2,60 % communiqué par France Assureurs est déjà net des frais de gestion du fonds. Il n'est en revanche pas net des éventuels frais sur versement, ni des prélèvements sociaux. Sur les unités de compte, en revanche, les frais du contrat viennent s'ajouter à ceux du fonds sous-jacent, et il faut additionner les deux.
Un écart de 0,75 % de frais annuels représente une perte cumulée de l'ordre de 15 % du résultat sur vingt ans. C'est le poste sur lequel une décision prise une seule fois, au moment de choisir l'enveloppe, produit le plus d'effet dans la durée.
Couche 3 : la fiscalité, profondément modifiée en 2026
2026 a changé la donne. Le prélèvement forfaitaire unique, la « flat tax », est passé de 30 % à 31,4 %. La part impôt sur le revenu reste à 12,8 %, mais les prélèvements sociaux sont montés de 17,2 % à 18,6 %, avec une CSG portée à 10,6 %. Cette hausse a été adoptée dans le cadre du volet financement de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, votée fin 2025.
Tous les revenus ne sont pas concernés de la même manière, et c'est ce qui rend le calcul du rendement net dépendant du support choisi. Voici la grille en vigueur.
| Type de revenu | Impôt sur le revenu | Prélèvements sociaux 2026 | Taux global |
|---|---|---|---|
| Intérêts de Livret A, LDDS, LEP | Exonérés | Exonérés | 0 % |
| Intérêts de compte à terme ou de livret bancaire | 12,8 % | 18,6 % | 31,4 % |
| Dividendes et plus-values sur compte-titres | 12,8 % | 18,6 % | 31,4 % |
| Gains de PEA après 5 ans | Exonérés | 18,6 % | 18,6 % |
| Assurance vie, rachat avant 8 ans | 12,8 % | 17,2 % maintenus | 30 % |
| Assurance vie, rachat après 8 ans, au-delà de l'abattement | 7,5 % | 17,2 % maintenus | 24,7 % |
| Assurance vie, rachat après 8 ans, dans l'abattement | 0 % | 17,2 % maintenus | 17,2 % |
| Revenus fonciers et revenus de SCPI en direct | Barème progressif, soit la TMI | 17,2 % maintenus | 28,2 % à 62,2 % selon la TMI |
L'assurance vie a été explicitement exclue de la hausse des prélèvements sociaux : les rachats restent taxés à 17,2 %. Les revenus fonciers et les plus-values immobilières aussi. Cette exclusion creuse un écart de 1,4 point en faveur de l'assurance vie par rapport au compte-titres, qui vient s'ajouter à l'abattement annuel de 4 600 euros pour une personne seule et 9 200 euros pour un couple après huit ans de détention.
Votre tranche marginale d'imposition pilote tout le calcul dès qu'il s'agit de revenus fonciers. À 11 % de TMI, un revenu de SCPI subit 28,2 % de prélèvements. À 41 %, il en subit 58,2 %. Sur le même placement, le rendement net varie du simple au double selon le foyer fiscal. C'est la raison pour laquelle aucun article ne peut vous dire quel placement rapporte le plus « en général ».
Couche 4 : l'inflation
L'INSEE a mesuré une hausse des prix à la consommation de 2,1 % sur un an en juillet 2026, après 1,8 % en juin, portée par les services à 2,2 % et l'énergie à 12,6 %. L'inflation sous-jacente ressortait à 1,3 %. En moyenne annuelle, l'inflation s'était établie à 0,9 % en 2025, après 2,0 % en 2024, 4,9 % en 2023 et 5,2 % en 2022.
Ces quatre années valent démonstration. Cumulées, elles représentent une hausse des prix d'environ 13,6 % entre fin 2021 et fin 2025. Autrement dit, 100 000 euros laissés sur un compte courant fin 2021 avaient un pouvoir d'achat d'environ 88 000 euros fin 2025. Le compte n'avait pas bougé. Le pouvoir d'achat, si.
Dans tous les calculs qui suivent, nous retenons une inflation de 2,1 % par an, correspondant au dernier relevé INSEE disponible. C'est une hypothèse, pas une prévision. Le rendement réel se calcule avec la formule de Fisher : on divise 1 plus le rendement net par 1 plus l'inflation, et on retranche 1. Soustraire simplement l'inflation du rendement donne un résultat approché, suffisant pour un ordre de grandeur mais légèrement optimiste.
Le tableau du brut au net réel, sur un an
Voici l'empilement complet sur 100 000 euros placés pendant un an. Hypothèses retenues : contrat d'assurance vie sans frais sur versement, ETF à 0,20 % de frais annuels, contrat d'assurance vie à 0,60 % de frais de gestion sur unités de compte, tranche marginale d'imposition de 30 % pour les revenus fonciers, inflation de 2,1 %. La ligne actions repose sur une hypothèse de travail de 7 % par an, qui n'est ni une prévision ni un engagement.
| Support | Rendement brut | Net de frais | Net d'impôt | Net d'inflation, en pouvoir d'achat |
|---|---|---|---|---|
| Livret A et LDDS, 1,70 % | 1 700 euros | 1 700 euros | 1 700 euros | moins 392 euros, soit moins 0,39 % |
| LEP, 2,50 % | 2 500 euros | 2 500 euros | 2 500 euros | plus 392 euros, soit plus 0,39 % |
| Compte à terme, 2,67 % | 2 670 euros | 2 670 euros | 1 832 euros | moins 263 euros, soit moins 0,26 % |
| Fonds en euros, 2,60 % | 2 600 euros | 2 600 euros | 2 153 euros | plus 52 euros, soit plus 0,05 % |
| SCPI, 4,91 % | 4 910 euros | 4 910 euros | 2 592 euros | plus 482 euros, soit plus 0,48 % |
| Actions en PEA, hypothèse 7 % | 7 000 euros | 6 800 euros | 5 535 euros | plus 3 365 euros, soit plus 3,36 % |
| Actions en compte-titres, hypothèse 7 % | 7 000 euros | 6 800 euros | 4 665 euros | plus 2 512 euros, soit plus 2,51 % |
| Unités de compte en assurance vie, hypothèse 7 % | 7 000 euros | 6 200 euros | 4 669 euros | plus 2 516 euros, soit plus 2,52 % |
| Immobilier locatif nu, hypothèse 5 % brut | 5 000 euros | 3 500 euros | 1 848 euros | moins 247 euros, soit moins 0,25 % |
Trois enseignements sortent de ce tableau, et ils sont contre-intuitifs.
Premièrement, un Livret A à 1,70 % fait perdre du pouvoir d'achat quand l'inflation est à 2,1 %. Pas beaucoup, 392 euros par an sur 100 000 euros, mais il en fait perdre. Un placement sans risque nominal n'est pas un placement sans risque réel.
Deuxièmement, un fonds en euros à 2,60 %, présenté partout comme le socle sécurisé de l'épargne française, laisse 52 euros de gain réel sur 100 000 euros après prélèvements sociaux et inflation. Cinquante-deux euros. C'est le chiffre le plus utile de tout cet article.
Troisièmement, l'immobilier locatif nu affiché à 5 % brut se retrouve derrière le fonds en euros une fois les charges et le barème passés. Le brut immobilier est le chiffre le plus trompeur du marché. Le régime fiscal choisi, notamment le meublé au réel avec amortissement, change radicalement ce résultat, mais il ne se décrète pas : il se construit.
Combien rapportent 100 000 euros sur 1 an, 10 ans et 20 ans
Sur un an, les écarts semblent gérables. Sur vingt ans, ils deviennent structurels. Ce n'est pas une question de conviction, c'est la mécanique des intérêts composés appliquée à des taux nets différents.
La méthode de calcul, posée noir sur blanc
Les projections ci-dessous partent de 100 000 euros, capitalisent le rendement net de frais et d'impôt, puis convertissent le résultat en euros constants de 2026 avec une inflation de 2,1 % par an. Les hypothèses sont les suivantes.
Le Livret A capitalise à 1,70 %, sans impôt. Le compte à terme capitalise à 1,832 %, soit 2,67 % brut diminué du prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % chaque année. Le fonds en euros capitalise à 2,153 %, soit 2,60 % diminué des prélèvements sociaux de 17,2 % prélevés au fil de l'eau, l'impôt sur le revenu étant neutralisé par l'abattement après huit ans. Les poches actions capitalisent sans imposition intermédiaire, l'impôt n'étant dû qu'à la sortie sur le gain total.
La SCPI est traitée à part, avec un modèle explicite : 100 000 euros investis donnent une valeur de retrait immédiate de 90 000 euros après commission de souscription de 10 %, le prix de part est supposé stable, la distribution reste à 4,91 % du prix de souscription, l'impôt est de 47,2 % pour une TMI de 30 %, et les revenus nets de 2 592 euros par an ne sont pas réinvestis. C'est ce que fait la majorité des porteurs de parts.
Ce que donnent 100 000 euros au bout de 10 ans
| Support | Capital à 10 ans, en euros courants | Capital à 10 ans, en euros constants de 2026 | Gain réel de pouvoir d'achat |
|---|---|---|---|
| Argent non placé | 100 000 euros | 81 235 euros | moins 18 765 euros |
| Livret A, 1,70 % net | 118 361 euros | 96 151 euros | moins 3 849 euros |
| Compte à terme, 1,83 % net | 119 907 euros | 97 406 euros | moins 2 594 euros |
| SCPI, revenus non réinvestis | 115 925 euros | 96 277 euros | moins 3 723 euros |
| Fonds en euros, 2,15 % net | 123 740 euros | 100 520 euros | plus 520 euros |
| Unités de compte en assurance vie, hypothèse 7 % brut | 162 117 euros après impôt | 131 695 euros | plus 31 695 euros |
| Actions en compte-titres, hypothèse 7 % brut | 163 845 euros après impôt | 133 100 euros | plus 33 100 euros |
| Actions en PEA, hypothèse 7 % brut | 175 758 euros après impôt | 142 777 euros | plus 42 777 euros |
Ce que donnent 100 000 euros au bout de 20 ans
| Support | Capital à 20 ans, en euros courants | Capital à 20 ans, en euros constants de 2026 | Gain réel de pouvoir d'achat |
|---|---|---|---|
| Argent non placé | 100 000 euros | 65 991 euros | moins 34 009 euros |
| Livret A, 1,70 % net | 140 094 euros | 92 449 euros | moins 7 551 euros |
| Compte à terme, 1,83 % net | 143 776 euros | 94 879 euros | moins 5 121 euros |
| Fonds en euros, 2,15 % net | 153 117 euros | 101 043 euros | plus 1 043 euros |
| SCPI, revenus non réinvestis | 141 850 euros | 101 376 euros | plus 1 376 euros |
| Unités de compte en assurance vie, hypothèse 7 % brut | 275 476 euros après impôt | 181 789 euros | plus 81 789 euros |
| Actions en compte-titres, hypothèse 7 % brut | 287 111 euros après impôt | 189 468 euros | plus 89 468 euros |
| Actions en PEA, hypothèse 7 % brut | 322 024 euros après impôt | 212 507 euros | plus 112 507 euros |
Comment lire ces écarts sans se raconter d'histoires
La première ligne est celle qu'il faut regarder avant toutes les autres. Ne rien faire de 100 000 euros pendant vingt ans, à 2,1 % d'inflation par an, coûte 34 009 euros de pouvoir d'achat. Ce n'est pas une option neutre. C'est un choix, avec un coût chiffrable.
La deuxième observation porte sur les supports garantis. Sur vingt ans, le Livret A et le compte à terme laissent l'épargnante avec moins de pouvoir d'achat qu'au départ, dans notre hypothèse d'inflation. Ils remplissent parfaitement une fonction, celle de conserver une somme disponible à tout moment sans risque nominal. Ils ne remplissent pas la fonction de faire fructifier un capital sur longue durée.
La troisième observation concerne la SCPI. À dix ans, notre modèle la place à peine au niveau du Livret A et nettement derrière le fonds en euros, parce que la commission de souscription n'est pas encore amortie. Il faut attendre la vingtième année pour qu'elle passe devant le fonds en euros dans cette configuration. Une SCPI revendue au bout de cinq ans, dans ce modèle, est une opération perdante avant même de parler du prix de la part. C'est le principal point d'attention de ce placement, et vous pouvez tester votre propre configuration avec le simulateur SCPI.
La quatrième observation, enfin, porte sur l'enveloppe. Entre un ETF actions logé dans un PEA et le même ETF logé dans un compte-titres, l'écart atteint 23 039 euros de pouvoir d'achat à vingt ans dans notre hypothèse. Le placement est rigoureusement identique. Seule l'enveloppe change, et avec elle le taux d'imposition à la sortie, 18,6 % contre 31,4 %.
L'effet des intérêts composés, et pourquoi il joue tard
Les intérêts composés sont le mécanisme par lequel les gains d'une année produisent eux-mêmes des gains l'année suivante. Leur effet est modeste au début et brutal à la fin. Dans notre hypothèse à 7 % brut en PEA, les dix premières années apportent 75 758 euros de gain nominal, les dix suivantes en apportent 146 266. Le même placement, la même durée, deux fois plus de résultat sur la seconde moitié.
C'est la raison pour laquelle la durée de détention pèse davantage que le choix du support dans le résultat final. Et c'est aussi la raison pour laquelle un placement long ne se juge pas sur ses trois premières années. Cela reste vrai dans les deux sens : une perte subie tôt se rattrape, une perte subie juste avant le retrait ne se rattrape pas. Le risque de perte en capital demeure entier, quelle que soit la durée.
Combien rapportent 100 000 euros selon trois profils d'investisseuse
Un portefeuille réel n'est jamais composé d'un seul support. Voici trois allocations types, avec leur rendement net pondéré et leur résultat projeté. Elles ne constituent pas des recommandations : ce sont des illustrations de mécanisme, destinées à montrer comment le rendement d'ensemble se construit.
Profil sécurité : la disponibilité avant la performance
Allocation illustrative : 70 % en fonds en euros, 20 % en livrets réglementés et comptes à terme, 10 % en SCPI. Rendement net pondéré de 2,13 % par an, soit un rendement réel de plus 0,03 % avec une inflation à 2,1 %.
Sur dix ans, 100 000 euros deviennent 123 495 euros, soit 100 321 euros en pouvoir d'achat. Sur vingt ans, 152 509 euros, soit 100 643 euros en pouvoir d'achat. Le capital est préservé en valeur réelle, il n'est pas augmenté. C'est exactement ce que ce profil cherche, et il l'obtient. La contrepartie est explicite et acceptée.
Profil équilibre : une part de risque assumée
Allocation illustrative : 40 % en fonds en euros, 25 % en SCPI, 35 % en actions. Rendement net pondéré de 3,89 % par an dans nos hypothèses, soit un rendement réel de plus 1,75 %.
Sur dix ans, 146 455 euros, soit 118 973 euros en pouvoir d'achat. Sur vingt ans, 214 490 euros, soit 141 545 euros en pouvoir d'achat. La poche actions n'est pas imposée dans ce calcul tant qu'il n'y a pas de retrait, ce qui gonfle légèrement le résultat par rapport à un portefeuille liquidé. Le capital de la part actions et de la part SCPI n'est pas garanti et peut baisser.
Profil long terme : l'horizon comme amortisseur
Allocation illustrative : 70 % en actions, 15 % en fonds en euros, 15 % en SCPI. Rendement net pondéré de 5,47 % par an dans nos hypothèses, soit un rendement réel de plus 3,30 %.
Sur dix ans, 170 358 euros, soit 138 390 euros en pouvoir d'achat. Sur vingt ans, 290 217 euros, soit 191 517 euros en pouvoir d'achat. Ce profil suppose de pouvoir traverser une baisse de 30 à 40 % de la poche actions sans vendre. Ce n'est pas une question de connaissance financière, c'est une question de trésorerie et de tempérament.
| Profil | Allocation illustrative | Rendement net pondéré | Rendement réel | Pouvoir d'achat à 20 ans |
|---|---|---|---|---|
| Sécurité | 70 % fonds en euros, 20 % livrets et comptes à terme, 10 % SCPI | 2,13 % | plus 0,03 % | 100 643 euros |
| Équilibre | 40 % fonds en euros, 25 % SCPI, 35 % actions | 3,89 % | plus 1,75 % | 141 545 euros |
| Long terme | 70 % actions, 15 % fonds en euros, 15 % SCPI | 5,47 % | plus 3,30 % | 191 517 euros |
Pourquoi cet article ne vous dira pas lequel choisir
Parce qu'il ne le peut pas, et parce qu'il n'en a pas le droit. Le profil pertinent dépend de votre horizon, de votre capacité réelle à supporter une baisse, de votre tranche marginale d'imposition, de votre situation familiale, de vos revenus, de votre épargne de précaution déjà constituée et de vos projets à trois et à dix ans. Aucune de ces informations n'est dans cet article.
Une recommandation personnalisée suppose de connaître ces éléments et relève du conseil réglementé. Ce que cet article fait, en revanche, c'est vous donner les ordres de grandeur pour poser la question correctement. Le questionnaire de profil investisseuret le diagnostic patrimonial en ligne permettent de structurer cette réflexion.
Le revenu mensuel que peuvent verser 100 000 euros placés
Beaucoup de personnes ne cherchent pas à faire croître 100 000 euros, mais à en tirer un complément de revenu régulier. La question devient alors : combien tombe sur le compte chaque mois. Voici la réponse, avec les mêmes hypothèses fiscales que précédemment et une TMI de 30 %.
| Support | Revenu brut mensuel | Revenu net mensuel | Capital entamé ? |
|---|---|---|---|
| Livret A, 1,70 % | 142 euros | 142 euros | Non |
| Compte à terme, 2,67 % | 222 euros | 153 euros | Non, mais bloqué |
| Fonds en euros, 2,60 % | 217 euros | 179 euros | Non |
| SCPI, 4,91 % | 409 euros | 216 euros | Non, mais valeur de part variable |
| Immobilier locatif nu, 5 % brut, 3,5 % net de charges | 292 euros | 154 euros | Non, mais valeur du bien variable |
Revenu distribué et performance totale ne sont pas la même chose
Un support peut verser beaucoup et rapporter peu. La SCPI de 2025 en est l'illustration parfaite : 4,91 % distribués, moins 3,45 % sur le prix de part, soit 1,46 % de performance globale selon l'ASPIM. L'épargnante a bien reçu 409 euros bruts par mois sur son compte. Son patrimoine, lui, a progressé beaucoup moins.
L'inverse existe aussi. Un ETF capitalisant ne verse rien du tout et peut avoir la meilleure performance totale du portefeuille. Le revenu perçu et l'enrichissement sont deux grandeurs distinctes, et confondre les deux conduit à surpondérer les supports distributifs par confort psychologique plutôt que par pertinence.
Le piège du capital consommé
Il existe une troisième voie : programmer des retraits sur une enveloppe capitalisante. Retirer 400 euros par mois d'une assurance vie qui progresse de 2,15 % net revient à retirer 4,80 % par an d'un support qui en rapporte 2,15 %. La différence est prélevée sur le capital.
Dans cette configuration, 100 000 euros s'épuisent en vingt-huit ans. Ce n'est pas nécessairement une erreur, c'est même une stratégie légitime à un certain âge. Mais cela doit être un choix conscient et non la découverte d'un relevé annuel. Lesimulateur d'assurance vie permet de modéliser des retraits programmés et de voir à quelle date l'enveloppe s'éteint.
Les six erreurs qui coûtent le plus cher sur 100 000 euros
Erreur 1 : comparer un taux net d'impôt à un taux brut
Mettre côte à côte le 1,70 % du Livret A et le 4,91 % des SCPI n'a aucun sens. Le premier est net de tout, le second est brut d'impôt. Ramenés au même standard, avec une TMI de 30 %, ils deviennent 1,70 % et 2,59 %. L'écart passe de 3,21 points à 0,89 point. C'est encore un écart, mais ce n'est plus le même arbitrage.
Erreur 2 : regarder le support et ignorer l'enveloppe
Le même ETF actions monde, sur vingt ans et dans nos hypothèses, laisse 212 507 euros de pouvoir d'achat en PEA et 189 468 euros en compte-titres. Vingt-trois mille euros d'écart pour un contenu identique. Le choix de l'enveloppe se fait une fois, au début, et il produit des effets pendant toute la durée de détention.
Erreur 3 : oublier les frais d'entrée dans le calcul du rendement
Un contrat d'assurance vie à 3 % de frais sur versement démarre à 97 000 euros. À 2,15 % net par an, il lui faut environ dix-sept mois pour revenir à 100 000 euros. Sur un contrat en ligne sans frais d'entrée, ces quatorze mois sont du rendement acquis. Comparer les contrats sur le seul taux servi revient à comparer deux courses en ignorant que l'une part avec un tour de retard.
Erreur 4 : placer 100 000 euros sans épargne de précaution
Un placement long qu'il faut liquider dans l'urgence est un placement raté. La séquence classique : un imprévu survient, il faut sortir, on vend au mauvais moment, on paye des frais de sortie et on constate la perte. Les trois à six mois de dépenses courantes gardés sur un livret disponible ne sont pas du rendement perdu, ce sont les conditions pour que le reste puisse rester investi.
Erreur 5 : traiter une performance passée comme un engagement
« Les SCPI rapportent 4,91 % » est un abus de langage. La formulation exacte est : les SCPI ont distribué 4,91 % en moyenne en 2025 selon l'ASPIM et l'IEIF. Rien ne garantit 2026, et d'ailleurs plus de la moitié des SCPI ont réduit leur acompte au premier semestre 2026. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Cette phrase n'est pas une formule administrative, c'est la description exacte de ce que l'on sait et de ce que l'on ne sait pas.
Erreur 6 : sous-estimer l'horizon nécessaire
Chaque support a une durée minimale en dessous de laquelle sa structure de frais le rend perdant. Pour une SCPI avec 10 % de commission de souscription et 2,59 % de revenu net, il faut environ quatre ans pour effacer l'entrée et une vingtaine d'années pour prendre l'avantage sur un fonds en euros à capital garanti. Pour un portefeuille actions, la littérature financière retient huit à dix ans minimum, sans qu'aucune durée ne supprime le risque de perte.
Les questions à trancher avant de placer 100 000 euros
Les tableaux de cet article donnent les ordres de grandeur. Ils ne donnent pas la réponse, parce que la réponse dépend de quatre paramètres que vous êtes seule à connaître.
Dans combien de temps aurez-vous besoin de cet argent ?
C'est la question qui détermine tout le reste. Un besoin à deux ans exclut mécaniquement les supports à capital non garanti et les placements à commission de souscription élevée. Un horizon à quinze ans ouvre des options que trois ans ferment. Répondre honnêtement suppose de distinguer la date à laquelle vous pensez avoir besoin de l'argent et celle à laquelle vous pourriez en avoir besoin.
Quelle baisse pouvez-vous absorber sans vendre ?
Il ne s'agit pas d'une préférence théorique mais d'un seuil concret. Une poche actions de 70 000 euros peut valoir 42 000 euros pendant dix-huit mois. La question n'est pas de savoir si cela vous déplairait, mais si vous tiendriez sans vendre. Une allocation abandonnée au pire moment produit un résultat très inférieur à une allocation plus prudente tenue jusqu'au bout.
Quelle est votre tranche marginale d'imposition ?
À 11 %, un revenu foncier de SCPI subit 28,2 % de prélèvements et un placement fiscalisé reste lisible. À 41 %, le même revenu en subit 58,2 %, et l'arbitrage entre revenus distribués et capitalisation change complètement de nature. Le choix du support et le choix du régime fiscal ne sont pas deux décisions séparées.
De quelle liquidité avez-vous besoin ?
Un Livret A se vide en une journée. Un fonds en euros se rachète en quelques semaines. Une SCPI se revend en quelques semaines à quelques mois en marché normal, davantage en marché tendu. Un fonds de private equity se bloque huit à dix ans. Ces délais ne sont pas des détails contractuels, ils définissent ce que vous pouvez réellement faire de votre argent.
Pour aller plus loin
Le guide complet consacré à l'investissement de 100 000 euros détaille les allocations possibles, les enveloppes et les cas particuliers, notamment celui d'un capital issu d'une vente immobilière ou d'une succession. Le panorama desmeilleurs placements 2026 replace ces chiffres dans le contexte de marché de l'année. Enfin, lebilan patrimonial décrit la méthode par laquelle ces paramètres personnels sont mis à plat avant toute décision.
Une dernière remarque de méthode. Toutes les projections de cet article reposent sur des hypothèses constantes : un rendement fixe chaque année, une inflation fixe chaque année, une fiscalité inchangée sur vingt ans. Aucune de ces trois conditions ne sera vérifiée dans la réalité. Les chiffres servent à comparer des ordres de grandeur entre eux, pas à prédire un montant. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures, le capital investi sur les supports non garantis peut être perdu en tout ou partie, et cet article a une vocation strictement informative : il ne constitue pas une recommandation personnalisée d'investissement.
Questions fréquentes
- Combien rapporte 100 000 euros placés par an en 2026 ?
- Entre 1 700 et 4 910 euros bruts par an selon le support. Le Livret A verse 1,70 % depuis le 1er août 2026, soit 1 700 euros. Les fonds en euros ont servi 2,60 % en moyenne en 2025 selon France Assureurs, soit 2 600 euros. Les SCPI ont distribué 4,91 % en 2025 selon l'ASPIM et l'IEIF, soit 4 910 euros, sans garantie du capital. Après impôt et inflation, il reste nettement moins.
- Combien rapportent 100 000 euros par mois ?
- Sur la base des rendements 2026, 100 000 euros produisent environ 142 euros par mois sur un Livret A, 217 euros bruts sur un fonds en euros et 409 euros bruts en SCPI. Après prélèvements sociaux et impôt, le fonds en euros descend à environ 179 euros et la SCPI à environ 216 euros pour une tranche marginale d'imposition de 30 %.
- Quel placement rapporte le plus avec 100 000 euros ?
- Sur longue période, les actions affichent le taux de rendement interne le plus élevé, à 11,8 % par an de 1984 à 2024 selon l'étude de l'IEIF. C'est aussi la classe d'actifs la plus volatile, avec un risque de perte en capital réel. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et aucun rendement ne peut être garanti à l'avance.
- Est-ce que 100 000 euros sur un Livret A, c'est possible ?
- Non. Le plafond du Livret A est de 22 950 euros pour un particulier et celui du LDDS de 12 000 euros, hors intérêts capitalisés. Un couple peut donc loger au maximum 69 900 euros sur ces quatre livrets. Le solde doit être placé ailleurs, sur des supports fiscalisés ou sur des enveloppes comme l'assurance vie, le PEA ou le compte-titres.
- Combien rapportent 100 000 euros au bout de 10 ans ?
- À 1,70 % net, un Livret A porte 100 000 euros à 118 361 euros au bout de dix ans. Corrigé d'une inflation de 2,1 % par an, cela représente 96 151 euros de pouvoir d'achat, soit une perte réelle de 3 849 euros. Un placement doit battre l'inflation pour créer de la valeur, un rendement nominal positif ne suffit pas.
- Faut-il déclarer les intérêts de 100 000 euros placés ?
- Les intérêts du Livret A, du LDDS et du LEP sont exonérés d'impôt et de prélèvements sociaux, et ne se déclarent pas. Les intérêts de comptes à terme, les dividendes et les plus-values sont soumis au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % depuis 2026. Les revenus de SCPI détenues en direct sont des revenus fonciers, imposés au barème plus 17,2 % de prélèvements sociaux.
- Quelle inflation retenir pour calculer un rendement réel en 2026 ?
- L'INSEE a mesuré une hausse des prix à la consommation de 2,1 % sur un an en juillet 2026. En moyenne annuelle, l'inflation s'était établie à 0,9 % en 2025, après 2,0 % en 2024. Retenir 2 % par an est un ordre de grandeur prudent pour une projection longue, sachant que l'inflation constatée peut s'en écarter fortement, comme en 2022 avec 5,2 %.