SOLSTICE PATRIMOINE
Assurance-vie

Assurance-vie ou PEA : lequel pour quel objectif

Emeline Siron·

Le PEA est plafonné à 150 000 euros de versements et sort à 18,6 % de prélèvements sociaux après 5 ans, l'assurance-vie n'a aucun plafond et sort à 24,7 % après 8 ans, abattement de 4 600 euros déduit. Sur 150 000 euros placés vingt ans à 6 % brut, l'écart net atteint 48 662 euros en faveur du PEA, mais il s'inverse sur la transmission et sur les rachats calibrés. Le comparatif complet, plafonds, fiscalité, univers d'investissement, frais et succession, et les cas où les deux enveloppes se cumulent au lieu de s'opposer.

Assurance-vie ou PEA : la réponse chiffrée avant le détail

Choisir entre assurance-vie ou PEA revient à choisir entre deux contraintes symétriques. Le plan d'épargne en actions est plafonné à 150 000 euros de versements par l'article L221-30 du code monétaire et financier, il n'accepte que des titres européens ou des fonds qui en détiennent au moins 75 %, mais après cinq ans de détention ses gains sortent exonérés d'impôt sur le revenu et ne supportent plus que les prélèvements sociaux, portés à 18,6 % par l'article 12 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, loi n° 2025-1403. L'assurance-vie n'a aucun plafond légal de versement, elle donne accès aux fonds en euros, aux SCPI et au private equity que le PEA refuse, mais après huit ans ses gains restent taxés à 24,7 % au-delà de l'abattement annuel de 4 600 euros, soit 7,5 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux.

Traduction en euros. Sur 150 000 euros investis vingt ans dans un marché actions rendant 6 % brut par an, avec 0,25 % de frais internes de fonds dans les deux cas, un PEA logé chez un courtier en ligne facturant 0,10 % de frais d'enveloppe laisse 394 427 euros nets d'impôt. Le même portefeuille dans un contrat d'assurance-vie facturant 0,60 % de frais de gestion annuels sur unités de compte laisse 345 765 euros. L'écart atteint 48 662 euros, et il ne vient qu'à moitié de la fiscalité : l'autre moitié vient des frais d'enveloppe, capitalisés pendant vingt ans. Avec un contrat bancaire à 1 % de frais de gestion, l'écart monte à 71 295 euros.

Ce résultat ne signifie pas que le PEA est supérieur. Il signifie que sur la seule poche actions européennes, dans la limite de 150 000 euros, et pour une sortie en capital du vivant du titulaire, le PEA est structurellement moins cher. Dès qu'on change une de ces trois conditions, la hiérarchie bouge. Sur la transmission, l'assurance-vie reprend l'avantage avec l'abattement de 152 500 euros par bénéficiaire de l'article 990 I du code général des impôts, quand le PEA est purement et simplement clôturé au décès. Sur les rachats calibrés, l'abattement annuel rend l'assurance-vie moins chère que le PEA. Et au-delà de 150 000 euros, la question ne se pose plus : le PEA est plein, il faut bien loger le reste ailleurs.

Cet article déroule les six lignes de comparaison qui comptent vraiment, plafond, fiscalité, prélèvements sociaux, univers d'investissement, frais et succession, chacune chiffrée. Il se termine sur ce que la plupart des comparatifs ratent : les configurations où les deux enveloppes se cumulent au lieu de s'opposer. Aucun placement en unités de compte ou en actions ne garantit un rendement, le capital investi peut être perdu en tout ou partie, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Ce que chaque enveloppe est, juridiquement

La moitié des erreurs de comparaison vient d'une confusion de nature. Le PEA et l'assurance-vie ne sont pas deux produits concurrents du même genre : ce sont deux régimes juridiques différents qui enveloppent des placements. Ni l'un ni l'autre n'est un placement en soi.

L'assurance-vie est un contrat, pas un placement

L'assurance-vie est un contrat d'assurance conclu entre une souscriptrice et un assureur. Juridiquement, la souscriptrice ne détient pas les actifs : elle détient une créance sur l'assureur, exprimée en euros pour la part logée en fonds en euros et en nombre de parts pour la part logée en unités de compte. Cette qualification a trois conséquences lourdes. Le capital versé sort de la succession civile au profit du bénéficiaire désigné, ce qui fonde tout le régime fiscal de transmission. L'assureur choisit la liste des supports accessibles, ce qui explique que deux contrats n'offrent pas du tout les mêmes possibilités. Enfin, l'assureur prélève une rémunération annuelle sur l'encours, ce qui explique le poste de frais que le PEA n'a pas.

Le PEA est un compte-titres soumis à conditions

Le plan d'épargne en actions est un compte-titres assorti d'un régime fiscal de faveur, encadré par les articles L221-30 à L221-32 du code monétaire et financier. Il se compose de deux poches indissociables, un compte-espèces et un compte-titres. La titulaire est propriétaire des titres, ils sont inscrits à son nom. Le régime de faveur est la contrepartie de trois contraintes : un plafond de versement, une liste fermée de titres éligibles, et une durée minimale de cinq ans pour que l'exonération d'impôt sur le revenu soit acquise.

Pourquoi cette différence de nature commande tout le reste

Parce que la titulaire d'un PEA possède ses titres, elle ne paie personne pour les détenir au-delà des frais du teneur de compte, eux-mêmes plafonnés par décret. Parce que la souscriptrice d'une assurance-vie ne possède qu'une créance, elle rémunère l'assureur chaque année sur la totalité de l'encours, y compris sur les plus-values non réalisées. Cette asymétrie de 0,50 à 1 point de rendement annuel est invisible dans les comparatifs fiscaux, et c'est pourtant elle qui décide du résultat sur vingt ans. Elle est développée plus bas, tableau à l'appui.

Symétriquement, parce que le capital d'assurance-vie est versé à un bénéficiaire désigné et non à des héritiers, il échappe au barème des droits de succession dans les limites de l'article 990 I. Aucun compte-titres, PEA ou non, ne peut reproduire ce mécanisme. C'est le seul avantage de l'assurance-vie qu'aucune baisse de frais du côté du PEA ne peut compenser.

Le plafond de versement du PEA, la première ligne de partage

150 000 euros, et ce que le plafond ne couvre pas

Le plafond du PEA classique est fixé à 150 000 euros de versements par l'article L221-30 du code monétaire et financier. Deux précisions comptent. D'abord, il s'agit d'un plafond de versements cumulés, pas d'un plafond de valorisation : un PEA alimenté de 150 000 euros et devenu 480 000 euros reste valide, aucune régularisation n'est due, seuls les nouveaux versements sont bloqués. Ensuite, les retraits effectués après cinq ans libèrent de nouveau du plafond depuis la loi PACTE, loi n° 2019-486 du 22 mai 2019 : une personne qui a versé 150 000 euros et retiré 30 000 euros peut reverser à hauteur de 30 000 euros.

Le plafond est individuel. Une personne ne peut détenir qu'un seul PEA, mais un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune peut en détenir deux, soit 300 000 euros de capacité de versement cumulée. Les enfants majeurs de 18 à 25 ans rattachés au foyer fiscal peuvent ouvrir un PEA jeunes, plafonné à 20 000 euros, qui se transforme en PEA classique à la fin du rattachement.

Le PEA-PME et le plafond cumulé de 225 000 euros

Le PEA-PME, prévu à l'article L221-32-2 du code monétaire et financier, obéit au même régime fiscal mais vise les titres de petites et moyennes entreprises et d'entreprises de taille intermédiaire. Son plafond propre est de 225 000 euros. Le point que presque tout le monde rate : le total des versements sur PEA et PEA-PME réunis ne peut pas dépasser 225 000 euros pour une même personne. Une titulaire qui a saturé son PEA classique à 150 000 euros ne dispose donc que de 75 000 euros de capacité résiduelle sur son PEA-PME, et non de 225 000 euros.

L'assurance-vie n'a aucun plafond légal

Aucun texte ne limite les versements sur un contrat d'assurance-vie, ni le nombre de contrats détenus. Deux seuils existent mais ce ne sont pas des plafonds de versement : le seuil de 150 000 euros de primes nettes, qui fait basculer le taux d'impôt sur le revenu de 7,5 % à 12,8 % sur la fraction excédentaire pour les versements effectués depuis le 27 septembre 2017, et le seuil de 152 500 euros par bénéficiaire de l'article 990 I, qui est un abattement de transmission. Verser au-delà reste possible et licite, cela change simplement le taux applicable.

Les assureurs eux-mêmes appliquent parfois des limites commerciales, notamment sur la part investie en fonds en euros, en imposant un pourcentage minimal d'unités de compte pour accepter un versement. Ce sont des conditions contractuelles, pas des règles fiscales, et elles varient fortement d'un contrat à l'autre.

EnveloppePlafond de versementNombre par personneBase légaleNature du plafond
PEA classique150 000 eurosUn seulArt. L221-30 du code monétaire et financierVersements cumulés, pas la valorisation
PEA jeunes, 18 à 25 ans rattachés20 000 eurosUn seulArt. L221-30 du code monétaire et financierVersements cumulés
PEA-PME225 000 eurosUn seulArt. L221-32-2 du code monétaire et financierVersements cumulés
Cumul PEA et PEA-PME225 000 euros au totalUn de chaqueArt. L221-32-2 du code monétaire et financierUn PEA saturé ne laisse que 75 000 euros de marge
Assurance-vieAucun plafond légalIllimitéArt. L132-1 et suivants du code des assurancesDeux seuils de taux, pas de plafond de versement

Ce que le plafond change concrètement selon le montant à placer

En dessous de 150 000 euros à investir en actions européennes, la question du plafond ne se pose pas et le PEA reste disponible en totalité. Entre 150 000 et 300 000 euros pour un couple, elle se pose sur la répartition. Au-delà, elle ne se pose plus du tout : l'assurance-vie ou le compte-titres ordinaire deviennent la seule voie pour le surplus, et le débat se déplace vers le choix entre ces deux-là. C'est exactement pour cela que la question « assurance-vie ou PEA » se transforme si souvent en question « assurance-vie et PEA », traitée en fin d'article.

Assurance-vie ou PEA : la fiscalité comparée, cinq ans contre huit ans

Le PEA avant cinq ans

Avant le cinquième anniversaire du premier versement, tout retrait entraîne en principe la clôture du plan et l'imposition du gain net au prélèvement forfaitaire unique, soit 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, donc 31,4 % au total depuis l'article 12 de la loi n° 2025-1403. La loi PACTE a maintenu des exceptions limitatives qui autorisent un retrait anticipé sans clôture ni perte du régime : licenciement, invalidité de deuxième ou troisième catégorie, mise à la retraite anticipée du titulaire ou de son conjoint, et affectation des sommes à la création ou à la reprise d'une entreprise dans les trois mois.

Autrement dit, un PEA de moins de cinq ans n'offre strictement aucun avantage fiscal par rapport à un compte-titres ordinaire. Il offre en revanche un inconvénient supplémentaire, la clôture. C'est la raison pour laquelle l'ouverture précoce, même avec un versement symbolique, a une valeur d'option : elle fait démarrer le compteur sans engager de capital.

Le PEA après cinq ans

À compter du cinquième anniversaire, les gains sont exonérés d'impôt sur le revenu et seuls les prélèvements sociaux restent dus, au taux de 18,6 % applicable au capital mobilier. Le retrait n'entraîne plus la clôture, et il n'interdit plus les versements ultérieurs. Le PEA devient alors une enveloppe pleinement souple, ce qu'il n'était pas avant 2019.

Une précision importante sur l'assiette. Ce n'est pas le retrait qui est taxé, c'est la fraction de gain qu'il contient, calculée au prorata de la plus-value latente du plan à la date du retrait. Un PEA de 200 000 euros alimenté par 150 000 euros de versements contient 25 % de gain : un retrait de 10 000 euros porte donc 2 500 euros de gain, taxés 465 euros au titre des prélèvements sociaux.

L'assurance-vie avant huit ans

Sur un rachat effectué avant le huitième anniversaire du contrat, la fraction de gain contenue dans le rachat est imposée au prélèvement forfaitaire unique. Et c'est ici qu'un piège largement diffusé se referme : ce PFU n'est pas à 31,4 % mais à 30 %. L'assurance-vie et le contrat de capitalisation ont été expressément exclus de la hausse des prélèvements sociaux portée par l'article 12 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026. Leurs prélèvements sociaux restent à 17,2 %, ce qui donne 12,8 % plus 17,2 %, soit 30 %. La souscriptrice peut aussi opter pour le barème progressif si c'est plus favorable, option globale et annuelle qui vaut alors pour tous ses revenus de capitaux mobiliers, comme l'explique notre article sur le choix entre flat tax et barème progressif.

L'assurance-vie après huit ans et l'abattement de 4 600 euros

Au-delà de huit ans, deux avantages se cumulent. Un abattement annuel s'applique d'abord sur la fraction de gain contenue dans les rachats de l'année : 4 600 euros pour une personne seule, 9 200 euros pour un couple soumis à imposition commune. Le solde est ensuite imposé à 7,5 % au lieu de 12,8 %, pour la fraction correspondant aux primes nettes n'excédant pas 150 000 euros, versées depuis le 27 septembre 2017. Au-delà de ce seuil de primes, la fraction excédentaire reste à 12,8 %. Les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus sur la totalité du gain, abattement compris : c'est une erreur fréquente de croire que l'abattement neutralise aussi les prélèvements sociaux.

Le taux plein après huit ans est donc de 24,7 %, contre 18,6 % sur un PEA de plus de cinq ans. Mais ce taux plein n'est atteint que sur la part de gain qui dépasse l'abattement. Sur les premiers 4 600 euros de gain annuel, l'assurance-vie ne supporte que 17,2 %, soit moins que le PEA. Nous détaillons ce mécanisme dans notre article sur l'optimisation des retraits après huit ans.

SituationImpôt sur le revenuPrélèvements sociauxTaux totalAbattement annuel
PEA, retrait avant 5 ans12,8 %18,6 %31,4 %, plus clôture du planAucun
PEA, retrait après 5 ansExonéré18,6 %18,6 %Aucun
Assurance-vie, rachat avant 8 ans12,8 %17,2 %30 %Aucun
Assurance-vie après 8 ans, primes nettes jusqu'à 150 000 euros7,5 %17,2 %24,7 %4 600 euros, 9 200 euros pour un couple
Assurance-vie après 8 ans, fraction au-delà de 150 000 euros de primes12,8 %17,2 %30 %4 600 euros, 9 200 euros pour un couple
Compte-titres ordinaire, pour mémoire12,8 %18,6 %31,4 %Aucun

Le piège du prélèvement forfaitaire unique, à ne pas reproduire

Depuis 2026, le prélèvement forfaitaire unique n'a plus un taux unique. Il vaut 31,4 % sur le capital mobilier, dividendes, intérêts et plus-values de cession de valeurs mobilières, mais il reste à 30 % sur l'assurance-vie et le contrat de capitalisation. Écrire ou entendre « le PFU est à 31,4 % » à propos d'un rachat d'assurance-vie est faux, et l'erreur se propage vite parce qu'elle paraît cohérente. La conséquence pratique est modeste sur un rachat isolé, 1,4 point, mais elle fausse tous les comparatifs qui la reprennent mécaniquement.

Les prélèvements sociaux, 17,2 % contre 18,6 %

Une divergence créée par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026

L'article 12 de la loi n° 2025-1403 porte les prélèvements sociaux sur les revenus du capital mobilier de 17,2 % à 18,6 %. Deux dates d'effet coexistent : la hausse s'applique dès les revenus 2025 pour les plus-values mobilières, et au 1er janvier 2026 pour les produits de placement. L'assurance-vie, les revenus fonciers et les bénéfices industriels et commerciaux de location meublée en ont été expressément exclus et restent à 17,2 %.

Le PEA n'a pas été exclu. Les gains qu'il génère relèvent du régime du capital mobilier et supportent donc 18,6 %. La conséquence est contre-intuitive : sur les prélèvements sociaux seuls, l'assurance-vie est désormais moins chère que le PEA de 1,4 point. C'est le PEA qui reprend l'avantage par l'exonération totale d'impôt sur le revenu, que l'assurance-vie n'obtient jamais.

Le moment où les prélèvements sociaux sont prélevés

La différence de calendrier compte autant que la différence de taux. Sur un PEA, les prélèvements sociaux ne sont dus qu'au moment du retrait : tant que rien ne sort, le gain capitalise en totalité, y compris les dividendes réinvestis. Sur une assurance-vie, le traitement est mixte. Les gains des unités de compte ne sont taxés qu'au rachat, comme sur un PEA. Mais les intérêts du fonds en euros sont soumis aux prélèvements sociaux chaque année, au moment de leur inscription en compte. Un contrat majoritairement investi en fonds en euros subit donc une ponction annuelle qui ampute la capitalisation, alors qu'un contrat investi en unités de compte ne la subit pas.

Ce que 1,4 point représente sur vingt ans

Sur un gain de 300 279 euros, ce qui correspond à 150 000 euros placés vingt ans à 5,65 % net de frais, 1,4 point de prélèvements sociaux représente 4 204 euros. Ce n'est pas négligeable, mais c'est douze fois moins que l'écart de 48 662 euros observé entre le PEA et l'assurance-vie sur la même hypothèse. La leçon vaut d'être retenue : sur un horizon long, l'écart de taux de frais annuel pèse infiniment plus lourd que l'écart de taux d'imposition à la sortie.

L'univers d'investissement réellement accessible dans chaque enveloppe

Ce que le PEA accepte

L'article L221-31 du code monétaire et financier fixe la liste. Sont éligibles les actions et parts de sociétés ayant leur siège dans un État de l'Union européenne ou de l'Espace économique européen ayant conclu une convention d'assistance administrative avec la France, soumises à l'impôt sur les sociétés ou à un impôt équivalent. Sont également éligibles les parts d'organismes de placement collectif, fonds communs de placement et sociétés d'investissement à capital variable, à condition qu'ils soient investis à hauteur d'au moins 75 % en titres eux-mêmes éligibles.

Les ETF synthétiques, la porte d'entrée vers les marchés hors Union européenne

C'est le point le plus mal compris du PEA, et celui qui change le plus son intérêt pratique. Un fonds indiciel coté à réplication synthétique détient un portefeuille physique de titres européens éligibles, ce qui lui permet de satisfaire le quota de 75 %, puis conclut avec une banque un contrat d'échange de performance, un swap, aux termes duquel il reçoit la performance d'un indice non européen et cède celle de son portefeuille physique. Le résultat est qu'un PEA peut suivre le S&P 500, le MSCI World ou le Nasdaq 100 tout en restant parfaitement conforme.

La contrepartie est réelle et doit être nommée. Le swap crée un risque de contrepartie : si la banque qui porte l'échange fait défaut, la performance promise n'est plus assurée. La réglementation européenne des OPCVM limite l'exposition à une contrepartie unique à 10 % de l'actif net, et la plupart des émetteurs collatéralisent quotidiennement, ce qui réduit le risque sans le supprimer. Les frais courants de ces fonds sont aussi généralement un peu supérieurs à ceux d'un fonds à réplication physique équivalent. Nous en parlons plus longuement dans l'épisode consacré aux ETF et à la construction d'un portefeuille actions du podcast Out of the Box.

Ce que le PEA n'acceptera jamais

Sont exclus du PEA les obligations détenues en direct et les fonds obligataires, les SCPI et toute forme de pierre-papier, les fonds en euros, les matières premières et l'or, les produits dérivés, les titres non cotés ne respectant pas les conditions de l'article L221-31, et les actions étrangères hors Espace économique européen détenues en direct. Une titulaire qui souhaite une poche obligataire, une poche immobilière ou une garantie en capital ne peut donc pas la loger dans son PEA. C'est la limite structurante de l'enveloppe.

Ce que l'assurance-vie ajoute

L'assurance-vie donne accès au fonds en euros, seul support à capital garanti par l'assureur net de frais de gestion, qui a servi 2,63 % en moyenne sur les contrats individuels en 2025 selon l'ACPR, Analyses et Synthèses n° 180 du 30 juin 2026. Elle donne accès aux SCPI, dont le taux de distribution moyen s'est établi à 4,91 % en 2025 selon le bilan annuel de l'ASPIM du 9 février 2026, avec une dispersion de 4,2 % pour le résidentiel à 6 % pour le diversifié, et une liquidité limitée. Nous détaillons cette combinaison dans notre article sur les SCPI logées en assurance-vie. Elle donne enfin accès, sur certains contrats, à des fonds de private equity, des produits structurés et des fonds obligataires datés.

La contrepartie de l'assurance-vie, une liste fermée par l'assureur

Le PEA a une liste fermée par la loi mais ouverte au sein de cette liste : tout titre éligible est accessible chez un teneur de compte digne de ce nom. L'assurance-vie a une liste fermée par l'assureur, et cette liste est parfois très courte. Un contrat bancaire standard peut proposer quelques dizaines de fonds maison, tandis qu'un contrat en architecture ouverte en propose plusieurs centaines, dont des fonds indiciels à frais réduits. Cette différence de référencement pèse autant que la fiscalité sur le résultat final. Notre article sur les frais cachés des contrats bancaires chiffre l'écart.

SupportPEAAssurance-vieRemarque
Actions européennes en directOuiRarement, seulement sur contrats haut de gammeLe PEA est la seule enveloppe grand public pour les titres vifs européens
Actions américaines ou asiatiques en directNonRarementLe compte-titres ordinaire reste la voie normale
ETF sur indices monde ou américainsOui, par réplication synthétiqueOui, si le contrat les référenceRisque de contrepartie sur le swap côté PEA
Fonds en euros à capital garantiNonOui2,63 % en 2025 selon l'ACPR, juin 2026
SCPI et pierre-papierNonOui, sur contrats référençant des SCPI4,91 % de distribution 2025 selon l'ASPIM, liquidité limitée
Fonds obligatairesNonOuiPoche défensive impossible à loger en PEA
Private equityNon, sauf cas très limitésOui, sur contrats dédiésCapital non garanti et liquidité très réduite
Titres de PME et ETI non cotéesOui, via le PEA-PME sous conditionsNon en pratiquePlafond cumulé de 225 000 euros

Les frais, le poste que le comparatif fiscal masque

Les frais du PEA sont plafonnés par décret

Le décret n° 2020-95 du 5 février 2020, pris en application de la loi PACTE et applicable depuis le 1er juillet 2020, plafonne les frais du PEA et du PEA-PME. Les frais d'ouverture ne peuvent pas dépasser 10 euros. Les frais de tenue de compte sont limités à 0,4 % de la valeur des actifs par an, auxquels peuvent s'ajouter des frais fixes par ligne détenue. Les frais par transaction sont plafonnés à 0,5 % du montant de l'ordre lorsqu'il est passé en ligne, et à 1,2 % dans les autres cas. Les frais de transfert sont limités à 15 euros par ligne de titres cotés et 50 euros par ligne de titres non cotés, avec un maximum global de 150 euros.

Ces plafonds sont des maximums réglementaires, pas des tarifs constatés. Chez les courtiers en ligne, les frais de tenue de compte du PEA sont fréquemment nuls et les frais de courtage descendent à quelques euros par ordre. Le coût réel d'enveloppe d'un PEA bien logé se situe entre 0 et 0,10 % par an pour une investisseuse qui n'arbitre pas souvent. Chez un teneur de compte bancaire traditionnel, il peut atteindre le plafond de 0,4 %.

Les frais de l'assurance-vie ne sont plafonnés par aucun texte

L'assurance-vie superpose quatre étages de frais. Les frais sur versement, de 0 % sur les contrats distribués en ligne à 3 ou 5 % dans certains réseaux. Les frais de gestion annuels sur unités de compte, de 0,50 % à plus de 1 % de l'encours. Les frais de gestion du fonds en euros, généralement de 0,60 à 0,85 %, déjà déduits du rendement annoncé. Les frais d'arbitrage, nuls sur beaucoup de contrats en ligne, de 0,50 % du montant arbitré ailleurs. À ces quatre étages s'ajoutent les frais internes des supports eux-mêmes, de 0,20 % pour un fonds indiciel à plus de 2 % pour un fonds actif, exactement comme dans un PEA.

Le poste décisif est le deuxième. Les frais de gestion annuels sur unités de compte s'appliquent à la totalité de l'encours chaque année, plus-values latentes comprises, et se composent donc contre la souscriptrice exactement comme le rendement se compose en sa faveur. C'est ce poste que le PEA n'a pas.

Le calcul complet sur 150 000 euros et vingt ans

Hypothèses posées explicitement, et volontairement identiques de part et d'autre : 150 000 euros versés en une fois, un marché actions rendant 6 % brut par an de façon constante, un même fonds indiciel facturant 0,25 % de frais internes dans les deux enveloppes, aucun arbitrage, aucun versement complémentaire, sortie totale à l'échéance. Seul le coût d'enveloppe et la fiscalité diffèrent. Ces hypothèses sont des conventions de calcul, aucun marché ne rend 6 % chaque année et aucun rendement ne peut être garanti à l'avance.

Enveloppe et frais annuelsRendement net de fraisValeur à 10 ansNet après impôt à 10 ansValeur à 20 ansNet après impôt à 20 ans
PEA chez un courtier en ligne, 0,10 %5,65 %259 888 euros239 449 euros450 279 euros394 427 euros
Assurance-vie en ligne, 0,60 % de gestion5,15 %247 847 euros224 024 euros409 522 euros345 765 euros
Assurance-vie de réseau bancaire, 1,00 %4,75 %238 579 euros217 045 euros379 465 euros323 132 euros
Écart entre PEA et assurance-vie en ligne0,50 point12 041 euros15 425 euros40 757 euros48 662 euros
Écart entre PEA et assurance-vie bancaire0,90 point21 309 euros22 404 euros70 814 euros71 295 euros

Décomposition de l'écart de 48 662 euros à vingt ans. Avant impôt, l'écart de valorisation est déjà de 40 757 euros : il provient uniquement des 0,50 point de frais annuels supplémentaires, capitalisés vingt ans. La fiscalité n'ajoute que 7 905 euros à cet écart, malgré une différence apparente de 6,1 points entre 18,6 % et 24,7 %, parce qu'elle s'applique à une assiette plus petite côté assurance-vie, l'écart de frais ayant déjà rogné le gain. Autrement dit, plus de 80 % de l'écart vient des frais, pas de l'impôt. C'est l'inverse de l'intuition courante.

Le seuil de frais qui annule l'avantage fiscal

L'exercice inverse est éclairant. À quel niveau de frais de gestion annuels l'assurance-vie égalerait-elle le PEA sur ces hypothèses ? La réponse est zéro : même à 0 % de frais de gestion, l'assurance-vie resterait derrière, puisqu'elle est taxée 6,1 points de plus à la sortie sur la fraction excédant l'abattement. En revanche, l'avantage de frais du PEA suffit à lui seul à compenser l'intégralité de son désavantage de prélèvements sociaux dès que l'écart de frais dépasse environ 0,10 point par an. La bonne question n'est donc pas « quelle enveloppe est la moins taxée », mais « quelle enveloppe est la moins chère pour l'usage visé ». Pour tester d'autres hypothèses de frais et de durée, vous pouvez faire le point sur votre situation.

Ce raisonnement ne vaut que pour un portefeuille identique de part et d'autre. Il cesse de valoir dès que l'assurance-vie loge quelque chose que le PEA ne peut pas loger, un fonds en euros, une SCPI ou un fonds obligataire. Comparer une poche actions en PEA à une poche diversifiée en assurance-vie ne compare plus des enveloppes mais des allocations, ce qui est un autre sujet, traité dans notrebilan patrimonial.

La succession, là où l'assurance-vie prend l'avantage

Le PEA est clôturé au décès

Le PEA prend fin au décès de son titulaire. Il n'est pas transmissible : les héritiers ne reprennent pas le plan, ils reçoivent les titres et les liquidités, qui entrent dans l'actif successoral et sont taxés aux droits de mutation à titre gratuit de droit commun. L'abattement est celui de l'article 779 du code général des impôts, 100 000 euros par enfant et par parent, renouvelable tous les quinze ans, puis le barème progressif de l'article 777 s'applique. Sur 300 000 euros transmis à un enfant unique, les droits ressortent à 38 194 euros.

Le PEA conserve toutefois un avantage souvent oublié en transmission : la plus-value latente est purgée. Le prix d'acquisition retenu chez les héritiers est la valeur déclarée dans la succession, en application de l'article 150-0 D du code général des impôts. La plus-value accumulée du vivant du titulaire n'est donc jamais imposée à l'impôt sur le revenu.

L'article 990 I et l'abattement de 152 500 euros

Pour les primes versées avant le soixante-dixième anniversaire de l'assurée, l'article 990 I du code général des impôts prévoit un abattement de 152 500 euros par bénéficiaire, tous contrats confondus, puis un prélèvement de 20 % jusqu'à 700 000 euros et de 31,25 % au-delà. L'abattement se démultiplie avec le nombre de bénéficiaires désignés, ce qu'aucun compte-titres ne permet. Trois enfants désignés, c'est 457 500 euros transmis hors droits.

Un point à ne pas oublier dans le calcul : au dénouement par décès, les prélèvements sociaux de 17,2 % sont dus sur les gains des unités de compte qui n'y ont pas encore été soumis. Ils réduisent donc l'assiette transmise avant même l'application de l'abattement. Beaucoup de comparatifs les omettent et surestiment l'avantage de l'assurance-vie.

Les primes versées après 70 ans, l'article 757 B

Pour les primes versées après le soixante-dixième anniversaire, le régime change. L'article 757 B soumet aux droits de succession la fraction des primes qui excède un abattement global de 30 500 euros, tous bénéficiaires et tous contrats confondus. En contrepartie, les gains produits par ces primes sont exonérés de droits de succession. Le régime après 70 ans n'est donc pas systématiquement défavorable : il l'est sur des primes importantes placées peu de temps, il ne l'est plus sur des primes modestes placées longtemps et fortement valorisées.

Le conjoint survivant est exonéré dans tous les cas

Une précision qui annule à elle seule une partie du débat. Le conjoint survivant marié et le partenaire de PACS survivant sont totalement exonérés de droits de succession depuis la loi du 21 août 2007, quel que soit le montant reçu et quel que soit le support. L'abattement de 152 500 euros de l'article 990 I ne les concerne donc pas, il ne leur apporte rien qu'ils n'aient déjà. Désigner son conjoint bénéficiaire d'un contrat d'assurance-vie pour économiser des droits de succession n'a aucun effet fiscal : l'intérêt est ailleurs, dans la rapidité de versement et dans l'organisation civile de la transmission, sujets que nous traitons dans notre article sur leserreurs de clause bénéficiaire.

Hypothèse de transmissionPEA, clôturé au décèsAssurance-vie, primes avant 70 ansEnveloppe la moins taxée
300 000 euros dont 150 000 de gain, un enfantDroits de 38 194 euros, plus-value purgéePrélèvements sociaux de 25 800 euros puis 24 340 euros au titre du 990 I, soit 50 140 eurosLe PEA, de 11 946 euros
600 000 euros dont 300 000 de gain, trois enfantsDroits de 54 583 euros au totalPrélèvements sociaux de 51 600 euros puis 18 180 euros au titre du 990 I, soit 69 780 eurosLe PEA, de 15 197 euros
Transmission au conjoint survivantExonéré de droits de successionExonéré de droits, mais prélèvements sociaux dus sur les gainsLe PEA
Transmission à un neveu ou à un tiersDroits à 55 % ou 60 % selon le lienAbattement de 152 500 euros puis 20 %L'assurance-vie, très nettement
Primes versées après 70 ans, contrat très valoriséDroits de droit commun sur la totalitéDroits sur les primes au-delà de 30 500 euros, gains exonérésL'assurance-vie

Ce tableau contredit une idée reçue. L'assurance-vie n'est pas mécaniquement supérieure en transmission dès lors que le bénéficiaire est un enfant : l'abattement de 100 000 euros par enfant et par parent, combiné à la purge de la plus-value latente et à l'absence de prélèvements sociaux sur un compte-titres transmis, tient très bien la comparaison sur des montants moyens. L'assurance-vie creuse l'écart dans trois configurations précises : quand les bénéficiaires sont nombreux, quand ils sont éloignés du défunt au sens fiscal, et quand l'abattement de 100 000 euros a déjà été consommé par des donations antérieures. La règle générale n'existe pas ici, seulement des cas.

Assurance-vie ou PEA : les cas où les deux se cumulent au lieu de s'opposer

C'est la partie que la plupart des comparatifs escamotent, parce qu'elle ne se résume pas à un gagnant. Une personne ne peut détenir qu'un seul PEA, mais elle peut détenir autant de contrats d'assurance-vie qu'elle le souhaite, et rien n'interdit de faire tourner les deux en parallèle. Dans la pratique, au-delà d'un certain patrimoine financier, la configuration à deux enveloppes est la norme et non l'exception.

Saturer le PEA, loger le surplus en assurance-vie

C'est le schéma le plus courant. Le PEA absorbe la poche actions dans la limite de 150 000 euros de versements, là où son avantage de coût et de fiscalité est maximal. L'assurance-vie prend le relais au-delà, et loge en plus tout ce que le PEA refuse : la poche défensive en fonds en euros, la poche immobilière en SCPI, la poche obligataire. Le résultat n'est pas un compromis, c'est une répartition par compétence : chaque enveloppe fait ce qu'elle sait faire le moins cher.

Sur un patrimoine financier de 400 000 euros dont 200 000 euros destinés aux actions, le calcul est immédiat. Les 150 000 premiers euros d'actions vont au PEA, les 50 000 restants et les 200 000 euros non actions vont en assurance-vie. Comparé à un scénario où tout serait logé en assurance-vie, l'économie de frais sur la seule poche PEA, à 0,50 point par an pendant vingt ans, représente environ 40 000 euros de valorisation supplémentaire avant impôt sur ces hypothèses de rendement.

Le rachat partiel calibré sur l'abattement, où l'assurance-vie bat le PEA

Voici le cas que le comparatif de taux plein rate systématiquement. Prenons un contrat de huit ans et plus valant 250 000 euros pour 150 000 euros de primes versées : chaque euro racheté contient 40 % de gain. Un rachat annuel de 11 500 euros contient donc exactement 4 600 euros de gain, soit le montant de l'abattement pour une personne seule. L'impôt sur le revenu est nul, seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % sont dus sur 4 600 euros, soit 791 euros. Le taux effectif sur le rachat ressort à 6,9 %.

Le même retrait de 11 500 euros sur un PEA de plus de cinq ans présentant la même proportion de gain supporterait 18,6 % sur 4 600 euros, soit 856 euros, et un taux effectif de 7,4 %. Sur des retraits calibrés, l'assurance-vie est donc moins chère que le PEA, et l'écart double pour un couple, dont l'abattement passe à 9 200 euros. C'est précisément pour cela qu'une stratégie de compléments de revenus réguliers penche vers l'assurance-vie, alors qu'une stratégie de capitalisation puis de sortie unique penche vers le PEA.

Deux horloges valent mieux qu'une

Le compteur de cinq ans du PEA démarre au premier versement, celui de huit ans de l'assurance-vie démarre à la souscription. Ouvrir les deux enveloppes tôt, même avec des sommes modestes, lance deux horloges en parallèle et coûte quelques dizaines d'euros. Dix ans plus tard, la titulaire dispose de deux enveloppes fiscalement mûres et peut arbitrer en fonction de sa situation d'alors, plutôt que de subir un délai qu'elle aurait pu neutraliser. C'est la seule décision de ce dossier qui ne dépend pas d'un arbitrage patrimonial : elle élargit les options sans en fermer aucune.

Le PEA comme moteur, l'assurance-vie comme volant d'inertie

Une répartition qui revient souvent chez les personnes ayant un horizon long et un besoin de liquidité intermittent consiste à faire du PEA la poche de croissance pure, exposée en totalité aux actions, et de l'assurance-vie la poche de sécurité et de liquidité, majoritairement en fonds en euros. Le PEA n'est alors jamais touché avant l'horizon, ce qui lui évite toute imposition intermédiaire, et l'assurance-vie absorbe les besoins ponctuels par rachats partiels. La logique est inverse de celle d'une allocation uniforme, et elle exploite le fait que chaque enveloppe a une contrainte de sortie différente.

L'assurance-vie comme relais quand le PEA est plein depuis longtemps

Un PEA saturé depuis dix ans peut valoir plusieurs centaines de milliers d'euros sans qu'un euro supplémentaire puisse y entrer. Deux voies existent alors pour continuer à alimenter une poche actions : le compte-titres ordinaire, taxé à 31,4 % sans plafond ni contrainte, et l'assurance-vie en unités de compte, taxée à 24,7 % après huit ans mais grevée de frais de gestion annuels. L'arbitrage entre ces deux-là dépend de l'horizon, du niveau de frais du contrat retenu et de l'objectif de transmission, et c'est un sujet à part entière que nous traitons séparément.

Ce que le PER ajoute, et pourquoi ce n'est pas la même question

Le plan d'épargne retraite est souvent jeté dans le même comparatif, à tort. Il ne répond pas à la même question, puisqu'il échange une déduction fiscale à l'entrée contre un blocage jusqu'à la retraite et une imposition à la sortie. Le comparatif pertinent est celui duPER face à l'assurance-vie, et il dépend d'abord de latranche marginale d'imposition actuelle comparée à celle anticipée à la retraite. Notre article dédié auchoix entre PER et assurance-vie le chiffre. Rappelons que la loi de finances pour 2026, article 9, met fin à la déductibilité des versements effectués à partir de 70 ans et porte de trois à cinq ans le report des plafonds non utilisés pour les droits générés à compter de 2026.

Les erreurs qui coûtent le plus cher

Confondre plafond de versement et plafond de valorisation

Le plafond de 150 000 euros porte sur les sommes versées, jamais sur la valeur du plan. Une titulaire qui refuse de laisser son PEA dépasser 150 000 euros de valorisation, en vendant pour rester sous le seuil, se prive du principal intérêt de l'enveloppe et déclenche des prélèvements sociaux inutiles. L'erreur est plus fréquente qu'on ne l'imagine.

Croire que l'antériorité fiscale se transfère d'un contrat à l'autre

Le PEA se transfère d'un établissement à un autre en conservant intégralement son antériorité, avec des frais plafonnés par le décret du 5 février 2020. L'assurance-vie, non : un contrat ne se transfère pas d'un assureur à un autre. Le seul transfert possible se fait au sein du même assureur, vers un autre contrat de sa gamme, en conservant l'antériorité fiscale. Quitter un mauvais contrat pour un meilleur chez un autre assureur suppose donc un rachat, avec l'imposition qui va avec, et la perte des huit ans acquis. C'est une raison sérieuse de regarder les frais avant de souscrire plutôt qu'après, et notre comparatif descontrats d'assurance-vie en 2026 détaille les critères.

Retirer d'un PEA de moins de cinq ans sans savoir ce que cela déclenche

Un retrait avant cinq ans clôture le plan et fait perdre définitivement l'antériorité. Sur un PEA de trois ans valant 176 889 euros pour 150 000 euros versés, le gain de 26 889 euros est taxé 8 443 euros à 31,4 %, contre 5 001 euros si le retrait avait attendu le cinquième anniversaire. Le surcoût immédiat de 3 442 euros n'est pas le vrai coût : le vrai coût est la perte des cinq ans, qui obligera à recommencer le compteur si un nouveau PEA est ouvert.

Choisir un contrat pour son fonds en euros puis y loger des unités de compte

Les frais de gestion des unités de compte et ceux du fonds en euros ne sont pas les mêmes, et un contrat compétitif sur l'un ne l'est pas nécessairement sur l'autre. Souscrire pour un taux de fonds en euros mis en avant une année donnée, puis basculer l'essentiel de l'encours en unités de compte chargées à 1 % par an, revient à payer très cher un argument qui ne sert plus. Les taux de fonds en euros servis une année ne préjugent en rien de ceux des années suivantes.

Oublier l'épargne salariale dans l'équation

Un plan d'épargne entreprise offre souvent un abondement de l'employeur et une sortie exonérée d'impôt sur le revenu après cinq ans, ce qui en fait, à euro versé, une enveloppe fréquemment plus rentable que le PEA et l'assurance-vie réunis. Le plafond d'abondement sur un PEE est fixé à 8 % du plafond annuel de la sécurité sociale, soit 3 844,80 euros pour 2026 sur la base d'un PASS de 48 060 euros. Regarder cette enveloppe avant les autres est presque toujours justifié, et notre article sur ce qu'il faut faire de son épargne salariale détaille les arbitrages.

Ce qu'un article ne peut pas trancher, et pourquoi

Tout ce qui précède décrit des mécanismes et donne des ordres de grandeur. Ce qu'un article ne peut pas faire, c'est arbitrer pour une situation précise, parce que la réponse dépend de variables qu'il ignore : l'âge, le régime matrimonial, la composition du foyer, la tranche marginale d'imposition actuelle et celle anticipée dans quinze ans, l'existence de donations déjà consenties, l'horizon réel de besoin des sommes, la tolérance au risque, et l'existence d'autres enveloppes déjà ouvertes. Deux personnes disposant du même montant peuvent avoir des réponses opposées, et ce n'est pas une formule de prudence, c'est la réalité arithmétique de ces calculs.

C'est exactement la raison pour laquelle Solstice Patrimoine propose undiagnostic patrimonial avant toute chose : il permet de poser les variables manquantes, de chiffrer les deux scénarios sur votre propre situation et de décider en connaissance de cause plutôt que sur une moyenne. Le cabinet travaille enarchitecture ouverte, ce qui signifie qu'il n'est lié à aucun assureur ni à aucune société de gestion et compare les contrats sur leurs caractéristiques réelles. Pour aller plus loin sur la méthode, lastratégie patrimoniale décrit l'enchaînement des étapes.

Dernier rappel de méthode. Toutes les projections de cet article reposent sur des hypothèses constantes : un rendement fixe chaque année, des frais fixes chaque année, une fiscalité inchangée sur vingt ans. Aucune de ces trois conditions ne sera vérifiée. Les chiffres servent à comparer des ordres de grandeur entre eux, pas à prédire un montant. Aucun placement en actions ou en unités de compte ne garantit un rendement, le capital peut être perdu en tout ou partie, la liquidité des SCPI et du private equity est limitée, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Cet article a une vocation strictement informative et ne constitue pas une recommandation personnalisée d'investissement.

Questions fréquentes

Assurance-vie ou PEA, lequel choisir en 2026 ?
Les deux ne répondent pas à la même question. Le PEA sert un objectif de croissance en actions européennes sur plus de cinq ans, avec une sortie taxée aux seuls prélèvements sociaux de 18,6 %. L'assurance-vie sert un objectif de transmission, de diversification hors actions et de souplesse de retrait, avec une sortie à 24,7 % après huit ans et un abattement annuel de 4 600 euros. Le montant à placer tranche souvent avant tout le reste, puisque le PEA s'arrête à 150 000 euros de versements.
Quel est le plafond du PEA en 2026 ?
Le plafond de versement du PEA classique est de 150 000 euros, fixé par l'article L221-30 du code monétaire et financier. Il porte sur les versements, pas sur la valeur du compte : un PEA saturé qui vaut 400 000 euros reste parfaitement valide. Le PEA-PME est plafonné à 225 000 euros, mais le cumul des deux enveloppes ne peut pas dépasser 225 000 euros de versements pour une même personne.
Quelle fiscalité sur un PEA après 5 ans ?
Après cinq ans de détention, les gains retirés d'un PEA sont exonérés d'impôt sur le revenu. Restent dus les prélèvements sociaux, portés à 18,6 % pour le capital mobilier par l'article 12 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, loi n° 2025-1403. Un retrait après cinq ans n'entraîne plus la clôture du plan et n'empêche plus les versements ultérieurs, dans la limite du plafond.
Le PFU est-il de 30 % ou de 31,4 % sur l'assurance-vie ?
De 30 % sur l'assurance-vie. Le prélèvement forfaitaire unique vaut 31,4 % sur le capital mobilier depuis 2026, soit 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Mais l'assurance-vie et le contrat de capitalisation ont été expressément exclus de la hausse des prélèvements sociaux : ils restent à 17,2 %, donc à 30 % au total. C'est une divergence récente et souvent mal reprise.
Peut-on avoir un PEA et une assurance-vie en même temps ?
Oui, et c'est la configuration la plus fréquente au-delà de 150 000 euros à placer. Une personne ne peut détenir qu'un seul PEA, mais elle peut détenir autant de contrats d'assurance-vie qu'elle le souhaite. Le PEA capte la poche actions européennes dans la limite de son plafond, l'assurance-vie loge le surplus, les supports inéligibles au PEA et l'objectif de transmission.
Peut-on acheter un ETF S&P 500 dans un PEA ?
Oui, par la voie d'un ETF à réplication synthétique. Le fonds détient un portefeuille de titres européens éligibles, ce qui satisfait le quota de 75 % exigé par l'article L221-31 du code monétaire et financier, puis échange sa performance contre celle de l'indice américain via un contrat de swap. L'accès est réel mais indirect, et il ajoute un risque de contrepartie que la réplication physique n'a pas.
Que devient un PEA au décès du titulaire ?
Le PEA est clôturé au décès. Les titres et les liquidités entrent dans l'actif successoral et sont taxés aux droits de succession de droit commun, avec l'abattement de 100 000 euros par enfant et par parent prévu à l'article 779 du code général des impôts. Le PEA n'est pas transmissible et ne bénéficie d'aucun régime de faveur, contrairement à l'assurance-vie et à son abattement de 152 500 euros par bénéficiaire.
Faut-il ouvrir un PEA même sans le remplir tout de suite ?
L'antériorité fiscale du PEA court à compter du premier versement, pas de l'ouverture administrative du plan. Le compteur des cinq ans démarre donc dès qu'une somme, même modeste, est versée. Le même raisonnement vaut pour l'assurance-vie et ses huit ans. Prendre date sur les deux enveloppes coûte peu et fait courir deux horloges en parallèle, ce qui élargit les options futures.

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