Loi de finances 2027 : ce qui change pour votre patrimoine
Au 30 août 2026, la loi de finances pour 2027 n'est ni votée ni déposée : le projet est attendu sur le bureau de l'Assemblée nationale début octobre 2026, pour une adoption fin décembre. Ce qui s'applique aujourd'hui, ce sont la loi n° 2026-103 du 19 février 2026 et la LFSS 2026, avec un prélèvement forfaitaire unique à 31,4 % et une taxe de 20 % sur les actifs somptuaires des holdings patrimoniales. Cet article sépare strictement ce qui est en vigueur de ce qui n'est qu'une piste, et sera actualisé à chaque étape budgétaire.
Loi de finances 2027 et patrimoine : où en est-on au 30 août 2026 ?
Rien n'est voté. Au 30 août 2026, la loi de finances pour 2027 n'existe pas : le projet n'a pas encore été déposé, et il est attendu sur le bureau de l'Assemblée nationale au plus tard le premier mardi d'octobre 2026, soit le 6 octobre, en application de l'article 39 de la loi organique du 1er août 2001 relative aux lois de finances. L'adoption définitive intervient traditionnellement dans la dernière quinzaine de décembre, la promulgation et la publication au Journal officiel suivant dans les tout derniers jours de l'année. Tant que ce parcours n'est pas achevé, ce qui s'applique à votre patrimoine reste le droit issu de la loi n° 2026-103 du 19 février 2026, qui est la loi de finances pour 2026, et de la loi n° 2025-1403 de financement de la sécurité sociale pour 2026.
Cet article est donc coupé en deux. La première partie décrit ce qui est certain : les règles en vigueur aujourd'hui, avec leur numéro d'article et leur date d'entrée en vigueur. C'est la partie la plus longue, et c'est aussi la seule sur laquelle une décision patrimoniale peut raisonnablement s'appuyer. La seconde partie recense ce qui est en débat, piste par piste, avec pour chacune son statut exact : rapport d'un organisme public, amendement rejeté, déclaration ministérielle, recommandation non reprise. Une piste n'est pas une règle. Ce texte sera actualisé à chaque étape budgétaire, du dépôt du projet en octobre jusqu'à la promulgation, et la date de mise à jour figure en tête d'article.
Ce qu'est une loi de finances, en une phrase
Une loi de finances est le texte annuel qui autorise l'État à percevoir les impôts et fixe le plafond de ses dépenses pour l'année civile suivante. Elle est la seule à pouvoir modifier durablement les taux et les assiettes des impositions de toute nature, ce qui explique pourquoi la fiscalité du patrimoine se joue chaque automne. Elle se distingue de la loi de financement de la sécurité sociale, la LFSS, qui porte les recettes sociales : c'est cette dernière, et non la loi de finances, qui a relevé les prélèvements sociaux sur les revenus du capital pour 2026.
Retenez cette dualité, elle est piégeuse. Quand vous lirez cet automne que « le budget » augmente ou baisse tel prélèvement, la mesure peut se trouver dans l'un ou l'autre texte, avec des calendriers de discussion différents et des dates d'effet différentes. La hausse des prélèvements sociaux de 2026 en est l'illustration parfaite : elle ne figure pas dans la loi de finances, elle figure à l'article 12 de la LFSS.
Le calendrier budgétaire réel, de septembre à décembre 2026
Le tableau ci-dessous donne les étapes telles que la loi organique les organise, avec les dates de référence pour l'exercice 2027. Les dates de séance dépendent du Gouvernement et de la conférence des présidents, elles peuvent glisser de quelques jours. Les dates encadrées par la loi organique, elles, ne bougent pas.
| Étape | Date de référence | Ce qui se passe | Ce que cela vaut pour vous |
|---|---|---|---|
| Publication des plafonds de dépenses | Publiés le 15 juillet 2026 | Le Gouvernement publie les plafonds par mission, en application de l'article 48 de la loi organique | Donne le volume de l'effort, pas le contenu fiscal |
| Conseil des ministres | Fin septembre 2026 | Présentation du projet de loi de finances et de son dossier de presse | Première liste crédible de mesures, encore modifiable de bout en bout |
| Dépôt à l'Assemblée nationale | Au plus tard le premier mardi d'octobre, soit le 6 octobre 2026 | Le texte et ses annexes deviennent publics, article par article | Le seul document qui fait foi sur les intentions du Gouvernement |
| Commission des finances puis séance | Octobre 2026 | Examen de la première partie, celle des recettes, où se jouent les mesures patrimoniales | Un amendement adopté en séance n'est pas une mesure en vigueur |
| Délai constitutionnel | 70 jours au total | 40 jours pour l'Assemblée, 20 pour le Sénat, puis navette et commission mixte paritaire | Explique les votes de nuit et les revirements de décembre |
| Adoption définitive | Dernière quinzaine de décembre 2026 | Lecture définitive à l'Assemblée nationale | Le texte est fixé, sous réserve du Conseil constitutionnel |
| Promulgation et publication | Fin décembre 2026 ou début 2027 | Publication au Journal officiel, la loi entre en vigueur | À partir de là seulement, la règle est opposable |
Un précédent récent montre que ce calendrier peut déraper : la loi de finances pour 2026 n'a été adoptée définitivement que le 2 février 2026 et promulguée le 19 février 2026, soit avec près de deux mois de retard sur le rythme habituel. Cette hypothèse n'est pas théorique pour 2027, et elle a une conséquence pratique : certaines mesures peuvent entrer en vigueur en cours d'année, comme l'a fait le durcissement de l'apport-cession applicable au 21 février 2026.
Les trois pièges de lecture de l'automne budgétaire
Premier piège, confondre un amendement et une loi. Chaque automne, plusieurs centaines d'amendements fiscaux sont déposés, quelques dizaines sont adoptés en séance, et une partie disparaît ensuite du texte final. L'exemple le plus net de l'année écoulée est l'impôt sur la fortune improductive : très commenté entre novembre 2025 et janvier 2026, il n'a pas survécu au texte définitif.
Deuxième piège, confondre une recommandation et une décision. Un rapport de la Cour des comptes ou du Conseil des prélèvements obligatoires éclaire le débat, il ne crée aucune obligation. Le CPO est un organisme associé à la Cour des comptes, chargé d'évaluer l'ensemble des impôts et cotisations. Ses préconisations sont utiles pour anticiper la direction du vent, jamais pour dater un changement.
Troisième piège, oublier la date d'effet. Une mesure adoptée en décembre 2026 peut viser les revenus de 2026, ceux de 2027, ou les actes passés après une date précise. Nous y revenons en détail plus bas, parce que c'est là que se décide la valeur d'une opération engagée en novembre ou en décembre.
Partie 1, ce qui est certain : le droit applicable à votre patrimoine au 30 août 2026
Voici le socle. Sauf mesure expressément rétroactive votée cet hiver, tout ce qui suit continuera de s'appliquer en 2027, puisqu'une loi de finances ne remet pas en cause ce qu'elle ne modifie pas. C'est le point le plus important de cet article : l'essentiel de votre fiscalité patrimoniale de 2027 est déjà écrit, et il est écrit dans des textes publiés.
Les prélèvements sociaux sur les revenus du capital sont passés à 18,6 %
L'article 12 de la loi n° 2025-1403 de financement de la sécurité sociale pour 2026 a porté les prélèvements sociaux sur les revenus du capital mobilier de 17,2 % à 18,6 %. Deux dates d'effet coexistent, et les confondre fausse tout calcul : la hausse s'applique dès les revenus de 2025 pour les plus-values mobilières, et au 1er janvier 2026 pour les produits de placement.
Conséquence directe, le prélèvement forfaitaire unique passe de 30 % à 31,4 %, soit 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Si vous lisez encore 30 % quelque part, la source n'a pas été mise à jour. Le mécanisme du prélèvement forfaitaire unique, ce taux proportionnel qui s'applique par défaut aux revenus de capitaux mobiliers et aux plus-values de cession de valeurs mobilières, est détaillé dans notre définition de la flat tax.
Deux catégories ont été expressément exclues de la hausse et restent à 17,2 % : les produits de l'assurance-vie et les revenus fonciers. Ce n'est pas un détail de trésorerie, c'est un écart de 1,4 point qui modifie mécaniquement la hiérarchie entre une enveloppe et une autre à rendement brut identique.
| Type de revenu | Impôt sur le revenu | Prélèvements sociaux 2026 | Taux global | Base légale |
|---|---|---|---|---|
| Dividendes, intérêts, comptes-titres | 12,8 % au PFU | 18,6 % | 31,4 % | Art. 12 LFSS 2026, loi n° 2025-1403 |
| Plus-values de cession de valeurs mobilières | 12,8 % au PFU | 18,6 % dès les revenus 2025 | 31,4 % | Idem, date d'effet anticipée |
| Produits d'assurance-vie | 7,5 % ou 12,8 % selon l'antériorité | 17,2 %, inchangé | 24,7 % ou 30 % | Exclusion expresse de la hausse |
| Revenus fonciers | Barème progressif | 17,2 %, inchangé | Barème + 17,2 % | Exclusion expresse de la hausse |
| Plus-value immobilière | 19 % | 17,2 % | 36,2 % | Art. 150 U et suivants du CGI |
L'option pour le barème progressif reste ouverte, globale et annuelle. Elle n'est pertinente que dans un nombre limité de situations, principalement quand votre taux marginal d'imposition est faible. Nous avons détaillé cet arbitrage dans notre comparaison entre flat tax et barème progressif, et vous pouvez chiffrer votre cas avec le simulateur d'impôt sur le revenu.
Le barème de l'impôt sur le revenu a été indexé de 0,9 %
La loi de finances pour 2026 a revalorisé les limites des tranches du barème de 0,9 %, un chiffre calé sur l'évolution des prix hors tabac. Les seuils applicables aux revenus de 2025 s'établissent ainsi à 11 600, 29 579, 84 577 et 181 917 euros par part de quotient familial. Sans indexation, une hausse de revenu purement nominale suffit à faire changer de tranche : c'est ce que l'on appelle le gel du barème, et c'est l'une des mesures de rendement les plus régulièrement discutées à l'automne.
| Tranche de revenu imposable par part | Taux marginal | Effet sur un revenu du capital au barème |
|---|---|---|
| Jusqu'à 11 600 euros | 0 % | Seuls les prélèvements sociaux sont dus |
| De 11 601 à 29 579 euros | 11 % | Le barème est en général plus favorable que le PFU |
| De 29 580 à 84 577 euros | 30 % | Zone de bascule, l'arbitrage se calcule |
| De 84 578 à 181 917 euros | 41 % | Le PFU redevient nettement plus favorable |
| Au-delà de 181 917 euros | 45 % | PFU, et contribution différentielle possible |
Le taux marginal d'imposition, c'est le taux qui frappe le dernier euro de revenu déclaré. Il ne s'applique pas à l'ensemble de vos revenus, contrairement à une idée tenace. Notre définition du taux marginal d'imposition détaille le calcul par tranches successives.
L'impôt sur la fortune immobilière n'a pas été remplacé
C'est le point qui a généré le plus de confusion depuis l'automne 2025. L'amendement visant à transformer l'impôt sur la fortune immobilière en impôt sur la fortune improductive, avec une assiette élargie aux liquidités, à certains fonds en euros et aux signes extérieurs de richesse, et un taux unique de 1 % en remplacement du barème progressif de 0,5 % à 1,5 %, n'a pas été retenu dans le texte définitif de la loi n° 2026-103 du 19 février 2026. La contribution sur les hauts patrimoines défendue par le Sénat n'a pas davantage prospéré.
Autrement dit, aucun foyer n'est assujetti à un impôt sur la fortune improductive en 2026. L'impôt sur la fortune immobilière continue de s'appliquer selon ses règles antérieures, sur le patrimoine immobilier net taxable supérieur à 1,3 million d'euros. Notre définition de l'impôt sur la fortune immobilière et notre page sur les stratégies de réduction de l'IFI décrivent l'assiette, les décotes et les dettes déductibles.
La contribution différentielle sur les hauts revenus est pérennisée
La contribution différentielle sur les hauts revenus, la CDHR, garantit une imposition minimale de 20 % du revenu fiscal de référence retraité pour les foyers dont ce revenu dépasse 250 000 euros pour une personne seule et 500 000 euros pour un couple soumis à imposition commune. Créée à titre temporaire, elle a été reconduite par la loi de finances pour 2026 jusqu'à l'imposition des revenus de l'année au titre de laquelle le déficit du budget général repasse sous 3 % du produit intérieur brut. Selon les chiffrages parlementaires, environ 24 000 foyers sont concernés.
Deux points pratiques. D'abord, un acompte de 95 % du montant estimé doit être versé entre le 1er et le 15 décembre. Ensuite, le dispositif transitoire qui préservait l'effet de certains avantages fiscaux n'a pas été reconduit : pour une contribuable assujettie à la CDHR, la rentabilité fiscale de plusieurs mécanismes de réduction d'impôt s'en trouve mécaniquement atténuée. Si vous êtes concernée, l'arbitrage entre réduction d'impôt et report d'imposition se pose différemment de ce qu'il était en 2024.
La taxe de 20 % sur les actifs non affectés des holdings patrimoniales
C'est la mesure la plus structurante de la loi de finances pour 2026 pour les dirigeantes d'entreprise. L'article 7 de la loi n° 2026-103 du 19 février 2026 a créé, à l'article 235 ter C du Code général des impôts, une taxe annuelle de 20 % assise sur la valeur vénale de certains actifs non affectés à une activité opérationnelle détenus par des sociétés qualifiées de holdings patrimoniales.
Le champ est cumulatif. La société doit être soumise à l'impôt sur les sociétés, présenter un actif total d'au moins 5 millions d'euros, tirer plus de la moitié de ses produits d'exploitation et financiers de revenus passifs comme les dividendes, les intérêts et les loyers, et être détenue à hauteur d'au moins 50 % des droits de vote par une personne physique ou un groupe familial réputé former une seule personne. L'assiette a été très nettement resserrée au cours de la navette : partie d'une taxe de 2 % sur l'ensemble des actifs non opérationnels, trésorerie comprise, elle a été recentrée sur les biens somptuaires, terrains de chasse, yachts, aéronefs privés, véhicules de loisir, bijoux, chevaux de prestige, collections vinicoles et logements laissés à la jouissance personnelle des associés, en contrepartie d'un taux relevé à 20 %. Les biens affectés à l'activité professionnelle sont exclus.
La taxe s'applique aux exercices clos à compter du 31 décembre 2026, ce qui signifie que la première liquidation interviendra au printemps 2027, et elle n'est pas déductible du résultat fiscal. Elle se déclare sur une annexe jointe à la déclaration de résultats. Si vous détenez une structure de ce type, l'inventaire des actifs concernés se prépare maintenant, pas en mars. Notre page sur la holding patrimoniale et notre guide de réduction d'impôt pour les dirigeants posent le cadre général de ces structures.
Le taux réduit d'impôt sur les sociétés reste plafonné à 42 500 euros de bénéfice
Le taux réduit de 15 % prévu à l'article 219 du Code général des impôts continue de s'appliquer dans la limite de 42 500 euros de bénéfice imposable par exercice de douze mois, pour les sociétés dont le chiffre d'affaires est inférieur au seuil légal et dont le capital est suffisamment détenu par des personnes physiques. Le relèvement de ce plafond à 100 000 euros a été voté en séance lors de l'examen du budget 2026, mais il n'a pas survécu au texte promulgué. Ne le présentez pas comme acquis, et ne calez pas un calendrier de distribution dessus.
Le plan d'épargne retraite : deux changements déjà en vigueur
L'article 9 de la loi de finances pour 2026 a modifié deux paramètres du plan d'épargne retraite. D'une part, les versements ne sont plus déductibles du revenu imposable à partir de 70 ans. D'autre part, le report des plafonds de déduction non utilisés passe de trois à cinq années pour les droits générés à compter de 2026, ce qui élargit sensiblement la fenêtre de rattrapage pour une année de revenus exceptionnels.
| Situation | Plafond de déduction 2026 | Plancher | Report des plafonds non utilisés |
|---|---|---|---|
| Salariée | 37 680 euros | 4 710 euros | 5 ans pour les droits générés à compter de 2026 |
| Travailleuse indépendante | 88 911 euros | 4 806 euros | Idem |
| À partir de 70 ans | Versements non déductibles | Sans objet | Sans objet |
Les deux planchers ne se confondent pas, et l'erreur est fréquente dans les simulateurs grand public. Le gain fiscal d'un versement dépend de votre taux marginal, ce que vous pouvez estimer avec le simulateur de plan d'épargne retraite. L'arbitrage de fond entre les deux grandes enveloppes est traité dans notre guide assurance-vie ou PER, et nous en discutons également dans l'épisode consacré au PER du podcast Out of the Box.
L'apport-cession a été durci et le fait générateur clarifié
Le report d'imposition de l'article 150-0 B ter du Code général des impôts permet à une dirigeante d'apporter les titres de sa société à une holding qu'elle contrôle sans payer immédiatement l'impôt sur la plus-value. L'article 11 de la loi n° 2026-103 du 19 février 2026, en vigueur au 21 février 2026, a resserré les conditions du maintien de ce report en cas de cession rapide par la holding : l'obligation de remploi passe à 70 % du produit de cession, dans un délai de 3 ans, avec une conservation des actifs réinvestis pendant 5 ans.
Le texte exclut désormais expressément du remploi éligible les activités de promotion immobilière, de marchand de biens et de location d'immeubles. Point capital de méthode : le fait générateur retenu est la cession des titres par la holding, et non la date de l'apport. Une opération d'apport réalisée avant février 2026 mais dont la cession intervient aujourd'hui relève donc des nouvelles règles. Nous détaillons le mécanisme dans notre page apport-cession et article 150-0 B ter, et le calcul de l'enveloppe de remploi se chiffre avec le simulateur d'apport-cession.
Le pacte Dutreil impose désormais huit ans de conservation
L'article 8 de la même loi n° 2026-103 du 19 février 2026 a porté l'engagement individuel de conservation de quatre à six ans. Cumulé aux deux ans d'engagement collectif, l'horizon minimal de détention atteint donc huit ans pour bénéficier de l'exonération de 75 % des droits de mutation à titre gratuit prévue à l'article 787 B du Code général des impôts. Le texte exclut par ailleurs de l'assiette exonérée les actifs non affectés à l'exploitation depuis trois ans. Il s'agit bien d'un seul texte, la loi de finances pour 2026, et non de deux réformes distinctes comme on le lit parfois.
L'abattement de 500 000 euros du dirigeant partant en retraite court jusqu'en 2031
L'abattement fixe de 500 000 euros sur la plus-value de cession réalisée par une dirigeante partant à la retraite, prévu à l'article 150-0 D ter du Code général des impôts, s'applique jusqu'au 31 décembre 2031. Cette prorogation résulte de l'article 70 de la loi n° 2025-127 du 14 février 2025, la loi de finances pour 2025, et non de la loi de finances pour 2026. La distinction compte si vous voulez remonter au texte : c'est dans la loi de 2025 qu'il faut chercher, pas dans celle de 2026.
Les paramètres de la transmission n'ont pas bougé
C'est sans doute l'information la plus utile de cette première partie, parce qu'elle contredit une bonne partie de ce qui circule. L'abattement de 100 000 euros par parent et par enfant, renouvelable tous les quinze ans, prévu à l'article 779 du Code général des impôts, n'a pas été modifié par la loi de finances pour 2026. Le don familial de sommes d'argent de 31 865 euros de l'article 790 G est inchangé. Le délai de rappel fiscal de quinze ans est inchangé.
Une exonération exceptionnelle existe par ailleurs à l'article 790 A bis, dans la limite de 100 000 euros, mais elle est étroitement encadrée : elle ne vaut que pour l'acquisition d'un logement neuf ou en l'état futur d'achèvement, avec emploi des fonds sous six mois et conservation pendant cinq ans. L'immobilier ancien n'ouvre pas droit à ce dispositif, et la formulation raccourcie « pour un logement » que l'on rencontre souvent est fausse. Notre guide transmettre son patrimoine à ses enfants et notre article sur la donation de son vivant détaillent les combinaisons possibles.
| Dispositif de transmission | Paramètre au 30 août 2026 | Base légale | Modifié par la LF 2026 ? |
|---|---|---|---|
| Abattement en ligne directe | 100 000 euros par parent et par enfant, tous les 15 ans | Art. 779 du CGI | Non |
| Don familial de sommes d'argent | 31 865 euros | Art. 790 G du CGI | Non |
| Exonération exceptionnelle logement neuf ou VEFA | Jusqu'à 100 000 euros, emploi sous 6 mois, conservation 5 ans | Art. 790 A bis du CGI | Dispositif encadré, l'ancien est exclu |
| Pacte Dutreil | Exonération de 75 %, 8 ans de conservation au total | Art. 787 B du CGI | Oui, art. 8 de la loi n° 2026-103 |
| Abattement dirigeant retraite | 500 000 euros, jusqu'au 31 décembre 2031 | Art. 150-0 D ter du CGI | Non, prorogé par la LF 2025 |
| Assurance-vie, primes versées avant 70 ans | 152 500 euros par bénéficiaire | Art. 990 I du CGI | Non |
Les rendements de référence sur lesquels raisonner
Une décision patrimoniale ne se prend pas sur des taux, mais elle ne se prend pas non plus sans eux. Voici les données publiées les plus récentes, avec leur source et leur date. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et aucun de ces supports, à l'exception des livrets réglementés, n'offre de garantie en capital.
| Support | Rendement de référence | Source et date | Fiscalité applicable |
|---|---|---|---|
| SCPI, taux de distribution | 4,91 % en 2025 | ASPIM, bilan annuel du 9 février 2026 | Revenus fonciers, PS à 17,2 % |
| Fonds en euros | 2,63 % en 2025, contrats individuels | ACPR, Analyses et Synthèses n° 180 du 30 juin 2026 | Assurance-vie, PS à 17,2 % |
| Livret A et LDDS | 1,70 % | Arrêté du 28 juillet 2026, en vigueur au 1er août 2026 | Exonérés d'impôt et de prélèvements sociaux |
| Livret d'épargne populaire | 2,50 % | Idem | Exonéré, sous conditions de revenus |
La dispersion compte autant que la moyenne : sur les SCPI, l'ASPIM relève un écart allant de 4,2 % pour le résidentiel à 6 % pour le diversifié en 2025. Le capital investi en SCPI n'est pas garanti et la liquidité des parts n'est pas assurée. Notre page sur les SCPI et notre guide des meilleurs placements 2026 replacent ces chiffres dans leur contexte de risque.
Partie 2, ce qui est en débat pour la loi de finances 2027 : des pistes, pas des règles
Tout ce qui suit est incertain. Aucune des mesures évoquées ci-dessous n'est en vigueur, aucune n'est certaine de figurer dans le projet de loi de finances pour 2027, et plusieurs ont déjà été rejetées une fois. Nous indiquons pour chacune la nature du document qui la porte et sa date, parce que c'est le seul moyen honnête d'en évaluer le poids. Une déclaration ministérielle engage un Gouvernement, un rapport n'engage personne, un amendement rejeté est un signal faible.
Le cadrage général annoncé : pas de hausse d'impôts, des niches visées
Le 26 juin 2026, le ministre de l'Économie et des Finances Roland Lescure a indiqué que le Gouvernement n'entendait pas inscrire de hausse d'impôts ni de prélèvements nouveaux dans son projet de budget pour 2027, ni pour les entreprises ni pour les ménages, en désignant les dépenses fiscales comme la cible principale des économies. C'est une orientation politique, pas un texte. Elle ne préjuge ni du contenu final du projet, ni de ce que le Parlement en fera, ni de ce qu'un changement de Gouvernement pourrait modifier.
Le 15 juillet 2026, le Gouvernement a publié ses plafonds de dépenses par mission, en application de l'article 48 de la loi organique relative aux lois de finances. Ce document fixe le volume de l'effort demandé, il ne dit rien du détail fiscal. C'est le premier jalon officiel du budget 2027.
Les dépenses fiscales, la cible la plus probable
Dans son rapport sur le budget de l'État en 2025, publié en avril 2026, la Cour des comptes évalue les dépenses fiscales à 91,83 milliards d'euros au titre du projet de loi de finances pour 2026, soit 3,07 % du produit intérieur brut, réparties sur 474 dispositifs. Elle relève une concentration forte : quinze dispositifs représentent à eux seuls 50,3 % du coût total. Une dépense fiscale, c'est une dérogation à la règle d'imposition de droit commun, qu'il s'agisse d'une exonération, d'une réduction, d'un crédit d'impôt ou d'un taux préférentiel.
L'Assemblée nationale avait de son côté publié le 11 juin 2025 un rapport d'information n° 1565 de sa commission des finances, intitulé « L'impact et les évolutions possibles des dépenses fiscales en faveur du patrimoine ». Ces travaux nourrissent la réflexion budgétaire sans créer aucune obligation. Retenez simplement que le plafonnement global des niches fiscales, fixé à 10 000 euros par foyer avec un plafond majoré à 18 000 euros pour certains dispositifs, fait partie des paramètres régulièrement discutés à l'automne.
La fiscalité de la transmission, sujet de fond depuis le rapport du CPO
Le Conseil des prélèvements obligatoires a publié le 1er décembre 2025 un rapport intitulé « Corriger les principales distorsions de l'imposition du patrimoine », comportant dix-sept recommandations. Il juge la fiscalité patrimoniale française à la fois élevée, complexe et peu cohérente avec ses objectifs affichés, et propose une refonte d'ensemble à rendement globalement constant. Parmi ses préconisations figurent l'instauration d'une imposition différentielle sur les plus hautes transmissions, actifs professionnels compris, et l'application aux capitaux transmis par assurance-vie du barème des droits de mutation en ligne directe à partir de la tranche marginale de 20 %.
Un rapport du CPO n'est ni un projet de loi ni un engagement gouvernemental. Aucune de ces recommandations n'a été reprise dans la loi de finances pour 2026. Circulent également dans le débat public des hypothèses d'abaissement de l'abattement de 100 000 euros et d'allongement du délai de rappel fiscal de quinze à vingt ou vingt-cinq ans. Nous n'avons trouvé, à la date de publication de cet article, aucun texte déposé, aucun amendement adopté et aucune déclaration gouvernementale qui porte ces hypothèses. Elles restent des scénarios de commentateurs, et nous les présentons comme tels.
L'imposition du capital détenu : deux échecs récents
L'impôt plancher de 2 % sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d'euros, popularisé sous le nom de son promoteur l'économiste Gabriel Zucman, a été rejeté par l'Assemblée nationale le 31 octobre 2025 lors de l'examen de la partie recettes du budget 2026, y compris dans ses versions atténuées. Son auteur en a fait publiquement un enjeu de la campagne présidentielle de 2027. Le contexte préélectoral rend d'ailleurs peu probable une réforme structurelle de grande ampleur avant 2028, ce qui est une hypothèse de bon sens, pas une certitude.
L'impôt sur la fortune improductive, déjà évoqué, a connu le même sort dans le texte final. Deux tentatives, deux échecs : cela ne garantit pas qu'il n'y aura pas de troisième tentative à l'automne 2026, cela indique seulement qu'aucune majorité ne s'est dégagée jusqu'ici sur ce terrain.
L'assurance-vie : rien de voté, une pression réformatrice documentée
L'abattement de 152 500 euros par bénéficiaire sur les capitaux issus de primes versées avant 70 ans, prévu à l'article 990 I du Code général des impôts, n'a pas été modifié. Un amendement de transmission anticipée discuté à l'automne 2025 a été retiré du texte final. La hausse des prélèvements sociaux ne s'applique pas à l'assurance-vie. Le régime est donc intact au 30 août 2026.
Cela n'empêche pas l'enveloppe de figurer dans les travaux d'évaluation, en raison de son coût budgétaire et de sa concentration. Si vous détenez des contrats importants, le sujet mérite une veille, pas une décision précipitée. Notre page sur l'assurance-vie détaille le régime successoral applicable aujourd'hui.
| Piste évoquée pour 2027 | Statut réel | Date et source | Ce que cela vaut |
|---|---|---|---|
| Absence de hausse d'impôts dans le PLF 2027 | Déclaration ministérielle | 26 juin 2026, ministre de l'Économie et des Finances | Orientation politique, révisable |
| Réduction du coût des dépenses fiscales | Constat et recommandation | Cour des comptes, rapport d'avril 2026 | Cible probable, périmètre inconnu |
| Refonte de l'imposition du patrimoine | Rapport, 17 recommandations | Conseil des prélèvements obligatoires, 1er décembre 2025 | Aucune reprise législative à ce jour |
| Impôt plancher de 2 % sur les très hauts patrimoines | Amendement rejeté | Assemblée nationale, 31 octobre 2025 | Sujet de campagne, pas de texte |
| Impôt sur la fortune improductive | Non retenu dans le texte définitif | Loi n° 2026-103 du 19 février 2026 | Peut revenir, sans garantie |
| Taxation des capitaux d'assurance-vie au barème des DMTG | Recommandation du CPO | 1er décembre 2025 | Non reprise, régime intact |
| Abaissement de l'abattement de 100 000 euros | Hypothèse de commentateurs | Aucun texte identifié au 30 août 2026 | À traiter comme une rumeur documentée |
Ce que nous ne savons pas, et que personne ne sait
Nous n'avons identifié, au 30 août 2026, aucun document officiel décrivant le contenu fiscal du projet de loi de finances pour 2027. C'est normal : le dossier de presse du Gouvernement ne sera disponible qu'au moment de la présentation en Conseil des ministres, fin septembre. Toute liste détaillée de mesures 2027 publiée avant cette date relève de l'anticipation, de la fuite non vérifiable ou de la reprise de rapports anciens. Nous préférons l'écrire plutôt que de meubler.
Rétroactivité : ce qu'une loi votée en décembre 2026 peut vraiment atteindre
C'est la question qui décide de la valeur d'une opération engagée cet automne. La règle française tient en deux idées. Une loi fiscale ne peut pas, sauf exception justifiée par un motif d'intérêt général suffisant, remettre en cause une situation définitivement acquise : c'est la prohibition de la rétroactivité proprement dite. En revanche, elle peut modifier le traitement d'événements survenus dans l'année en cours dès lors que le fait générateur de l'impôt n'est pas encore intervenu : c'est ce que l'on appelle la petite rétroactivité, et elle est parfaitement licite.
Le fait générateur, seule boussole utile
Pour l'impôt sur le revenu, le fait générateur est fixé au 31 décembre de l'année d'imposition. Une mesure votée le 20 décembre 2026 peut donc s'appliquer à l'ensemble de vos revenus de 2026, y compris ceux encaissés en janvier. C'est le cas le plus fréquent, et c'est pourquoi il est illusoire de croire qu'en agissant en novembre on se met à l'abri d'un changement de taux sur les revenus courants.
Pour les droits de mutation à titre gratuit, le fait générateur est la donation ou le décès. Une donation régularisée par acte notarié le 15 novembre 2026 est soumise au régime en vigueur ce jour-là, et une loi promulguée fin décembre ne la rattrape pas, sauf disposition expressément rétroactive. Pour les plus-values immobilières, c'est la signature de l'acte authentique. Pour la taxe sur les holdings patrimoniales, c'est la clôture de l'exercice.
La conclusion pratique est simple à formuler et difficile à appliquer : une opération dont le fait générateur est daté et maîtrisable peut être sécurisée avant la fin de l'année, une opération assise sur un flux de revenus ne peut pas l'être. La distinction ne dit pas s'il faut agir, elle dit seulement si agir vite a un sens.
Un précédent instructif : l'apport-cession de février 2026
Le durcissement de l'article 150-0 B ter illustre la mécanique. La loi a été promulguée le 19 février 2026 et s'applique au 21 février. Comme le fait générateur retenu est la cession par la holding et non l'apport initial, des montages constitués plusieurs années auparavant se sont retrouvés soumis aux nouvelles obligations de remploi. Une lecture rapide, centrée sur la seule date d'apport, aurait conduit à une erreur d'appréciation coûteuse.
Décider en 2026 sans connaître la loi de finances 2027 : quatre principes pour votre patrimoine
Nous n'émettons ici aucune recommandation personnalisée, et rien de ce qui suit ne constitue un conseil en investissement. Ce sont des principes de méthode, à confronter à votre situation.
Premier principe : ne pas construire sur un texte qui n'existe pas
Une opération patrimoniale qui n'a d'intérêt que dans l'hypothèse d'une réforme annoncée est une opération fragile. Les deux réformes les plus commentées de l'automne 2025, l'impôt sur la fortune improductive et l'impôt plancher sur les très hauts patrimoines, n'existent ni l'une ni l'autre en droit positif. Ceux qui ont réorganisé leur patrimoine en anticipation ont supporté des frais et des contraintes pour un risque qui ne s'est pas matérialisé.
Deuxième principe : distinguer l'urgence réelle de l'urgence commerciale
L'automne budgétaire est la haute saison des arguments de rareté. Une échéance réelle est datée par un texte publié : la fin de l'abattement de 500 000 euros du dirigeant au 31 décembre 2031 en est une, la première application de la taxe sur les holdings aux exercices clos à compter du 31 décembre 2026 en est une autre. Une échéance qui repose sur « la réforme qui arrive » n'en est pas une. Si vous entendez qu'il faut signer avant le vote du budget, la première question à poser est : quel texte, quel article, quelle date d'effet.
Troisième principe : privilégier ce qui est réversible
Certaines décisions se défont, d'autres non. Un versement sur une enveloppe existante, un arbitrage interne, une modification de clause bénéficiaire se reprennent. Une donation en pleine propriété, la création d'une structure ou un apport de titres engagent durablement, et leur coût de sortie est élevé. En période d'incertitude fiscale, une décision réversible mal calibrée coûte un ajustement, une décision irréversible mal calibrée coûte plusieurs années.
Quatrième principe : la fiscalité arrive en dernier
Un placement choisi pour son seul avantage fiscal reste un mauvais placement si le sous-jacent ne tient pas. L'avantage fiscal est un supplément de rendement, il ne compense jamais une perte en capital. C'est un travers assez répandu pour que nous y consacrions un épisode entier du podcast Out of the Box sur la défiscalisation. La hiérarchie utile reste la même quel que soit le budget : la cohérence avec votre horizon d'abord, le risque ensuite, les frais ensuite, la fiscalité en dernier.
Comment cet article sera mis à jour, étape par étape
Ce texte est conçu pour vivre jusqu'à la promulgation. Voici les rendez-vous auxquels il sera révisé, et ce que chaque étape permettra d'écrire.
| Moment | Événement attendu | Ce que l'article pourra affirmer |
|---|---|---|
| Fin septembre 2026 | Présentation en Conseil des ministres | Le contenu du projet, article par article, toujours au conditionnel |
| Début octobre 2026 | Dépôt à l'Assemblée nationale | Les numéros d'articles et les dates d'effet proposées |
| Octobre et novembre 2026 | Commission des finances, séance, Sénat | Les amendements adoptés, présentés comme non définitifs |
| Décembre 2026 | Commission mixte paritaire et lecture définitive | Le texte quasi final, encore soumis au Conseil constitutionnel |
| Après publication au Journal officiel | Promulgation | Le droit en vigueur, avec le numéro de loi et la date |
Tant qu'une ligne n'est pas passée dans la première partie de cet article, elle n'est pas du droit. C'est la règle de rédaction que nous nous imposons, et elle explique pourquoi vous ne trouverez pas ici de liste alléchante de mesures 2027 en août 2026.
Les erreurs qui coûtent cher pendant un automne budgétaire
Agir sur la foi d'un titre de presse
Les titres évoquant une mesure « votée » désignent le plus souvent un amendement adopté en commission ou en séance, à un stade où le texte peut encore être réécrit intégralement. Entre octobre 2025 et février 2026, plusieurs mesures présentées comme acquises ont disparu du texte final. Le réflexe utile consiste à chercher le numéro de loi et la date de publication au Journal officiel : tant qu'ils n'existent pas, la mesure n'existe pas.
Confondre loi de finances et loi de financement de la sécurité sociale
La hausse des prélèvements sociaux à 18,6 % vient de la LFSS, pas de la loi de finances. Un épargnant qui aurait suivi uniquement le budget de l'État aurait manqué la mesure ayant le plus d'effet direct sur le rendement net de ses placements financiers en 2026.
Sous-estimer les dates d'effet différenciées
Le même article de loi peut porter deux dates d'application, comme la hausse des prélèvements sociaux, applicable aux plus-values mobilières dès les revenus 2025 et aux produits de placement au 1er janvier 2026. Un calcul de plus-value réalisé avec le taux de 17,2 % pour une cession de 2025 est faux.
Réagir dispositif par dispositif au lieu de raisonner en ensemble
L'erreur la plus fréquente, et la plus coûteuse, consiste à empiler des décisions défensives sans vue d'ensemble : une donation précipitée en novembre, un rachat d'assurance-vie par crainte d'une réforme, une souscription de dernière minute pour capter une réduction d'impôt. Chacune peut se défendre isolément, l'assemblage produit rarement un résultat cohérent. Un bilan patrimonial remet ces décisions dans un ordre, et notre diagnostic patrimonial en ligne permet de cadrer la situation en quelques minutes. Si vous cherchez à vous faire accompagner, notre guide comment choisir un conseiller en gestion de patrimoine détaille les questions à poser sur le statut, la rémunération et l'architecture des solutions proposées.
Ce qu'il faut retenir au 30 août 2026
La loi de finances pour 2027 n'est pas écrite. Le projet sera déposé début octobre 2026, discuté pendant soixante-dix jours, et adopté au mieux fin décembre. D'ici là, et pour une large part au-delà, votre fiscalité repose sur des textes publiés : la loi n° 2026-103 du 19 février 2026 et la loi n° 2025-1403 de financement de la sécurité sociale pour 2026. Prélèvement forfaitaire unique à 31,4 %, prélèvements sociaux maintenus à 17,2 % sur l'assurance-vie et les revenus fonciers, impôt sur la fortune immobilière inchangé, contribution différentielle sur les hauts revenus pérennisée, taxe de 20 % sur les actifs somptuaires des holdings patrimoniales applicable aux exercices clos à compter du 31 décembre 2026, pacte Dutreil à huit ans, apport-cession à 70 % de remploi sur trois ans. Voilà le cadre réel.
Le reste relève du débat, et le débat a ses codes : un rapport n'est pas une loi, un amendement rejeté n'est pas une intention gouvernementale, une déclaration de juin n'est pas un article de décembre. Nous mettrons cet article à jour à chaque étape, en déplaçant les lignes de la seconde partie vers la première uniquement lorsqu'elles auront un numéro de loi et une date de publication au Journal officiel. Cet article a une visée d'information générale, il ne constitue ni un conseil en investissement ni une recommandation personnalisée.
Questions fréquentes
- La loi de finances 2027 est-elle votée ?
- Non. Au 30 août 2026, la loi de finances pour 2027 n'est pas votée, et le projet n'est pas encore déposé. L'article 39 de la loi organique relative aux lois de finances fixe le dépôt au plus tard le premier mardi d'octobre, soit le 6 octobre 2026. L'adoption définitive intervient traditionnellement dans la dernière quinzaine de décembre, la promulgation suivant après l'éventuel examen du Conseil constitutionnel.
- Quel est le taux de la flat tax en 2026 ?
- Le prélèvement forfaitaire unique atteint 31,4 % : 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. La hausse des prélèvements sociaux résulte de l'article 12 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, la loi n° 2025-1403. Elle s'applique dès les revenus 2025 pour les plus-values mobilières et au 1er janvier 2026 pour les produits de placement. L'assurance-vie et les revenus fonciers restent à 17,2 %.
- L'impôt sur la fortune immobilière a-t-il été remplacé en 2026 ?
- Non. L'amendement transformant l'impôt sur la fortune immobilière en impôt sur la fortune improductive, discuté à l'Assemblée nationale à l'automne 2025, n'a pas été retenu dans le texte définitif de la loi n° 2026-103 du 19 février 2026. La contribution sur les hauts patrimoines proposée par le Sénat n'a pas davantage prospéré. L'impôt sur la fortune immobilière reste applicable dans sa forme antérieure.
- Faut-il anticiper une donation avant la loi de finances 2027 ?
- Aucune réponse générale ne vaut ici, et la question se tranche au cas par cas. Ce qui est établi : l'abattement de 100 000 euros par parent et par enfant tous les quinze ans, prévu à l'article 779 du Code général des impôts, n'a pas été modifié par la loi de finances pour 2026. Un allongement du délai de rappel fiscal est évoqué dans le débat public, mais aucun texte ne le porte à ce jour.
- Une loi de finances peut-elle s'appliquer rétroactivement ?
- Une loi de finances votée en décembre 2026 s'applique en principe aux revenus de l'année 2026 pour l'impôt sur le revenu, puisque le fait générateur de cet impôt est fixé au 31 décembre. C'est ce que l'on appelle la petite rétroactivité. En revanche, les droits de mutation, les plus-values et les taxes annuelles obéissent à leur propre fait générateur, souvent la date de l'acte ou de la cession.
- Qu'est-ce que la taxe sur les holdings patrimoniales créée en 2026 ?
- L'article 7 de la loi n° 2026-103 du 19 février 2026 a créé, à l'article 235 ter C du Code général des impôts, une taxe annuelle de 20 % sur la valeur vénale de certains actifs non affectés à une activité opérationnelle, notamment les biens somptuaires. Elle vise les sociétés à l'impôt sur les sociétés dont l'actif atteint 5 millions d'euros et dont les revenus passifs dépassent la moitié des produits. Elle s'applique aux exercices clos à compter du 31 décembre 2026.
- Le plafond de déduction du PER change-t-il pour 2027 ?
- Rien n'est annoncé pour 2027. Ce qui est acquis vient de l'article 9 de la loi de finances pour 2026 : les versements ne sont plus déductibles à partir de 70 ans, et le report des plafonds non utilisés passe de trois à cinq ans pour les droits générés à compter de 2026. Les plafonds 2026 restent de 37 680 euros pour une salariée, avec un plancher de 4 710 euros, et de 88 911 euros pour une indépendante.