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Crédit lombard : fonctionnement, coût et risques

Emeline Siron·

Le crédit lombard permet d'emprunter contre un portefeuille financier nanti, sans le vendre, à hauteur de 50 à 70 % de sa valeur pour des actifs cotés classiques. Le taux est variable, indexé sur l'Euribor 3 mois, à 2,508 % au 14 août 2026 selon l'European Money Markets Institute, majoré d'une marge de 0,80 à 1,95 %. C'est un outil puissant et dangereux : sur un portefeuille financé à 37,5 %, une baisse de marché de 30 % fait perdre 48 % du capital investi et déclenche l'appel de marge.

Le crédit lombard en trois phrases

Le crédit lombard est un prêt consenti par une banque en contrepartie du nantissement d'un portefeuille d'actifs financiers : vous empruntez contre vos placements au lieu de les vendre. La banque accorde une quotité de financement qui dépend de la nature des actifs nantis, en pratique 50 à 70 % de la valeur pour un portefeuille d'actions cotées et d'ETF diversifiés, 80 à 100 % pour un fonds en euros, et zéro pour du private equity ou des parts de SCPI. Le taux est variable, indexé sur l'Euribor 3 mois, qui s'établissait à 2,508 % au 14 août 2026 selon l'European Money Markets Institute, majoré d'une marge bancaire observée entre 0,80 et 1,95 %.

Ce que cet outil apporte est réel : de la liquidité immédiate sans céder les titres, donc sans déclencher l'imposition d'une plus-value latente, et sans casser une allocation construite dans la durée. Ce qu'il coûte l'est tout autant, et ce n'est pas seulement le taux. Le crédit lombard introduit un effet de levier qui joue dans les deux sens : sur un portefeuille de 800 000 euros constitué de 500 000 euros d'apport et de 300 000 euros empruntés, une baisse de marché de 30 % ramène le capital net de 500 000 à 260 000 euros, soit une perte de 48 % du capital investi. Et cette baisse est très exactement le moment où la banque appelle en marge.

Précision de méthode, avant d'entrer dans le détail. Cet article explique un mécanisme et donne des ordres de grandeur de marché. Il ne constitue ni une recommandation personnalisée, ni une incitation à recourir à cet outil. Le crédit lombard porte sur des actifs dont le capital n'est pas garanti : la valeur du portefeuille nanti peut baisser, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les chiffres présentés sont des simulations sur hypothèses explicites, jamais des résultats promis.

Comment fonctionne le crédit lombard : le nantissement du portefeuille

Le nantissement est une sûreté réelle : un créancier obtient un droit sur un bien sans que la propriété de ce bien lui soit transférée. Appliqué à un portefeuille financier, cela signifie que la banque prêteuse inscrit une garantie sur votre compte-titres, votre contrat de capitalisation ou votre contrat d'assurance-vie, mais que les titres restent les vôtres.

Ce que vous gardez, ce que vous perdez

Vous gardez la propriété juridique des titres. Vous continuez à percevoir les dividendes des actions, les coupons des obligations, les distributions des fonds. Le portefeuille continue de produire ses effets économiques pour vous, à la hausse comme à la baisse.

Vous perdez la libre disposition. Le compte est bloqué au profit de la banque : vous ne pouvez plus vendre une ligne, arbitrer vers un autre support ou effectuer un retrait sans son accord préalable. C'est une contrainte que l'on sous-estime souvent au moment de la signature et qui se rappelle brutalement le jour où l'on veut sortir d'une position qui se dégrade. Certains contrats prévoient une marge de manoeuvre encadrée, dite convention de disposition, qui autorise des arbitrages tant que la valeur globale reste au-dessus d'un seuil. C'est une clause à négocier explicitement.

Le cadre juridique : article L. 211-20 du Code monétaire et financier

Le nantissement de compte-titres est organisé par l'article L. 211-20 du Code monétaire et financier. La constitution de la sûreté résulte d'une déclaration signée par le titulaire du compte : il n'y a ni dépossession, ni transfert de propriété. Le texte prévoit expressément, à son IV, que le créancier nanti et le titulaire définissent ensemble les conditions dans lesquelles ce dernier peut disposer des titres financiers et des sommes figurant dans le compte nanti. Autrement dit, l'étendue exacte de votre liberté d'arbitrage est contractuelle, pas légale : elle se lit dans la convention, pas dans le code.

Le même texte donne au créancier, en cas de défaillance, un droit de réalisation de la sûreté. Pour les titres financiers admis aux négociations sur un marché réglementé, cette réalisation intervient huit jours après une mise en demeure restée infructueuse, par vente sur le marché. C'est la base juridique de la liquidation forcée dont il sera question plus bas. La Banque de France décrit ce mécanisme sous le nom générique d'avance sur titres dans safiche pédagogique consacrée aux avances sur titres.

Nantissement de compte-titres, nantissement d'assurance-vie, avance sur contrat

Trois montages voisins sont souvent confondus, et ils n'ont ni le même risque ni le même coût.

Le nantissement d'un compte-titres ordinaire est le crédit lombard au sens strict. La valeur du gage varie chaque jour, donc le ratio de couverture varie chaque jour, donc l'appel de marge est possible chaque jour. Si le fonctionnement d'un compte-titres et d'un plan d'épargne en actions ne vous est pas familier, commencez par là : on ne nantit pas une enveloppe que l'on ne maîtrise pas.

Le nantissement d'un contrat d'assurance-vie obéit à la même logique, avec une nuance importante : si le contrat est majoritairement investi en fonds en euros, la valeur du gage ne baisse pratiquement pas, ce qui neutralise en grande partie le risque d'appel de marge. Sur un contrat investi en unités de compte, en revanche, le risque est identique à celui d'un compte-titres. Les unités de compte ne bénéficient d'aucune garantie en capital. Les contrats luxembourgeois sont fréquemment utilisés pour ce type de montage, notamment parce qu'ils acceptent des actifs et des devises que les contrats français n'admettent pas.

L'avance sur contrat d'assurance-vie n'est pas un crédit lombard. C'est un mécanisme contractuel par lequel l'assureur consent lui-même une avance sur la valeur de rachat du contrat, dans la limite fixée par les conditions générales, généralement 60 à 80 % de l'épargne pour les unités de compte et davantage sur le fonds en euros. Il n'y a pas de nantissement au profit d'un tiers et, chez la plupart des assureurs, pas de mécanisme d'appel de marge. En contrepartie, la durée est encadrée, souvent trois ans renouvelables, et le taux est fixé par l'assureur sans négociation. C'est une solution plus rustique et nettement moins dangereuse.

La quotité de financement du crédit lombard, actif par actif

La quotité de financement, appelée aussi ratio d'avance ou loan to value, est le pourcentage de la valeur de marché d'un actif que la banque accepte de financer. Elle ne s'applique pas au portefeuille en bloc mais ligne par ligne, puis se recompose en une quotité moyenne pondérée. Deux portefeuilles de même montant peuvent donc ouvrir des lignes de crédit très différentes.

La grille de quotités observée sur le marché

Les valeurs ci-dessous sont des ordres de grandeur constatés en 2026 chez les établissements qui commercialisent ce type de crédit en France et au Luxembourg. Elles ne constituent aucun engagement : chaque banque applique sa propre grille et la révise unilatéralement.

Nature de l'actif nantiQuotité indicativeCe qui justifie ce niveau
Liquidités et fonds monétaires en euros90 à 100 %Volatilité quasi nulle, liquidité immédiate, aucun risque de change
Fonds en euros d'un contrat d'assurance-vie ou de capitalisation80 à 100 %Capital garanti par l'assureur, mais délai de rachat contractuel de plusieurs semaines
Obligations souveraines de la zone euro, notation investment grade70 à 90 %Marché profond, valorisation quotidienne fiable, risque de taux mais pas de risque actions
Obligations d'entreprises investment grade60 à 80 %Risque de crédit mesuré, liquidité correcte sur le marché secondaire
ETF sur indices larges et fonds actions diversifiés50 à 70 %Volatilité élevée mais diversification effective et cotation continue
Actions de grandes capitalisations cotées, ligne diversifiée50 à 70 %Même logique, sous réserve qu'aucune ligne ne pèse un poids excessif
Fonds thématiques, petites et moyennes capitalisations30 à 50 %Volatilité supérieure, liquidité qui se dégrade justement dans les phases de stress
Obligations à haut rendement, dette émergente20 à 40 %Risque de crédit élevé et écartement brutal des spreads en cas de crise
Ligne unique représentant plus de 20 % du portefeuille0 à 40 %Décote de concentration, parfois exclusion pure et simple de la ligne excédentaire
Parts de SCPI, private equity, fonds non cotés, titres non cotés0 % dans la très grande majorité des casAbsence de valorisation quotidienne et de marché de revente, donc gage inexploitable en urgence
Crypto-actifs0 % chez les établissements françaisVolatilité et cadre prudentiel incompatibles avec une garantie bancaire classique

Pourquoi la quotité varie autant

Une banque qui prête contre un gage ne se demande pas combien vaut ce gage aujourd'hui. Elle se demande combien elle pourra en tirer en le vendant dans l'urgence, un mauvais jour, sur un marché où tout le monde vend en même temps. Trois paramètres commandent la réponse : la volatilité de l'actif, la profondeur du marché sur lequel il se négocie, et la fiabilité de sa valorisation quotidienne.

C'est ce qui explique le sort réservé aux actifs non cotés. Une part de private equity ou une part de SCPI peut représenter un patrimoine considérable et être un excellent placement de long terme, elle reste inutilisable comme garantie de crédit lombard, parce qu'elle ne se vend pas en 48 heures. Le même raisonnement vaut pour la liquidité limitée de ces classes d'actifs, qui est un point à connaître indépendamment de tout projet de crédit.

L'effet de la concentration, souvent découvert trop tard

Un cas fréquent chez les dirigeantes et les cadres actionnaires : un portefeuille dont 60 % de la valeur provient d'une seule ligne, souvent des titres de l'ancien employeur ou de la société cédée. La grille bancaire s'applique alors deux fois. La ligne concentrée subit d'abord une décote de concentration qui peut abaisser sa quotité à 20 ou 30 %, parfois à zéro au-delà d'un certain seuil de poids relatif. La quotité moyenne du portefeuille s'effondre en conséquence, et la ligne de crédit obtenue n'a plus rien à voir avec celle qui avait été anticipée.

Le taux du crédit lombard et son indexation

Le taux d'un crédit lombard est presque toujours variable. Il s'écrit sous la forme d'un indice de référence majoré d'une marge : Euribor 3 mois plus marge, ou €STR plus marge. L'Euribor 3 mois est le taux auquel les banques de la zone euro se prêtent entre elles à trois mois ; il ressortait à 2,508 % au 14 août 2026 selon les publications de l'European Money Markets Institute. L'€STR est le taux au jour le jour publié par la Banque centrale européenne, structurellement un peu plus bas que l'Euribor.

La marge, et ce qui la fait bouger

La marge bancaire observée en 2026 sur ce type de crédit s'échelonne d'environ 0,80 % à 1,95 %. Quatre facteurs la déterminent. Le montant emprunté d'abord : la marge se resserre mécaniquement à partir de quelques centaines de milliers d'euros. La qualité des actifs nantis ensuite : un gage majoritairement obligataire coûte moins cher qu'un gage entièrement actions. La relation commerciale globale, c'est-à-dire l'encours total confié à l'établissement. Et enfin le niveau de quotité demandé : emprunter 30 % de la valeur du portefeuille ne se négocie pas au même prix qu'emprunter 65 %.

Le coût annuel, en euros

Le tableau ci-dessous chiffre le coût des intérêts d'un crédit lombard de 300 000 euros sur une année pleine, sur la base de l'Euribor 3 mois à 2,508 % au 14 août 2026, et intègre un scénario de remontée des taux de deux points. Le crédit lombard étant le plus souvent remboursable in fine, ces intérêts sont payés sans que le capital diminue.

Marge bancaireTaux tout comprisIntérêts annuels sur 300 000 eurosSi l'indice remonte de 2 points
0,80 % (conditions négociées, encours élevé)3,31 %9 930 euros15 930 euros
1,20 %3,71 %11 130 euros17 130 euros
1,50 %4,01 %12 030 euros18 030 euros
1,95 % (grille standard)4,46 %13 380 euros19 380 euros

Les frais que le taux ne dit pas

Le taux affiché n'est pas le coût complet. Il faut y ajouter, selon les établissements, des frais de dossier au moment de la mise en place, des frais de constitution et de mainlevée du nantissement, une commission d'engagement calculée sur la partie non utilisée de la ligne de crédit lorsque celle-ci est autorisée mais non tirée, et parfois des frais de tenue de compte majorés sur le compte nanti. Aucun de ces postes n'est standardisé. Demandez le tableau complet des frais avant la signature, et faites-le chiffrer en euros, pas en pourcentage.

Un dernier point de vigilance sur le coût : le taux étant variable, il n'existe pas de taux annuel effectif global figé sur toute la durée du crédit. Le chiffre communiqué à la souscription est un taux à un instant donné. Il n'engage pas la banque pour la suite.

L'appel de marge : ce qui le déclenche exactement

L'appel de marge est le point qui distingue le crédit lombard de tous les autres crédits patrimoniaux, et c'est aussi celui que les emprunteurs comprennent le moins bien au moment de signer. Il ne se déclenche pas parce que vous avez cessé de payer. Il se déclenche parce que le marché a baissé, alors même que vous avez honoré chaque échéance.

Le ratio de couverture, seule variable qui compte

La banque suit en continu un ratio simple : l'encours du crédit rapporté à la valeur de marché du portefeuille nanti. Tant que ce ratio reste sous le seuil contractuel, généralement calé sur la quotité maximale autorisée, rien ne se passe. Dès qu'il le dépasse, la procédure s'enclenche. Ce ratio est recalculé quotidiennement, et parfois en intraday sur les portefeuilles les plus volatils.

Trois événements peuvent le faire franchir le seuil, et deux d'entre eux ne dépendent pas de vous. Une baisse de la valeur du portefeuille, cause la plus fréquente. Une révision unilatérale de la grille de quotités par la banque, qui peut décider qu'une classe d'actifs auparavant financée à 60 % ne l'est plus qu'à 40 %. Et une variation de change, lorsque des titres sont libellés dans une autre devise que celle du crédit. Ce dernier cas est régulièrement sous-estimé : un portefeuille en dollars adossé à un crédit en euros ajoute un risque de change au risque de marché.

La chaîne d'événements, étape par étape

Le déroulé est standardisé chez la plupart des établissements. Le back-office recalcule le ratio à la clôture. Une alerte préventive est envoyée lorsque le ratio approche du seuil, en général à quelques points de pourcentage sous celui-ci. Si la baisse se poursuit, une notification écrite formalise le dépassement. Vient ensuite l'appel de marge ferme, accompagné d'une mise en demeure et d'un délai de régularisation contractuel, le plus souvent compris entre 24 et 72 heures. À l'expiration de ce délai, si rien n'a été apporté, la banque exerce son droit de réalisation de la sûreté.

Vous disposez alors de trois réponses possibles, et de trois seulement. Apporter des liquidités complémentaires sur le compte nanti. Apporter d'autres actifs éligibles en garantie. Ou rembourser partiellement le crédit. Une quatrième option existe en théorie, vendre soi-même des titres nantis pour rembourser, mais elle revient à réaliser la perte de sa propre main plutôt que de laisser la banque le faire.

Combien il faut apporter, en euros

Le tableau suivant chiffre un cas concret. Portefeuille nanti de 1 000 000 euros, crédit lombard tiré de 400 000 euros, ratio de couverture initial de 40 %, seuil contractuel de déclenchement fixé à 55 %. La colonne de droite indique le remboursement partiel nécessaire pour ramener le ratio à 55 %.

Baisse du portefeuilleValeur du portefeuilleRatio de couvertureSituationRemboursement à effectuer
0 %1 000 000 euros40,0 %Aucune alerteNéant
10 %900 000 euros44,4 %Aucune alerteNéant
20 %800 000 euros50,0 %Alerte préventive probableNéant, mais surveillance
30 %700 000 euros57,1 %Appel de marge15 000 euros
40 %600 000 euros66,7 %Appel de marge70 000 euros
50 %500 000 euros80,0 %Appel de marge, risque de liquidation125 000 euros

Deux lectures de ce tableau. La première est rassurante : avec une quotité de départ modérée, il faut une baisse de marché sévère pour déclencher quoi que ce soit. La seconde l'est beaucoup moins : le jour où l'appel de marge tombe, il faut sortir 125 000 euros de liquidités en 48 heures, dans un marché où la totalité de votre patrimoine financier a perdu la moitié de sa valeur. La question n'est pas de savoir si l'appel de marge est probable. Elle est de savoir ce que vous ferez le jour où il arrive.

La liquidation forcée, et ce qu'elle laisse derrière elle

Si le délai expire sans régularisation, la banque vend elle-même des titres nantis. Elle ne vous demande pas quelles lignes vendre, et elle n'a aucune raison de choisir celles qui vous arrangent : elle vend ce qui est liquide et ce qui couvre le montant nécessaire, au prix du marché du jour.

Trois conséquences s'enchaînent. La perte devient définitive, puisqu'elle est réalisée au plus bas au lieu de rester latente. La plus-value éventuelle, si la ligne vendue était encore en gain, est fiscalisée, ce qui est exactement l'inverse de l'objectif recherché à l'origine. Et la structure de l'allocation est détruite sans arbitrage réfléchi, ce qui peut coûter bien plus cher, sur dix ans, que le montant de l'appel de marge lui-même. L'épisode de mars 2020 en offre une illustration : les liquidations subies au creux du marché n'ont jamais été rattrapées par le rebond qui a suivi, puisque les titres n'étaient plus là pour en profiter.

Crédit lombard et crédit in fine classique : la différence

On rapproche souvent le crédit lombard du crédit in fine immobilier, parce que les deux se remboursent en une fois à l'échéance et que les deux sont adossés à une garantie. La comparaison s'arrête à peu près là, et la différence qui reste est précisément celle qui fait le risque.

CritèreCrédit lombardCrédit in fine immobilier classique
GarantieNantissement d'un portefeuille financierHypothèque ou privilège de prêteur de deniers sur un bien
Valorisation de la garantieQuotidienne, au prix de marchéAucune réévaluation en cours de prêt
Objet du financementLibre, crédit non affectéAffecté à l'acquisition d'un bien identifié
Analyse de la banqueValeur, liquidité et volatilité des actifs nantisRevenus, taux d'endettement et reste à vivre de l'emprunteur
Durée usuelle1 à 5 ans, souvent renouvelable, parfois sans échéance ferme10 à 20 ans
Nature du tauxVariable, indexé sur l'Euribor 3 mois ou l'€STRFixe dans la très grande majorité des cas
Assurance emprunteurRarement exigéeExigée en pratique par le prêteur
Événement pouvant survenir sans faute de l'emprunteurAppel de marge, puis liquidation forcéeAucun, tant que les échéances sont honorées
Adossement d'un placement de remboursementFacultatif, le portefeuille nanti joue déjà ce rôleSouvent exigé, sous forme de contrat d'assurance-vie nanti
Rapidité de mise en placeQuelques jours à quelques semainesPlusieurs semaines à plusieurs mois

La ligne décisive est l'avant-dernière du tableau. Dans un crédit immobilier classique, tant que vous payez, personne ne vient rien vous demander, même si le marché immobilier baisse de 30 %. Dans un crédit lombard, la baisse du marché suffit à créer une obligation de payer immédiatement. C'est un renversement complet de la logique du crédit, et c'est pour cela que l'outil ne se compare pas à un emprunt ordinaire. Le calcul de votre taux d'endettement global doit d'ailleurs intégrer cette ligne, même si la banque prêteuse ne l'exige pas.

Les usages légitimes du crédit lombard

Il existe des situations où cet outil répond à un vrai problème, et où aucune autre solution ne fait aussi bien. Les voici, avec ce qui les rend défendables et ce qui les fragilise.

Financer un besoin sans vendre le portefeuille

C'est l'usage central. Un besoin de trésorerie survient, un apport pour une acquisition immobilière, un droit de mutation à payer sur une succession, un investissement professionnel, une soulte de divorce. La solution évidente serait de vendre une partie du portefeuille. Le crédit lombard permet de ne pas le faire, donc de conserver l'allocation en place et de continuer à percevoir ce qu'elle produit.

L'arbitrage est arithmétique et il se pose en deux termes. D'un côté le coût du crédit, disons 4 % par an. De l'autre, le rendement espéré du portefeuille conservé, majoré du coût fiscal qu'aurait entraîné la vente. Si le portefeuille rapporte durablement moins que le crédit ne coûte, le montage détruit de la valeur. Or personne ne connaît le rendement futur d'un portefeuille : c'est une espérance, pas une donnée. Ce point est le noeud de la décision et il est trop souvent traité comme une évidence.

Éviter de purger une plus-value latente

Sur un compte-titres ordinaire, une vente déclenche l'imposition de la plus-value. Depuis l'article 12 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, loi n° 2025-1403, les prélèvements sociaux sur les revenus du capital mobilier sont portés à 18,6 %, ce qui fixe le prélèvement forfaitaire unique à 31,4 %, soit 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. La hausse s'applique dès les revenus 2025 pour les plus-values mobilières.

Sur un portefeuille de 500 000 euros comportant 200 000 euros de plus-value latente, une vente intégrale représente donc 62 800 euros d'imposition immédiate. Emprunter 200 000 euros au lieu de vendre coûte, à 4 % par an, 8 000 euros d'intérêts annuels : la comparaison est favorable au crédit pendant environ sept ans et huit mois, hors effet de marché. Au-delà, elle s'inverse. Ce calcul, banal, est celui qu'il faut poser avant toute autre considération, et il est très rarement présenté ainsi.

Attention à une nuance importante : reporter une imposition n'est pas l'annuler. La plus-value latente reste dans le portefeuille et sera taxée le jour où les titres seront vendus, aux règles en vigueur à ce moment-là, qui ne sont pas connues. Le seul cas où le report devient définitif est le décès, puisque l'assiette est alors purgée pour les héritiers, mais construire une stratégie sur cette hypothèse suppose d'accepter de ne jamais toucher au portefeuille.

Saisir une opportunité dans un délai court

Un crédit lombard se met en place en quelques jours quand un crédit immobilier demande plusieurs semaines. Cette rapidité a une valeur réelle sur une opération où le délai est le facteur limitant : préemption d'un lot, exercice d'une clause d'agrément, participation à une augmentation de capital, acquisition dans un contexte d'enchères. Dans ces cas, le lombard sert de crédit relais, remboursé par un financement classique mis en place ensuite. Un relais est par nature temporaire : c'est quand il devient permanent qu'il devient dangereux.

Les usages propres aux dirigeantes

Le crédit lombard trouve une place particulière dans les problématiques d'entreprise. Après une cession, lorsque le produit est logé dans une holding et que la holding patrimoniale détient un portefeuille financier, nantir ce portefeuille permet d'obtenir de la liquidité personnelle sans procéder à une distribution de dividendes taxée. Dans un montage d'apport-cession relevant de l'article 150-0 B ter, la contrainte de remploi de 70 % dans un délai de trois ans, issue de la loi n° 2026-103 du 19 février 2026, laisse peu de marge pour sortir du cash : le crédit adossé aux titres est parfois la seule voie qui ne compromet pas le report d'imposition.

Même logique du côté de la trésorerie d'entreprise : une société qui a placé son excédent en supports de trésorerie long terme peut préférer nantir ce portefeuille plutôt que de le déboucler pour financer un besoin ponctuel. Le raisonnement est le même que pour un particulier, avec une différence favorable : chez une société soumise à l'impôt sur les sociétés, les intérêts d'emprunt sont en principe déductibles du résultat imposable, ce qui n'est jamais le cas pour une dépense privée d'une personne physique.

Les risques réels du crédit lombard, sans habillage

Passons à ce qui est le plus souvent expédié en trois lignes dans les documentations commerciales. Le crédit lombard n'est pas un produit risqué au sens où il serait mal conçu. Il est risqué au sens où il transforme un portefeuille volatil en portefeuille volatil et endetté, et où la combinaison des deux produit des effets que l'intuition évalue très mal.

L'effet de levier joue dans les deux sens, et pas symétriquement

Le levier est présenté comme un multiplicateur de gains. C'est vrai, et c'est aussi un multiplicateur de pertes, avec une asymétrie mathématique qui joue contre l'emprunteuse : une perte de 50 % exige un gain de 100 % pour être effacée.

Hypothèse chiffrée : 500 000 euros d'apport personnel, 300 000 euros empruntés en crédit lombard, soit 800 000 euros investis. Le ratio de couverture initial ressort à 37,5 %. La colonne de droite montre ce que devient le capital net, c'est-à-dire la valeur du portefeuille diminuée de la dette.

Variation du marchéValeur du portefeuilleRatio de couvertureCapital netVariation du capital net
+ 20 %960 000 euros31,3 %660 000 euros+ 32 %
+ 10 %880 000 euros34,1 %580 000 euros+ 16 %
0 %800 000 euros37,5 %500 000 euros0 %
- 10 %720 000 euros41,7 %420 000 euros- 16 %
- 20 %640 000 euros46,9 %340 000 euros- 32 %
- 30 %560 000 euros53,6 %260 000 euros- 48 %
- 40 %480 000 euros62,5 %180 000 euros- 64 %
- 50 %400 000 euros75,0 %100 000 euros- 80 %

Ces chiffres ne tiennent pas compte des intérêts, qui s'ajoutent à la perte. Sur trois ans à 4 %, ce sont 36 000 euros de plus, prélevés quel que soit le comportement du marché. Et la ligne à - 50 % mérite une lecture attentive : pour revenir à 500 000 euros de capital net depuis 100 000 euros, le portefeuille doit progresser de 100 %. Une baisse de marché de 50 %, historiquement possible sur les actions, détruit ici 80 % du capital investi. Le capital n'est pas garanti, et le crédit ne le rend pas plus sûr.

L'appel de marge arrive systématiquement au pire moment

Ce n'est pas une malchance, c'est une propriété du mécanisme. L'appel de marge est déclenché par la baisse des marchés. Or les baisses de marché sont corrélées entre classes d'actifs, avec l'activité économique, avec la valorisation des entreprises non cotées et, souvent, avec la situation professionnelle de l'emprunteuse elle-même. Le moment où la banque exige 125 000 euros sous 48 heures est donc, très exactement, le moment où ces 125 000 euros sont le plus difficiles à trouver.

La parade existe et elle est simple à énoncer : conserver en permanence, hors du portefeuille nanti, une réserve de liquidités dimensionnée pour absorber un appel de marge dans un scénario de baisse sévère. Elle est beaucoup moins simple à tenir, parce qu'elle réduit d'autant l'intérêt économique de l'opération. Si vous devez immobiliser 150 000 euros de liquidités pour sécuriser un emprunt de 300 000 euros, la question de savoir pourquoi vous empruntez 300 000 euros mérite d'être reposée.

Le risque de taux, sur un crédit qui n'amortit pas

Le taux est variable et le capital ne diminue pas. La charge d'intérêts suit donc intégralement les mouvements de l'indice, sur la totalité du capital, pendant toute la durée du crédit. Une remontée de deux points de l'Euribor 3 mois transforme un coût annuel de 12 030 euros en 18 030 euros sur 300 000 euros empruntés, soit 50 % de charge supplémentaire, sans qu'aucun événement ne se soit produit du côté de l'emprunteuse. Certains établissements proposent un plafonnement du taux ou une couverture ; l'un et l'autre ont un prix, qu'il faut intégrer au calcul de départ.

Le risque contractuel, le moins visible et le plus sous-estimé

Trois clauses méritent d'être lues mot à mot. La clause d'exigibilité anticipée, qui autorise la banque à demander le remboursement intégral dans des circonstances définies par elle. La clause de révision des quotités, qui lui permet de modifier unilatéralement les taux d'avance appliqués à chaque classe d'actifs, donc de créer un appel de marge sans qu'aucun marché n'ait bougé. Et la clause de renouvellement de la ligne : un crédit consenti pour un an et présenté comme renouvelable n'est pas un crédit à long terme, il est reconductible à la discrétion du prêteur.

Enfin, un crédit lombard souscrit à des fins patrimoniales n'entre généralement pas dans le champ des régimes protecteurs du crédit immobilier ou du crédit à la consommation prévus par le Code de la consommation. Le délai de rétractation, l'information annuelle et l'encadrement des indemnités de remboursement anticipé ne s'appliquent pas de la même manière. C'est un point à faire vérifier contrat en main, au cas par cas.

Le risque fiscal, souvent présenté à l'envers

Deux idées circulent et méritent d'être corrigées. Première idée : les intérêts d'un crédit lombard seraient déductibles. Il n'existe aucune règle générale en ce sens. La déductibilité suppose un rattachement à une catégorie de revenus imposables qui l'autorise, revenus fonciers pour un emprunt finançant un bien locatif, résultat d'une société à l'impôt sur les sociétés, ou revenus de capitaux mobiliers dans des conditions restrictives. Un emprunt qui finance une dépense privée n'ouvre droit à rien.

Seconde idée : la dette viendrait toujours en déduction de l'assiette de l'impôt sur la fortune immobilière. Ce n'est vrai que si la dette est afférente à des actifs imposables à l'impôt sur la fortune immobilière. Un crédit lombard adossé à un portefeuille de titres, contracté pour financer une dépense sans lien avec un actif immobilier taxable, n'est pas déductible de cette assiette. Le sujet mérite d'être traité avec un conseil, en amont, et non découvert à la déclaration.

Pour qui le crédit lombard n'est pas un outil adapté

Dire à qui une solution ne convient pas est au moins aussi utile que d'énumérer ses avantages. Quatre profils sont ici concernés, et il ne s'agit pas d'un jugement mais d'une lecture du mécanisme.

Celle qui n'a pas de réserve de liquidités hors du portefeuille

Si la totalité du patrimoine financier est nantie, il n'existe aucune ressource pour répondre à un appel de marge. Le montage se termine alors mécaniquement par une liquidation forcée en cas de baisse marquée. La question de l'arbitrage entre les canaux de revenu disponibles se pose souvent en amont, chez les dirigeantes notamment.

Celle qui emprunte pour investir davantage sur les mêmes marchés

Emprunter contre un portefeuille actions pour acheter encore des actions, c'est doubler l'exposition à un risque unique tout en ajoutant une charge fixe. Le levier ne diversifie rien : il concentre. C'est l'usage le plus vendu et le plus fragile.

Celle dont le portefeuille est concentré ou peu liquide

Une ligne dominante, des titres non cotés, des parts de fonds fermés : le gage est mauvais, la quotité sera faible, la volatilité forte, et l'appel de marge d'autant plus probable. Un bilan patrimonial préalable est le minimum, ne serait-ce que pour mesurer cette concentration.

Celle qui cherche à financer une dépense de consommation

Financer un train de vie par un crédit non amortissable adossé à un patrimoine volatil revient à faire dépendre son niveau de vie du niveau des marchés actions. Le mécanisme fonctionne tant que les marchés montent, et se retourne violemment quand ils baissent.

Les questions à poser avant de signer un crédit lombard

Voici la liste minimale. Elles paraissent techniques, elles sont surtout celles dont les réponses figurent rarement dans la plaquette commerciale.

Sur la garantie

Quelle est la quotité retenue ligne par ligne, et non en moyenne ? Cette grille peut-elle être révisée unilatéralement en cours de contrat, et selon quelle procédure ? Puis-je continuer à arbitrer à l'intérieur du portefeuille nanti, et dans quelles limites ?

Sur l'appel de marge

Quel est le seuil exact de déclenchement, exprimé en ratio ? Quel délai de régularisation, en heures ou en jours ouvrés ? Quelles formes d'apport sont acceptées ? Qui choisit les lignes vendues en cas de liquidation, et selon quel ordre ?

Sur le coût et la durée

Quel indice de référence, quelle marge, quelle périodicité de révision ? Quels frais de dossier, de constitution et de mainlevée du nantissement, en euros ? Existe-t-il une commission sur la fraction non utilisée ? Quelle est la durée ferme, et le renouvellement est-il de droit ou discrétionnaire ? Une indemnité est-elle due en cas de remboursement anticipé ?

Ces questions gagnent à être posées avec un professionnel qui n'est pas rémunéré par la mise en place du crédit. Nos repères pour choisir un conseil en gestion de patrimoine détaillent les points de vigilance sur ce sujet, à commencer par le mode de rémunération.

Ce qu'il faut retenir du crédit lombard

Le crédit lombard est un outil de trésorerie adossé à un patrimoine financier. Il rend un service précis : obtenir de la liquidité rapidement sans vendre, donc sans déclencher l'imposition d'une plus-value latente, ni détruire une allocation. Sur un besoin ponctuel, borné dans le temps, avec une quotité d'endettement modérée et une réserve de liquidités disponible en dehors du gage, c'est un instrument cohérent.

Il devient dangereux dès que l'une de ces quatre conditions saute. Un besoin permanent financé par un crédit renouvelable à la discrétion du prêteur, une quotité poussée au maximum autorisé, l'absence de liquidités hors nantissement, ou un emploi des fonds qui réinvestit sur les mêmes marchés que ceux qui servent de gage : chacune de ces situations transforme un outil de trésorerie en pari à effet de levier. Et le pari se dénoue toujours au moment où l'on est le moins en mesure d'y répondre.

Le chiffre à garder en tête est celui du tableau de levier : une baisse de marché de 30 % coûte 48 % du capital investi dans un montage financé à 37,5 %. Aucun taux d'intérêt négocié, aussi bas soit-il, ne compense cet ordre de grandeur. Le capital investi n'est pas garanti et les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Si vous vous interrogez sur la place que pourrait tenir un tel financement dans votre organisation patrimoniale, l'étape utile est de poser d'abord l'inventaire complet des actifs, des dettes et des liquidités disponibles. Notre diagnostic patrimonial en ligne permet de structurer cette photographie, et le guide consacré au placement de 100 000 euros détaille les arbitrages d'allocation qui précèdent, logiquement, toute question de levier.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un crédit lombard ?
Un crédit lombard est un prêt consenti par une banque en contrepartie du nantissement d'un portefeuille d'actifs financiers : compte-titres, contrat d'assurance-vie ou contrat de capitalisation. L'emprunteuse reste propriétaire des titres et continue d'en percevoir les dividendes et les coupons, mais elle ne peut plus en disposer librement. Le nantissement de compte-titres est régi par l'article L. 211-20 du Code monétaire et financier.
Quel montant peut-on emprunter avec un crédit lombard ?
Le montant dépend de la quotité de financement accordée par la banque, actif par actif. En pratique, un portefeuille d'actions cotées et d'ETF diversifiés est financé entre 50 et 70 % de sa valeur, un fonds en euros entre 80 et 100 %, des obligations souveraines de la zone euro entre 70 et 90 %. Les parts de private equity, les SCPI et les titres non cotés sont le plus souvent refusés en garantie, avec une quotité de zéro.
Quel est le taux d'un crédit lombard en 2026 ?
Le taux est presque toujours variable. Il se compose d'un indice de référence, l'Euribor 3 mois ou l'€STR, majoré d'une marge bancaire. L'Euribor 3 mois s'établissait à 2,508 % au 14 août 2026 selon l'European Money Markets Institute. Avec une marge observée de 0,80 à 1,95 % selon l'établissement, l'encours et la qualité des actifs nantis, le taux tout compris se situe donc dans une fourchette d'environ 3,3 à 4,5 % par an.
Qu'est-ce qu'un appel de marge sur un crédit lombard ?
L'appel de marge est la demande adressée par la banque lorsque le rapport entre l'encours du crédit et la valeur du portefeuille nanti dépasse le seuil contractuel. L'emprunteuse doit alors, dans un délai généralement compris entre 24 et 72 heures, apporter des actifs complémentaires ou rembourser une partie du crédit. À défaut, le contrat autorise la banque à vendre elle-même une partie des titres nantis.
Quelle différence entre un crédit lombard et un crédit in fine classique ?
Le crédit in fine immobilier est garanti par une hypothèque sur un bien dont la valeur n'est pas réévaluée en cours de prêt : tant que les intérêts sont payés, rien ne bouge. Le crédit lombard est garanti par un portefeuille dont la valeur est recalculée en continu, ce qui expose l'emprunteuse à un appel de marge. Le premier est un crédit affecté à taux généralement fixe, le second est un crédit non affecté à taux variable.
Le crédit lombard fait-il perdre de l'argent en cas de baisse des marchés ?
L'effet de levier amplifie les pertes dans les mêmes proportions qu'il amplifie les gains. Sur un portefeuille de 800 000 euros constitué de 500 000 euros d'apport et de 300 000 euros empruntés, une baisse de marché de 30 % ramène le portefeuille à 560 000 euros et le capital net à 260 000 euros, soit une perte de 48 % pour une baisse de marché de 30 %. Le capital n'est jamais garanti.
Les intérêts d'un crédit lombard sont-ils déductibles des impôts ?
Il n'existe aucune règle générale de déductibilité. Les intérêts ne sont déductibles que s'ils se rattachent à une catégorie de revenus imposables qui l'admet, par exemple des revenus fonciers lorsque l'emprunt finance un bien locatif, ou le résultat d'une société soumise à l'impôt sur les sociétés. Un crédit lombard souscrit par une personne physique pour financer une dépense privée n'ouvre droit à aucune déduction.
À partir de quel patrimoine un crédit lombard est-il accessible ?
Les pratiques varient fortement. Certains courtiers en ligne ouvrent cette possibilité dès quelques dizaines de milliers d'euros nantis, tandis que les banques privées classiques exigent le plus souvent un encours d'un million d'euros, parfois 500 000 euros lorsque les fonds sont réinvestis dans la maison. Le seuil d'accès n'est pas le bon critère de décision : la capacité à encaisser un appel de marge l'est.

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