PER ou assurance-vie : le comparatif chiffré
Le PER déduit vos versements de votre revenu imposable, jusqu'à 37 680 euros en 2026 pour une salariée, mais ressort ses gains à 31,4 % quand l'assurance-vie de plus de huit ans sort à 24,7 %. Deux simulations complètes, à TMI 30 % et à TMI 41 %, mesurent l'écart réel de patrimoine net, jusqu'à 28 299 euros sur quinze ans. Et le seuil de TMI de sortie au-delà duquel le PER devient perdant est calculé ligne à ligne.
PER ou assurance-vie : la réponse en trois chiffres
L'arbitrage entre PER ou assurance-vie se joue sur trois paramètres seulement : votre tranche marginale d'imposition aujourd'hui, celle que vous aurez le jour où vous récupérerez l'argent, et la date à laquelle vous voulez pouvoir y toucher. En 2026, un versement sur un plan d'épargne retraite se déduit du revenu imposable dans la limite de 37 680 euros pour une salariée et de 88 911 euros pour une indépendante, mais les gains ressortent taxés à 31,4 %, contre 24,7 % sur une assurance-vie de plus de huit ans. Tout l'écart de patrimoine final tient dans la différence entre l'économie d'impôt encaissée à l'entrée et l'impôt rendu à la sortie.
Cet article déroule le calcul complet, sur deux profils réels, et donne le seuil précis de tranche marginale au-delà duquel le PER cesse d'être gagnant. Il montre aussi les quatre situations, très banales, dans lesquelles le PER fait perdre de l'argent à celle qui l'a ouvert. Aucun conseil personnalisé ici : les mécanismes sont exposés, les chiffres sont sourcés et datés, l'application à votre situation relève d'une étude patrimoniale complète.
Les ordres de grandeur du marché
Les deux enveloppes ne jouent pas dans la même catégorie. L'encours de l'assurance-vie atteignait 2 107 milliards d'euros fin 2025, en hausse de 6,1 % sur un an, pour une collecte nette de 50,6 milliards, un niveau inédit depuis 2010, selon le communiqué de France Assureurs publié le 27 janvier 2026. Le PER, lui, a franchi 150,4 milliards d'euros d'encours pour 12,9 millions de titulaires au 31 décembre 2025, d'après la Direction générale du Trésor. Rapport de un à quatorze, pour un produit né de la loi Pacte en 2019.
Cette asymétrie explique une partie du bruit ambiant. Le PER est le produit que l'on vend, et qui rapporte à celui qui le vend : les frais moyens sur versement en unités de compte s'établissaient à 1,51 % sur le PER en 2025 contre 0,57 % en assurance-vie. Nous y revenons en détail, chiffres à l'appui, parce que cette ligne mange une partie de l'avantage fiscal.
Deux enveloppes, deux logiques : les définitions posées
Le plan d'épargne retraite individuel
Le PER individuel est un contrat d'épargne à long terme créé par la loi Pacte du 22 mai 2019, destiné à constituer un complément de revenu pour la retraite. Il existe sous deux formes : le PER assurantiel, souscrit auprès d'un assureur et doté d'une clause bénéficiaire, et le PER bancaire, ou PER compte-titres, qui n'en a pas. Les versements volontaires sont déductibles du revenu imposable dans la limite d'un plafond annuel, et les sommes sont indisponibles jusqu'à la liquidation des droits à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé. La définition complète et les paramètres 2026 sont détaillés dans notre fiche glossaire consacrée au PER et sur notre page placements PER.
L'assurance-vie
L'assurance-vie est un contrat par lequel un assureur s'engage à verser un capital ou une rente à un bénéficiaire désigné, en contrepartie de primes. Sur le plan patrimonial, c'est d'abord une enveloppe de capitalisation : les gains ne sont imposés qu'au moment d'un rachat, et uniquement à hauteur de la quote-part de gains contenue dans ce rachat. Elle donne accès à un fonds en euros à capital garanti par l'assureur et à des unités de compte dont la valeur fluctue et dont le capital n'est pas garanti. Le rendement moyen des fonds en euros s'est établi à 2,63 % net de frais de gestion en 2025, contre 2,66 % sur les PER assurantiels. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Le vrai clivage n'est pas fiscal
On présente le débat comme une comparaison d'impôts. C'est une erreur de cadrage. La différence structurante entre les deux enveloppes, c'est la disponibilité. Une assurance-vie se rachète partiellement en quelques jours, à n'importe quel âge, pour n'importe quel motif. Un PER ne se rachète pas : il se liquide à la retraite, ou dans sept cas limitativement énumérés. Toute la fiscalité du PER est le prix payé pour ce verrou, et une partie de l'analyse consiste à se demander si ce prix est correct.
PER ou assurance-vie : le tableau comparatif ligne à ligne
Le tableau ci-dessous reprend l'ensemble des paramètres 2026, en distinguant systématiquement ce qui relève de l'entrée, de la vie du contrat, de la sortie et de la transmission. Les taux de prélèvements sociaux intègrent la hausse de la CSG de 9,2 % à 10,6 % votée dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, adoptée le 16 décembre 2025, dont l'assurance-vie et les contrats de capitalisation ont été expressément exclus.
| Critère | PER individuel | Assurance-vie |
|---|---|---|
| Déduction des versements du revenu imposable | Oui, dans la limite du plafond épargne retraite | Non, aucune déduction |
| Plafond de déduction 2026, salariée | 10 % des revenus 2025, maximum 37 680 euros, plancher 4 710 euros | Sans objet |
| Plafond de déduction 2026, indépendante | Maximum 88 911 euros, plancher 4 806 euros | Sans objet |
| Plafond de versement | Aucun, seule la déduction est plafonnée | Aucun |
| Disponibilité de l'épargne | Bloquée jusqu'à la retraite, 7 cas de déblocage anticipé | Totale, rachat partiel ou total à tout moment |
| Imposition pendant la phase d'épargne | Aucune, capitalisation en franchise d'impôt | Aucune, capitalisation en franchise d'impôt |
| Prélèvements sociaux sur les gains | 18,6 % depuis le 1er janvier 2026 | 17,2 %, maintien confirmé par la LFSS 2026 |
| Sortie en capital, part des versements déduits | Barème de l'impôt sur le revenu, sans abattement de 10 %, sans prélèvements sociaux | Non imposée, seuls les gains le sont |
| Sortie en capital, part des gains | PFU 31,4 % (12,8 % + 18,6 %) | PFU 30 % avant 8 ans, 24,7 % après 8 ans |
| Abattement annuel sur les gains | Aucun | 4 600 euros seule, 9 200 euros en couple, après 8 ans |
| Sortie en rente viagère | Régime des pensions, barème après abattement de 10 % plafonné à 4 439 euros | Rente viagère à titre onéreux, fraction imposable de 30 % à 70 % selon l'âge |
| Transmission, décès avant 70 ans | Article 990 I, abattement 152 500 euros par bénéficiaire (PER assurantiel) | Article 990 I, abattement 152 500 euros par bénéficiaire |
| Transmission, décès après 70 ans | Article 757 B sur la totalité de l'encours, abattement global 30 500 euros | Article 757 B sur les seules primes versées après 70 ans, gains exonérés |
| Impôt sur la fortune immobilière | Hors assiette pendant la phase d'épargne pour le PER assurantiel non rachetable | Fraction immobilière des unités de compte dans l'assiette |
| Transférabilité | Oui, frais plafonnés à 1 % avant 5 ans, gratuit ensuite | Non entre assureurs, arbitrage interne possible |
| Frais moyens sur versement en unités de compte, 2025 | 1,51 % | 0,57 % |
| Frais moyens de gestion en unités de compte, 2025 | 0,91 % | 0,88 % |
| Encours au 31 décembre 2025 | 150,4 milliards d'euros, 12,9 millions de titulaires | 2 107 milliards d'euros, environ 19 millions d'assurés |
Une lecture rapide de ce tableau suffit à comprendre pourquoi la comparaison est piégeuse : le PER gagne sur une ligne, la déduction, et perd sur presque toutes les autres. La question n'est donc pas de savoir laquelle des deux enveloppes est meilleure, mais si le gain de la première ligne compense tout le reste. Notre guide de fond assurance-vie contre PER reprend l'architecture générale, cet article se concentre sur l'arithmétique.
L'entrée : ce que la déduction PER vous rend vraiment en 2026
Le plafond des salariées
Pour les versements effectués en 2026, le plafond épargne retraite d'une salariée correspond au plus favorable de deux montants : 10 % des revenus professionnels nets de 2025, retenus dans la limite de huit fois le plafond annuel de la Sécurité sociale 2025 fixé à 47 100 euros, soit 37 680 euros au maximum, ou 10 % de ce même PASS 2025, soit un plancher de 4 710 euros. Ce plafond figure sur votre avis d'imposition, à la rubrique « plafond épargne retraite ».
Concrètement, une salariée déclarant 60 000 euros de revenus nets en 2025 dispose de 6 000 euros de capacité de déduction en 2026. Verser davantage n'est pas interdit, mais le surplus ne se déduit pas : il devient un versement non déduit, dont le régime de sortie diffère, et qu'il faut donc suivre séparément dans le contrat.
Le plafond des indépendantes, deux fois plus généreux
Le régime de l'article 154 bis du code général des impôts est nettement plus large. Une travailleuse non salariée cumule 10 % du bénéfice imposable, dans la limite de huit fois le PASS 2026 de 48 060 euros, et 15 % de la fraction du bénéfice comprise entre un et huit PASS. Le plafond maximum atteint ainsi 88 911 euros en 2026, avec un plancher de 4 806 euros. C'est le seul cas où le levier fiscal du PER devient massif, et nous le détaillons dans notre article sur le PER des indépendantes et le levier fiscal TNS.
Le report sur trois ans et la mutualisation du couple
Un plafond non utilisé n'est pas perdu : il se reporte sur les trois années suivantes, ce qui permet à une indépendante ayant une année exceptionnelle de rattraper trois exercices creux. Les couples mariés ou pacsés soumis à imposition commune peuvent en outre mutualiser leurs plafonds respectifs, en cochant la case dédiée sur la déclaration. Cette option est utile quand un seul des deux membres du foyer supporte l'essentiel de l'impôt, mais elle consomme définitivement le plafond de l'autre.
Le piège du calcul mental à la tranche marginale
L'économie d'impôt d'un versement PER n'est pas égale au versement multiplié par la tranche marginale, sauf si le versement reste entièrement à l'intérieur de cette tranche. Le barème applicable en 2026 aux revenus de 2025, tel que publié par service-public.gouv.fr, page mise à jour le 15 avril 2026, retient cinq tranches revalorisées de 0,9 % par la loi de finances pour 2026.
| Fraction du revenu net imposable par part | Taux | Économie d'impôt pour 1 000 euros versés sur un PER |
|---|---|---|
| Jusqu'à 11 600 euros | 0 % | 0 euro |
| De 11 601 à 29 579 euros | 11 % | 110 euros |
| De 29 580 à 84 577 euros | 30 % | 300 euros |
| De 84 578 à 181 917 euros | 41 % | 410 euros |
| Au-delà de 181 917 euros | 45 % | 450 euros |
Une lectrice dont le revenu net imposable atteint 31 000 euros est bien à une tranche marginale d'imposition de 30 %, mais seuls 1 420 euros de son revenu se situent dans cette tranche. Un versement de 5 000 euros lui rapportera 426 euros à 30 % puis 393 euros à 11 % sur le solde, soit 819 euros et non 1 500 euros. Le rendement fiscal réel de son versement est de 16,4 %, pas de 30 %. Le simulateur d'impôt sur le revenu permet de mesurer cet effet de bord avant de décider d'un montant.
La sortie : ce que vous rendez, et à quel moment
Le PER en capital, versements déduits
La sortie en capital d'un PER alimenté par des versements déduits obéit à une règle en deux étages. La part correspondant aux versements est réintégrée au barème de l'impôt sur le revenu, sans le bénéfice de l'abattement de 10 % applicable aux pensions, et sans prélèvements sociaux. La part correspondant aux gains supporte le prélèvement forfaitaire unique, porté à 31,4 % pour les sommes perçues à compter du 1er janvier 2026, soit 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, selon la fiche service-public.gouv.fr sur le PER, mise à jour le 18 juin 2026.
Ce point mérite d'être souligné parce qu'il est récent et encore mal intégré dans la plupart des comparatifs en ligne : la hausse de la CSG de 9,2 % à 10,6 % votée en LFSS 2026 s'applique aux gains du PER mais pas à ceux de l'assurance-vie. Un écart de 1,4 point s'est ouvert entre les deux enveloppes le 1er janvier 2026, en défaveur du PER.
Le PER en rente viagère
La rente issue de versements déduits est imposée comme une pension de retraite : barème progressif après l'abattement de 10 %, plafonné à 4 439 euros pour l'ensemble du foyer fiscal au titre des revenus 2025, avec un plancher de 454 euros par pensionné. Les prélèvements sociaux ne portent que sur une fraction de la rente, déterminée par l'âge à la mise en service : 70 % avant 50 ans, 50 % de 50 à 59 ans, 40 % de 60 à 69 ans, 30 % à partir de 70 ans. Le détail de l'arbitrage figure dans notre article PER : sortie en capital ou en rente.
L'assurance-vie avant et après huit ans
Sur une assurance-vie, seuls les gains contenus dans un rachat sont taxés, au prorata. Avant huit ans, les gains issus de primes versées depuis le 27 septembre 2017 subissent le prélèvement forfaitaire unique de 30 %, soit 12,8 % d'impôt et 17,2 % de prélèvements sociaux, avec l'option pour le barème progressif si elle est plus favorable. Après huit ans, un abattement annuel de 4 600 euros pour une personne seule ou 9 200 euros pour un couple soumis à imposition commune s'applique, puis le taux d'impôt tombe à 7,5 % pour la fraction des gains correspondant à des primes n'excédant pas 150 000 euros, et 12,8 % au-delà. Les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus sans abattement, ce qui donne un taux global de 24,7 %.
| Situation de sortie | Impôt sur le revenu | Prélèvements sociaux | Taux global sur les gains |
|---|---|---|---|
| PER, capital, part des versements déduits | Barème, de 0 % à 45 % | Aucun | 0 % à 45 % sur le versement lui-même |
| PER, capital, part des gains | 12,8 % | 18,6 % | 31,4 % |
| PER, capital, versements non déduits | Exonéré sur le versement, 12,8 % sur les gains | 18,6 % sur les gains | 31,4 % sur les seuls gains |
| Assurance-vie de moins de 8 ans | 12,8 % | 17,2 % | 30 % |
| Assurance-vie de plus de 8 ans, primes jusqu'à 150 000 euros | 7,5 % après abattement de 4 600 ou 9 200 euros | 17,2 % | 24,7 %, moins l'effet de l'abattement |
| Assurance-vie de plus de 8 ans, primes au-delà de 150 000 euros | 12,8 % après abattement | 17,2 % | 30 %, moins l'effet de l'abattement |
L'abattement annuel de l'assurance-vie est souvent traité comme un détail. Il ne l'est pas : une lectrice qui organise ses rachats sur plusieurs exercices peut sortir plusieurs dizaines de milliers d'euros de gains en ne payant que les prélèvements sociaux. La méthode est détaillée dans notre article sur les retraits d'assurance-vie après 8 ans.
Simulation 1 : une lectrice à TMI 30 % sur vingt ans
Les hypothèses, posées noir sur blanc
Claire a 45 ans, elle est célibataire, cadre, et déclare 60 000 euros de revenu net imposable. Sa tranche marginale est de 30 %, et son versement restera entièrement dans cette tranche. Elle peut consacrer un effort d'épargne net de 3 500 euros par an pendant vingt ans, c'est-à-dire 3 500 euros réellement sortis de son compte courant après remboursement d'impôt. L'hypothèse de valorisation retenue est de 4 % net de frais par an, hypothèse de travail et non promesse : le capital investi en unités de compte n'est pas garanti et les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Sur un PER, un effort net de 3 500 euros correspond à un versement brut de 5 000 euros, puisque l'économie d'impôt de 1 500 euros lui revient l'année suivante. Sur une assurance-vie, un effort net de 3 500 euros correspond à un versement de 3 500 euros. C'est le seul cadrage honnête : à trésorerie identique, le PER permet mécaniquement d'investir davantage.
Le résultat net, à tranche marginale inchangée
| Étape | PER, 5 000 euros par an | Assurance-vie, 3 500 euros par an |
|---|---|---|
| Effort de trésorerie annuel | 3 500 euros | 3 500 euros |
| Économie d'impôt annuelle | 1 500 euros | 0 euro |
| Versements cumulés sur 20 ans | 100 000 euros | 70 000 euros |
| Capital au terme, à 4 % par an | 148 890 euros | 104 223 euros |
| Dont gains | 48 890 euros | 34 223 euros |
| Impôt sur la part des versements, TMI 30 % | 30 000 euros | 0 euro |
| Impôt sur la part des gains | 15 351 euros (PFU 31,4 %) | 2 222 euros (7,5 % après abattement de 4 600 euros) |
| Prélèvements sociaux sur les gains | Compris dans le PFU | 5 886 euros (17,2 %) |
| Capital net disponible | 103 539 euros | 96 115 euros |
À tranche marginale identique de 30 % à l'entrée et à la sortie, le PER l'emporte de 7 424 euros, soit 7,7 %. Ce résultat surprend, parce qu'il contredit la phrase la plus répétée du secteur. L'explication est purement mécanique : la déduction fonctionne comme une avance sans intérêt de l'État, qui permet de faire travailler 100 000 euros au lieu de 70 000. Le supplément de capital produit des gains, et ces gains compensent largement le surcoût de 6,7 points d'imposition à la sortie.
Variante 1 : la tranche marginale monte à 41 % à la retraite
Claire a acheté deux studios en location nue entre-temps, ses revenus fonciers s'ajoutent à sa pension, sa tranche marginale passe à 41 % l'année de la sortie. La part des versements est alors imposée 41 000 euros au lieu de 30 000, le capital net tombe à 92 539 euros, contre 96 115 euros pour l'assurance-vie. Le PER lui coûte 3 576 euros. Elle a déduit à 30 % et remboursé à 41 %, la différence est perdue.
Variante 2 : le remboursement d'impôt est dépensé
C'est le scénario le plus fréquent et le moins traité. Claire verse 5 000 euros par an sur son PER et dépense les 1 500 euros de remboursement chaque printemps. Comparons avec la même lectrice qui aurait versé 5 000 euros par an sur une assurance-vie.
| Indicateur au bout de 20 ans | PER, remboursement dépensé | Assurance-vie, 5 000 euros par an |
|---|---|---|
| Capital brut | 148 890 euros | 148 890 euros |
| Impôt total à la sortie, TMI 30 % | 45 351 euros | 11 731 euros |
| Capital net | 103 539 euros | 137 159 euros |
| Trésorerie encaissée en cours de route | 30 000 euros, consommés | 0 euro |
| Bilan patrimonial net | Moins 33 620 euros de capital pour 30 000 euros de pouvoir d'achat | Référence |
Le PER perd 3 620 euros dans cette configuration, et ce chiffre est optimiste puisqu'il ignore les frais de versement supérieurs du PER. Retenez la règle qui en découle : l'avantage fiscal du PER n'existe que si l'économie d'impôt est réinvestie. Dépensée, elle transforme une enveloppe fiscalement neutre en enveloppe fiscalement perdante. Le simulateur de PER et le simulateur d'assurance-vie permettent de rejouer ces deux branches avec vos propres montants.
Simulation 2 : une lectrice à TMI 41 % sur quinze ans
Les hypothèses et le résultat
Hélène a 50 ans, elle est célibataire, dirigeante salariée, et déclare 110 000 euros de revenu net imposable. Sa tranche marginale est de 41 %. Elle verse 10 000 euros par an pendant quinze ans, un montant compatible avec son plafond de déduction de 11 000 euros. Son économie d'impôt annuelle est de 4 100 euros, son effort net de 5 900 euros. Même hypothèse de 4 % net par an. À la retraite, ses revenus la placent dans la tranche à 30 %, et elle liquide son PER en capital fractionné sur dix ans, à 15 000 euros par an, ce qui maintient sa tranche marginale à 30 %.
| Étape | PER, 10 000 euros par an | Assurance-vie, 5 900 euros par an |
|---|---|---|
| Effort de trésorerie annuel | 5 900 euros | 5 900 euros |
| Économie d'impôt cumulée sur 15 ans | 61 500 euros | 0 euro |
| Versements cumulés | 150 000 euros | 88 500 euros |
| Capital au terme | 200 236 euros | 118 139 euros |
| Dont gains | 50 236 euros | 29 639 euros |
| Impôt sur la part des versements | 45 000 euros à 30 % | 0 euro |
| Impôt et prélèvements sociaux sur les gains | 15 774 euros | 6 976 euros |
| Capital net disponible | 139 462 euros | 111 163 euros |
L'écart atteint 28 299 euros, soit 25,5 % de capital net supplémentaire. C'est le cas d'école du PER : une tranche marginale élevée pendant la constitution, une tranche plus basse à la sortie, un horizon suffisant, et une sortie étalée. Toutes ces conditions doivent être réunies en même temps.
Variante : la tranche marginale reste à 41 % à la sortie
Si Hélène conserve une tranche marginale de 41 % à la retraite, l'impôt sur la part des versements passe à 61 500 euros et son capital net à 122 962 euros. Le PER reste devant l'assurance-vie de 11 799 euros. Autrement dit, à horizon quinze ans et pour une tranche d'entrée à 41 %, aucune tranche de sortie existante en France ne rend le PER perdant sur ce seul critère. C'est la démonstration la plus contre-intuitive de cet article.
Variante : tout sortir la même année
Hélène liquide ses 200 236 euros en une seule fois. Sa pension imposable après abattement est de 45 000 euros. Les 150 000 euros de versements s'ajoutent à ce revenu et la propulsent jusqu'à la tranche à 45 %. Le supplément d'impôt sur le revenu ressort à 57 670 euros, soit un taux moyen de 38,4 % sur la part des versements, alors qu'elle avait déduit à 41 %. Son capital net tombe à 126 792 euros, contre 139 462 euros en sortie fractionnée. Le prix de l'impatience : 12 670 euros.
Cette variante mérite d'être connue avant même l'ouverture du plan, car elle se prépare quinze ans à l'avance. Un capital PER trop concentré finit toujours par se heurter à la progressivité du barème. Et pour les revenus les plus élevés, la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus, de 3 % puis 4 % au-delà de 250 000 et 500 000 euros de revenu fiscal de référence pour une personne seule, vient s'ajouter à la note.
Le seuil que personne ne calcule : à partir de quelle TMI le PER devient perdant
La formule
Pour un effort d'épargne net identique, le PER l'emporte sur l'assurance-vie tant que la condition suivante est vérifiée : le taux d'imposition à la sortie doit rester inférieur à 1 moins le produit de la tranche d'entrée complémentaire par le facteur de fiscalité de l'assurance-vie, augmenté du facteur de fiscalité des gains du PER. En clair, le seuil dépend de trois variables seulement : la tranche marginale à l'entrée, la durée de placement et le rendement. Plus la durée est longue, plus le PER est difficile à battre, parce que la part des gains dans le capital final augmente.
Le tableau des seuils, à 4 % net par an
Le tableau donne, pour chaque combinaison, la tranche marginale de sortie au-delà de laquelle le PER devient moins avantageux que l'assurance-vie de plus de huit ans. Il intègre le PFU de 31,4 % sur les gains du PER et le taux de 24,7 % sur les gains de l'assurance-vie, hors abattement annuel.
| TMI à l'entrée | Horizon 5 ans | Horizon 10 ans | Horizon 20 ans | Horizon 30 ans |
|---|---|---|---|---|
| 11 % | 11,3 % | 11,8 % | 12,9 % | 14,6 % |
| 30 % | 33,4 % | 37,6 % | 48,9 % | 65,6 % |
| 41 % | 46,2 % | 52,6 % | 69,8 % | 95,2 % |
| 45 % | 50,9 % | 58,1 % | 77,4 % | Aucune |
La lecture est instructive. À 41 % d'entrée et dix ans d'horizon, il faudrait une tranche de sortie de 52,6 % pour que le PER devienne perdant : elle n'existe pas dans le barème français, qui plafonne à 45 %. À 30 % d'entrée et cinq ans d'horizon en revanche, le seuil tombe à 33,4 %, ce qui signifie qu'un passage à la tranche à 41 % suffit à faire basculer le calcul. Et à 11 % d'entrée, le seuil se situe entre 11 % et 15 % selon l'horizon : la moindre remontée de tranche à la retraite rend le PER perdant.
Pourquoi la phrase la plus répétée du secteur est fausse telle quelle
« Le PER n'est intéressant que si votre TMI baisse à la retraite. » Cette phrase est partout, et prise au pied de la lettre, elle est fausse. Le tableau ci-dessus montre qu'à tranche constante, le PER reste gagnant dans presque toutes les configurations, parce que la déduction démultiplie le capital investi. La formulation exacte est différente : le PER devient perdant si votre tranche marginale monte, si elle monte à cause de la sortie elle-même, ou si vous ne réinvestissez pas l'économie d'impôt. Ce sont trois risques distincts, et les deux derniers sont les plus fréquents.
Le débat sur le caractère prétendument abusif du PER mérite d'ailleurs d'être écouté dans son intégralité plutôt que résumé en slogan : la question du blocage, celle des frais et celle du décalage entre la promesse commerciale et le calcul réel sont décortiquées dans l'épisode du podcast Out of the Box consacré au PER et à sa réputation d'arnaque fiscale, qui pose les mêmes chiffres sans les mêmes conclusions commerciales.
Ce que le modèle ne dit pas
Un modèle est un outil, pas une vérité. Celui-ci ignore volontairement quatre éléments, tous défavorables au PER. Il ne tient pas compte de l'abattement annuel de 4 600 euros de l'assurance-vie, qui améliore encore le résultat de cette dernière sur des rachats étalés. Il ne tient pas compte des frais supérieurs du PER. Il ne tient pas compte de l'effet de bord du barème à la sortie, chiffré plus haut à 12 670 euros dans un cas concret. Et il ne valorise pas la liquidité, que l'assurance-vie offre et que le PER retire. Ajoutez ces quatre éléments, et les seuils du tableau baissent tous.
Les quatre situations où le PER fait perdre de l'argent
Vous êtes à une tranche marginale de 11 %
Une déduction à 11 % coûte cher à rembourser. En reprenant la formule, une lectrice qui déduit à 11 % et sort à 30 % perd environ 11 % de capital net par rapport à une assurance-vie, sur vingt ans. Et même à tranche parfaitement constante à 11 %, l'avantage résiduel du PER se situe autour de 1 %, un écart entièrement absorbé par des frais sur versement supérieurs de près d'un point. Le PER n'est pas conçu pour les foyers faiblement imposés.
Vous dépensez le remboursement d'impôt
La simulation 1 le chiffre : 3 620 euros de perte nette sur vingt ans pour une lectrice à 30 %. Le mécanisme est simple, l'avantage du PER étant une avance de trésorerie, il ne se transforme en patrimoine que s'il est replacé. Une règle pratique consiste à programmer le versement de l'économie d'impôt sur un autre support dès sa réception, plutôt que de compter sur la discipline du moment.
Vous sortez tout la même année
La progressivité du barème est impitoyable sur les sorties concentrées. Une retraitée dont la pension imposable après abattement s'établit à 27 000 euros se situe dans la tranche à 11 %. Si elle récupère 100 000 euros de versements PER la même année, son revenu imposable grimpe à 127 000 euros et le supplément d'impôt atteint 34 177 euros, soit un taux moyen de 34,2 % sur la somme récupérée. En étalant sur dix ans à 10 000 euros par an, le supplément total tombe à 25 100 euros, soit 25,1 %. L'étalement lui fait économiser 9 077 euros sans changer un seul paramètre du contrat.
Vous débloquez pour la résidence principale en pleine activité
C'est le piège le plus coûteux, parce qu'il est vendu comme une souplesse. Une lectrice active à 60 000 euros de revenu imposable qui débloque 100 000 euros pour acheter sa résidence principale voit son revenu imposable passer à 160 000 euros. Le supplément d'impôt s'élève à 38 296 euros, soit 38,3 % sur la somme débloquée, à comparer aux 30 % de déduction obtenus à l'entrée. Les gains subissent en plus le PFU à 31,4 %. Le déblocage résidence principale n'est pas un droit de retrait, c'est une opération fiscalement défavorable dans la quasi-totalité des cas où l'on est encore en activité.
Le blocage jusqu'à la retraite est un coût, pas un détail
Les sept cas de déblocage anticipé
Le déblocage anticipé du PER individuel n'est possible que dans les situations limitativement énumérées par le code monétaire et financier : décès du conjoint ou du partenaire de PACS, invalidité de deuxième ou troisième catégorie de la titulaire, de ses enfants, de son conjoint ou de son partenaire de PACS, situation de surendettement, expiration des droits à l'assurance chômage, cessation d'activité non salariée à la suite d'une liquidation judiciaire, révocation ou non-renouvellement d'un mandat social depuis au moins deux ans, et acquisition de la résidence principale.
Dans les cas dits d'accidents de la vie, la part correspondant aux versements est exonérée d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, seuls les gains supportent les prélèvements sociaux. Dans le cas de la résidence principale, la fiscalité de droit commun s'applique : le barème sur les versements déduits, le PFU à 31,4 % sur les gains.
Comment chiffrer la valeur de la liquidité
La liquidité n'est pas un confort, c'est un actif. Une lectrice de 45 ans qui bloque 100 000 euros jusqu'à 64 ans s'interdit de financer un apport, de saisir une opportunité immobilière, de traverser une période sans revenu ou de faire face à un divorce sans recourir au crédit. Le coût de substitution se mesure : un crédit à la consommation se négocie rarement en dessous de 5 % par an, un découvert bien davantage. Deux ans de crédit à 5 % sur 30 000 euros représentent environ 3 000 euros d'intérêts, soit l'équivalent de deux années d'économie d'impôt pour une lectrice à 30 % versant 5 000 euros par an.
Cette valeur d'option est d'autant plus élevée que l'horizon est long et le patrimoine peu diversifié. Une lectrice de 55 ans avec une épargne de précaution solide et un patrimoine immobilier déjà constitué supporte un blocage de sept ans sans difficulté. Une lectrice de 35 ans avec trois mois de dépenses en réserve ne joue pas au même jeu. C'est précisément ce que mesure un bilan patrimonial, avant d'ouvrir quoi que ce soit.
La succession : deux régimes qui ne se ressemblent pas
Décès avant 70 ans, l'article 990 I
L'article 990 I du code général des impôts prévoit un abattement de 152 500 euros par bénéficiaire désigné, tous contrats confondus sur la tête d'un même assuré, puis un prélèvement de 20 % sur la fraction taxable jusqu'à 700 000 euros et de 31,25 % au-delà. Ce régime s'applique à l'assurance-vie pour les primes versées avant 70 ans, et au PER assurantiel dès lors que le décès intervient avant 70 ans, quelle que soit la date des versements. Le PER atteint alors un résultat fiscal remarquable : les versements ont été déduits à l'entrée, et l'impôt sur le revenu correspondant n'est jamais remboursé.
Décès après 70 ans, l'article 757 B
Après 70 ans, l'écart se creuse fortement, et pas dans le sens que l'on croit. Sur une assurance-vie, seules les primes versées après 70 ans sont soumises aux droits de succession, après un abattement global de 30 500 euros partagé entre tous les bénéficiaires, et les gains produits par ces primes sont exonérés. Sur un PER assurantiel, c'est la totalité de l'encours, gains compris, qui entre dans l'assiette de l'article 757 B. La différence se chiffre.
| Hypothèse : 200 000 euros transmis à un enfant unique, dont 50 000 euros de gains | Assiette taxable | Droits ou prélèvement dus | Net pour le bénéficiaire |
|---|---|---|---|
| Assurance-vie, versements avant 70 ans, article 990 I | 47 500 euros après abattement de 152 500 euros | 9 500 euros à 20 % | 190 500 euros |
| PER assurantiel, décès avant 70 ans, article 990 I | 47 500 euros après abattement de 152 500 euros | 9 500 euros à 20 % | 190 500 euros |
| Assurance-vie, primes versées après 70 ans, article 757 B | 119 500 euros, gains exonérés, abattement global de 30 500 euros | 22 094 euros de droits de succession | 177 906 euros |
| PER assurantiel, décès après 70 ans, article 757 B | 169 500 euros, gains inclus, abattement global de 30 500 euros | 32 094 euros de droits de succession | 167 906 euros |
Les droits sont calculés au barème en ligne directe publié par service-public.gouv.fr, page mise à jour le 9 février 2026, en supposant l'abattement personnel de 100 000 euros déjà consommé par le reste de la succession. L'écart de 10 000 euros entre les deux régimes après 70 ans correspond exactement à la taxation des 50 000 euros de gains à 20 %, que l'assurance-vie exonère et que le PER n'exonère pas.
Il faut nommer les choses : sur le plan strictement fiscal, un PER est optimal en cas de décès avant 70 ans et médiocre après. Construire une stratégie patrimoniale sur cette bascule est évidemment absurde, mais l'ignorer l'est tout autant, en particulier au moment de rédiger la clause bénéficiaire.
Le PER bancaire, l'angle mort
Le PER compte-titres ne comporte aucune clause bénéficiaire. Au décès, les actifs tombent dans la succession et subissent les droits de droit commun, sans abattement de 152 500 euros et sans régime de faveur. Deux produits portant le même nom, deux traitements successoraux radicalement différents. Vérifier la nature exacte du contrat avant d'ouvrir est un réflexe élémentaire.
Les frais, la ligne que les comparatifs fiscaux oublient
Les moyennes de marché 2025
Les données publiées au titre de l'exercice 2025 donnent un avantage net à l'assurance-vie : frais moyens sur versement de 0,57 % en unités de compte contre 1,51 % sur le PER, et 0,55 % contre 1,09 % sur les fonds en euros. Les frais de gestion annuels en unités de compte sont plus proches, 0,88 % contre 0,91 %. Certains contrats traditionnels appliquent encore jusqu'à 5 % de frais sur versement, un niveau qui ne se justifie par aucun service mesurable.
Ce que ces écarts coûtent en euros
Reprenons Claire et ses 5 000 euros annuels sur vingt ans. Un contrat prélevant 5 % de frais sur versement lui coûte 250 euros par an, soit 7 445 euros de capital final en moins à 4 % par an. Un écart de frais de gestion de 0,31 point, entre un contrat à 0,91 % et un contrat en ligne à 0,60 %, ramène son capital de 148 890 euros à 144 218 euros, soit 4 672 euros de moins. Cumulés, ces deux écarts représentent 12 117 euros, soit davantage que la totalité de l'avantage fiscal de 7 424 euros calculé plus haut.
Autrement dit : sur un profil à 30 %, le choix du contrat pèse plus lourd que le choix de l'enveloppe. C'est le genre de conclusion que l'on trouve rarement dans les comparatifs publiés par ceux qui distribuent les produits. Notre panorama des placements 2026 revient sur les ordres de grandeur de frais acceptables par classe d'actifs.
Ce que chaque enveloppe a et que l'autre n'a pas
L'impôt sur la fortune immobilière
Un point rarement mis en avant joue en faveur du PER. Pendant la phase d'épargne, le PER assurantiel est réputé non rachetable, ce qui exclut sa valeur de l'assiette de l'impôt sur la fortune immobilière, y compris pour la fraction investie en parts de SCPI ou d'OPCI. Une assurance-vie, rachetable par nature, y réintègre la quote-part immobilière de ses unités de compte. Pour un patrimoine assujetti à l'IFI, l'écart annuel peut être significatif. Attention toutefois, dès que le PER devient rachetable, à la liquidation, les actifs immobiliers réintègrent l'assiette. Le PER bancaire, lui, est dans l'assiette dès la souscription.
La transférabilité
Un PER se transfère d'un établissement à l'autre, avec des frais plafonnés à 1 % de l'encours avant cinq ans de détention et nuls au-delà. Une assurance-vie ne se transfère pas entre assureurs : changer de contrat impose de racheter, donc de purger la fiscalité et de perdre l'antériorité fiscale des huit ans. Sur ce point précis, le PER est mieux armé, et c'est un argument sérieux quand on hésite à s'engager avec un assureur pour vingt ans.
L'antériorité fiscale, l'atout silencieux de l'assurance-vie
Le compteur des huit ans court à partir de l'ouverture du contrat, pas à partir des versements. Ouvrir un contrat avec 500 euros à 30 ans coûte presque rien et fait démarrer l'horloge. Dix ans plus tard, le contrat est mûr et les rachats bénéficient immédiatement du taux à 7,5 % et de l'abattement annuel. C'est l'un des rares gestes patrimoniaux dont le rapport entre coût immédiat et bénéfice futur est aussi favorable.
PER ou assurance-vie : la question de l'ordre plutôt que celle du choix
Poser le débat en termes de PER ou assurance-vie revient souvent à poser une fausse alternative. Les deux enveloppes remplissent des fonctions différentes : l'une convertit un taux d'imposition élevé en capital investi et le verrouille, l'autre construit une réserve disponible et un outil de transmission. La plupart des situations patrimoniales appellent les deux, dans un certain ordre, et l'ordre dépend de paramètres personnels que seul un examen complet permet d'établir.
Les questions à trancher avant toute décision sont concrètes : votre épargne de précaution couvre-t-elle six à douze mois de dépenses, votre tranche marginale actuelle est-elle supérieure ou égale à 30 %, votre horizon avant la retraite dépasse-t-il dix ans, et pouvez-vous vous engager à réinvestir systématiquement l'économie d'impôt. Si l'une de ces réponses est négative, l'arithmétique du PER se dégrade rapidement. Notre guide de préparation de la retraite et le diagnostic patrimonial en ligne permettent de structurer cette réflexion.
Les erreurs fréquentes, résumées
Cinq erreurs reviennent systématiquement. Verser sur un PER en fin d'année sans avoir vérifié son plafond réel sur l'avis d'imposition. Confondre l'économie d'impôt affichée avec le gain patrimonial réel. Choisir la sortie en capital intégrale par réflexe de méfiance envers la rente, sans simuler l'effet du barème. Ouvrir un PER avant même d'avoir une assurance-vie de plus de huit ans, ce qui revient à bloquer avant d'avoir constitué de la liquidité. Et accepter un contrat chargé en frais parce que l'avantage fiscal masque le coût, alors que les chiffres ci-dessus montrent que les frais peuvent l'excéder.
Un dernier point de vigilance sur la transmission : un dispositif exceptionnel ouvert sur la seule année 2026 permet, sous conditions strictes tenant à la date des versements et à l'âge de l'assuré, d'anticiper de son vivant l'abattement de 152 500 euros de l'article 990 I, l'usage anticipé s'imputant sur celui applicable au décès. Sa mise en oeuvre relève du notaire, et elle mérite d'être vérifiée au cas par cas avant toute opération.
Ce qu'il faut retenir
Le PER n'est pas un produit de défiscalisation, c'est un décalage d'imposition assorti d'un verrou. Il devient rentable quand trois conditions sont réunies simultanément : une tranche marginale d'au moins 30 % pendant la phase de versement, une économie d'impôt effectivement réinvestie, et une sortie étalée qui n'écrase pas le barème. L'assurance-vie, elle, ne promet rien à l'entrée mais offre une fiscalité de sortie de 24,7 % après huit ans, un abattement annuel de 4 600 euros, une disponibilité permanente et un régime de transmission supérieur après 70 ans.
Aucun de ces éléments ne constitue une recommandation applicable à votre situation, qui dépend de votre foyer fiscal, de votre horizon, de votre patrimoine existant et de vos projets. Les chiffres de cet article sont là pour que vous puissiez refaire le calcul vous-même, avec vos propres montants.
Questions fréquentes
- PER ou assurance-vie : lequel choisir en 2026 ?
- Les deux enveloppes ne répondent pas à la même question. Le PER convertit une tranche marginale d'imposition élevée en capital investi, au prix d'un blocage jusqu'à la retraite et d'une imposition au barème à la sortie. L'assurance-vie reste disponible à tout moment et sort à 24,7 % après huit ans, abattement de 4 600 euros compris. L'arbitrage dépend de votre tranche marginale actuelle, de celle attendue à la retraite et de votre horizon.
- Quel est le plafond de déduction du PER en 2026 ?
- Pour une salariée, le plafond 2026 correspond à 10 % des revenus professionnels de 2025, retenus dans la limite de huit fois le plafond annuel de la Sécurité sociale de 2025, soit 37 680 euros au maximum, avec un plancher de 4 710 euros. Pour une indépendante, le calcul ajoute 15 % de la fraction du bénéfice comprise entre un et huit PASS, ce qui porte le plafond à 88 911 euros en 2026.
- Comment est imposée la sortie en capital d'un PER ?
- Quand les versements ont été déduits, la sortie en capital se scinde en deux. La part correspondant aux versements est imposée au barème de l'impôt sur le revenu, sans abattement de 10 % et sans prélèvements sociaux. La part correspondant aux gains subit le prélèvement forfaitaire unique, porté à 31,4 % au 1er janvier 2026, soit 12,8 % d'impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux, selon service-public.gouv.fr.
- Quelle est la fiscalité de l'assurance-vie après 8 ans ?
- Après huit ans, seuls les gains contenus dans un rachat sont taxés, après un abattement annuel de 4 600 euros pour une personne seule et de 9 200 euros pour un couple soumis à imposition commune. Au-delà, le taux d'impôt est de 7,5 % pour la fraction des gains liée aux primes n'excédant pas 150 000 euros, puis 12,8 %. Les prélèvements sociaux de 17,2 % s'ajoutent sans abattement.
- Le PER est-il vraiment bloqué jusqu'à la retraite ?
- Oui, avec sept exceptions limitativement énumérées : décès du conjoint ou du partenaire de PACS, invalidité de deuxième ou troisième catégorie, surendettement, expiration des droits au chômage, cessation d'activité non salariée après liquidation judiciaire, et acquisition de la résidence principale. Ce dernier cas n'efface pas l'impôt : les versements déduits sont réintégrés au barème l'année du déblocage, souvent en pleine activité.
- PER ou assurance-vie pour la succession ?
- En cas de décès avant 70 ans, les deux relèvent de l'article 990 I du CGI, avec un abattement de 152 500 euros par bénéficiaire puis 20 %, et 31,25 % au-delà de 700 000 euros de part taxable. Après 70 ans, l'écart se creuse : l'assurance-vie ne taxe que les primes versées après 70 ans, quand le PER assurantiel soumet la totalité de l'encours à l'article 757 B, abattement global de 30 500 euros.
- Faut-il ouvrir un PER quand on est à une TMI de 11 % ?
- Le calcul est rarement favorable. Une déduction à 11 % achetée aujourd'hui peut se rembourser à 30 % demain si la sortie fait franchir une tranche, et l'avantage résiduel à tranche constante se joue à quelques dixièmes de point, un écart que les frais de versement du PER absorbent en général. Les enveloppes non bloquées sont à examiner en priorité dans cette situation.